DES BATAILLONS UE CHASSEURS A PIED
NoaTclId modilîcmtioni apporlèei 1 l'anncnwnt et k la coiulilutioii d** haUilloat (le chssteun & pied. — Séjour et eipidilions en Algérie de* lo*, il', i6* et 9* bataillons de chaiwuri. •• Lei chasseuii reçoivent le luiil modèle t866comBM
HouTallM nodifieftUons apportées à l'armemsiit st à U oonititutioD dM bataillon* â« ehaaMoia à pted.
ANS le courant de l'année 1859, Icn carabines A tif;c<k-scliasBciirs, modc-lc 1846-53, avaient d-té transformées et ramenée* au modèle (général de l'infanterie, sous le nom de caraliine modèle 1859, avec, toutefoia, cette difTérence que la nouvelle arme des cliasscuTs tirait une balle plus lourde que celle de l'infanterie.
L'année suivante, par décret du 10 mars 1860, le nombre des compagnies des bataillons de chasseurs à pied lut ramené de dix i huit , comme avant 1854, les 7* et 8* compagnies devant constituer le dèp6t À la place des g* et 10* compagnies licenciées par décret du 38 mars. Les ofTiciere de ces dernières compagnies lurent envoyés dans d'autres corps; les sousoflirieni, cn|>OTaux et clairons lurent mis .\ la suite et répartis dans toutes les autres compagnies de leurs bataillons respectils. lliM. ti«i. Oiaw- I)
Séjour et expéditions en Algérie des ±0^, 12*. ld« et 9^
bataillons de chasseurs.
Jusqu'aux premiers mois de Tannée 1864, l'Algérie avait joui d'une tranquillité et d'un calme très grands; sous l'action bîenfai* santé de la civilisation , notre belle colonie prospérait heureusement. Mais le caractère arabe est remuant; il ne peut se maintenir dans une paix durable sans éprouver de temps en temps le besoin de faire parler la poudre. Dès le mois de mars, une grande agitation se manifeste dans le sud de la colonie et vient troubler le calme dont elle jouissait depuis l'année 1857. L'assassinat du lieutenant-colonel Beauprêtre est le signal d'une insurrection dans le sud Oranais; Gery ville est cerné. Le mouvement s'étend successivement dans le Sud des provinces d'Alger et de Constantine, d'où l'agitation gagne même le Tell.
Les colonnes sont aussitôt mises en route de tous côtés pour réprimer l'insurrection.
Le 29 avril , le 10® bataillon de chasseurs, commandant BreS- SOLLES, arrive dans la province d'Oran et gagne Sidi bel Abbès. Le 19 mai, il escorte un convoi destiné ù la colonne du général Deligny , qu'il rejoint après huit jours de marche , par un temps affreux, sous une pluie et une chaleur continuelles. Le 10* bataillon participe à la colonne qui va soumettre El Abiod Sidi Cheik, dont on brûle les gourbis et dont on coupe les palmiers de l'oasis.
Au mois de septembre, le bataillon était employé, au KreidcTi ù la construction d*une redoute, lorsque le général Jolivet est informé que Si-Lalla, le chef de Tinsurrcction, s'est présenté dans les environs. Il envoie aussitôt une reconnaissance et prend ses dispositions pour aller l'attaquer. Il laisse au Kreider six compagnies du 17° de ligne, sous les ordres du commandant BresSOLLES, qui, blessé d'un coup de pied de cheval, ne pouvait marcher, et part avec six compagnies du 17® de ligne, le 10^ bataillon de chasseurs à pied, une section d'arti|lcric et deux escadrons du 11® chasseurs à cheval. La colonne expéditionnaire traverse le Chott par une marche de nuit très pénible; après un court repos, elle reprend, à 8 heures du matin , sa marche sur El Beïda , encore éloignée de 50 kilomètres. Le 10® bataillon, qui est à l'avant- garde, te déploie à gauche de la ligne, et la colonne continue péniblement sa marche. La chaleur et la soif se font cruellement sentir; les hommes n'ont pu faire le café, faute d'eau, aussi les traînards sont-ils nom*
breux. Vers 2 heures de Ta près-midi, le général Deligny prend les devants avec la cavalerie pour aller faire préparer le camp au marabout de Sidi Chaïd, qu on aperçoit à Test d*EI Beïda, et envoyer un peu d^eau à la colonne. Tout à coup, quelques chasseurs à cheval arrivent au galop, à demi-vétus, et nous annoncent que le général est attaqué. Au même moment, des nuées de cavaliers arabes se précipitent sur la colonne. Le commandant Louis, du 17® de ligne, prend le commandement des i'*, 2^ et 5* compagnies du lo* bataillon, qui se déploient aussitôt m tiraill«!urs; les 3", 4" et 0" compagnies lormcnt la réserve. Le bataillon pousse droit devant lui et arrive à temps pour dégager le général Deligny. Le capitaine adjudant-major Daver, envoyé par le général pour presser la marche de la colonne, a succombé sous les balles arabes sans avoir pu remplir sa mission.
