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LES SINGES HURLEURS

On ne connaît que deux singes hurleurs : le rouge ou alouate et le noir ou caraya. L'alouate mâle offre un pelage rouge brillant, tirant au jaune sur le dos^ tandis que le caraya est tout noir, sauf les parties nues qui sont d*un rouge-brun.

Le premier ne se trouve que dans le voisinage de la Guyane, pendant que le second n'habite que le Paraguay et la partie méridionale du Brésil.

Ils sont sensiblement de la même taille (0^55 de longueur avec 0*^ de queue) et ont les mêmes mœurs, habitudes et régime ; leur histoire naturelle ne diffère donc en rien, les questions décoloration et d'habitat étant mises à part.

Les singes hurleurs sont essentiellement sociables, puisqu'on ne les voit jamais qu'^n bandes de six à quarante individus. Et cependant ils se montrent toujours hargneux et moroses et ne jouent jamais entr'eux, comme font la plupart des singes. On a constaté que, lorsqu'ils ne mangent ou ne hurlent, ils dorment, ou du moins restent immobiles.

Pendant le jour, ces animaux se tiennent de préférence sur les arbres les plus élevés de la forêt ; h l'approche de la nuit, ils se retirent dans le feuillage épais, coupé en tous sens par les plantes grimpantes, que leur offrent les bas baliveaux; là, ils se li virent en silence au sommeil.

Le hurleur n*a rien de vif dans ses allures; il grimpe avec lenteur, semblant presque ramper d'une branche sur l'autre, cueille les feuilles et les bourgeons qui lui conviennent et les porte sans avidité à sa bouche. Une fois rassasié, il s*assoupit sur une branche, la tête appuyée contre la poitrine, à moins qu'il ne juge à propos de s'étendre tout de son long en laissant pendre ses quatre membres des deux côtés decetappui, autour duquel alors il enroule sa queue. Son exemple est lentement imité par tous ses compagnons, qui font machinalement comme lui.

La queue est sans conteste Torgane le plus important des singes hurleurs, puisqu'elle leur sert à la fois d'instrument de préhension et de progression. Cet organe, soit qu'ils montent, descendent ou marchent, semble toujours à la recherche d'un appui jusqu'à ce qu'il ait réussi à s'enrouler autour d'un objet quelconque, tout comme un ressort de montre ; sans lui, ces animaux seraient perdus.

Chaque bande obéit, ou plutôt imite le vieux mâle qui veille à sa conservation ; à l'effet de remplir ce devoir, il se poste toujours dans un lieu plus élevé.

Fort peu d'animaux vivent autant qu'eux sur lesarbœs, dont ils ne descendent que quand il leur est impossible de boire sans quitter les branches ou les plantes grimpantes. Leur peur de l'eau est telle qu'ils périraient de faim sur un arbre dont le pied est inondé, alors même qu'ils n'auraient qu'un espace de dix à quinze mètres à traverser en nageant.

Lorsqu'ils ne sont pas traqués trop fréquemment, ils se cantonnent volontiers. Sur un domaine fixe alors et peu étendu, ils trouvent abondamment de la nourriture, parce qu'en sus des feuilles ils s'attaquent aux graines, aux bourgeons, aux fleurs et probablement aussi aux insectes, aux œufs, aux oiseaux dans le nid. On ne les voit du reste jamais dévaster les plantations du voisinage.

Dans chaque famille, le nombre des mâles est généralç*

ment trois fois plus petit que celui des femelles. On ignore si, à répoque du rut, les mâles se battent comme les grands singes.

La guenon, qui n*a qu'un petit par portée, met bas en juin et juillet, très rarement au mois d*août. Son attachement pour son jeune est si grand qu'il faut la tuer afin de parvenir à s'en emparer.

Il est rare qu'on cherche à apprivoiser les singes hurleurs, cette opération étant d'une réussite très difficile et ne fournissant jamais que des captifs aussi doux que moroses, tristes et déplaisants.

Leur fourrure est assez recherchée, on en fait des bonnets, des bourses et des housses de selle. Quant à leur viande, qui ne plait point aux blancs, elle est fort au goût des Indiens et constitue la plus grande partie de leur nourriture.

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