‹ Les chasseures à piedChapitre 17 sur 96 · IO · texte numérisé non relu

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Ion, qui viennent de pénétrer dans Medole, force l'ennemi à mettre bas les armes. Pendant ce temps, les 7° et 8^ compagnies y pénètrent par le Nord. En entendant sonner la charge par la colonne du général de Luzy , le capitaine Pkllktknt, de la 7** compagnie , brusque l'attaque et entre dans Nf edole , pendant que la 8"^ compagnie, capitaine NfAKTiN, s'y précipite en prenant plus i droite. La 7® compagnie fait prisonnière une compagnie autrichienne réfugiée dans une grande cour. Les trois colonnes sont réunies au centre de Medoie, qui est mis en état de défense par le commandant Thouvenin, du 5® bataillon de chasseurs à pied.

Le 6^ bataillon, qui couvre la marche de la 2" divisioni déloge dès le matin, d'un petit l)ois, une forte colonne autrichienne qui, pendant sa retraite, laisse 200 prisonniers entre les mains de la 2^ compagnie, capitaine Duburgua. La Casa Morina est enlevée à 5 heures du matin. L'action s'engageait de plus en plus. Le 6® bataillon arrive en face de Casa Nuova, défendue par une nombreuse infanterie et deux pièces d'artillerie qui tirent à mitraille sur les chasseurs. Il était 10 h. 1/4. Le commandant DK POTIKR reçoit l'ordre d'enlever cette ferme. Il fait aussitôt sonner la charge, se porte rapidement sur l'ennemi, qui est vigoureusement aboidé, culbuté et poursuivi la baïonnette dans les reins.

La ferme de Casa Nuova avait pour nous une grande importance tactique; l'ennemi, attachant à ce point une importance égale, tait un retour désespéré dans le but de s'en emparer. Mais, bien que supérieur en nombre, il échoue devant la fière attitude des chasseurs du 6^ bataillon, qui le repoussent et le poursuivent de nouveau.

A la 3® division de Failly, le 15® bataillon de chasseurs se met en marche à 7 h. 1/2 du matin, de Carpenedolo, pour se diriger sur le village de Medole. Quatre compagnies sont chargées d'escorter l'artillerie de la division, fractionnée en quatre colonnes; les quatre autres compagnies, conduites par le commandant LiON, formant la tête de la première colonne d'infanterie, marchent derrière deux pièces de canon , précédées elles-mêmes d'une compagnie d'escorte. On traverse dans cet ordre le village de Medole, à 7 h. 1/2, en se portant sur Cavriana, puis la division marche i l'ennemi dans la direction de Goïto. Les quatre compagnies du 15'' bataillon, déployées en tirailleurs, couvrent la marche de la division et se portent sur une ferme située à l'est du village de l\clx:cco. A 100 mètres de la ferme, on rencontre l'ennemi qui, bupérieur en nombre, oppose une vive résistance. Le capitaine

SabattieRi commandant la 4* compagnie, tente une charge à la baïonnette : il tombe, blessé deux fois; la compagnie se retire, soutenue par la 2^. Sur la droite, la i** compagnie, capitaine Bastkrot, s*cmparc d'une position avancée dont elle est ensuite repoussée. Elle ne pourra d'ailleurs la reprendre qu'après que la i*^ division aura pris Rebecco. Le 15® bataillon reste alors dans cette position jusqu'à 6 heures du soir.

Mais le théâtre véritable de l'action se trouve du côté de Solferino, dont l'armée française doit enlever les positions. Le i*' corps d'armée, se dirigeant sur Solfcrino en deux colonnes, est de bonne heure très sérieusement aux prises avec les Autrichiens. A un kilomètre de Castiglione, on signale l'ennemi en forces; le canon gronde vers le Sud ; tout fait présager que c'est une grande bataille qui s'engage. Le cadre en est merveilleusement beau, car l'armée française, des hauteurs où elle se trouve, découvre un admirable panorama. A gauche, le lac de Garde et le Mincio; à droite, la plaine de Medole, immense et coupée de nombreux canaux; en face, à l'horizon, des hauteurs abruptes que couronne le village de Solferino , clef de la position , entouré de murs crénelés avec un vaste cimetière pouvant servir de redoute, et dominé par la « Spia deir Italia », la tour bientôt célèbre de Solferino.

