L'EXPÉDITION DU MEXIQUE
■ Qu't K'1-<I an iffhon do Rl^ftn A»
Paclila. penduil rai|<«illt)an da Italique! Dm Klion* de dtuil, dont qndquM-nnci, foii ballei. lont Uan prapna & metlre an relier lai qualltèa i la Ma •olldea al brillanlaa du aoUat et d« l'orneier rnnfaia; dai nardiei lotermlnablas, qui aoamlrcDl à uoa ruda «prauTa leur In^poliahla d«TOiianienL> (CnloDel CiNOwn.)
r{'liinin.iirr!i ilo tn pierre ilu Mexique. — IX^part «le la brigade tic l.orcncci. — Cumbnt île* Cambras. — Marche sur l'uebla. — Aaïaut du Guadulape. — Ektoï d'un corps «ipéditiannaJta au Meiique. — Sitge de Pucbla. — Asuut du fort San- Ii»i*r, — Prise de Puebla. — Marche sur Mexico. — Expèditioa du couvent de Carmen. — Continuation de I* guerre en \S54. — Eipèdition de Colotlan ; combat de Zuitieo. — Combat de U Ccrro de Majoma. — Combat de l'Eapinaio del Diablo. — Combat de los Veranos. — Commencement de l'ivacuatioa du Mexique. — Kin de l'eipidition du Mexique.
Prèlimloalrra ds U guerre du Mexique.
E président Juaret, de la République mexicaine, venait de triompher de ton compétiteur, le général Miramon. Mais, pendant la lutte, les Européens établis au Mexique avnicnt éprouvé des dommages nombreux dans leurs biens et dans leurs personnes, l'ar la convention <le l^ndrcs (31 octobre 1861), la France, l'Lspagne et l'Angleterre s'engagèrent par une action commune n exiger du gouvernement mexicain le paiement «le fortes indemnités à leurs nationaux éprouvés et i assurer une protection plus elTicace aux Européens établis dans le ptjrs.
Un premier corps français, sous les ordres de l'amiral Jurien de la Gravière, fut débarqué à la Vera-Cruz, déjà occupée par les Espagnols. Par suite de divergences marquées dans le but à at« teindre et à la suite de la convention de la Soledad, les alliés se séparèrent.
Départ de la brigade de Lorences.
L'empereur Napoléon III jugea nécessaire d'envoyer alors au Mexique une brigade de renfort, sous les ordres du général de I^rencez. Le i^*" bataillon de chasseurs à pied (commandant Man- GIN) fut désigné pour en faire partie. Il s'embarquait en deux détachements, sur le Canada et VAsmodée, à l'effectif de i8 offi« ciers et 720 hommes, et débarquait à la Vera-Cruz les 12 et 17 mars 1862. L'armée du Mexique, concentrée à Cordova le 15 avril et à Orizaba le 20 du même mois, bivouaquait le 28 avril à Aculcingo, à l'entrée du défilé des Cumbrcs, fortement ocnipé |Kir l'armée mexicaine.
Combat des Cambres.
A peine engagés dans la route du col, les zouaves du 2* régiment sont attaqués par les troupes du général Sarragoza. Le commandant M ANGlN s'élance à la tète du i*' bataillon de chasseurs à pied et arrive rapidement sur le lieu du combat.
La route chemine sur une longueur de 17 kilomètres, en 38 lacets, battus par les projectiles d'une batterie mexicaine établie sur la droite. Le commandant Mangin reçoit l'ordre de l'enlever et prend les dispositions suivantes : les compagnies MOHRAIN (5*) et Lb« BAILLV (6*) couvrent, la première, le front du bataillon ; la deuxième, sa gauche. I^ compagnie GuiLLAMiN (4*) se déploie ensuite & la droite de la compagnie MOHRAlN, pour marcher à l'attaque de la batterie de droite. La compagnie LlGlRR (3®), accourt aussitôt renforcer la 6*^, qui gravit péniblement les hauteurs escarpées de gauche. Une compagnie du 2* zouaves leur sert de soutien. L'ennemi démasque alors toutes ses batteries et nous accable d'une pluie de balles et de boulets. I^ commandant Mangin, avec les compagnies Roppert ( i*^) et Horcat (2®), suit la route qui aboutit aux ruines d'iil Presidio, clef de la position. Mais l'ennemi» très supérieur en nombre, menace d'accabler nos chasseurSi qui
ladent les hauteurs avec une audace et une intrépidité sans égales. Un bataillon du 2® zouaves accourt les renforcer, et tous se préci* pitent à l'attaque avec une grande vigueur. L'ennemi, menacé sur sa droite et sur sa ligne de retraite, finit par l/lchcr pied. Après trois heures d'une lutte acharnée, le (anion du r** bataillon de chasseurs à pied flotte victorieusement sur les ruines d'EI Presidio. La journée des Cumbres, qui avait coûté au i®' bataillon 17 hom« mes blessés, lui valut une citation à l'ordre de l'armée du Mexique.
Marche sur Puebla. — Combat du Ouadalupe.
Le corps expéditionnaire arrivait le 4 mai à Amozoc, à 4 kilomètres de Puebla.
Les Mexicains avaient organisé très sérieusement la défense de cette place ; la résistance promettait d'être désespérée. Le général de Lorencez voulut suppléer à rinsulTisance numérique de son corps expéditionnaire par un coup d'audace dirigé contre le Cerro de Guadalupe, position dominante, dont la possession lui assurait celle de la ville.
Le 5 mai, à 9 heures du matin, les chasseurs du i*** bataillon refoulent les premiers postes ennemis qu'on rencontre en débourliant la plaine. L<î g<^ncral de Lorcnc<*z, aprrsuiie rccoiuiaisH;incc sommaire, forme trois colonnes cratlaqu(? et les lance sur le Gnadalu|>c. Nos rlia.sscurs, plarûs d'alMinl :i la garde du convoi, attendent avec une impatience marquée que le général les appelle à leur tour. Pendant ce temps, le combat s'est engagé avec une violence inouïe. Une nappe de fer et de plomb couvre le lieu du combat; par suite de la nature du terrain, notre artillerie ne peut malheureusement nous être d'aucun secours.
