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LA GUERRE EN PROVINCE. - LES SIÈGES

NlKLlON ]■*.)

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Crèabon dei b>ta3loni da marclw. — Pramitra «fmii da !■ Lotn. ■ •t Coulmien. — Villapion et Loifnj. — BalMtle d'OrlèMu. — ■nnèe de la Ldra. — Bataille da Mani. — Armée da l'Eit; Villcmxel et llèrirourt. — Année du Non! ; bataille d'Amiens. — Bataille de Pool- No galles. — Ita|iaumei Achivt-le-Urand et Elehaf^niei. — Bataille de Saint-^iienlia. — ÎMège «le l'orii. — Sicgei de Stiaibour^ et de Bitctici traité de Venaillei.

Crtetlon dw bttailloas de maroh».

A France éuit envahie I la Patrie était en danger. Nos vieilles troupes étaient décimé*^ et prisonnières, il n'y avait plus d'armée régulière proprement dite.

Le gouvernement provisoire qui, à Paris, avait remplacé le gouvernement impérial renversé le 4 septembre , au lendemain de Sedan, avait envoyé à Tours une délégation chargée d'organiser la défense nationale. MM. Gambctta et de Freycinet entreprirent la tâche gigantesque de résister à l'envahisseur et de le chasser du territoire. Bien qu'étrangers au métier des armes, mais doués cependant d'un génie organisateur de premier ordre, ces hommes énergiques réussirent en quelques semaines à former et à mettre sur pied plusieurs corps d'armée. Mais, hélas! les troupes assez nombreuses qui les composaient n'avaient aucune solidité ; sans éduca* tion ni instruction militaire, avec des cadres d'ofEciers incomplet* ou complétés avec des ofTiciers improvisés, elles allaient tenter de conjurer nos désastres ; elles ne purent malheureusement que prolonger hooorableDKDt la lutte pendant quelque* moi* encore. Avec

les anciens soldats rappelés, avec les débris de l'ancienne armée provenant des dépôts, augmentés d'un fort contingent de jeunes soldats appelés depuis quelques jours  peine, on créa de nouveaux corps dits de marche, qu'on opposa aux troupes victorieuses et aguerries de l'ennemi.

Le reste de la campagne vit aux différentes armées 36 bataillons de marche de chasseurs à pied. Ces bataillons, formés avec les éléments les plus divers, dont la plupart ignoraient toutes les choses de la vie militaire, ayant quelquefois même appris le maniement de leurs armes dans le train qui les amenait à l'armée, se sont partout montrés dignes de leurs devanciers; ils ont tous mar* ché avec une crânerie et une solidité que n'ont pas désavouées leurs anciens; tous les bataillons de chasseurs à pied ont en effet revendiqué l'honneur d'inscrire dans leurs fastes les exploits de leurs frères d*armes des bataillons de marche. Malheureusement, dans cette sombre période, dans cette nuit affreuse de notre histoire militaire, bien des documents ont été perdus, et nous ne pouvons donner ici le détail complet de tous les faits d'armes qui ont été accomplis par nos vaillants chasseurs de marche. Quelque peu nombreux que soient ceux relatés, ils suffiront à prouver combien l'esprit de corps et de discipline des chasseurs à pied est un talisman capable de faire des héros même de jeunes soldats inexpérimentés.

Première armée de la Loire.

Vers la fin de septembre, le 15" corps d'armée commençait son organisation à Bourges, sous les ordres du général de La Motterouge. Il avait à sa i*^ division, r^ brigade, lé 4* bataillon de chasseurs de marche (commandant DE SiCCO) , composé de deux compagnies venant de Toulouse et de deux compagnies venant de Grenoble; les deux dernières sont seules arrivées à Oriéans le 25 septembre; les deux autres ne pourront les rejoindre que le 24 octobre. A la 2° division, i*^ brigade, se trouvait le 5* bataillon de marche (commandant Chamart Boudet); à la 3* division, i*^ brigade, le 6^ bataillon de marche (commandant D'ArbO).

Le 16^ corps d'armée, qui s'organisait aussi sous les ordres du général Pourcct, comprenait le 8*^ bataillon de chasseurs de marche (commandant Antonini), indivision, i*^ brigade; le 7*ba* taillon de marche (commandant Gallimard), 2* divisioUi i** bri-

gade; le 3* bataillon de marche (commandant Labrunb), 3* division, i** brigade.