La 1*^ division est fractionnée en deux colonnes d'une brigade chacune, à la tète desquelles marchent quatre compagnies du 17** bataillon de chasseurs à pied. A la brigade de droite, les quatre compagnies de chasseurs occupent vivement le hameau de Fontane, puis refoulent les Autrichiens de cime en cime jusqu'au delà du ravin en arrière duquel s'élèvent les hauteurs escarpées dominées par la tour de Solferino. Le hameau du Grolle est aussi enlevé, puis violemment attaqué par des masses autrichiennes. Les chasseurs du 17**, renforcés par l'arrivée de deux compagnies du lo* l)ataillon écartées de leur route, soutiennent victorieusement l'attaque des Autrichiens et gagnent du terrain par une marche continue sur Solferino. Arrivés au pied des hauteurs, la charge sonne; les pentes abruptes sont gravies au pas de course par les chasseurs du demi-bataillon de droite, qui sont bientôt arrêtés dans l'assaut de la position par une pluie terrible de balles et de mitraille. 6 ofhciers tombent là, dont 4 mortellement blessés; un grand nombre de chasseurs sont tués ou blessés. Sous la protection du feu d*une batterie d'artillerie, les quatre compagnies du 17* se rallient avec le plus grand calme et se nuîttent à l'abri. Il faut dter ici le courage et l'énergie d'un certain nombre de bni*

vf:\ r\jài^!t^^zrs qoî s*aUclèreot aux pièces et purent, soos les billes «rt >ri )y>jH5, les amener en position poor battre en brèche les t:,'iT\ rr^rotlti du iDont des Cyprès.

A !'• vVte de la brigade d'Alton, le demi-batailIon de <;aocbc da

tj^ ft'^rarjçait directement sur la route de Castii* lionc àCarriana.

IjK zr^Xil Fenile emporté, la brigade se trouve arrêtée sur le côté

C*: Jk Toaic , menacée par une attaque impétueuse d'un parti en-

z^rriA ; elle se protège en déployant les chasseurs sur soo front,

:/^l& el> s'élance, so^is un feu terrible, à rattacjue du mont des

Cy^r^. Accablce par le nombre et l'opinidtrctë <ies ennemis, elle

t:^ obligée de reculer et d*attendre l'arrivée de nouveaux renforts

pour se reporter en avant. Pendant ce temps, ranillcrîe française

co^ivre les positions ennemies des projectiles de ses pièces rayées.

La division DE Ladmirault, placée à la gauche du i*' corps d'ar-

.T^ée, part de son bivouac à 4 heures du matin et marche en trais

colonnes sur Solferino. Les 4* et 5* compagnies du 10* Ka^aîli^yn

de chasseurs précèdent la colonne de droite, général DOUAY; les

fj^ et 7* compagnies couvrent la colonne de gauche, sous les ordres

du général de Négrier; les i'*. 2*, 3* et 8* compagnies marchent i

la colonne du centre avec le général DE Ladmirault. A 6 heures,

nos chasseurs se heurtent aux avant-ixjstcs du gémirai Rills, qai

occupent les hauteurs du Monte-Rosso, les abordent résolument et

les chassent de la position après avoir infligé à cette brigade de

telles pertes, qu'elle est obligée de se retirer du champ de bataille

Mais nous sommes obligés de nous arrêter devant la formidable

position de SoHcrino, dont les murs crénelés et le cimetière sont

occupés par des forces autrichiennes imposantes. Il faut anssi

attendre de ce côté que l'artillerie ait préparé Tattaqtie et fait

brèche dans les murs des maisons du village.

L'empereur Napoléon III appelle alors la Garde pour appuyer et renforcer Tattaquc du i'** corps. Le général Manèque établit sa brigade sur la ligne des hauteurs qui s'étendent entre Castiglione et Solferino, parallèlement au Mincio. La i"* brigade de voltigeurs. précédée de son bataillon de chasseurs, arrive à hauteur de la division FoREV» pendant que la 2* brigade se porte en ligne derrière la division, i^ moment décisif est arrivé. L'Empereur ordonne au i^** corps, appuyé par la garde, d*enlever la position de Solferino.

Les fatigues de six heures de combat sont oubliées; nos troupes, avec leur brillante furie française, s'élancent à Tassant du Mont des Cyprès, du village et du cimetière de Solferino, ce formidable

réduit dont les murs ont dû ôtrc abattus par le canon. Les Autrif chiens cèdent partout devant l*élan de nos vaillants soldats, que n'arrêtent ni les balles ni la mitraille : témoin le clairon Fahrë- GUETTES, du 17** bataillon, qui, blessé et couvert de sang, continue cependant à sonner la charge.