Enfin, le i*' bataillon de chasseurs reçoit l'ordre de se porter à l'assaut du Guadalupe, à côté du 2^ zouaves. Quatre compagnies s'élancent résolument et arrivent en face des formidables retranchements que notre canon n'a pu même entamer. C'est, sous une grêle de mitraille, un assaut d'héroïsme entre les zouaves et les chasseurs pour essayer d'escalader les parapets du fort. En vain ils franchissent un fossé profond, obstacle aussi sérieux qu'imprévu ; en vain ils luttent énergiquement pour escalader le couvent resté intact sous le feu de notre artillerie. Quelques-uns seulement parviennent à se hisser sur la muraille, mais ils tombent frappés l'un
après Tautre. Le clairon RODLET se maintient seul sur le parapet, où il arbore le fanion du i^' bataillon de chasseurs, sonnant la charge à pleins poumons. Tous les efforts de nos chasseurs viennent malheureusement se briser contre le couvent, réduit inexpugnable, dont l'église forme le centre et lance la mort et la mitraille par trois étages de feux. Un court mais violent orage vient rendre nos derniers efforts impuissants; la terre du parapet croule sous les pieds et rend Tescalade impossible, les chasseurs glissent dans le fond du fossé. Les quelques braves qui ont encore pu monter làhaut tombent un à un; ROULET seul continue à sonner la cliarge au milieu d'une grêle de balles, et ne se décide à quitter son poste que lorsqu'il est certain que l'attaque ne peut recommencer. Ro- BLET fut pour son courage cité à Tordre du jour de l'armée et décoré de la Légion d'honneur.
Pendant ce temps, les deux dernières compagnies du bataillon, sous les ordres du commandant Mangin, gravissent les pentes du Guadalupe pour se porter à l'aide des compagnies d'assaut, tout en couvrant leur flanc gauche. Tout à coup, des jardins de Pucbla» s'élance une nuée de 14 ou 1,500 cavaliers mexicains. Nos chasseurs se rallient au pas de course autour de leur chef, forment le carré et reçoivent la charge par un feu à bout portant. L'élan des cavaliers mexicains, lancés bride abattue, vient se briser contre les baïonnettes des chasseurs qu'ils ne peuvent entamer. Une deuxième charge, qui succède à la première, est repoussée avec le même succès. L'armée, qui suit avec anxiété la lutte de 130 chasseurs à pied contre 1,500 cavaliers mexicains, voit, après la retraite de ceux-ci, le carré des chasseurs intact, impassible, prêt à repousser une nouvelle attaque. Mais la leçon a été dure pour les cavaliers mexicains; bon nombre des leurs jonchent le terrain; ils ne reparaissent plus.
^ Ces deux compagnies firent une défense telle, dit le rapport du général de Lorencez, que je ne savais qui admirer le plus, ou de ceux qui marchaient sous le feu de Guadalupe, ou des chasseurs qui, sans s'étonner du nombre des ennemis qui les entouraient, ae rallièrent avec le plus grand calme, et tuèrent ou dispersèrent les cavaliers qui se précipitaient sur eux. »
Il est alors 4 heures du soir, on se bat depuis midi ; tout ce qu*oa peut demander d'etlorts à d'aussi vaillantes troupes a été tenté; le général de Lorencez se décide à faire cesser l'attaque du Gua« dalupe, et Tarméc revient prendre ses cantonnements du matiiii en vue même de Puebla.
La journée avait été dure pour le i®' bataillon de chasseurs à pied, qui comptait 4 officiers tués : les capitaines Le Bailly et OiLLET, les sous-lieutenants Lecoat et Neige, et 31 sous-officiers, caporaux et chasseurs tués; 6 officiers blessés : les capitaines MoHRAiN, Licier et Mayniel, les sous-lieutenants Chardon, JUPIN et RouZEAUD, et 68 sous-officiers, caporaux et chasseurs blessés; au total 108 hommes mis hors de combat.
La belle conduite du i®** bataillon à l'assaut du Cerro de Guada* lupe et Téncrgique résistance qu'il avait opposée h la cavalerie mexicaine, lui valurent une citation à Tordre du jour du corps c](péditionnaire.
Après avoir offert et attendu pendant trois jours le combat en rase campagne, le général de Lorencez se décide à retourner & Orizaba, qu'on délivre des Mexicains de Sarragoza qui la menaçaient et qu'on met immédiatement en état de défense. Les chasseurs «\ pied obtiennent dVlrc placés aux avant-postes les plus exposés.
Après le combat du Cerro del Borrhcgo et la retraite de l'assiégeant, on apprend enfin, le 29 août, qu'une première colonne de a,ooo hommes, sous les ordres du colonel Brincourt, du i*' zouaves, vient de débarquer à la Vera-Cruz et précède un corps expéditionnaire de 25,00b hommes qui est envoyé au Mexique.
BnTOi d*un corps «xpéditionnaire au Mexique.
L'empereur Napoléon III, mécontent de l'échec du général de Lorencez devant Puebla, le rappelait en France et désignait le général FOREY pour le remplacer à la tète du corps expéditionnaire du Mexique.
Trois baUiillons de chasseurs à pied, les 7*, 18* et 20" étaient désignés |K>ur faire partie du corps expéditionnaire. Le 20** batail* Ion, «^ lelTectif de 820 hommes, sous les ordres du commandant Lepagh des LonGCIIAMPS, quittait Cherbourg le 28 juillet à bord du Turenne, formant avec un escadron du 5* hussards Tescorte du général FOREY, commandant en chef les troupes expéditionnaires, et débarquait le 21 septembre à la Vcra-Cruz. A peine débarqué, le bataillon dut envoyer une compagnie au secours du poste de la Tejeria, attaqué par 800 guérilleros. Cette compagnie, venue par voie ferrée, ne put atteindre l'ennemi , qui avait disparu avant son
arrivée et rentra le soir même à la Vera-Cruz. Le 26» nouvelle apparition d'insurgés autour de la Tejeria ; une compagnie du 20* bataillon est chargée d'occuper définitivement ce poste. Elle s'y établit comme poste avancé et prend possession des débouchés par lesquels les guérilleros s'étaient glissés quelques jours auparavant.
Le 4 octobre, le 20* bataillon de chasseurs, expédié par les voies ferrées à la Tejeria, va concourir à la formation de la colonne légère formant escorte, qui doit accompagner le général en chef i Orizaba. Elle comprenait : le 20® bataillon de chasseurs à pied, un escadron du 5** hussards et divers détachements; au total 706 hommes. Le 20° bataillon n'y figure que pour 492 hommes, car le climat insalubre du Mexique a déjà commencé sa destruction; 328 malades sont laissés à l'hôpital.
Le 13 octobre, à 8 h. 1/2 du matin, la colonne quitte la Tejeria. En raison des difficultés de la route et du service pénible que doit fournir le 20* bataillon pour assurer la protection du convoi, le général en chef a prescrit que les sacs seraient portés à dos de mulet. La marche est lente et difficile; l'influence fatale du climat se fait cruellement sentir, beaucoup d'hommes sont atteints par les fièvres, la plupart éprouvent une lassitude extrême, une sorte de prostration physique. 200 malades entrent le 14 à l'ambulance de la Soledad, où l'on est obligé de faire séjour.
