‹ Les chasses du globeChapitre 84 sur 206 · CHASSE DU LION DE MER · texte numérisé non relu

CHASSE DU LION DE MER

Le lion de mer fuit cl*habitude devant Thomme ; mais le serre-t-on de trop près, lui ferme-t-on toute issue, alors il fait face, jette la tête à droite et à gauche, hurle, mugit et met en fuite Tagresseur le plus courageux.

« Les Kamtschadales ne le poursuivent jamais dans l'eau, où il renverse sans peine leurs fragiles canots et tue ceux qui les montent. Ils n*osent pas non plus l'attaquer en face sur terre, mais ils le surprezment par ruse.

« Pendant qu'il dort, un homme, se confiant en sa force et son agilité, avance silencieusement à bon vent, une pique à la main, et l'enfonce dans une des pattes de devant de l'animal. Ses camarades tiennent solidement la longue courroie qui est attachée à la pique et l'enroulent sur une grosse pierre ou un poteau. Le lion de mer blessé veut s'enfuir; mais les chasseurs lui lancent des flèches, des javelots, et finissent par le tuer à coups de massue.

c Le Kamtschadale, quand il est seul dans son canot et qu'il rencontre un de ces animaux, n'hésite jamais à le tirer avec des flèches empoisonnées. Aussitôt atteinte, la bête sort de l'eau qui augmente sa douleur, et, arrivée à terre, on l'achève, ou bien elle expire dans les vingt-quatre heures.

c Celui qui ose tuer un lion de mer est en grande estime auprès de ses concitoyens; aussi les Kamtschadales se livrent-ils à cette chasse non-seulement pour se procurer une viande excellente, mais encore et surtout pour conquérir de la gloire. Ils se hasardent dans leurs canots

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d*ticoroes d'arbres ou de peaux d'animaux jusqu'à dix kilomètres en mer, pour arriver à des lies isolées, dont ils reviennent avec deux ou trois victimes. L'embarcation chargée d'un pareil poids menace en vain de couler ; car ils auraient honte délaisser là leur proie par crainte d'un accident (Stkulrr). »

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