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LES TAPIRS

Des trois espèces qui composent ce genre, deux habitent l'Amérique ; l'autre ne se trouve qu'aux Indes et dans le sud de la Chine. Ce dernier, dit tapir à dos blanc, est le plus gros, tandis que l'un de ceux d'Amérique, le tapir Pinchaque, est le plus petit du genre. Comme on ne sait presque rien sur les mœurs, habitudes, régimes et chasses de ces deux animaux, nous ne parlerons ici que du troisième, le taph* d'Amérique, qui est infiniment mieux connu.

« Cet animal peut, d'après Tschudi, atteindre 2"*00 de long et t"00 de haut. La femelle est toujours plus grande que le mâle. »

On le trouve dans une grande partie de l'Amérique du Sud, depuis l'isthme de Panama jusqu'aux environs de Buenos- Ayi»es et depuis l'océan Atlantique jusqu'à l'océan Pacifique. Il est commun à Srinam, dans la Guyane, au Brésil, au Paraguay, en Colombie et au Pérou.

Les tapirs sont des animaux nocturnes qui vivent dans les forêts ; il leur arrive toutefois d'aller le jour à la rivière voisine pour se baigner ou pour se défendre contre les piqûres des insectes en se recouvrant d'une épaisse couche de vase.

Vers le soir, ils vaquent à leur nourrituire et errent toute la nuîi 'ConfHHe le& sangliers. La femelle et soa petit vont

ensemble, tandis que le mâle est toujours solitaire, la saison du rut exceptée.

Ces animaux rappellent les porcs par leurs allures. Ils marchent avec lenteur et prudence, posent un pied devant l'autre, penchent la tête à terre; leur trompe s'agite continuellement et flaire à droite et à gauche ; leurs oreilles sont sans cesse en mouvement. Au moindre soupçon de danger, ils s'arrêtent, écoutent, éventent et se sauvent à travers les fourrés inextricables, les marais, les cours d'eau. Malgré cela, un bon chien ne tarde pas à les atteindre.

Le tapir nage très bien et plonge encore mieux. Il parait marcher au fond de l'eau à l'instar de l'hippopotame et ne pas pouvoir rester immergé plus longtemps que lui. Nous ne croyons point à une immersion déplus de cinq minutes.

Tous les tapirs semblent doux, craintifs et paisibles; ils ne font usage de* leurs armes qu'à la dernière extrémité. La mère seule, lorsque son petit est menacé, méprise 1q danger et les coups, ne songeant qu à le sauver.

L'ouïe et l'odorat sont les sens les plus développés. de cet animal ; la vue, par contre, est faible. Le goût semble presque capable de distinguer la nourriture. Quant à la trompe, c*est un organe de toucher très délicat.

La voix est un sifflement perçant, particulier, peu en rapport avec la taille de l'animal, qui le pousse souvent.

Les tapirs se nourrissent de plantes et surtout de feuilles d'arbres. Les jeunes pousses des palmiers, les cannes à sucre, les melons et autres fruits, les plantes savoureuses des marais, sont aussi de leur goût. Enfin ils se montrent très friands de sel ; cette substance est même pour eux un besoin, comme pour les ruminante.

Us sont en rut avant la saison des pluies. A cette épo* que, mâles et femelles sifflent à l'envi pour se réunir et vivre ensemble quelques semaines.

Environ quatre mois après, la femelle met bas un petit,

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qui est taché et rayé à l'instar des marcassins. Au bout de cent vingt Jours, cette livrée commence à disparaître, et, à six mois, les jeunes ont la même robe que leurs parents.

Cet animal, pria en bas Age, n'a besoin que de quelques jours de captivité pour s'habituer à l'homme, se laisser caresser et suivre son gardien ; pour sa nourriture, il n'est pas plus difficile que le porc ; mais l'eau lui est indispensable, et l'hiver, en Europe, il lui faut absolument une écurie bien chaude.

On n'a pas encorepu, en captivité, soit dans leur patrie, soit chez nous, parvenir à la reproduction de ces animaux.

Par suite de son épaisseur et de sa grande résistance, la peau du tapir est fort estimée. On la tanne, on la découpe en courroies longues de plus d'un mètre et épaisses de quatre centimètres; on les arrondit, on les rend flexibles avec de la graisse chaude et on en fait des fouets ou des traits.

Les Orientaux fabriquent aussi avec la peau du tapir des matelas et des couvertures, convaincus qu'ils sont de sa parfaite imperméabilité.

Les sabots de cet animal servent presque d'instruments de musique, puisqu'on en fait d'excellentes castagnettes.

La chair du tapir est tendre et bonne ; elle a le goût et l'aspect de la viande du bœuf.

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