Le 16 octobre, la colonne reprend sa marche; l'effectif du 20* bataillon n'est plus que de 292 hommes. On arrive le soir au bivouac 'de Palo-Verde, mais la fatigue des troupes et celle des mulets qui traînent les voitures est extrême. La température est chaude et humide, le pays marécageux. Presque tous les chasseurs éprouvent des accès de fièvre paludéenne; un nouveau séjour est nteessaire. Parti le 18 de Palo-Verde, on arrive le 21 à Cordova, où il but encore abandonner 50 malades. Le bataillon est tellement décimé que le général en chef est obligé de prendre dans cette ville une compagnie de zouaves pour le service d'avant et d'arrière-garde. Après un séjour à Cordova, la colonne va bivouaquer, le 23 , à Cahutlapa, et arrive le 24 à Orizaba.
Le 20*^ bataillon est réduit à 222 hommes. Sur ce nombre, 30 à peine sont valides; 122, minés par la fièvre, se traînent pénible* ment; 70, plus ou moins atteints, sont portés à dos de mulet; tout le reste du bataillon est décédé ou à l'hôpital.
Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Qu'il soit cependant permis de donner ici un regret à ces morts obscurs, succombant d'épuisement et de privations sur cette terre inhospitalière ; qu'il soit pennis de
rappeler avec quelle patriotique opiniâtreté ils ont lutté contre la terrible épidémie qui les décimait. Pas une défaillance pendant ces longues heures de souffrance; ni plaintes stériles, ni découragement, ni démoralisation. Ils n*ont cessé de montrer Tordre le plus parfait, une discipline à toute épreuve, un courage qui ne s'est jamais démenti. Bel exemple d*abnégation et de dévouement au drapeau qui honore le 20* bataillon de chasseurs à piedi
Après un séjour de plus d'un mois, le 20' bataillon, reconstitué au moyen de détachements venus des i^' et 18" bataillons de Tarmc, va relever à Ingcnio le 95* de ligne.
Le 7^ bataillon de chasseurs à pied, à TefTectif de 20 officiers et 775 hommes, sous les ordres du commandant D*Albici, s'embarquait à Cherbourg le 22 août sur le vaisseau le Tilsiti, et débar* quait à la Vera-Cruz le 20 octobre. Il était immédiatement désigné pour faire partie de la 2® brigade (général de Bertier) de la 2* division (général DOUAV) concentrée à Santa-Fé.
La brigade se mettait en route le 26 octobre pour Jalapa, et atteignait le Plan del Rio le 3 octobre, après un vif engagement de cavalerie. Le lendemain 4 novembre, la colonne se dirigeait sur le Ccrro Gaordo. Au moment où elle y arrivait, une vive fusillade et deux coups de canon à mitraille arrêtaient un instant la marche de la colonne. Deux compagnies du ^* bataillon de chasseurs tournaient la position et forçaient Tennemi à Tabandonncr, en laissant entre nos mains un obusier de montagne et deux mulets prêts à Tcnlever. 3 chasseurs du 7^ étaient blessés dans cette affaire. Le 7, la colonne entrait à Jalapa sans coup férir.
Fort de 23 officiers et de 817 hommes, le 18* bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du commandant Lamv, s'embarque à Cherbourg le 4 septembre, sur le vaisseau le Breslau, et arrive le 28 octobre à la Vera-Cruz, où il débarque le 3 novembre. Les quatre premières compagnies, suivies le lendemain des 5* et 6^ et de Tétat-major, partent le 8 de la Vera-Cruz pour escorter jusqu'à Orizaba une batterie du 7* régiment d'artillerie. De là, le 18* bataillon, soutenu par la brigade mexicaine du général Marquez, exécute des pointes vers Huatusco et Jalapa. II revient à Orizaba le 16 décembre, ramenant un convoi de 150 bœufs et mulets. Il est attaché bientôt à la f* brigade (général Neigre) de la i'* division (général Bazaine).
Dès les premiers jours de décembre, le général FOREV concentre le corps expéditionnaire sur le plateau d*Anahuac, qui offrait à l'armée des ressources de toute nature. Le colonel l'HérilIier y
UIst Bat ChaM. If
ivn
arrive par la route de Maltrato , le général DOUAY par la route d'AculcingOi et le général Bazaine par celle de Jalapa, en passant par Perote.
Le 17 décembre, le général Bazaine atteint le col de la Voila, position formidable qui est franchie sans coup férir. La colonne venait de s'engager, depuis une demi -heure à peine, dans un bois très fourré, coupé de rochers volcaniques et de laves, quand une fusillade accueille Tavant-garde, en tête de laquelle marche le général avec son état- major et son escorte, couverts seulement par une pointe d'avant-garde de 8 chasseurs du 7** bataillon. Le capitaine d'état-major Fourgues (mort de ses blessures), le trompette du général et 4 chasseurs à pied tombent blessés. L'ennemi est immédiatement chassé de ses positions et poursuivi jusqu'à 3 kilomètres. Le 19 décembre , la colonne atteignait Perote pour gagner ensuite le plateau d'Anahuar.
Siège de PuebU (16 mar8-17 mai).
Après avoir assuré ses communications avec Orizaba et la Vera- Cruz, le 16 mars, le général FOREY donne au corps expéditionnaire Tordre de se porter en avant. L'armée arrivait bientôt en vue de Puebla; la division Bazaine prenait position vers le Sud, entre le Cerro Amalucan et l'hacienda Alamos, tandis que la division DouAY s'étendait vers le Nord. Le 20* bataillon de chasseurs, qui vient d'opérer à San-Andrès, se porte en arrière d'Alamoft, à gauche de la route de I^ucbla. Lg 7* bataillon est placé en avant de cette ferme. Le 18 mars, ces deux bataillons allaient occuper les pentes du Cerro Tepozutchill, qui avoisinent l'hacienda deœ nom et dominent Puebla de plus près. Le même jour, le 18* batadllon de chasseurs à pied va renforcer le i**^ bataillon, qui avait occupé le Cerro de San-Juan, contre lequel on redoute les entreprises des troupes de Camonfort , ancien président du Mexique, qui commandait une armée de secours.
Le défenseur de Puebla , le général Ortéga , avec une garnison de 2,200 hommes, avait fait de cette ville ouverte une place torte de premier ordre. Les îlots de maisons avaient été transformés eb véritables réduits successifs appelés cadres. Les monuments et édifices religieux, en maçonnerie massive, étaient mis en état de défense et employés, soit comme réduits, soit comme magasins.
Le 23 mai, dans la nuit, la tranchée est ouverte. Les chasseurs à pied se prodiguent à la garde et aux travaux des tranchées. Le 24 mars, à 3 heures du matin, la i*^ compagnie du 20* bataillon de chasseurs reçoit Tordre d'aller occuper Thacienda de Santa- Barbara, située à 900 mètres de la place; elle s*en empare sans coup férir. Au même moment, une section de la 3* compag^nie du même bataillon s'emparait de Molino del Christo, à 800 mètres de l'enceinte, et la 4* compagnie s'établissait à la Garita d'Amozoc.