Sur ces entrefaites, les Prussiens s^approchaient de jour en jour d^Orléans, dont ils voulaient s*cmparcr. Le 15* corps y est immédiatement envoyé pour couvrir la ville, en se portant en avant d'Orléans sur Toury. Le 5 octobre, les Français partent à 3 heures du matin sur trois colonnes, la colonne de gauche se dirigeant sur Sanville, celle du centre sur Toury, par la grande route de Paris, celle de droite sur le môme village, par la chaussée du chemin de fer. Les deux compagnies du 4** chasseurs de marche font partie de la colonne du centre et 9ont chargées de Tattaque de Toury. Le combat commence à 7 heures du matin parrartillerie; les deux pièces françaises sont démontées en quelques instants et ne sont sauvées que grâce au dévouement de 30 chasseurs qui s'attellent aux canons et les ramènent & 500 mètres en arrière. Les deux compagnies sont déployées en tirailleurs et portées en avant, à plus de 4 kilomètres, sous le feu de Tcnncmi; le village de Toury est débordé; les iVussicns se retirent précipitamment. Les deux pièces de canon qui couvraient leur retraite allaient être prises par les chasseurs, qui n'avaient plus qu'un bond à faire pour y arriver, lorsque le général Reyau donna l'ordre de la retraite. La brillante conduite des deux compagnies du 4" de marche leur valut Thonncur d'être citées dans le rapport du général.

Le 10 octobre, à 6 heures du matin, les deux compagnies du 4* de marche engagent la lutte contre les premières troupes du !•' corps bavarois, commandé par le général Von dcr Thann; le 8* de marche, qui a été envoyé du i6' corps pour appuyer l'attaque , entame résolument le combat. Forcé de battre en retraite devant un ennemi trop nombreux, le général de Longueme charge les deux compagnies du 4* et le 8* de marche de soutenir sa retraite pendant qu'il va prendre position en arrière avec les cavaliers, î^s cli.nsM!urs seuls soutiennent le combat en avant d'Arthcnay pendant deux heures et demie, mais nu prix de grands sacrifices; les 3 oHîcicrs du 4", le capitaine Olkv, le lieutenant MiCIION et le sous-licutenant TERRIS, sont blessés, deux d'entre eux sont faits prisonniers; les deux compagnies perdent 250 tués, blessés ou disparus ; le 8** bataillon de chasseurs de marche perd la moitié de son effectif. A midi, les chasseurs se replient sur Chevilly, ils y tiennent encore jusqu'à 6 heures du soir, se replient ensuite sur la forêt d'Orléans et rentrent en ville à la nuit.

Le lendemain, la lutte recommence ; le 8* batjdllon de marche

est d'abord tenu en réserve à l'entrée du faubourg Sud d'Orléans. Vers midi, il est envoyé à la gare des Aubrays, que les mobiles viennent d'évacuer; les débris des deux compagnies du 4* de marche y luttent aussi avec acharnement. Après 4 heures de comlnt, l'ennemi est obligé d'abandonner cette position, laissant entre nos mains de nombreux prisonniers, dont 2 officiers supérieurs. Le 5® chasseurs de marche, sous les ordres du capitaine DE BoiSSlEU, soutient énergiquement la lutte à la gare des Aubrays, à la chapelle des Aydes, au château des Bordes, au faubourg Saint-Jean et au faubourg Bannicr. Pendant ce temps, les Bavarois entrent en ville par le faubourg Saint-Jean ; le capitaine DE BOISSIEU, du 5® de marche, qui défend le faubourg Bannier avec les deux premières compagnies, est tué au moment où il vient de sortir victorieux d'un combat corps à corps, véritable duel à l'épée engs^ contre un officier bavarois. Le capitaine ViDAL, commandant la 2* compagnie, reçoit trois blessures, et le sous-lieutenant Brum a les deux cuisses traversées par une balle. Au château des Bordes, où se trouve la 3" compagnie, le sous- lieutenant IlENRIET est blessé et le sous-lieutenant Gaudelette fait prisonnier. L'armée bat en retraite sur Olivet. Les débris du 4® de marche, après avoir perdu une soixantaine d*hommes, se retirent à temps pour ne pas être coupés. Sur les hauteurs d'ingré, à la gauche de la y division du 16° corps, le 6* bataillon de marche soutient la retraite pendant deux heures, et n'abandonne ses positions qu'après avoir détruit le pont d'OIivet ; il avait eu 5 blessés. A la nuit seulement, le 8* de marche est informe du mouvement en arrière de Tarmée et chcrcliu à rentrer en ville, mais il est reçu à coups de fusil ; le commandant Antonini est blessé et fait prisonnier avec la plus grande partie de ses hommes. Le 8^ bataillon de chasseurs de marche est complètement décimé dans ces deux journées, car il perd 4 officiers blessés et 800 hommes tués, blessés ou faits prisonniers; le capitaine FouiNEAU en ramène les débris sur la rive gauche de la Loire. Le 5" chasseurs de marche a perdu i officier tué, le capitaine DE BoiSSlKU; 4 ofiiciers blessés, le capitaine ViDAL et les souslieutenants Brum, Henriet et Gaudelette, et 300 homnaes hors de combat.

