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CHASSE DU PÉCARI

« Toujours en colère, toujours furieux, au dire du naturaliste Wood qui a cru les voyageurs sur parole, le pécari est pour rhomme et pour les carnassiers un des adversaires les plus sérieux, la peur étant un sentiment inconnu à cet animal, peut-être bien parce que son intelligence très bornée ne lui permet point d'apprécier un danger. Il sait d'ailleurs si bien se servir de ses dents aiguës qu'aucun animal ne saurait résister à Tattaque du troupeau, et que le jaguar lui-même se hâte alors de prendre la fuite. »

Il convient de ne pas ajouter foi à ces fables, d'al)ord parce qu'un jaguar viendrait à bout, sans avaries sérieuses, d'une centaine de ces animaux, et ensuite parce que l'homme court peu de risques à attaquer une bande plus ou moins nombreuse. Il est vrai cependant que le chasseur qui, seul et à pied, s'en prend à un grand troupeau, reçoit bien quelques blessures dans la bagarre. Aussi se fait-on toujours accompagner par des chiens, et, quand on est deux ou trois veneurs et qu on surprend ces animaux de côté ou par derrière, ne court-on aucun péril, pas même le risque d'une morsure aux jambes ; car alors les pécaris se sauvent et c'est tout au plus s'ils tiennent tête aux chiens, qu'ils mordent avec leurs canines, ne leur donnant jamais de coups de boutoirs comme les sangliers.

« Selon Wood, le chasseur qui découvre une bande logée dans un tronc d'arbre, où elle repose, peut la détruire entièrement. Pour cela, il s'approche et tue la sentinelle. Celle-ci est remplacée par une autre qu'il tue encore, et ainsi de suite jusqu'au bout.

c Au dire de Humboldt et de Rengger, lorsque ces animaux fréquentent une plantation, rien n'est plus facile que de les prendre : on creuse du côté par lequel ils entrent d'ordinaire une fosse de près de trois mètres de profondeur ; puis, quand ils se montrent, on les chasse vers la forêt en poussant de grands cris. Lorsque le troupeau est nombreux, la fosse s'emplit souvent à moitié. Rengger vit ainsi un jour vingt-neuf pécaris tombés dans ce piège être tués à coups de lance. »

« Quant aux animaux qui, dans les forêts vierges, se cachent sous les racines des arbres, on les enfume. Un jour, dit Rengger, nous en primes quinze de cette façon. »

Les Indien^ sont passés maîtres dans l'art de capturer tes pécaris aux collets ; leurs tendues réussis3ent toutes sans exception.

LE PHACOCHERE D'ELIEN

Afrique possède deux représcnlanls monstrueux de la ille des suidés, le pliacoctière d'Etiiiopie (dit le coureur ide) habitant le cap de Bonne-Espérance et le ptiacor •e d'Elien liabitan t l'Abyssinie et ton le l'Afrique centrale, îs espèces éminemment lourdes ont surtout une tête ;use. Les oreilles et les yeux sont petits; le groin est très :e, la face couverte de bourrelets cutanés épais; les inses sont énormes.

ss phacochères ont à peu prés la taille du sanglier ; ilfi urent â^OO de long, sur lesquels O^SO ajipartiennent queue ; la hauteur au garot est de I^IS. égligeant le plus laid des suidés, nous ne nous occupcî ici que de l'habitant de l'Abyssinie, dont les mœurs t bien mieux connues; ce qui ne veut point dire qu'elle soient entièrement.

n rencontre ces animaux, en troupes de dix à quinze vidus, dans les montagnes boisées de l'Abyssinie où wnt 1res communs. I^^s indigènes, ne les chassant it parce qu'ils les considèrent comme impurs, ne fourent sur eux que des l'enseignemenls peu sérieux. Ils nftoùtefdis qu'ils stint méchants, et lé vieux Spartman Je leur avis. « On les nomme porcs des forêts, écrit- il. ont jaunes, vivent dans des terrien, sous des racitieE

d*arbrcs, sous des blocs de rochers, et sont aussi téméraires que dangereux dans leurs attaques. >

Au dire de Rûppell, les phacochères se nourrissent exclusivement de racines, ce qui expliquerait Futilité de leurs fortes défenses. Quand ils cherchent à manger, ils rampent sur le dos du carpe qui est fléchi et déracinent ainsi les plantes. Pour avancer, ils glissent en se poussant avec les pieds de derrière , et forment de la sorte de profonds sillons dans les broussailles. Cest de là que proviennent les I callosités qu*on voit à la face antérieure du carpe. >

^ < Sparrman dit encore que, quand ils fuient, chacun

d'eux prend son petit dans sa gueule. Il ajoute enfin qu'à Kambedo ils s*accouplent avec les cochons domestiques et que les métis nés de ce rapprochement sont féconds. »

« En 1775, parut en Europe le premier phacochère vivant; il venait du Cap, et on le garda longtemps au jardin zoologique de La Haye. On le croyait très doux, dit Brebm, lorsqu'un jour sa méchanceté éclata ; il se précipita sur son gardien et le blessa mortellement, t

On le nourrissait comme les autres porcs. Il mangeait des grains, du maïs, du blé, des racines et du pain.

Plus tard, Brehm en vit deux à Anvers; c'étaient des jeunes qui n*avaient pas encore de défenses.

Il est très présumable que la venaison du phacochère doit beaucoup ressembler à celle du sanglier.

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