Un détachement du 10® bataillon de chasseurs s*élance par une brèche dans le cimetière et se jette sur le 60* régiment autrichien (prince Waza) qui défend cette position. Surpris par cette attaque soudaine, ce rcj;inicnt, après nous avoir envoyé une seule décharge, est culbuté et rejeté hors du cimetière. Au milieu de la mêlée, le sergent Garnier, du 10* bataillon, aperçoit le drapeau du régiment autrichien autour duquel se groupent quelques défenseurs. Avec quelques cha.sseur8, il se jette sur eux et parvient, après une lutte acharnée, à s*emparcr du drapeau ennemi.

Quelques instants après, il le remit au maréchal Baragueyd'IIillicrs, qui l'offrit à l'Empereur de la part du 10® bataillon de chasseurs à pied. L'aigle des ch.isseurs méritait, par ce glorieux fait d*armes, Tinsigne honneur d'être décorée de la croix des braves.

Le bataillon de chasseurs de la garde, arrivant avec la brigade Manèque, descend de la colline , appuyant sa droite à la route de Castiglionc. De là, les chasseurs s'élancent avec impétuosité pour atteindre les hauteurs dominant Solferino, qui sont occupées par l'ennemi, et les abordent avec un élan irrésistible. La mêlée s'engage. Le capitaine BoiSSONNKT, dont la compagnie est en tirailleurs, toml)c hirntôt frappe morlcllcincnt ; non loin de lA, le sous-liculcnant ZlN/lUS et le lieutenant PoiKSON sont grièvement blessés; la compagnie ClIAUVET voit tomber son capitaine, et, conduite par le lieutenant MoNKGUA, se jette sur la gauche du village, qu'elle trouve défendue par trois pièces de canon tirant à mitraille. MONEGUA enlève ses hommes et les entraîne sur cette barrière de feu. Ix* plus intrépide, le caporal Fkkrikke, est foudroyé par la mitraille A deux pas de la bouche du canon ; le sergent HÉBERT et le chasseur GiRARl) le Fuivent de près et sont blessés en arrivant sur la batterie. I^s trois canons sont enlevés, mais les Autrichiens font un retour oflensif et le lieutenant MONEGLIA est forcé de se retirer devant des forces supérieures.

D'un autre côté, le capitaine Verdeil, chargeant l'ennemi, est entré avec lui dans Solferino, où 60 Autrichiens restés dans les m.iis^ms sont laits prisonniers.

Kniin. le bataillon couronne les hauteurs; les Autrichiens commencent à lâcher pied. Les compagnies Laporte et ViLMETTB

traversent les rues du village au pas de course; le sous-lieutcnant Renaud est blessé; Jambon, lieutenant, atteint d*une balle à Tépaule, est forcé de s'arrêter, mais continue à exciter encore ses hommes de la voix et du geste. Enfîn, le capitaine COPKI s'est emparé d'une pièce, tandis que deux autres tombent entre les mains des chasseurs de la 6® compagnie, capitaine SuiRR.

Cependant l'ennemi, qui, par un retour offensif, avait repris ses trois pièces, fut assailli une deuxième fois par le lieutenant MONE* GLIA et le capitaine Verdeil, qui se rendirent définitivement maîtres des trois canons. Il était environ 4 heures du soir. Tout à coup, un roulement confus se fait entendre dans le village et fait croire à une charge de cavalerie ; une batterie d'artillerie, lancée à fond de train, cherchait à se faire jour pour éviter d'être prise. Le lieutenant MONEGLIA se campe résolument sur la route avec une section; il attend tranquillement cette batterie et commande « feu ! » presque à bout portant. Hommes et chevaux tombent pêlemêle, et la batterie est arrêtée sur place. Sommé de se rendre, le colonel autrichien remet son épéc au lieutenant MONEGUA et laisse en notre pouvoir les cinq pièces attelées.

Un autre détachement autrichien, égaré sans doute, revient dans le village, où il est cerné et pris. Des corps entiers ennemis se retirent en désordre, abandonnant armes et bagages. Rien n'arrête les Autrichiens dans leur fuite, pas même leur drapeau, que le chasseur MONTELLIER leur arrache avec audace. Ce trophée iiluB* trait à jamais le bataillon de chasseurs de la garde, dont l'aigle fut décorée de la croix de la Légion d'honneur.

A 4 heures, l'ennemi, qui s'est défendu avec acharnement, lâche pied de toutes parts. Les chasseurs de la garde les poursuivent de mamelon en mamelon jusqu'à Cavriana, où ils pénètrent ven 5 heures du soir.