Orléans était donc occupé par les Allemands! Le même jour, le général d'Aurelle de Paladincs prenait le commandement de la i*^ armée de la Loire qui, sous sa main ferme et son intelligente direction, commença à se discipliner et à s'organiser sérieusement. Il allait bientôt prendre l'oflensive.

Vallière et Coolmiers*

Le 7 novembre, vers ii h. 1/2, une forte reconnaissance ennemie s'avance sur Saint-Laurent-des-Bois, en avant de la forêt de Marchcnoir. Le général Chanzy part immédiatement avec le 3" bat.aillon de cluisscurs de marche et quelques compagnies de mobiles. Le commandant La UKUNi!: enlève son bataillon, qui se déploie avec un entrain remarquable » sous le feu de Tinfanterie et de Tarlillerie ennemies, et arrête le mouvement des Allemands, qui avaient déjà incendié plusieurs fermes et le moulin de Marollcs , près des positions françaises. Sabrés par notre cavalerie, vivement attaqués par la brigade Bourdillon, les Allemands battent en retraite en abandonnant leurs blessés. Au 3** chasseurs de marche, le commandant Labrune et le sous-lieutcnant Mettan avaient été blessés ; ce dernier mourut des suites de ses blessures. « Ce bataillon, écrit le général Chanzy» avait soutenu seul et pendant longtemps les efforts de l'ennemi et avait fait preuve de la plus grande solidité. Les honneurs de la journée lui revenaient ; il fut mis à l'ordre du jour du 16^ corps d'armée. »

Ijc 8 novembre, l'armée de la Loire se porte sur Orléans; le lendemain, de bonne heure, elle se forme en ordre de bataille et l'artillerie entame l'action. Ixs 2**, 3* et 7* chasseurs de marche couvraient le mouvement offensif de leurs divisions sur Bacon et Coulmicrs; le 6^ bataillon reçoit l'ordre d'enlever le château de la Renardière ; le 5* chasseurs de marche reste en réserve avec la brigade d*Ariès.

La i'* brigade de la division Barry, du 16* corps, devait marcher sur Champdry , Villoreaux et Coulmiers, et tourner le Grand-Lux qu'attaquait de front le 15* corps. Les 3** et 4^ compagnies du 7* de marche, sous les ordres du capitaine ik)NISSET, servaient de soutien à 4ine batterie qui marchait & la droite de la division dont la ligne de bataille était précédée, à 1,200 et 600 mètres, par une chaîne de tirailleurs formée par les 5* et 6* compagnies du 7*, sous les ordres du capitaine Dkmarle; on arrivait dans cet ordre jusqu'à la hauteur de Bacon. La i*^ compagnie, sous les ordres du capitaine Truchy, était alors déployée en tirailleurs sur la droite, |K>ur surveiller l'espace assez grand qui séparait le 15* corps du 16*. A ce moment, une batterie bavaroise, établie en avant de