L'investissement de Pucbla était complet, et, le 26 mars, l'artillerie ouvrait le feu contre la place, qui lui répondait sans nous causer de grands dommages.
L'ennemi ne tarda pas à comprendre l'importance des opérations entreprises sur son front Sud, et tenta des attaques de nuit fréquentes pour gêner les travailleurs et pour se ménager des communications avec l'extérieur. Dans la nuit du 24 avril, l'hacienda de Santa-Barbara, occupée par la i'* compagnie du 20^ bataillon, est vigoureusement attaquée par les assiégés, appuyés par l'artillerie de la place. Le capitaine Engunger, qui dispose de 120 hommes environ, soutient la lutte jusqu'à 4 heures du matin, et finit par repousser Tennemi jusqu'à la Garita de Tepozutchill. Le fourrier Capgras, le caporal Henri et les chasseurs SCHOEFER et Verdier furent cités pour leur belle conduite dans cet engagement.
Renouvelant les exploits des tirailleurs aux tranchées de Rome et de Sébastopol, le 18* bataillon de chasseurs à pied envoie aux tranchées, le 29 avril, 30 de ses meilleurs tireurs dont le feu, bien ajusté, réduit au silence trois batteries ennemies; 3 d'entre eux sont tués et 5 autres blessés.
Aisaut du fort San-JâTier.
Ce jour-là, avait lieu l'assaut du fort San-Javier et du cadre du Pénitencier dit n* i. (Les cadres avaient été numérotés par les assiégeants, pour Tintelligence des ordres, de 1 à 158.) Notre artillerie avait en partie démoli les murs du fort dont nos parallèles n'étaient plus qu'à 70 mètres.
Le général FoREY avait réservé les honneurs de Tassaut au i*' bataillon de chasseurs à pied et au 2* bataillon du 2* zouaves, dont l'héroTque valeur s'était brisée, le 5 mai 1862, sur les murs de Guadalupe.
A 5 heures du soir, le général Bazaîne donne le signal de l'a»* saut. Les cris de : « Vive TEmpereur! » y répondent aussitôt. Le I*' bataillon de chasseurs, commandant DE COURCY, s'élance de la tranchée , et, malgré une pluie de balles, de boulets et de mitraille, escalade les parapets qu'il couronne rapidement. Aussitôt après, les chasseurs, suivis par les zouaves, franchissent la brèche du Pénitencier. L'ennemi , rejeté de sa position après une lutte acharnée, est poursuivi la baïonnette dans les reins jusqu'aux premières maisons de la ville.
Le 30 mars, le général FOREV rendait l'hommage suivant à l'intrépidité des colonnes d'assaut :
« Le rapport général sur celte brillante aiïaire, qui sera adressé au Ministre de la guerre, lui rendra bon compte de tous les actes de bravoure qui ont été signalés au général en chef, et qui sont trop nombreux pour trouver place dans un simple ordre général. Le général en chef se borne, dans cet ordre, à remercier, au nom de l'Empereur, ses braves soldats du dévouement qu'ils ont montré depuis le commencement du siège de Puebla, et en particulier les corps qui ont pris part à l'assaut de San-Javier. »
La prise du fort San-Javier, si glorieuse pour nos armes, n'avança malheureusement pas nos opérations comme on l'avait espéré. On continua néanmoins le siège des cadres.
Le cadre n® 2, couvent de la Guadalupita, fut vivement canonné par des pièces de montagne hissées dans les étages supérieurs du Pénitencier. Dans la nuit du 31 mars au 1^' avril, le 18* bataillon de chasseurs, commandant Lamv, s*élance & l'assaut et parvient, après une lutte très vive, à s'emparer du collège et de l'église de Guadalupita. L'ennemi, malgré une résistance acharnée, perd 80 tués, 100 blessés ou prisonniers. Le général en chef met à 1 ordre de l'armée le commandant Lamv, 3 oGficiers, 5 sous-officien et 2 chasseurs, comme s'étant particulièrement distingues dans cette affaire, à la suite de laquelle deux croix et six médailles militaires sont données au bataillon.
Le 4 avril , on renouvelle sans succès une attaque faite la veille svr le cadre n® 26, dit du Presidio. Trois colonnes, formées par des compagnies des i^*" et 18^ bataillons de chasseurs à pied, se préci* pitent avec la plus grande intrépidité. Après avoir franchi les brèches, les chasseurs arrivent dans les chambres dont toutes les issues avaient été solidement fermées, les murs garnis de trois rangs de créneaux et les voûtes percées de mâchicoulis. Mais le
courage et rintrépidité de nos troupes échouent devant ces obstades insurmontables; nous sommes forcés de nous retirer.
Le 9 avril, le commandant Lamv, du i8* bataillon, est mortellement blessé, tandis qu'il dirigeait le tir de quelques-uns de ses chasseurs postés dans le clocher de San-Jago. Le général en chef, les généraux de la division et un grand nombre d'officiers rendirent, le 12 avril, les derniers devoirs au brave et digne chef du 18® bataillon, dont les brillantes qualités étaient appréciées de tous.
On continue , cependant , à progresser lentement dans les cadres, et le 19 avril, on attaque le cadre n®39. Le colonel Mangin, de tranchée, lance à Tassaut de deux brèches reconnues praticablés, le 18* bataillon de chasseurs à pied formé en deux petites colonnes, 6* et a®, i'" et 3* compagnies, soutenues par les feux d'écharpc des 4* et 5^ compagnies. A 4 h. i/a, nos deux colonnes d*assaut, précédées d*unc douzaine de volontaires, franchissent les broches sous une pluie de fer et se heurtent à des retranchements intérieurs précédés de fossés. Une vive fusillade, partie du haut des terrasses et des fenêtres, se croise sur nos chasseurs; le cadre est défendu par plus de i ,400 hommes. Rien n'arrête l'élan des nôtres : ils escaladent les parapets, et, continuant leur course à la suite de Tennemi terrifié, s'emparent du cadre 31, qui fait suite au cadre 29 et n*cn est séparé que par un passage souterrain. Deux compagnies du 3*" zouaves ont soutenu les compagnies du 18* bataillon de chasseurs pendant l'attaque du cadre 31 . Nos chasseurs avaient infligé des pertes cruelles à Fcnnemi : 100 morts et 400 blessés ou prisonniers ; il avaient pris 3 canons et une grande quantité d*armes et de munitions. Malgré la rapidité et l'ensemble de ces deux attaques, les pertes du 18* bataillon s'élevèrent à 8 tués et 41 blessés, sur l'ensemble des 10 tués et 45 blessés que nous coûta cette affaire.