Le 17^ bataillon, qui combat depuis 4 h. 1/2 du matin, rallié au pied de la tour de Solferino par le commandant PlCHON, reprend. après quelques instants de repos, la poursuite de l'ennemi. Les Autrichiens ne se retirent que didicilcmcnt, en laissant entre nos mains un grand nombre de prisonniers.

Mais l'assaut des pentes abruptes et dénudées des hauteurs de Solferino nous avait causé des pertes sensibles. Le 10* bataillon, comme le 17^, payait un large tribut à la mort, car il avait i oiiicier tué, le capitaine Klëuer; 4 officiers blessés, le capitaine Bernardv de Sigovkr, les lieutenants ViALATiE et Uadhilb et le sous- lieutenant RouGET; 13 sous-officiers, caporaux et chas» seurs tués et 125 blessés ; au total 143 hommes hors de combat.

Le 2* corps d*arinéc, parti à 3 h. 1/2 du matin pour aller occuper Cavriana, s'était trouvé bientôt placé sur la ligne de bataille, dans rintcrvallc restc^ libre entre les i*"" et 4** corps d*armée, aux prises avec Tennemi. Vers 8 heures, la 2'' division, en échelons par bataillons, arrive en face du gros des forces ennemies qui barrent la route de Mantoue. L'artillerie ouvre le feu; le ii** bataillon de chasseurs à pied déploie des compagnies en tirailleurs, et la cavalerie autrichienne voit toutes ses attaques échouer devant le feu bien dirigé de nos chasseurs. Apros rrnlèvcmcnt des hauteurs de Solfcrino, le 2" corps fait un changement de front pour se diriger sur deux lignes sur Cayriana. A Textréme droite de la i*^ ligne, le 1 1** bataillon de chasseurs, fonné en colonne, se heurte bientôt à l'infanterie autrichienne, qu'il charge à la baïonnette et culbute vigoureusement. Mais la cavalerie autrichienne protège la retraite de son infanterie; nous sommes arrêtés. Trois compagnies du ir bataillon sont déployées en tirailleurs avec une compagnie en réserve, pendant que les quatre autres forment le carré. Dans cette position, le bataillon reçoit successivement trois charges de cavalerie faites par des dragons et des uhians autrichiens, qui sont repoussés avec pertes. Les combats de la journée ont coûté au 1 1* bataillon de chasseurs i officier blessé de deux coups de feu, le lieutenant Hubert; 3 hommes tués et 15 blessés.

Sur la droite de la ligne de bataille, le 4*" corps d'armée, apn'*s s'être emparé de Mcdole, s'était vu attaquer par un ennemi sans cesse renaissant.

A peine la brigade DOUAY s'estelle mise en route de Medole sur Rebecco, qu'elle est assaillie par un retour offensif d'une forte colonne autrichienne protégée par une batterie tirant à mitraille. Le général DouAY lance sa brigade contre cette colonne qui est arrivée à quelques pas de nous. L'élan de nos troupes, la vigueur de leur attaque, forcent l'ennemi à battre en retraite. La 7** compagnie du S*' bataillon de chasseurs, fortement engagée, éprouve des pertes sensibles. Le capitaine Pklletent est blessé d'une balle au pied; le sergent-major THOMAS, soldat énergique, qui, malgré une blessure non encore guérie, reçue à MalakofF, n'a pas hésité à suivre la compagnie sac au dos, se jette en avant pour donner l'exemple, il a le bras droit traversé par une balle; le sergent Antoine a la jambe brisée d'un coup de feu, ce qui rend l'amputation nécessaire. L'ennemi, assailli vigoureusement, se replie vers Rebecco; il est vivement poursuivi jusqu'aux aliords du village, qu'il défend éncrgiquemeot derrière des abris solides.

Alors, les pertes du 5® bataillon deviennent assez grandes : le 80us« lieutenant Grimaud est mortellement blessé au ventre, le sergentmajor Trautman est tué raide et le sergent PlCHEUN blessé. Tous trois appartiennent à la 4"^ compagnie commandée par le lieutenant DE Prud'homme, dont le calme et Théroïque sang-froid inspirent la plus grande confiance à tous ses chasseurs. Après une lutte énergique, on finit par rejeter les Autrichiens dans Rebecco, mais à tout moment il faut encore repousser des retours offensifs incessants. La lutte se continue acharnée, et vers 11 heures nous enlevons Rebecco. I^ hameau de Baîte est immédiatement attaqué.