lUit. Bat. Chaaii H

est d'abord tenu en réserve à l'entrée du faubourg Sud d'Orléans. Vers midi, il est envoyé à la gare des Aubrays, que les mobiles viennent d'évacuer; les débris des deux compagnies du 4* de marche y luttent aussi avec acharnement. Après 4 heures de combat, l'ennemi est obligé d'abandonner cette position, laissant entre nos mains de nombreux prisonniers, dont 2 officiers supérieurs. Le 5* chasseurs de marche, sous les ordres du capitaine DE BoiSSlEU, soutient énergiquement la lutte à la gare des Aubrays, à la chapelle des Aydes, au château des Bordes, au faubourg Saint-Jean et au faubourg Bannicr. Pendant ce temps, les Bavarois entrent en ville par le faubourg Saint-Jean; le capitaine DE BoiSSIEU, du 5® de marche, qui défend le faubourg Bannier avec les deux pre* mières compagnies, est tué au moment où il vient de sortir victorieux d'un combat corps à corps, véritable duel à l'épée engagé contre un officier bavarois. Le capitaine VlDAL, commandant la 2* compagnie, reçoit trois blessures, et le sous-lieutenant Brum a les deux cuisses traversées par une balle. Au château des Bordes, où se trouve la 3" compagnie, le sous-licutenant Menriet est blessé et le sous-lieutenant Gaudelette fait prisonnier. L'armée bat en retraite sur Olivct. Les débris du 4® de marche, après avoir perdu une soixantaine d'hommes, se retirent à temps pour ne pas être coupés. Sur les hauteurs d'Ingré, à la gauche de la 3* division du 16*^ corps, le 6* bataillon de marche soutient la retraite pendant deux heures, et n'abandonne ses positions qu'après avoir détruit le pont d'OIivet; il avait eu 5 blessés. A la nuit seulement, le 8® de marche est informe du mouvement en arrière de l'armée et cherche à rentrer en ville, mais il est reçu à coups de fusil ; le commandant Antonini est blessé et fait prisonnier avec la plus grande partie de ses hommes. Le 8^ bataillon de chasseurs de marche est complètement décimé dans ces deux journées, car il perd 4 officiers blessés et 800 hommes tués, blessés ou faits prisonniers; le capitaine FouiNEAU en ramène les débris sur la rive gauche de la Loire. Le 5° chasseurs de marche a perdu i officier tué, le capitaine DE BoiSSIEU; 4 officiers blessés, le capitaine VlDAL et les souslieutenants Brum, Henriet et Gaudelette, et 300 hommes hors de combat.

Orléans était donc occupé par les Allemands! Le même jour, le général d'Aurelle de Paladines prenait le commandement de la i*^ armée de la Loire qui, sous sa main ferme et son intelligente direction, commença à se discipliner et à s'organiser sérieusement. Il allait bientôt prendre l'oflenaive.

Vallière et Coolmiers.

Le 7 novembre, vers ii h. 1/2, une forte reconnaissance ennemie s'avance sur Saint-Laurent-des-Bois» en avant de la forêt de Marchcnoir. Le général Chanzy part immédiatement avec le 3" bataillon de clicisscurs de marche et quelques compagnies de mobiles. Le commandant La UKUNli: enlève son bataillon , qui se déploie avec un entrain remarquable, sous le feu de Tinfanterie et de Tartillerie ennemies, et arrête le mouvement des Allemands, qui avaient déjà incendié plusieurs fermes et le moulin de Marolles, près des positions françaises. Sabrés par notre cavalerie, vivement attaqués par la brigade Bourdillon , les Allemands battent en retraite en abandonnant leurs blessés. Au 3** chasseurs de marche, le commandant Labrune et le sous-lieutenant Mettan avaient été blessés ; ce dernier mourut des suites de ses blessures. « Ce bataillon, écrit le général Chanzy, avait soutenu seul et pendant longtemps les efforts de Tennemi et avait fait preuve de la plus grande solidité. Les honneurs de la journée lui revenaient ; il fut mis à l'ordre du jour du 16* corps d*armée. »

Le 8 novembre, l'armée de la Loire se porte sur Orléans; le lendemain, de bonne heure , elle se forme en ordre de bataille et l'artillerie entame Taclion. Les 2®, 3** et 7* chasseurs de marche couvraient le mouvement offensif de leurs divisions sur Bacon et Coulmicrs; le 6® bataillon reçoit Tordre d'enlever le château de la Renardière ; le 5* chasseurs de marche reste en réserve avec la brigade d*Ariès.

La i'* brigade de la division Barry, du 16* corps, devait marcher sur Champdry , Villoreaux et Coulmiers, et tourner le Grand-Luz qu'attaquait de front le 15^ corps. Les 3" et 4* compagnies du 7* de marche, sous les ordres du capitaine BONISSET, servaient de soutien à une batterie qui marchait & la droite de la division dont la ligne de bataille était précédée, à 1,200 et 600 mètres, par une chaîne de tirailleurs formée par les 5* et 6" compagnies du 7*, sous les ordres du capitaine Demarle; on arrivait dans cet ordre jusqu'à la hauteur de Bacon. La i^ compagnie, sous les ordres du capitaine Truchy, était alors déployée en tirailleurs sur la droite, pour surveiller l'espace assez grand qui séparait le 15* corps du 16*. A ce moment, une batterie bavaroise, établie en avant de

