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LE MOQUEUR A BEC ROUGE

Ce grimpeur, l'espèce la plus intéressante du genre, à 0"49 de long, 0"8i d'envergure, 0M7 d'aile et 0"25 de queue.

Il est d'un beau bleu, à reflets métalliques, tirant tantôt sur le vert foncé, tantôt sur le pourpre. Les trois premières rémiges ont une tache blanche sur leurs barbes internes ; les six autres en ont deux, une sur les barbes internes, l'autre sur les barbes externes ; les trois premières rectrices présentent le même dessin, et ont en outre des taches blanches près de leur extrémité. L'œil est brun ; le bec et les pattes sont rouge-corail. La femelle, plus petite que le mâle, n'offre qu'un plumage bien moins éclatant.

Ce bel oiseau habite toute l'Afrique, le nord excepté, jusqu'au 16*" de latitude septentrionale.

Il se tient dans les forêts, s'aventurant tout au plus sur les clairières, et encore le fait-il sans quitter les arbres. Il ne descend que très rarement à terre.

On le voit, en petites bandes de quatre à dix, sauter, voler, grimper dans la forêt. Chaque groupe est fidèlement uni ; ce que l'un fait, les autres le font aussi. Au moment de s'envoler, tous lancent de grands cris ; c'est un tapage qui ne permet guère de distinguer les voix séparées; ce sont des sons gutturaux qui se succèdent avec une rapidité incroyable, charivari musical que Le Vaillant a voulu rendre par gra, ga, ga^ ga, ga. Tant que rien ne les trouble,

ils volent par bande d'arbre en arbre. L'un se cramponnet-il à récorce rugueuse d'un tronc, l'autre le suit, et bientôt tous sont suspendus au même arbre. La queue ne leur sert pas à grimper; elle s'use néanmoins vite par le frot* tement.

Le moqueur est adroit dans ses mouvements ; il court mieux qu'on ne le penserait d'après la brièveté de ses tarses, et il grimpe très bien. En volant, il donne quelques coups d'aile précipités, puis glisse dans Tair. Assez souvent, on lui voit décrire une ligne ondulée.

Cet oiseau se rapproche de la huppe vulgaire en ce qu'il mange des insectes vivant dans les ordures, et du pic en ce qu'il aime surtout les fourmis. Suivant Gurney, il se nourrirait de punaises, et, d'après Mont^iro, de chenilles et de petits coléoptères, tandis que Brehm déclare ne lui avoir vu manger presque exclusivement que des fourmis, principalement des fourmis ailées.

c Le Vaillant avance (1) que la femelle pond de six à huit œufs sur le terreau qui garnit le fond d*un creux d'arbre, que les deux parents couvent alternativement, et qu'ils reviennent chaque nuit à cette demeure avec les petits longtemps après leur essor. Le soir, on n*a qu'à se laisser guider par leurs cris, et on découvre facilement leur abri nocturne.

< Le Vaillant, après avoir vu rentrer ainsi toute une famille, alla fermer le trou et revint, le lendemain matin, pour s'emparer des oiseaux prisonniers. Dès qu'un peu de lumière tomba dans le creux de l'arbre, il vit les moqueurs arriver l'un après l'autre à l'ouverture, où on les prenait rapidement par le bec. En opérant de cette façon, il captura soixante-deux mâles, quarante-cinq femelles et onze petits de divers âges. »

(1) So basant sur les observations de quelques voyageurs et sur les siennes propres, Brehm considère comme exact tout ce qno dit Le Vaillant sur le moqueur à bec rouge.

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