Pendant Tattaque de Rebecco, la 6* compagnie du 5* bataillon a fait prisonnière une compagnie autrichienne tout entière.

Jusqu'à 3 heures, nos chasseurs repoussent toutes les attaques des Autrichiens. A la 2® compagnie, en soutien aux batteries pia« cées à l'Est de la Cascina Nuova, le capitaine Avril DE L'EncloS est blessé à la jambe par une balle.

La lutte devient de plus en plus terrible à Rebecco et à la ferme de Casa Nuova, où Tcnnemi, malgré des renforts considérables, cède enfin devant Télan de nos troupes.

Le chasseur Drryhrr, du 6® bataillon, tue le porte-drapeau du régiment Prince Windischgratz d'un coup de sabre-baTonnette, mais le drapeau est ramassé par deux hommes du 76* de ligne, auxquels il reste, malgré les légitimes réclamations du 6* bataillon. Néanmoins, le chasseur Drevher est nommé chevalier de la Légion d'honneur, en récompense de la part active qu'il a eue à la prise de ce drapeau. Une compagnie de ce même bataillon avait eu le bonheur de prendre et de conserver une pièce de canon.

Cependant, le 4*" corps continue à lutter énergiquement contre les 7® et 1 1*^ corps autrichiens, bien supérieurs en nombre. Le maréchal Niel appelle alors à son aide le maréchal Canrobert. Le général Trochu (2® division) fait porter en avant la brigade du général Bataille. Celui-ci fait mettre les sacs à terre, traverse Medole et prend la route de droite qui conduit à Guidizzolo, par Rebecco. Le içf bataillon de chasseurs à pied (commandant Lr- TOURNEUR) se déploie à l'approche de l'ennemi; il est 4 heures, le feu s'engage. Le capitaine LeiX)UP a presque aussitôt le bras droit fracassé par une balle et remet le commandement de la 3^ compagnie au lieutenant Baumes. Aussitôt après, la cliarge sonne sur tout le front de la brigade Bataille, qui a dépassé la dî* vision de Luzy; on s'élance à la baïonnette. Les Autrichiens, vigoureusement abordés, sont poursuivis jusqu'à un kilomètre de Guidizzolo.

Le général Trochu s'exprimait ainsi dans son rapport du 28 juin : « Le 19^ bataillon a montré la plus ferme attitude, sa conduite û. été pleine d'entrain et de vigueur. Je ne puis citer ici tous ceux qui ont bien mérité. Je me borne ù adresser un témoignage de satisfaction au lieutenant BaumèS. »

L'Empereur disait à ce sujet dans son bulletin : « La brigade Bataille a montré le même sang-froid que sur un champ de manœuvres. »

L'armée française est alors victorieuse sur tous les points, h Solfcrino et à Kebecco ; encore un vigoureux clTort, et les Autrichiens, déjà battus, seront mis en pleine déroute. Mais depuis le matin la chaleur a été intolérable, un ouragan s'est levé, emportant des tourbillons d'une poussière aveuglante. Bientôt une pluie torrentielle vient, comme à Magenta, mettre fin au combat. Un vériUiblc déluge arrête l'armée française qui, après une heure d*un repos forcé, voit les Autrichiens en pleine retraite. L'empereur François-Joseph, qui ne pouvait, dit-on, retenir ses larmes, avait donné l'ordre de battre en retraite, mouvement qui put s effectuer à la faveur de la trêve imposée par les éléments.

Dans cette mémorable journée, aux 3* et 4* corps d'année, les pertes furent assez fortes.

Le 5** bataillon de chasseurs à pied comptait i officier tué. le sous-lieutenant Grimaud; 5 officiers blessés, les capitaines Pel- LKTEN r, Gaduel, Avril de l'Lnclos et les lieutenants POTIER et DE Prud'homme; 13 sous-officiers et chasseurs tués; io6 blessés et s clisparus; au total (> ollicicrs et 124 hommes hors de combat. Au 15* bataillon, il y avait 2 officiers blessés, le capitaine Sabat- TIER et le sous-lieutenant DE Laplagne.

A la suite de la bataille de Solferino, les récompenses suivantes furent décernées aux bataillons de chasseurs à pied :

Chasseurs de la garde. — Officier de la Légion d'honneur: le capitaine UuvAL ; chevaliersdc la légion d'honneur : BoiSSONNET et DE CnÉRISET, capitaines; MONET, lieutenant; le sergent Pe- NATORTE et 4 chasseurs, parmi lesquels le sapeur Ca/ENAVE, les chasseurs Lapevre et MONTELLIER; plus 11 sous-officiers, caporaux et chasseurs médaillés.