lUit. Bat. Chaaii H

Bacon, dirige une canonnade très vive sur le 7* bataillon de marche et sur ses tirailleurs. Le premier obus tuait un sergent et blessait le sous-lieutenant Malezet et 3 hommes. Le général Barry faisait alors exécuter une légère conversion à gauche » pour éloigner sa division de Bacon et la rapprocher de Coulmiers. Les tirailleurs de droite rentraient, mais ceux de la chaîne placée à 1,200 mètres en avant, n'entendaientpas les sonneries, et, nevoyant pas le mouvement de la division , continuaient à marcher dans la direction de Bacon , où ils concouraient vigoureusement à Tattaque de ce village par le 15* corps.

La division étant arrivée à environ 2 kilomètres du parc, de Coulmiers, le général Barry chargeait le 7® bataillon, qui ne comprenait plus alors que les r® , 2* , 7* et 8® compagnies, de tourner le village par la droite; il le faisait soutenir. par un bataillon du 31® de marche. Le 7* bataillon commençait ce mouvement, précédé par la 2* compagnie déployée en tirailleurs, mais bientôt le feu de l'artillerie devenait excessivement gênant. Le commandant Gallimard faisait alors déployer le bataillon en bataille, et le portait au pas gymnastique sur le bord de la route de Bacon. Il se trouvait alors à environ 1,000 mètres de la ferme située à droite du parc, et les tirailleurs engageaient une lutte très vive avec Tennemi embusqué dans le parc et retranché dans la ferme. Deux nouvelles marches rapides en bataille portaient le 7* de marche à environ 500 mètres et les tirailleurs à 200 mètres de la ferme. Dans ces haltes, les hommes se couchaient et se masquaient derrière de légers plis de terrain. Le commandant faisait alors déposer les sacs à la I'* compagnie, capitaine Truchv, et l'emmenait au pas de course pour tâcher d'enlever la ferme; mais le feu de l'ennemi la forçait à s'arrêter derrière un pli de terrain d'où elle ouvrait un feu très efficace.

Pendant ce temps, le 15* corps avait enlevé Bacon, la Renardière et le Grand- Luz, et ses batteries cherchaient à mettre le feu à la ferme; vers 3 h. 1/2, le feu prenait; le reste de la brigade était près d'atteindre le parc; le 7? bataillon, malgré une mousqueterie très vive, s'élançait sur la ferme, dans laquelle il se logeait en faisant prisonniers une vingtaine de Bavarois. Après avoir opéré ce mouvement tournant, le 7* de marche se trouvait aux prises avec l'ennemi dans le village d'Epieds etl'en chassait après iin combat qui durait jusqu'à 5 heures du soir.

Placé à la droite de la division Peytavin , le 6* de marche reçoit l'ordre d'enlever le château de la Renardière. Le commandant

D'Arbo fait déployer la 3* compagnie en tirailleurs, en lui donnant la 4® comme soutien ; deux compagnies sont maintenues en réserve. Nos tirailleurs engagent le feu contre Tennemi, qui est repoussé pas à pas jusque derrière les murs du parc, où Taction devient plus sérieuse. Les chasseurs du 6* de marche, bien embusqués, ripostent aux chasseurs à pied de la garde bavaroise. S'emparer de la position était difficile et dangereux. Le commandant D*Aruo dirige deux compagnies vers le gué d*un ruisseau; une des compagnies charge à la baïonnette ; les chasseurs sont accueillis par une grcledc balles qui leur (ait éprouver des pertes sensibles. Mais les deux compagnies sous lesordresdu lieutenant DuCAMBON parviennent à franchir le ruisseau. L'ennemi, attaqué de tous côtés, abandonne les créneaux, derrière lesquels il laisse un grand nombre de morts; on le poursuit quelque temps.

Nous restons maîtres du champ de bataille , pendant que notre artillerie poursuit de ses feux les Bavarois, qui battent en retraite sur Orléans; Tarméc de la Loire s'établissait sur les positions conquises. Ijc 7® bataillon de marche avait perdu dans Tattaque : un officier blessé, le sous-Iieutenant MalezeT; 9 tués et 67 blessés; le 6* comptait 3 officiers blessés et 60 hommes hors de combat.