L*cnncmi attaque alors notre arriére- garde; deux compagnies du 10" bataillon, qui étaient en réserve, se |K)rtent à son secours et la dégagent. Repoussés de tous côtés, les Arabes se rabattent sur nos traînards, c|u*ils massacrent sans pilié; des cavaliers arabes alliés nous trahissent et achèvent nos malheureux soldats. Quelques hommes se groupent cependant autour du lieutenant David et du sergent- major Bavlet, du lo** bataillon de chasseurs; ils parviennent à Fc frayer un passage de vive force, et peuvent regagner le camp. Le fourrier BoLLE, de ce bataillon, réunit autour de lui 18 hommes exténués de fatigue et se maintient éncrgiquement pendant la nuit; mais, au petit jour, il est attciqné de nouveau : la petite troupe va surrombcr, lorsque la 2* compagnie du lo' chasseurs, capitaine DE Bletterie, arrive à son secours et recueille 14 de ces braves à trois kilomètres du camp.
A la suite de cette journée, dans laquelle le 10* avait perdu 80 hommes tués, blessés ou disparus, le lieutenant David, le fourrier BOUJC et le ra|K)ral Welscii, hlcsséd'un coup de feu et de .sept coups de yata«;an en se battant corps à corjw avec Tennemi furent mis à l'ordre du jour.
Ce combat vaut au 10* bataillon de chasseurs les félicitations et les chaleureux éloges du général Deligny.
Quelques jours après, le 10 octobre, la colonne du général Jolivct venait à peine d'établir son camp, lorsque des partis d'Arabes (|ui couronnent les crûtes environnantes engagent une fusillade assez nourrie contre nos grand*gardes; le feu s'arrête pendant la nuit. Le lendemain, la colonne reprend sa marche, précédée du 10* bataillon de chasseurs à pied. Elle venait à peine de faire un
kilomètre que son arrière-garde, composée d'un bataillon du 17* de ligne, est furieusement attaquée par une nuée de cavaliers arabes. Le général Joli vet fait arrêter la colonne et lance deux compag^nies du 10^ bataillon, qui nettoient le terrain et dégagent l'arrière-garde. La marche venait à peine d'être reprise que les Arabes, ramenés au combat par Si-Lalla lui-même, se précipitent contre nous et tentent de couper le convoi. Le 10" bataillon se déploie tout entier et chasse avec entrain les Arabes, qui se réfugient sur une hauteur escarpée, d'où ils couvrent de leurs feux nos chasseurs déployés en tirailleurs. Les 4"*, 5® et 6"* compagnies du 10® se rallient alors, se précipitent résolument à l'assaut de la position, l'enlèvent avec entrain et culbutent les Arabes dans le ravin situé de l'autre côté. A 9 heures du matin, tout est fini; l'ennemi a disparu, et le général Jolivet fait reprendre la marche. Les deux leçons ont été dures pour l'ennemi, qui n'inquiète plus maintenant la marche de la colonne ; celle-ci rentre à Saïda le 20 octobre.
Le 12" bataillon de chasseurs à pied, commandant d'AriÈS» débarqué en Algérie à la fin du mois de juin, fut aussitôt envoyé dans le sud de la province d'Alger, où il expéditionna pendant de longs mois, sans trêve ni repos, dans les environs de Laghouat.
Le 22 octobre 1864, le 16" bataillon de chasseurs à pied, commandant Guvs, débarque à son tour en Algérie. Dans les derniers mois de l'année 1864 et toute l'année 1865, ce bataillon, fractionoé en deux, prend part à nos longues et pénibles expéditions qui ont lieu dans le sud des provinces d'Alger et d'Oran. Le demi-bataillon de droite est commandé par le capitaine LONGEON ; le demibataillon de gauche reste sous les ordres du commandant GUYS. Ils sont attachés aux colonnes expéditionnaires commandées successivement parles colonels Margucrilte, Arnaudeau et de Souis. A cette dernière colonne, une compagnie du 12* bataillon de chasseurs à pied, montée sur des chameaux, inaugure une nouvelle espèce de cavalerie qui rendit de réels services dans la poursuite des dissidents.