5* bataillon de chasseurs à pied. — Chevaliers : le capitaine Capart, le lieutenant DE Prud'homme, le sergent Devize et le fourrier SiMON; plus 8 médailles militaires.

lo» bataillon de chasseurs à pied. — i croix d'officier, 9 de chevalier, parmi lesquelles celle du sergent Garnier, H 16 médailles militaires.

15® bataillon de chasseurs à pied. — Chevaliers : les capitaines MOREL et Sabattier, le sergent Pou et le chasseur Petit; plus 4 médailles militaires.

17* bataillon de chasseurs à pied : 2 croix de chevaliers et 9 médailies militaires.

Le soir de Soiferino, Tarmée française, sans chercher à poursuivre les Autrichiens, bivouaqua sur le champ de bataille : le I*' corps à Solferino, le 2* à Cavriana, le 3® à Rebecco, le 4* entre Medole et Guidizzolo, et la garde impériale à Cavriana.

Le i^** juillet, l'armée d'Italie franclnt le Mincio et pénètre dans le fameux quadrilatère autrichien. Il fallait faire le siège régulier de ses forteresses; le i^' corps d'armée, désigné pour assiéger Peschiera, investit cette place le 4 juillet.

Préliminaires de Villafiranca. — Traité de Zurich*

Le 7 juillet, l'armée alliée était rangée en bataille, de Castel Nuova k Valcggio. Dans les deux camps on se préparait à une action décisive, lorsqu'on apprit, le 8 juillet, qu'un armistice, qui devait cesser le 15 si les négociations entamées n'aboutissaient pas, venait d'être signé entre la France, la Sardaigne et l'Autriche. La Prusse menaçait à ce moment d'intervenir en faveur de l'Autriche et concentrait ses troupes sur le Rhin ; des mouvements insurrectionnels se manifestaient en Italie ; le siège des places fortes du quadrilatère pouvait compromettre les succès de la campagne et devait nécessiter la formation de nouvelles armées. Toutes ces raisons décidèrent l'empereur Napoléon III à signer, le 12 juillet, les préliminaires de la paix de Villafranca, confirmés le 10 novembre 1859 P^r le traité de Zurich. Les clauses de ce traité, dont la plupart restèrent lettre morte, furent les suivantes : Il devait être formé, sous la présidence honoraire du Pape, une confédération des divers Etats de l'Italie, y compris la Vénétie, bien qu'elle restât province autrichienne. Les ducs de Modène et de Toscane étaient autorisés à rentrer dans leurs Etats. La Lombardie était cédée au Piémont. Amnistie pleine et entière était accordée à toutes les personnes compromises dans les derniers événements.

Mais, par la suite, l'empereur Napoléon III, irrité par les résistances du Pape et les menées du parti clérical en France, permit, Tannée suivante, au Piémont, de fonder un Etat du Nord de l'Italie,

avec Florence comme capitale. Le Pape n'avait plus sous sa do* mination que Rome seulement, protégée par une garnison française. C'est en «échange do ces arrangements que le Parlement italien votait le 29 mai 1860 la cession de la Savoie et du comte de Nice à la France, à la suite du vote enthousiaste des populations de ces deux provinces en faveur de leur nouvelle annexion.

Après Villafranca, nos troupes recevaient, le 23 juillet, Tordre de rentrer en France, et le 14 août 1859, ^'^^^ faisaient à Paris leur entrée triomphale sur les boulevards et la place Vendôme. A la tête de chaque division, les bataillons de chasseurs à pied, dont Théroïsme et les qualités militaires avaient brillé d*un si vif éclat pendant la campagne, furent l'objet d'ovations enthousiastes de la part de la population parisienne.

Un corps d'occupation, formé de cinq divisions d'infanterie, de <leux brigades de cavalerie, fut placé sous les ordres du maréchal Vaillant. Les I4^ 15* et 18* bataillons de chasseurs à pied furent <lésignés pour en faire partie. Quelque temps après la signature du traité de Zurich, le corps d'occupation (ut dissous, et du 20 mars au 16 juin 1860, ses corps regagnèrent successivement la France.

Telle fut cette mémorable campagne de six semaines, pendant laquelle nos vaillants chasseurs cueillirent une ample moisson de lauriers sous le brillant soleil de Tltalie, et ajoutèrent de nouveaux fleurons à leur couronne guerrière conquise en A(ri(|ue et en Cri* mée.

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