Le 10 novembre, nous apprenions que les Prussiens avaient évacué Orléans, que nous occupions le lendemain même, juste un mois après sa reprise par renncmi. Pendant ce temps, le 17* corps , sous les ordres du général Durrieu , achevait son organisation h Mer et à Blois. Il avait, à la 2^ brigade de la i^ division, le 1 1** bataillon de chasseurs de marche, commandant KOUINKAU ; à la !"• brigade de la 2" division, le (/ bataillon de marche, commandant DE BOISFLEURV, et à la 1" brigade de la 3* division, le i*' bataillon de chasseurs de marche , commandant KODDE.

Le 17 novembre, sous les ordres du commandant BERTRAND, le 8* bataillon de marche prend une part active au combat de Landélies, contre une forte reconnaissance ennemie; les Allemands sont repoussés et perdent un grand nombre d'hommes et un officier. 1^1 march<.' sur Paris <^t.iit arrêtée en princi|)e; à ce moment, les 18* et 20^ corps d*armée étaient en formation. L^ 9* bataillon de marche était passé du 17* au 18* corps, qui avait à sa 2* division le 12* bataillon de marche. Le 20" corps était bien plus en retard dans son organisation; la plupart des corps n'avaient |)as encore rejoint; les nominations n'étaient pas même complètement terminées.

Le 21 novembre, deux compagnies du 8* bataillon de marche

prenaient part au combat de Bretoncelles, et y perdaient 50 chasseurs tués ou blessés.

Après avoir perdu deux jours, le 20® corps se heurtait aux Allemands établis à Beaune-Ia-Kolande, qu*il ne pouvait forcer, pendant que le 18® corps occupait Maizières et Juranville. Le 9** bataillon de marche attaquait le village de Lorcy, puis la gare de Corbeil, où Tenncmi avait exécuté quelques travaux de défense, et perdait 2 officiers blessés, le capitaine Faivre et le sous-lieutenant Troles, 7 hommes tués et 62 blessés. Nous étions obligés de nous replier le lendemain matin. C'est à la suite de cette aflaire que la délégation de Tours rendait le décret suivant : « Le 18* corps d'armée, ayant à sa tête le g^ bataillon de marche de chasseurs à pied , a bien mérité de la Patrie. » Le général Chanzy, accourant à Saint-Peravy au bruit du canon , avait emmené le 3® bataillon de chasseurs de marche et l'avait porté à Toumoisis. La cavalerie allemande , reçue à l'entrée du village par une fusillade des plus vives, recule en désordre, et les chasseurs arrêtent la poursuite de l'ennemi de ce côté. Le 3^ bataillon de marche et les francs-tireurs de Paris occupèrent les positions en avant de Toumoisis et y passèrent la nuit.

Pour arrêter la poursuite, le 30, le 18* corps fit une démonstration sur Maizières et Juranville; le 9^ bataillon de marche fut employé comme soutien de batterie pendant le combat. Le lendemain et le surlendemain, l'armée de la Loire se préparait à prendre l'offensive pour marcher sur Paris. Le moral des troupes allait chaque fois s'affaiblissant , dit Y Historique du /* bataillon; l'habillement, l'équipement, la chaussure, étaient dans le plus déplo* rable état, et il n'y avait nul moyen d'y remédier. Des ordres et contre-ordres perpétuels enlevaient toute confiance aux troupes, qui souffraient beaucoup.

Villepion et Loigny.

Le I*'' décembre, une dépêche officielle annonce que le général Ducrot est sorti de Paris avec 80,000 hommes, a forcé les lignes prussiennes et marche sur la Loire. Le mouvement en avant est immédiatement ordonné et commencé par le 16* corps, qui trouve les Allemands établis au nord de Patay. La i*^ division attaquait Goumiers et Gui Ion ville et refoulait les Bavarois sur la position Nonneville- Villepion. Cette position, vigoureusement attaquée par les tirailleurs du bataillon, fut enlevée ainsi qu'une ferme y

attenante; 45 Bavarois, dont quelques officiers, furent faits prisonniers. La 2^ division, qui «ivait déjà commencé son mouvement sur Songy, s'arrête au bruit du combat, fait une conversion A gauche et marche au canon. Il était complètement nuit lorsque, guidée par la lueur des incendies et le feu des canons, elle arrivait sur le champ de bataille. Le 16^ corps était installé sur les positions conquises en avant de Villepion et de Faverolles. « Un bataillon du 39® de marche et le 3" bataillon de marche de chasseurs à pied, dit le général d*Aurcllc, s'étaient fait remarquer par leur élan et leur vigueur, y^ Les portes dos oliassours du 3" étaient itisigniliantcs : un seul ofTicier, le sous-lieutcuant BiGEON, était blessé.