Ijc général en chef, dans son ordre du jour du 23 avril , rendait hommage en ces termes à Téclatante valeur déployée par le 18* bataillon de chasseurs :
€ Le cadre 29 était une véritable forteresse, que le 18* bataillon de chasseurs et le i*' bataillon du 3*" zouaves, auxquels le génie et Tartillerie avaient habilement et énergiquement préparé les voies, ont attaqué avec une résolution couronnée du succès le plus complet et acheté au prix de peu de sang.
^ Pour être juste, le général en chef voudrait citer tous ceux qui ont pris part à cette attaque ; mais cela n'est pas possible, et
il se borne & mettre à l'ordre ceux qui se sont plus particulièrement distingués. »
li citait au 18® bataillon de chasseurs à pied : 10 officiers, dont le capitaine Bréart, commandant le bataillon, et 40 sous-ofliciers et chasseurs. Une croix d'officier de la Légion d'honneur est donnée au capitaine Kaynal; trois croix de chevalier sont accordées au lieutenant MOT AS, au médecin aide- major Chabert, et au sergent* major Descombes; 14 sous-officiers et chasseurs sont médaillés. Le commandant Brincourt, du 3* zouaves ^ prenait» le 20 avril, le commandement de ce brave bataillon.
Prise de Poebla.
' A la suite de l'insuccès de l'attaque du Santa-Inès, le 25 avril, auquel prit part le 7^ bataillon de chasseurs à pied, le général en chef se décida, le 12 mai, à changer le point d'attaque et à employer tous les moyens dont disposait l'artillerie pour réduire le fort de Totimehuacan.
Le commandant D'AlJilCl, du 7** bataillon, comme major de tranchée, et le sergent ARDOUIN, comme sous-aide-major, font partie de l'état-major de tranchée organisé devant Totimehuacan.
Le 13, à 8 heures du matin, l'ennemi fait une vigoureuse sortie sur la droite de la première parallèle qui était à peine achevée et avait été tracée à 450 mètres environ du fort. 11 prononce son attaque sur la droite de la parallèle et est déjà à 50 mètres des tranchées, lorsque les chasseurs de la 3^ compagnie du 20* bataillon, campés au lieu dit « I.kI Ruine », en avant de Molino de Guadalupe, base des travaux d'approche, accourent au pas de coune» et, prenant en flanc l'adversaire, qui est écrasé par le feu bien ajusté des chasseurs du 7® bataillon, le forcent à battre en retraite en abandonnant un nombre considérable de tués et de blessés. Cette contre-attaque énergique ne nous coûtait pas un chasseur; seul, le sous-lieutenant Demarle, du 20®, était légèrement blessé à la cuisse par un éclat d'obus.
Le 14 mai, à 9 heures du soir, une compagp^iie du 7* bataillon s'empare du moulin de Huescotila, et, pendant la nuit, lepouise un retour offensif de Tennemi.
L'artillerie de la place, écrasée par le tir de nos batteries de siège, cesse bientôt son feu; le 17 mai, au point du jour, l'ennemi fait sauter ses munitions et rend la place. A 6 heures du matiOi
une compagnie du 7* bataillon occupait sans coup férir le fort de Totimehuacan, et une autre compagnie le fort Carmen.
Le 19 mai, le général en chef faisait son entrée solennelle dans la ville. Le i®' bataillon de chasseurs entrait le premier dans Puebla, dont la prise jetait un nouvel éclat sur l*arme des chasseurs à pied. Les troupes furent cantonnées dans la ville.
Marohe tnr Mexico.
Quelques jours après, le général Bazaine se porte avec sa divi* sion sur Mexico , où il entre triomphalement le 7 juin.
La prise de Puebla avait dispersé les troupes régulières mexicaines, une assemblée de notables avait offert la couronne de Tempirc du Mexique au prince Maximilien d'Autriche, la campa* gnc militaire semblait donc terminée ; mais Tinsurrcction était loin d*£trc étoulléc : le p<iys se couvrit immédiatement de bandes de guérilleros qui pillèrent nos convois et coupèrent nos communications. On fut obligé d'envoyer contre eux, de tous côtés, des colonnes légères^ dans lesquelles nos chasseurs à pied se distinguèrent par leurs belles et solides qualités. Ils apportèrent la plus grande vigueur et Tentrain le plus soutenu aux actions de détail exécutées & la suite de marches fatigantes, tantôt sous un ciel de feu, tantôt sous des pluies torrentielles, par lesquelles se continua la campagne du Mexique à l'intérieur.
Sans suivre dans le détail toutes les nombreuses expéditions auxquelles nos chasseurs à pied prirent une part si glorieuse, nous nous contenterons de mentionner ici celles pendant lesquelles ils se distinguèrent particulièrement.
Expédition da coaTent de Oarmen.
Le 18 juillet, dans la nuit, le colonel du Barail, du 2* régiment de cavalerie de marche, quittait Tacubaya avec quatre compagnies du 20* bataillon de chasseurs à pied et deux escadrons du 3* chasseurs d'Afrique, pour enlever, h San-An|;elo, la bande de Buitron, qui occupait le couvent de Carmen. Cette opération fut vivement exécutée : la cavalerie cerna le couvent avant le point du jour, et les chasseurs, pénétrant dans l'intérieur après avoir désarmé les
défenseurs du poste , s'emparèrent de tous les guérilleros qui 8*y trouvaient. On saisit 3 officiers supérieurs, 134 hommes, 60 chevaux, des armes et plusieurs caisses de munitions.
Le i**^ octobre, le général Bazaine était nommé commandant en chef, en remplacement du maréchal FOREY, élevé à la plus haute de nos dignités militaires en récompense de la prise de Puebla.
Le 15 octobre, le 20^ bataillon de chasseurs envoie à Pahucaun détachement composé de 2 sergents, 4 caporaux et 86 hommes. Ce détachement, commandé par le sergent Berrias, est destiné à fournir des éclaireurs et des tirailleurs aux colonnes du 62* de ligne. Attaqué le 9 novembre à San^Javier, alors qu'il faisait partie de Tescorte d'un convoi, ce détachement parvient, après un combat de deux heures, & mettre l'ennemi en fuite en lui infligeant des pertes sensibles. Quelques chasseurs avaient été blessés légèrement; le chasseur AUBERT, dont l'état nécessita le transport à l'ambulance de Pahuca, mourut à cette ambulance le 12 février 1864. S'étaient particulièrement distingués dans cette affaire : Berrias, commandant le détachement, cité à l'ordre général de l'armée pour avoir parfaitement secondé le commandant de la ligne de tirailleurs et avoir montré beaucoup d'énergie et de vigueur; Reiuel, cai>oral; LamoTHE, ArmagnaC, StriegeK» chasseurs de i'* classe; Saulnier et BÉTHUNE, chasseurs de 2* classe.
