LES RHINOCEROS
Les rhinocéros actuetlement vivants se divisent en trois groupes principaux ; ceux à une oorne et à peau plissée ou écailleupe; ceux à deux comes et à peau plissée; ceux à deux coriws et à peau lisse (1).
Cest dans les Indes, en Asie et en Afrique, que se trouvent seulement ces animaux, qui ont 3'~00 à 4*00 de long, l'SO de hauteur au garot, et qui pèsent de deux à trois mille kilogrammes.
Ils se ressemblât beaucoup par leur genre de vie, leurs facultés, leurs alluresjeur régime. Tous sont méchants, à l'exception de ceux d'Afrique, de Sumatra et du rhinocéros blanc.
Les cantons riches en eau, les fleuves au lit large, les lacs à bords marécageux et couverts de buissons, les marais voisins d'abondants pâturages, voilà les séjours de prédilection de ces animaux ! Ils y trouvent l'eau pour boire deux fois par jour, la boue pour se souiller et le sable pour se rouler ensuite, afin de se rendre insensibles aux piqûres des taons.
IIssoDt plutôt nocturnes que diurnes. De jour, on les
(1) Voici les noms des sept espèces connues : le rhinocéros de l'Inde, le rhinocéros do Java, le rhinoci^ros de Sumatra, lo rhinocéros hîcbrne d'Afritjuc, le rhinocéros à capuchon, le riiino- Viftras KettïOA, et enlln le rhinocéros camus.
Vuil paj^ner les lieux bien ombrages» où ils se livrent à un sommeil pr\»fond, lorsqu'ils se couchent, car parfois ils restent deN>ut et immobiles à un endroit silencieux et sombiv de la forêt.
A la toml-êe de la nuit, le rhinocéros se lève et va au piiturajie. 11 est à relephanl ce que l'àne est au cheval, en fait de nourriture; car il mange de préférence les plantes dutvs, les chanlons, les genêts, les roseaux, les joncs, les herbes des step|k?s et les mimosas épineuses. Sa corne lui permet néanmoins de dêterivr quelques racines dont il se monti'c tK*s friand.
Loi's de la saison des pluies, il quitte le^ forêts pour les plantations, où il fait des ravages énormes; car, pour remplir son estonjac, long de 1"30 et de 0"80 de diamètre, il lui faut absorber ti^nte kilogrammes au moins par jour.
Sociable dans une certaine mesure, il vit d'ordinaire en petites troujies de quatre à dix individus ; mais on ne voit là aucun lien et chaque membœ se conduit comme s'il était complètement seul.
Tous les mouvements du rhinocéros sont lourds, ce qui ne lempéche point toutefois en plaine de courir presque aussi vite qu^in bon cheval. Il ne raai^che pas à Tamble, avançant à la fois la jambe de devant et la jambe de derrière opposée. En courant, il tient sa tête penchée vers le sol ; en colère, il Tagite à droite, à gauche, et avec sa corne trace de profonds sillons ; en furie, il saute de côté et d'autre, la queue relevée.
De tous ses sens, l'ouïe est le plus parfait; après vient Todorat, et ensuite le toucher ; quant à la vue, elle est médiocre. Aussi dans la poursuite d'un ennemi se guide-t-il toujours par Touie et l'odorat, sans tenir du reste le moindre compte des obstacles qu'il renverse.
Les rhinocéros les plus inoffensifs deviennent dangereux lorsqu'ils sont irrités. Ils ne considèrent alors ni le nombre ni la puissance de leurs adversaires ; ils les chargent bru-
talement à fond. Heureusement, avec du sang-froid, on peut éviter le terrible choc par un saut de côté, et Tani* mal furieux décharge sa colère aveugle sur n'importe quoi.
Les détails manquent sur la reproduction du rhinocéros. On sait seulement que, pour les espèces de l'Inde, l'accouplement se fait en novembre-décembre, et que la gestation dure de dix-sept à dix-huit mois.
La femelle met bas, au plus épais du fourré, un petit de la grandeur d'un chien de forte taille, qui nait les yeux ouverts. Elle lui témoigne beaucoup de tendresse et le défend avec énergie. L'allaitement semble être de près de deux années.
Nonobstant sa grande irritabilité, on dompte facilement le rhinocéros pris jeune. Il en a été vu plusieurs en Europe, qui se montraient très doux et même très familiers.
Toutes les parties de cet animal sont utilisées. Avec sa corne, on fabrique dans le Levant des coupes, des vases, et surtout des poignées de sabres. Avec sa peau, les indigènes font des boucliers et d'assez nombreux ustensiles de ménage. Ils mangent volontiers sa chair et sa graisse ; mais ni Tune ni l'autre ne sont du goût des Européens, et ils n'ont certes pas tort.