‹ Les chasses du globeChapitre 95 sur 206 · CHASSE DU MOQUEUR A BEC ROUGE · texte numérisé non relu

CHASSE DU MOQUEUR A BEC ROUGE

Comme on le voit, ce genre de chasse pratiqué par Le Vaillant est déjà assez fructueux ; mais si l'on veut en outre faire parler la poudre, il est parfaitement possible, sans peine et sans coup férir, de jeter basjusqu'au dernier toute bande de ces oiseaux abordée dans le jour.

< Les moqueurs en effet sont si attachés les uns aux autres que, si un seul tombe sous le plomb, ils accourent tous, se posent sur les arbres voisins, poussent des cris lamentables, battent des ailes, sans jamais perdre de vue la malheureuse victime. Le second coup de feu en fait-il une autre, bien loin de s'effrayer, ils redoublent leurs cris d'angoisse. Quelquefois la bande se divise et, tandis que les uns restent près du cadavre, les autres volent autour d'eux. Leurs rangs ont beau s'éclaircir, le dernier tombe enfin, sans avoir un seul instant songé à fuir. »

t Ce n'est certes point pour sa chair, ajoute Le Vaillant, qu'on tue cet oiseau, car son régime lui donne une odeur désagréable. D'ordinaire, on croirait sentir des fourmis ; assez souvent, comme la huppe, il exhale un parfum de fumier ou de musc, des plus détestables l'un et l'autre. »

Mi*SiÉfl*«M*»-

LE COLAPTE DORE

Cet oiseau, l'espèce la plus connue du groupe des colaptes, a 0"35 de long et 0"U d'envergure ; l'aile est de 0*16 et la queue de (f^ii.

c II a les tiges des rémiges et des rectrices d'un jaune foncé ou rouge; le dos d'un brun rougeâtre, rayé de noir; le sommet de la tête et la nuque gris cendré ; l'occiput marqué d'un bande demi-circulaire d'un rouge écarlate; le croupion blanc; les suscaudales d'un blanc lavé de fauve ; les côtés de la tête et la gorge gris rougeâtre ; la ligne naso oculaire et une large bande à la face inférieure du cou noires; le reste de la face inférieure du corps blanc, ponctué de noir, chaque plume étant blanche et présentant à son extrémité une tache noire arrondie ; les rémiges d'un jaune soufre, les rectrices d*un jaune vif, à pointe foncée ; l'œil brun clair, la mandibule supérieure brune, l'inférieure bleuâtre; les pattes d*un gris bleu. La femelle est dépourvue de la ligne naso-oculaire noire. »

Le colapte doré se trouve, depuis le Texas jusqu'au nord delaNouvelle*Ecosse, dans toute l'étendue des Etats-Unis; on l'a même rencontré au Groenland. »

Son vol rapide et soutenu semble saccadés! on le compare à celui des autres oiseaux de la même famille. Pour passer d'un arbre à l'autre, il se dirige en ligne droite, puis, à quelques mètres du point d'arrivée, il s'abaisse, se

pose assez bas sur le tronc et grimpe lestement. Lorsqu*il a gagné une branche et se croit en sûreté, il lance son cri bien connu, fiker.

A terre, où il descend assez souvent, il sautille avec une grande agilité; mais cela ne lui arrive que pour aller ramasser une baie, un noyau, saisir une sauterelle, s*emparer des fourmis ou^d^tres insectes logés au pied de Tarbre. Les pommes, les poires, les pèches et certaines baies mûres sont fort de son goût; il ne dédaigne point toutefois les jeunes céréales et, en hiver, il ne néglige jamais de rendre visite aux meules de grains.

Plusieurs de ces oiseaux passent toute Tannée aux Etats- Unis ; les autres émigrent vers le sud, à la venue des froids, et ne voyagent alors que la nuit.

Wilson et surtout Audubon, qui nous ont si bien fait connaître les mœurs du colapte doré, racontent, comme il suit, ses amours et son mode de reproduction : c A peine les premiers jours du printemps ont appelé les oiseaux aux doux devoirs delà reproduction que, de la cime des arbres, on entend retentir la voix du colapte doré, annonçant l'arrivée de celte heureuse saison. Ce cri est bien l'expression du plaisir; c'est un rire longuement prolongé, gai et sonore. Plusieurs mâles poursuivent une femelle, s'en approchent, baissent la tète, étalent la queue, avancent, reculent, prennent les postures les plus diverses, se donnent mille peines pour la convaincre de la sincérité et de la violence de leur amour. La femelle s'envole sur un autre arbre, mais elle est suivie alors de un, de deux et quelquefois d'une demi - douzaine de soupirants, qui répètent à Tenvi leurs démonstrations d'amour. Ils ne combattent pas ensemble, ils ne paraissent mêoie nullement jaloux, et, quand la femelle semble avoir donné à l'un d'eux la préférence, ils abandonnent le bienheureux couple et vont à la recherche d'une autre compagne. Aussi tous les colGUptes sout-ils bientôt accouplés.

Chafiiic paire se met de suite à l'œuvre pour creuser Ironc d'arbre et coDstriiire une demeure convenable ir sa progéniture. ]£ mâle et la femelle travaillent avec

tel entrain et tant d'ardeur... que le nid est bientôt Bsamment creusé. Alors, les deux époux se font des tcerles, grimpent avec une véritable joie le long des ncs d'arbres, tambourinent avec leur bec contre les mches mortes, citassent les mélanerpes qui veulent pprocher, défendent lenr nid contre les étourneaux irpres, font entendre leurs cris et leurs rires. '. Au bout de deux semaines, la femelle a pondu ses lire ou six œufs. Quand tout est favui'able, cet oiseau it élever une nombreuse progéniture, car il niolie deux i par an. •

kucun naturaliste américain ne parait avoir conservé • gtemps un colapte en captivité; l'oiseau s'y habitue «ndant, et assez bien même pour pouvoir supporter une versée. En 18S7, le jardin zoolojjique de Hambourg recet en eflét quatre colaptes dorés, et L'un d'eux était encore anl à la fin dei860. Ces oiseaux, parait-il, étaient rapi- . nent devenus familiers. On les nourrissait sajis peine (C la pâtée des grives, à condition d'y meltre beaucoup larves de fourmis.

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