Quelques mois auparavant, lo 12^ bataillon de chasseurs, sous les ordres du commandant Macquaire, avait aussi assisté à l'expédition des Babors, où il se distingua tout particulièrement au combat du Djebel Aokas, en montrant autant de froid courage pour repousser l'attaque furieuse d'une nuée de Kabyles, que d'entrain pour prendre l'ofTensive et les rejeter dans la montagne.
Le 21 janvier 1865, le général Jolivet part du Krcidcr, cmmcnaot avec lui le lo** bataillon de chasseurs à pied. La colonne pousse
jusqu'à Tiout et Moghar Tatani, parcourt le Sud-Ouest de la province d*Oran et rentre à Sidi bel Abbès le 25 janvier.
L'empereur Napoléon III, lors de son voyage en Algérie, passa la revue du 10^ bataillon à Sidi-bel- Abbés, et accorda la croix de la Légion d'honneur au lieutenant David et au sergent Brun, et la médaille militaire au sergent-major PIERRE, au fourrier BOLLE, aux caporaux Welsch et Cariteau et au chasseur HuBER.
Du 15 octobre au 15 novembre, sous les ordres du commandant Etiknnk, le lo** fait partie de la colonne du général Lacrctelle, qui soumet les Ammians révoltés, et rentre à Daya le 16 novembre.
Pendant ces deux dernières années, les insurrections avaient été partout réprimées, et nos bataillons de chasseurs, dans de nombreuses colonnes, s'étaient fait remarquer par leur entrain, leur discipline, leur valeur et leur force de résistance aux plus dures et aux plus incessantes fatigues.
Le 15 décembre 1865, le 16* bataillon de chasseurs était réuni à Alger, où il tenait garnison jusqu'au 23 septembre 1866, jour où il s*embarquait pour rentrer en France. Quelques jours auparavant, le 10* bataillon de chasseurs s*était aussi embarqué à Oran pour la même destination.
Après avoir aidé à rétablir le calme dans notre colonie, le 12* bataillon de chasseurs fut employé à secourir les habitants de la Mitidja, victimes du terrible tremblement de terre du 2 j«invier 1867. Quelques mois plus tard, il fut appelé dans la subdivision d*Aumale pour aider à combattre le fléau dévastateur de l'Algérie, l'invasion des criquets; il s'acquitta de ses devoirs avec un zèle et une abnégation dignes de tous les éloges.
Le jour même où le 12'' bataillon quittait TAIgéiie pour rentrer en France, le 9^ bataillon de chasseurs à pied, commandant Ver* DElL, débarquait à Bougie le i*' novembre 1868.
Les duMeart reçoiTent le fusil modèle 1866
comme armement.
Au printemps de Tannée 1868, les bataillons de chasseurs à pied avaient reçu le nouvel armement de toute Tinfanterie , le fusil à tir rapide se chargeant par la culasse, dit fusil Chassepot, ou mieux, fusil 1866, arme due aux laborieuses recherches d*un contrôleur d'armes, M. Chassepot. Après avoir été en butte à toutes les critiques de la commission de tir de Vincennes, cette arme lut
définitivement adoptée après la campagne de l866, pendant laquelle l'armée prussienne avait eu un si grand avanùge sur son adversaire, grâce au fusil à aiguille, dont les cfTeta avaient été déjl marqués pendant la campagne de 1864 contre le Dancmarck.
L'arme nouvelle de notre infanterie se chargeait par la culasse, brûlait une cartouche à combustion complète, pourvue de son amorce, que faisait partir le choc d'une aiguille actionnée par un ressort à boudin renfermé dans une culasse mobile. L'arme portait, en outre, une hausse graduée permettant le tir ajusté h des disLinces supérieures à celles de l'ancienne carabine modèle 1859. L'approvisionnement en munitions de chaque soldat était constitué par 10 paquets de g rartouchcs à enveloppes combustibles.
C'est avec cette arme, supérieure au fusil à aiguille des Prussiens, que nos bataillons de chasseurs à pied, rapidement familiarisés avec son maniement, allaient, deux années plus tard, combattre en héros pendant la malheureuse et funeste campagne de 1870-187 1.
Pendant les années 1868 et }SCig, le 9° bataillon de chasseurs à pied tient garnison en Algérie, fractionné en de nombreux détachements et employé 1 l'escorte de convois de vivres et de munitions. Fendant les mois d'avril , mai et juin 18Û9, les compagnies dispersées de toutes parts furent employées à la destruction des sauterelles.
Le 20 juillet 1870, le çf bataillon de chasseurs, sous les ordres du commandant Mathelin, s'embarquait à Bougie pour aller prendre part aux opérations de l'armée du Rhin pendant la campagne contre l'Allemagne.
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