Continuation de la guerre en 1864.
L'ennemi ayant été signalé à Maravatio, le général de Castagny , à la tête d'une forte colonne expéditionnaire dont faisaient partie les 7® et 20® bataillons de chasseurs à pied, se lançait à sa poursuite. Mais l'ennemi avait évacué Maravatio; on croit le joindre à Morelia, il fuit encore devant nous. Le i**^ janvier 1864, le général de Castagny quittait Villa-Encarnacion et arrivait le 11 à San- Luis-Potosi, en passant par Aguas Calientes, pour entrer ensuite, le 1 1 février, à Zacatecas.
Sur ces entrefaites, le 1 1 janvier, un ordre de la division citait les chasseurs COCHIN et Beuzelin. du 2o« bataillon, détachés aux contre -guérillas, pour s'être signalés dans un combat livré le 12 décembre 1863 aux troupes réunies de Fragoso et de Martinet.
Une section de la 6^ compagnie du même bataillon, 'détachée de Lagos à Salamanca, prenait part, le 3 février, au combat de Valle- Santiago. Etaient cités comme s'étant particulièrement distingués:
le fourrier Joubert, le caporal QuERREC et le chasseur CHEVAL- LIER. Ce dernier, ayant aperçu un convoi de munitions engagé dans un chemin creux, était parvenu, avec Taidc de trois de ses camaradcSi & lui barrer le passage, et Pavait forcé a se rendre tout entier.
Expédition de Colotlan.
I^e général de Castagny, informé, le 13 février, de la présence des troupes du général Ortega dans les vallées de Villa-Nueve et de Jerez, se lance & sa poursuite. Ortega fuit devant nous et s'arrête dans la vallée de Colotlan. Le général prend la résolution de le surprendre par une marche forcée, et se porte rapidement sur Huaguasco, où il arrive le 16 février, à 9 heures du soir. Les hommes sont harassés par la rapidité de la marche et le mauvais état des chemins; cependant le général de Castagny donne au commandant Lepage des Longchamps, du 20^ bataillon. Tordre de partir immédiatement et d'aller surprendre à Colotlan, par une marche de nuit, le général José Fernandez. Le commandant emmène avec lui 100 chasseurs, 7 sapeurs du génie et 60 cavaliers mexicains alliés. Malgré une pluie violente qui dure toute la nuit, malgré l'obscurité et le mauvais état des chemins qui, par moments, deviennent presque impraticables, la petite colonne arrive, à 2 heures du matin, en vue de Colotlan.
Elle attend là le point du jour. Au signal donné par le commandant, les cavaliers cernent rapidement la ville et occupent toutes les issues par lesquelles l'ennemi pourrait s*échapper. Les chasseurs, lancés au pas de course, arrivent à temps pour rendre toute résistance impossible. En moins d'une heure, la ville était en notre pouvoir. L'ennemi laissait entre nos mains : 6 ofBcicrs prisonniers, dont un officier général, le général Ghilardi ; 70 prisonniers, 4 tués, 2 blessés et un matériel de 127 fusils, 50 lances, 2 canons, 2 couleuvrines, 24,000 cartouches et 132 chevaux.
Le lendemain, le général de Castagny arrivait à Colotlan et adressait au commandant Lepage DES LONGCHAMPS ses félicitations pour la façon remarquable avec laquelle ce coup de main avait été exécuté. Le même jour, étaient cités à l'ordre de la division : le commandant Lepage DES LONGCHAMPS, le lieutenant Hervot, le sous- lieutenant Demarle, le sergent-major GuiRAUD, le rajïoral Paul et le chasseur l'ECU.
Le 18 février, le général de Castagny quittait Colotlan avec le 30* bataillon de chasseurs, emmenant avec lui le matériel et les prisonniers ; il arrivait le 22 à Zacatecas. Parti de cette ville le 15 mars, le bataillon arrive le i®'' avril à Salamanca, où il rallie la 6* compagnie, qui avait été détachée àLagos le 27 décembre 1863. Cette compagnie, commandée par le lieutenant GaugaiN; avait pris une part glorieuse au combat de Zuitzeo.
Combat de Zuitzeo.
Le 30 mars, & 8 heures du soir, le capitaine Meahlié, du 95* de ligne, commandant de Salamanca, était prévenu que le général Espinola, avec 700 hommes d'infanterie, 500 chevaux et 8 pièces de campagne, se trouvait dans le voisinage. Il se porte aussitôt à sa rencontre avec 164 hommes du 20* bataillon de chasseurs et du 95* de ligne. Après une marche de nuit, il arrive & 6 heures du matin en présence de Tennemi. Le combat s'engage; après deux heures de lutte, Espinola, battu, s'enfuit honteusement, laissant entre nos mains 350 hommes tués, blessés ou prisonniers, des armes en quantité, 2 pièces de canon et 80 chevaux. Nous avons, de notre côté , une vingtaine de blessés, dont un seul , le caporal Paquelin, atteint & la tête, mourut quelques joufs après à Tinfirmerie régimentaire de Salamanca.
A la suite de ce fait d'armes, furent cités h l'ordre de la division : le lieutenant Gaugain, commandant la 6" compagnie; le souslieutenant Perrot, qui, avec 30 hommes, avait enlevé à Tennemi deux pièces de canon; Paquelin, caporal, mort des suites de sa blessure; BlSSEV, sergent, blessé; JOUBERT, fourrier; MORGEN- THALER, caporal; AUDIER, chasseur; Lechiers, clairon; Lepa-
GNOT, Jourdain, Kirsc», Baudon, Salomon et Renault»
chasseurs.
La colonne de Castagny arrivait le 6 mars & Queretaro.
Pendant que le général de Castagny opérait dans le Sud, la colonne du général DouAV, dont faisaient partie les i*' et 18* ba* taillons de chasseurs à pied, opérait au Nord-Ouest, dans le pays compris entre Zamora, Lagos et Celaya.
