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AFRIQUE ET INDES

Les Anciens ont parfaitement connu ces deux animaux, qui ont joué un rôle important à la guerre et qu'on a vus, parfaitement dressés, faire figure chez les Romains dans les combats du cirque.

L'éléphant d'Afrique est la plus grande des deux espèces : il se distingue par sa tête plate, son front incliné, ses oreilles très vastes et immobiles, ses fortes défenses et par la forme rhomboïdale des lamelles d'émail des molaires.

L'éléphant des Indes a la tête plus haute, le front vertical^ les oreilles petites et mobiles, les défenses moins grandes, les lamelles d'émail des molaires transversales (1).

Aujourd'hui le premier se trouve dans tout le centre de l'Afrique, de l'océan Indien jusqu'à l'océan Atlantique, du 16* de latitude nord au 25* de latitude sud. Autrefois il existait aussi au Cap, mais il y a été détruit.

Le second habite les Indes, la Gochinchine, Siam, le Pégu, rindoustan et l'île de Ceylan. On ne sait s'il se trouve encore à Bornéo et aux Célèbes.

(1) D'après Temminck et Schlegel, l'éléphant de Sumatra serait une espèce à part ; nous ne nous en occuperons point

goût est relativement délicat, son ouïe d'une finesse itîniarquable et son odorat très développé. Enfin sa trompe constitue un organe de tact, d'une perfection et d*une sensibilité véritablement merveilleuses.

On ne saurait se figurer tous les services que cette trompe rend à ranimai. Cest d*abord une arme, dont les coups ont une très grande puissance, arme qui complète admirablement Taction des défenses au point de vue de Tattaque ou de la résistance. Grâce à la trompe^ ranimai brise un arbre, le courbe, ramasse les plus petits otvets. Cest avec elle qu il porte les boissons dans sa boucbe, qti*il se saupoudre d*eau pour se rafraîchir, de sable et de poussière pour chasser les insectes; bref, il nous semble impossible d'écrire tout au long ce que cet animal peut faire de ce merveilleux organe.

L'éléphant le plus sagace est toujours le chef de la bande; s'il veut être obéi aveuglément, il faut qu'il se montre dix fois plus prudent et plus craintif que les auti^es, ce qui l'oblige à des factions très pénibles, sa surveillance devant être continuelle.

Pendant les chaleurs, ces animaux recherchent les rivières et les lacs dont l'eau n'est pas tarie. Ils vont là se baigner avec volupté, mais janiais sans qu'une exploration sérieuse du terrain n'ait été préalablement faite avec le plus grand soin, et il en est de même quand ils vaquent à leur nourriture.

Les forètsqu'ils habitent sontsi riches qu'ils ne souffrent jamais de la faim ; aussi ne paraissent-ils ni voraces ni gloutons. Ils cassent les branches de tous les arbres, comme par passe-temps, s'en éventent pour chasser les . mouches qu'ils redoutent fort et les mangent ensuite; parfois ils en déglutissent qui ont la grosseur du bras. Bien qu'ils préfèrent à tout les rameaux et les racines (1), on

(1) C'est avec leurs fortes défenses qn'ils arrachent les racines par soulèvement.

les voil arracher par touffes les herbes sueciilentes, qn*ils A avalent qu'après les avoir frappées contre un arbi*€ ponr les débarrasser de la terre adhérente.

Lors de leurs pérégrinations nocturnes, ils visitent parfois les plantations et y causent de grands dégâts ; mais les indigènes ne peuvent s*en prendre qu*à leur négligence, car ils savent très bien que le moindre épouvantai! et la clôture la plus faible suffisent pour écarter ces animaux.

On a dâ)ité hieh ides ùiaiséri^ sar la ^indèur des éléphants qui, après s*ëtre tendrement caressés avec leurs trompes, s'accouplent tout comme les autres mammifères.

Uépoque du rut varie, et, à ce moment, le mâle excité n'est pas toujours inoffensif. Trois mois après Vaccouplemeïit, on remarque chez la femelle les premiers ^iffnH de la gestatioâ qui dure de vingt-deux à vingt-trois niois. Le petit, haut d'un peu moins d'un mî^tre, jetant sa trompe de côté, Jpj^enû de suite avec la bouche la mamelle de la îuère qui se tient debout. Quoiqu'on en ait dit, il est bonstaotqmla tendresse dé oette dernière pour sa progéniture ne fait jamais déftLut.

L'ét^iiànt croit jusqu'à vingt -quatre ans, bien qu^àK^iiie il puisse se reproduire. Quant à là durée de son exii$tene^, on ne sait rien d'exact.

Sa dotniestîcation est un problème résolu d&fnA^ des siècles ; isfliîs aujourd'hui nous ne voyons plus giière en Europe qufe de^ éiéphants de l'Inde, parce qu'on tue ceux d'àfriqUe au iieu de les {^rendre. Ces derniers fournirent au commerce la pins grande pai^tie de l'ivoire qud circufle sur te globe.

Dans les |iays où il^ abcuident et où on les capture^ ils sont eiuployés à des travaux rudes et gi*ossier8,qîi'ils exécutent avec une intelligence remarquable et sans montrer jamais la moindre paresse.

Il se trouve des peuplades assez affamées pour se nanùf^ rir de la viande de l'éléphant, que des mâchoires iS^ nègres

sont seules capables de broyer; toutefois, la langue, la trompe et les pieds sont, dit-on, très délicats ; mais, en général, ces parties répugnent aux- Européens.

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