LA HUPPE VULGAIRE
La huppe vulgaire ou commune a 0^27 de longueur et 0"50 d'envergure ; Taile est de 0"i4 et la queue de 0"H.
On ne peut la confondre qu'avec quelques espèces très voisines. Elle a les parties supérieures couleur de terre glaise, avec le milieu du dos, les épaules et les ailes marqués*de raies transversales, alternativement noires et d'un blanc jaunâtre ; la huppe est d'un jaune-roux foncé, terne, chaque plume étant terminée par une pointe noire ; le ventre est jaune couleur de terre; les côtés sont variés de taches noires, longitudinales; la queue est noire, marquée en long de raies blanches ; l'œil est brun foncé, le bec noir et les pattes gris de plomb. Il est à remarquer que les couleurs de la femelle sont plus ternes.
La plus grande partie de l'Europe, le nord de l'Afrique, l'Asie centrale jusqu'au Cachemire^ sont la patrie de la huppe vulgaire.
Ces oiseaux ne se montrent migrateurs qu'en Europe, où ils arrivent fin mars et d'où ils partent fin août, réunis en familles, pour regagner lentement le sud.
Chez nous, ils recherchent les endroits dans lesquels des champs et des prairies alternent avec des petits bois, ou bien encore ceux où de vieux arbres croissent isolés au milieu des cultures. En Afrique, on les rencontre dans chaque village et jusqu'au sein des villes; là, ils trouvent
abondamment tout ce qu'ils peuvent désirer ; car ce ne sont plus les bestiaux, c'est Thommelui-mêmequi fournit la sale matière qu'ils explorent a vecleurs becs.
En Europe, la huppe se montre prudente et craintive, tandis qu'en Afrique on la voit familière avec les indigènes; toutefois, la vue d'un chien, d'un chat, d'une corneille, d'une hirondelle même, suffit pour l'effrayer, et l'apparition dans l'air d'un milan ou d'un percnoptère ne manque jamais de la jeter dans de folles terreurs.
Elle marche facilement à terre sans sautiller, tenant sa huppe ramassée et renversée en arrière ; si elle gagne un arbre, on la voit planer quelques secondes avant de se poser et relever toujours alors sa huppe; il en est de même lorsqu'elle fait entendre sa voix.
Son cri d'appel est ronflant et semble exprimer : chrr, parfois schwaer. Lorsqu'elle est de bonne humeur^ son cri est sourd : coue, coueg ; son cri d'amour, hmp houp ou hup hup^ prouve bien que son nom n'est qu'une onomatopée de sa voix.
Au printemps, le mâle se fait entendre sans cesse, mais il se tait fin juillet. Quand deux mâles se battent pour la possession d'une femelle, ils crient tout le temps et, d'ordinaire, ils font suivre leur hup d'un son plus bas, plus rauque, qu'on peut rendre par pouh.
De ce que, dans les endroits qui leur conviennent, ces oiseaux nichent les uns près des autres, il ne faudrait point conclure à la sociabilité ; car, en dehors de leur famille, on les voit toujours se pourchasser haineusement; ils ne vivent en amitié, du reste, avec aucun autre animal.
La huppe se nourrit d'insectes de toute espèce qu'elle prend dans la terre et dans les trous. Ses préférences sont pour les bousiers, les vers, les mouches, qui vivent dans les ordures, mais elle ne dédaigne point cependant les hannetons, les sauterelles, les chenilles et les fourmis. Son
bec lui sert à tuer les grands insectes, à détacher les ailes, les pattes, les parties les plus dures de la carapace ; puis elle complète cette opération en frappant à plusieurs reprises Tinsecte contre le sol ; cela fait, elle l'avale. Pour y parvenir, il lui faut absolument le jeter en l'air et le rattraper, manœuvre que les jeunes ne connaissent que plus tard et dont l'ignorance les condamne à mourir de faim en captivité, si alors on ne les bourre pas.
En Europe, cet oiseau niche de préférence dans le creux d'un arbre, dans un vieux mur, dans une crevasse de rocher ; à défaut, il s'établit sur le sol dans un endroit abrité.
En Egypte, le nid est presque toujours installé dans les trous des murs, lors même qu'ils appartiennent à des maisons habitées. On a trouvé dans les steppes des couvées de quatre à sept œufs ou petits au beau milieu de carcasses de mammifères. 11 a été même donné à Pallas de découvrir un nid de sept jeunes dans la cage thoracique d'un squelette humain.
Tant qu'il est habité, le nid exhale une puanteur insupportable, due aux excréments des jeunes, qui arrivent jusqu'à leur cou, et aux mouches qui viennenty déposer leurs œufs. Il faut plusieurs semaines, après l'essor, pour que la pelite famille parvienne à se débarrasser complètement de cette exécrable odeur. C'est le moment qu'on choisit pour les fusiller ou les prendre aux pièges, et les Italiens disent qu'alors leur chair est grasse et savoureuse.
La huppe s'apprivoise facilement et se montre fort plaisante par ses drôleries en volière.