Le lendemain, 2 décembre, le 16** corps entame Taction avec Tennemi. En tête de la brigade Bourdillon, qui, la veille, par sa vaillante conduite, avait fait l'admiration de l'armée, le 3^ bataillon de chasseurs de marche, quittant Villepion à 7 heures du matin, se dirige sur Loigny. Les compagnies sont successivement déployées en tirailleurs et gagnent du terrain en poursuivant l'ennemi jusqu'au parc de Goury. Le 8^ bataillon cherche à enlever à la baïonnette cette hauteur, mais, tourné par des forces considérables, il est forcé de se replier sur Loigny et Villepion, où il continue à combattre jusqu*à la nuit; deux officiers du bataillon, le lieutenant Mollard et le sous-lieutenant Mat, étaient tués; 5 offîciers, les capitaines DuMONT et ZiMMER, le lieutenant Le Dall. les sous-lieutenants NÉGRIER et DE Makmas étaient blessés, ce dernier mortellement, 500 hommes avaient été mis hors de combat; un seul des officiers présents n*avait pas été touché.

La division Barry devait marcher sur Loigny en passant par le château de Villepion, le centre par Faverolles. Arrivée à hauteur de Loigny, elle est assaillie par les balles des Allemands cachés dans les bois situés à environ 2 kilomètres de Loigny. La division s'arrête; immédiatement, les batteries d'artillerie se portent un peu en avant, cherchent A découvrir l'ennemi, et ouvrent le fou sur un convoi et une nombreuse cavalerie qui délilcnt sur la route d'Or^èrcs; mais aussitôt, iino pluie d'obus, habilement tlirigés par l'ennemi, démonte un grand nombre de nos pièces, force notre artillerie à battre en retraite au galop, et cause un certain désordre dans nos rangs en tuant ou blessant beaucoup d*hommes. Le commandant Gallimard, du 7* de marche, déploie son bataillon et le fait appuyer à droite, pour soutenir le 38" régiment de marche, menacé d'être tourné. A ce moment, Tinfanterie allemande sortait brusquement du lx}is en poussant des hurrahs et marchait rapide-

ment sur la division, qu'elle cherchait à déborder. Le général Barry donne Tordre au 7* bataillon de se déployer tout entier en tirailleurs. Décimés par un feu terrible , les Bavarois tiennent bon un instant ; mais, parvenus à moins de 200 mètres, ils sont contraints de se replier dans les bois et sur une ferme située sur la lisière de droite, d'où, sans être exposés, ils accablent de leurs projectiles les chasseurs du 7* bataillon, dont les munitions sont presque épuisées. Dans cette seule affaire, le commandant GALLIMARD et 4 officiers, MM. Demarle, de Hautvillé, Marot, Harinthe, sont blessés; 400 hommes du 7^ sont tués, blessés ou disparus. Le bataillon s'avance jusqu'à 100 mètres de la lisière du bois, mais un violent retour ofTensif de Tenncmi force la division tout entière à battre en retraite jusqu'à Loigny.

La i*^ division du 16* corps, qui était en réserve à Villepion, arrive au secours de la 2* division et arrête tout d'abord le mou* vement offensif de l'ennemi ; mais, rejetée bientôt elle-même sur Villepion, elle ne peut empêcher les Allemands de s'emparer de Loigny, dont ils crénèlent aussitôt les murs et les maisons. Le capitaine Campion, qui a pris le commandement du 7* de marche, en rassemble les débris et les abrite derrière le château de Villepion. Le docteur Ciialland est lait prisonnier dans Tambulaiicc de Loigny. Vers 3 heures, le 17® corps, arrivant à Patay en toute hâte, entre en ligne et parvient à arrêter la marche offensive de l'ennemi. Le i*'' bataillon de chasseurs de marche s'élance en avant pour repousser l'offensive; mais, malgré l'héroïsme des zouaves pontificaux, conduits par le colonel de Sonis, tous nos efforts viennent échouer contre les murs de Loigny. Les débris du q^ bataillon de marche de chasseurs, 400 hommes sur 1,068, se replient sur Faverolles.