Le 28 janvier, le général DouAV ayant formé à Lagos une colonne légère avec la cavalerie et le 18^ bataillon de chasseurs, dont les sacs sont portés à dos de mulets, se dirige sur Encama-
cion, où il arrive après une marche de douze lieues. Le lendemain 29, il pousse à gauche une pointe sur Teocaltiche, où se trouvait un corps ennemi pouvant menacer les communications en arrière des colonnes. Le 18*^ bataillon, qui a fait ce jour-là plus de dix lieues, presse le pas tandis que la cavalerie cerne la ville. Trois compagnies (4*, 5^ et 6*) attaquent trois points différents de l'enceinte et doivent se réunir sur la place. Malgré les efforts de ses 600 défenseurs, déconcertés par l'élan de nos hommes, la ville est emportée de vive force. Nous avons 2 tués et 12 blessés, parmi lesquels le lieutenant DK Saint-Gekmain, grièvement atteint. 250 chevaux, 65 prisonniers, des magasins d*armes, nous sont abandonnes par Tennemi. Des perquisitions amènent la découverte de trois chefs en renom, qui sont passés par les armes.. Le capitaine MÈRIC est nommé officier de la Légion d'honneur; le lieutenant DE Saint-Germain et le sapeur Hervé sont faits chevaliers; 2 sous-olTicicrs et 2 chasseurs sont médaillés.
Ix: général DOUAV, apprenant que le colonel GARNI ER est sérieusement menacé dans Guadalajara, s'y porte en toute hâte, à la tète d'une colonne formée des i^*" et 18^ bataillons de chasseurs à pied, d'un bataillon du 2^ zouaves, avec de l'artillerie et du canon. Il y arrive le 26 février. De Guadalajara, des colonnes partielles rayonnent de tous côtés.
A Tequila, le 18* bataillon de chasseurs et la cavalerie rencontrent, le 21 mars, la bande de Simon Gutlierez, lui tuent 70 hommes et prennent 240 chevaux.
Le 25 mars, José Maria Chavez attaquait avec 500 hommes et deux canons l'hacienda de Malpaso, et y massacrait femmes, enfants, vieillards. Mais le lendemain il était surpris et fait prisonnier à Jerez par une compagnie du i^' bataillon de chasseurs (capitaine Crainvilliers). Nos chasseurs lui tuaient une centaine d'hommes et lui enlevaient 40 prisonniers et deux canons. Ce brillant succès ne nous coûtait qu'un homme blessé.
Le II avril, 150 chasseurs du T' bataillon, sous les ordres du commandant DE CourcV, battent à Colotlan la bande de Sandoval, forte de 500 cavaliers et 100 fantassins; ils la poursuivent dans la Sierra Morena et font 80 lieues en sept jours.
Le 13 mai, le colonel DE POTIER attaque la ville de Nochistlàn. 1^ capitaine Pariset, commandant les 2* et 3* compagnies du 18* bataillon de chasseurs, est blessé dans un combat fort vif contre les 500 hommes de Jésus Mejia. La ville est prise, et l'ennemi, après avoir perdu son chef, tous ses officiers et 200 hommes, nous
abandonne trois canons et un grand nombre de chevaux et de munitions.
Par décret Impérial du 5 septembre, le général Bazainei commandant en chef Tarmée du Mexique, recevait le bâton de maré« chai de France.
Combat de la Cerro de liijoma.
Le colonel Martin ayant été prévenu de la présence à Tapona d'un corps ennemi fort de 3,000 hommes avec 26 canons, r^lut de se porter à sa rencontre pour Tattaquer. Parti de Porfias le 20 septembre, il est vivement attaqué par le général Ortega le 21, au Cerro de Majoma. Le colonel Martin est tué par un des premiers coups de canon. Pendant que les zouaves du 2* régiment se lancent à l'assaut de la position, le capitaine DE MARQUÉ, de la 2® compagnie du 18® bataillon de chasseurs, en réserve, aperçoit 9 pièces de canon qui prennent en écharpe les zouaves déjà maîtres de la position et du reste de l'artillerie ennemie. En un instant il se jette sur ces pièces, les enlève malgré un feu terriblCi les retourne contre Tennemi. Convertissant alors ses chasseurs en conducteurs et en artilleurs, il poursuit l'ennemi à plus de 2 kilo* mètres, en lui infligeant des pertes sensibles. Le capitaine DE Marqué est décoré, 3 chasseurs sont médaillés.
Le 2o<' bataillon de chasseurs (commandant Gautrelet) s'embarquait le 27 octobre 1864 à bord du Var, à destination de France. Le 14 novembre de la même année s'embarquait i son tour le i^'' bataillon de chasseurs (commandant FOURNÈS).
Combat de TEspinazo del Diablo.
L'année 1865 était inaugurée par le combat de TEspinazo del Diablo, auquel le 7° bataillon de chasseurs prit une part glorieuse. Cette forte position naturelle avait été rendue formidable par les travaux de Tennemi. Le colonel GarNIKR forme trois colonnes d'at» taque; les deux premières, en escaladant les pentes, doivent attaquer les ouvrages par la droite et par la gauche; la troisième, suivant les sinuosités de la route, doit attaquer de fronL La V^ section de la 2® compagnie du 7^ bataillon de chasseurs à pied.
5^u8 les ordres du capitaine M ARIOTTE, forme la tète de la colonne de droite; la 2* section, avec le lieutenant Delaire, forme la tète de la colonne de gauche. I^s deux colonnes gravissent avec le plus grand entrain des pentes qui, au premier aspect, paraissent inabordables. Malgré la fusillade et les pierres qui tombent du sommet, la colonne de droite arrive sans accident à 80 mètres des redoutes, pendant que la 1^ section, appuyant encore à droite, se trouve sur la ligne de retraite de Tcnnemi.
Ix capitaine M ARIOTTK enlevé alors vigoureusement sa section, qui se pr<l'cipite dans la redoute et s*en empare. A ce moment le fourrier Vauthier tombait glorieusement en franchissant le premier Tobslacle. De son côté, le lieutenant Delaire arrive à 40 mètres des ouvrages, et malgré des di^icultés de toute sorte, fait sonner la charge et s*élance sur Tennemi, qui déjà lâchait pied devant les sucrés de la colonne de droite. El Espinazo tombe en notre pouvoir, et la colonne du centre arrive à son tour sur la crête. Cette affaire, où la 2" compagnie avait montré tant de résolution, coûtait au 7® bataillon de chasseurs 4 tués et 14 blessés.
Pendant ce temps, le général de Castagny, qui avait quitté Durango le 26 décembre 1864 avec une colonne composée des i'*, 3*, 4* et 5* compagnies du 7* bataillon de chasseurs à pied, un escadron de chasseurs d* Afrique et deux sections de montagne, attei* gnait, le 9 janvier, los Veranos. Pendant la nuit, la plus grande partie des mules du convoi furent enlevées. Immédiatement, le général lance h la poursuite de Tennemi une colonne composée de la 3* compagnie du 7* bataillon et de Tescadron de chasseurs d'Afrique, sous les ordres du chef d*escadron de Montarby . Cette colonne disperse un détachement ennemi, lui tue un homme et rejoint, le 10, le général à son bivouac de Sigueros.
Combat de lot Veranos.
