CHASSE DU ROLLIER VULGAIRE
Les rolliers adultes ont à redouter les attaques de tous les falconidés, et les jeunes celles des carnassiers grimpeurs» mais c*est encore Thomme qui les décime le plus, à cause de la beauté de leur plumage et de Texcellence de leur chair.
Chaque paysan se croit chez nous en droit de tirer ces singuliers oiseaux, et, dans le midi de TEurope, on leur fait une chasse réglée. Sur tous leurs parcours du reste, à répoque des migrations, les coups de fusil pleuvent et en détruisent un assez grand nombre. On les tue généralement avec du plomb numéro 8.
Ces oiseaux, dans chaque localité, ont des arbres de prédilection qu*il faut connaître et choisir pour affûts ; en se cachant bien, les tireurs y font des chasses très fructueuses, parce qu'en général les rolliers ne viennent se poser qu'un par un, et cela presque toute la journée.
Les oiseleurs européens n'essaient pas, paratt-il, de capturer cet oiseau en vie ; mais il en est autrement aux Indes, à ce que rapporte Jerdon. Là, on le prend dans plusieurs pièges spéciaux : « Recourbant, par exemple, des tiges de roseaux que l'on enduit de glu, on suspend sous l'arc qu'elles décrivent une souris morte ou quelque autre appât ; le rollier cherche à saisir cette amorce en volant, touche du bout de ses ailes les roseaux englués et y demeure prisonnier.
Les Indiens chassent encore ces lévirostres au faucon.
Les cultivateurs d'Europe, s'ils étaient soucieux de leurs
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véritables intérêts, feraient bien, au lieu de fusiller ces oiseaux, de les prendre sous leur protection. De temps à autre, ils peuvent détruire une nichée; mais ce rare dégât ne saurait se comparer aux services sérieux qu'ils rendent à Tagriculture, surtout en détruisant une grande quantité d*insectes nuisibles.
LE COUROUCOU VERT
Cet ois^aii» vulgairement connu au Brésil sous le nom de pompéo^ est de 0'°35 de longueur ; l'envergure de 0"&2 ; l'aile de 0»16 ; la queue de 0"1S.
Il a le front, les joues, la gorge noirs ; le sommet de la tête, la nuque, les côtés du cou, la poitrine^ d'un beau bleu à reflets verts ; le dos, les épaules, les rectrices supè* rieures des ailes, vert de bronze ; le ventre et le croupion d'un jaune vif; le bord des ailes et les rémiges noirs, celles-ci bordées de blanc ; les rectrices médianes vertes, avec un léger liseré vert à l'extrénjité, les au 1res noires,, bordées en dehors de vert bronzé ; les trois externes blan* ches sur les barbes externes et à la pointe ; l'œil brun ; le bec blanc verdâtre; les pattes noirâtres.
Le couroucou surucura^ d'un septième plus petit et d'un fort beau plumage, habite le Brésil avec le couroucou vert; ils n'y sont pas rares, dans les forêts vierges surtout. Le premier hante le sud du Brésil et le nord du Paraguay^ tandis que le second ne se trouve que dans le nord du Brésil et dans la Guyane.
Les plaines comme les montagnes conviennent à C€s oiseaux et on les rencontre même sur les côtes, là où les forêts vierges arrivent jusqu'aux bords de la mer.
Partout, dans ces localités, résonne le cri du couroucou vert, consistant en un sifflement monotone, assez court.
répété plusieurs fois, mais toujours sur un ton plus bas; il est assez analogue à celui de la dinde et peut se rendre par vau, vou. Le cri répété pio, pio, du surucura, n'est guère perçu qu'à l'époque des amours.
Cesoiseauxne sont point cndntits; ils se laissent approcher de si près que d'À2ara en a vu assommer avec ud MIon. Celaient des surucuras ; mais le prince de Wied prétend qu'il peut en être de même pour le couroucou vert.
Tous deux passent des heures entières immobiles sur une branche découverte, à une faible hauteur du sol, le cou rentré, la queue pendante, guettant les insectes. En passe-t-il un à portée, ils s'élèvent, comme les hiboux, d'uD vol silencieux, le happent et retournent à leur place. Cest le matin, au lever du soleil surtout, qu'ils se moDtreat actib et criards.
D'habitude, on les rencontre solitaires ou par couples. Bâtes dit cependant en avoir vu de petites bandes composées d'une demi-douzaine d'individus.
Le surucura niche dans des trous qu'il creuse au milieu des constructions que les termites établissent sur les arbres. En septembre, le uid est achevé, et la femelle y pond de deux à quatre œufs. Il est probable que le couroucou vert agit de même.
La chasse de ces lévirostes n'est pas difficile, comme Dousl'avonsdit plushaut. Si on ne les voit pas, on les attire sans peine en imitant leur cri, et ils viennent alors se poser tout près du pipeur, qui les tue aisément avec du plomb numéro 8.
La chair des couroucous est fort délicate.
LE CALURE RESPLENDISSANT
CTest sans contredit le plus beau de tous les calures. II a un cimier touffu, formé de plumes soyeuses ; les couvertures des ailes et de la queue très développées et pendant par dessus ces organes. La tête, la gorge, le cou, la poitrine sont vert foncé doré ; le dos, les épaules, les sus-caudales, vert clair; le ventre gris-brun ; le croupion rouge vif; les rectrices médianes noires, les externes blanches, rayées transversalement de noir; Tœil brun foncé; les paupières noires; le bec jaune, brun à la base; les pattes d'un jaune brun.
Le mâle a 0^44 de long ; Taile mesure 0"24 et la queue 0":23; mais ses sus-caudales les plus longues dépassent encore les rectrices de 0'"69, alors qu'elles ne le font que de 0*10 chez la femelle, qui n'a en outre qu'une huppe très petite.
Le calure resplendissant (1), nommé quetTial parles indigènes, habite les montagnes boisées du Mexique et l'Amérique centrale, où il vit, à une altitude moyenne de 3,000 mètres, dans toutes les forêts d'arbres élevés et d'un accès presque impossible, notamment dans la région de
(1) De la Lave a décrit depuis longtemps cet oiseau sous le Dom de pharomacrus mocinno ; Bonaparte Ta baptisé calur^ paradis^
Guatemala, district de Coban, au-delà de la haute Vera- Paz.
Son vol est rapide et s'effectue en ligne droite, les longues plumes de sa queue traînant majestueusement der* rîère lui.
Il a divers cris : son appel dissyllabique peut se rendre par viou, viau ; commencé par un léger sifflement, il s'accentue avec force, mais reste harmonieux ; parfois il le traîne. On lui connaît plusieurs autres cris rauques et discordants.
Lequetzal se nourrit principalement de fruits; quelquefois, cependant, on trpuve des sauterelles dans son estomac.
D*après Delattre, cet oiseau enti^e en amour au mois de janvier. Il pond dans un nid de pie abandonné, dans des trous creusés parles pics, dans des guêpiers devenus libres, deux ou trois œufs que la femelle couve seule, au dire de Salvin.
Ses plumes employées comme parure sont très recherchées par les Indiens, qui lui font une guerre continuelle.
Sa chair senible ne pas avoir un goût bien agréable ; c'est du moins ce que nous concluons du silence complet ^ardé sur ce sujet,