Mais, en quittant Veranos le 10 au matin, le général avait fait réunir dans une maison tout ce que le défaut de mulets ne permettait pas d'emporter. On avait ébauché un réduit pour en faciliter la défense, qui avait été confiée au lieutenant CHAUFFEUR, arec la 4* compagnie du 7* bataillon. La journée se passe sans incidents. Tout h coup, vers 6 h. 1/2 du soir, des coups de feu, des cris sauvages éclatent de toutes parts; la compagnie de chasseurs, forte
de 72 hommes, est enveloppée par 800 cavaliers et fantassins juaristes. Le combat s'engage; le tir bien ajusté de nos chasseurs, cause à l'ennemi des pertes sensibles. Mais les juaristes parviennent à mettre le feu aux maisons voisines, aux portes du réduit et à la palissade : la chaleur, la fumée, étouffent les défenseurs. Après une heure et demie de fusillade, le lieutenant CHAUFFEUR se résout à sortir et à chercher à se frayer un passage. La 4* compagnie, entraînée par ses héroïques officiers, se précipite tout à coup sur l'ennemi. Plusieurs chasseurs tombent ; d'autres, effrayés, rentrent précipitamment dans le réduit. Le lieutenant CHAUFFEUR, le sous-lieutenant Jeanneton et 10 chasseurs parviennent seuls à gagner les bois en passant à travers l'ennemi.
A la nouvelle de ce malheur, le général de Castagny revient à los Veranos. Pendant que l'on rendait les derniers devoirs aux 17 morts de cette affaire, 400 cavaliers mexicains font soudain irruption dans le village, qu'ils traversent au galop. L'escadron de chasseurs d'Afrique saute en selle, les poursuit pendant deux lieues, en leur tuant une soixantaine d'hommes. Mais les chasseurs d'Afrique perdent leur chef, le commandant de Montarby, tué raide (I*un coup de pistolet.
Le général de Castagny fit entièrement brûler los Veranos, dont les habitants étaient de connivence avec les guérilleros. Le lendemain, Corona mit à mort les 43 chasseurs faits prisonniers dans le réduit et laissa leurs corps sans sépulture.
La colonne repartait le 12 et arrivait le 13 à Mazatlan. Le lieutenant Chauffeur, le héros de la défense de los Veranos, était cité à Tordre du jour de l'armée du Mexique pour son courage et son énergie.
Le séjour à Mazatlan fut marqué par une série d'opérations dans le but de venger les morts de los Veranos. Toutes les compagnies du 7^ bataillon jouèrent tour à tour un rôle important dans ce pays accidenté par les dernières ramifications de la Sierra Madré, sous un soleil ardent, supportant des fatigues extraordinaires et bravant de sérieux dangers.
Citons les opérations contre Mazatlan et Copala, qu'on réduisait en cendres; la prise de l'hacienda de Chele, le i*'' mars, dans laquelle l'ennemi perdait 10 hommes, des chevaux, des mules et du maïs; l'incendie de Zanchc de Zopilote, le 8 mars, par la i** coin* pagnie ; le hardi coup de main du Presidio, opéré les 11 et 12 mars par le capitaine DE RONNEvnXE; la défaite des insurgés, le 2g mars, devant Naraujos, par ce même offider, à la tête des i**
et 2* compagnies et d*ûn peloton de chasseurs d'Afrique. L'ennemi perdait 30 tués, ses chevaux, son trésor, sa correspondance.
Les compagnies des 7® et 18* bataillons continuent sans merci une lutte incessante contre les guérilleros, qui fuient toujours devant elles.
Le i^*^ juillet 1865, le 18* bataillon de chasseurs fait partie de la brigade BRiNCOURTqui doit, en poussant sur Chihuahua, chasser Juarez du territoire mexicain. Entré le 15 août à Chihuahua, après une marche pleine de péripéties, le général Brincourt en repartait le 29 octobre, sans avoir pu atteindre Juarez ni l'avoir chassé du Mexique.
Jusqu'à la fin de la campagne, les chasseurs continuaient leurs courses sans fin contre les bandes juaristes. Infatfgables, les 7^ et 18® bataillons se disloquaient, se réunissaient, se prodiguant aux colonnes légères et à l'escorte des convois. Nos chasseurs fourniss«'iicnt encore un fort contingent aux contre-gucrillas qui, sans trêve ni repos, sillonnaient le pays.
Commenoament de réraonatioii du Mexique.
Cependant , les dissentiments s'accentuaient entre le maréchal Bazaine et l'empereur Maximilien; la guerre menaçait de s'éterniser sans aucun proHt pour la France. Après la réception de la note de Tcmpcreur Napoléon lll, du ij mai 1866, l'abandon du Mexique, résolu en principe, reçoit en juillet un commencement d'exécution par l'évacuation de Monterey, continuée par celle de Saltilla, le 5 août, et par le mouvement de concentration sur Durango.
Le 18* bataillon de chasseurs à pied, qui fait partie de la colonne du général Brincourt, continue à rayonner autour de Léon. Le 29 septembre, le capitaine DR Marqui^, du iS"", apprend la présence dans les environs de Jalpa de 500 Mexicains, commandés par le général Antillon. Ils vont échapper, quand on découvre 14 chevaux dans un rancho abandonné. Le capitaine monte à cheval avec 13 chasseurs de sa compagnie, et, à la tête de ce peloton improvisé, se jette à la poursuite des 500 ennemis, les atteint à 3 lieues de Thacienda, leur tue 2 chefs et une quarantaine d*hommes. Le reste de la compagnie, avec le lieutenant Lallr- MENT, arrive à temps et décide de la déroute des Mexicains. Le clairon Marlê, alors chasseur à la 2* compagnie, est un des treize
braves tffà ont suivi le capitaine de Marqué dans sa poursuite audacieuse.
Fin de l'expédition du Mexique.
Vers la fin de l'année 1866, l'évacuation do l'armée du Mexique commence à s'opérer. Elle se concentre en décembre sur Oriiaba, et dans les premiers jours de février 1867, toute relattoo étant rompue entre le maréchal Bazaine et le gouvernement mexicain, l'embarquement des troupes commençait aussitôt.
A la fin de février, le 7°, et le 12 avril, le 18* bataillon de chasseurs à pied s'embarquaient à la Vera-Cruz pour rentrer en France, apréscinqannées de campagnes consécutives, sans trêve ni repos. Pour n'en citer qu'une preuve, le i8» bataillon de chasseurs, pendant les 1,532 jours qu'il a passés au Mexique, a fourni 1,068 jours de marche, 402 jours de garnison et de repos pendant les marches, et 62 jours de siège devant Pucbla.
Quelle éloquence dans ces chiffres! La campagne du Me|ique, une des plus longues et des plus fatigantes de nos guerres contemporaines, était une belle page de plus ajoutée 1 l'histoire glorieuse des chasseurs à pied.