Le 15® corps s'était, le même jour, mis en marche sur trois colonnes. A droite, la i*^ division était bientôt attaquée par le prince Frédéric-Charles; à gauche, la 3* division dépassait le village d'Artenay et engageait le combat avec le duc de Mecklembourg. Le 6° bataillon de marche restait en réserve pendant le combat. Des deux côtés on demande dos renforts à la 2" division; la brigade d'Ariès se porte derrière la 3® division, la brigade Kobillard va au secours de la i*^ division. L'insuccès du 16* corps oblige le 15* corps à se replier à son tour. Il est bientôt nuit; il fait un froid glacial ; nos hommes sont exténués de fatigue et de privations; mal chaussés, mal vêtus, ils supportent avec peine les rigueurs de la température.

Pendant la nuit, Tennemi cherche» par un mouvement de flanc, à séparer les i6* et 17® corps du 15* corps, qui avait énergiquement combattu à Artenay. A minuit, le capitaine Campion, qui commandait les débris du 7^ chasseurs de marche, reçoit Tordre de faire prendre les armes en silence, et de se porter en dehors de Faverolles pour servir d'avant-garde à la 2* division du 16* corps, qui devait aller occuper Rouvray. En arrivant dans ce village, les grand'gardes étaient placées dans la direction de Villepion et de Patay ; les maisons étaient aussitôt crénelées; des barricades s'élevaient a toutes les issues, et des le point du jour, nos tirailleurs engageaient la fusillade avec les vedettes prussiennes.

Chargé, le lendemain 3 décembre, de faire une reconnaissance àTerminiers, le 10* bataillon de chasseurs de marche aborde résosolument Tennemi, culbute ses avant-postes, et, grâce à la rapidité et & l'entrain avec lequel il exécute ce mouvement, ne subit que des pertes insigninanlcs.

Cependant, Tennemi a pris vigoureusement l'oiïensive, et l'armée de la Loire reçoit l'ordre de battre en retraite sur Orléans. La 2* division du 15** corps, restée seule intacte au centre des positions françaises, se voit attaquée par les Allemands. La retraite s'opère sous la protection des batteries de marine établies à Chevilly, où les 5* et 6^ de marche et le 39^ de ligne se maintiennent pendant plusieurs heures et dont les Prusiens ne s'emparent qu'& la nuit tomlKinle. J^i retraite se continue sur Orléans, inquiétée par l'ennemi, qui lançait ses obus dans nos rangs, où ils tuaient et blessaient bon nombre d'hommes. Ce jour-là, le 4* bataillon de marche avait aussi longuement combattu en avant de Santeau.

La 2* division du 16* corps, qui avait marché au canon, était arrivée sur les hauteurs de Brilly, où les obus prussiens commençaient à éclater dans la colonne ; la division s'arrêtait. Mais la nuit venait bientôt, et l'on reprenait le mouvement de retraite sur Boutay.

BataiUe dX)rlèan8.

Le lendemain 4 décembre, l'armée de la Loire continuait, à la première heure, son mouvement sur Orléans. La 2* division du 15* corps, repliée sur Cercottes, défend aussi longtemps qu'elle le peut les approches d'Orléans. Une batterie de la 3* division se met en |>osition pour retarder la marche des Prussiens, deux corn*

pagnies du 6** de marche lui servent de soutien ; cette batterie est bientôt obligée de se replier. A la brigade d'Ariès, le 5* bataillon de marche est dans les bois situés entre les Ormes et Orléans; deux compagnies du 6^ de marche défendent énergiquement Tentrée de la ville, jusqu'à ce que les convois d'approvisionnement aient achevé de traverser la Loire. Nos dernières troupes aban« donnent enfin Orléans, où les Allemands entrent, pour la seconde fois, à 1 1 heures du soir. Le 5* de marche avait perdu daiis ces deux journées : 300 hommes tués, blessés'ou disparus; le capitaine Salaun avait été fait prisonnier au château de Chevilly. L'effectif de ce bataillon était réduit à 400 hommes.

Le 8® bataillon de chasseurs de marche avait occupé dès le matin la tranchée qui défend la route de Pithiviers, et s'y maintenait jusqu'à 9 heures du soir, au moment de la retraite.

A la 2* division du 16* corps, le combat avait dégénéré en déroute. A 4 heures du matin, elle s'était portée en position en avant de ses tranchées, où le feu de Tennemi l'obligeait, vers 7 heures du matin, à chercher un abri, mais les obus éclataient de toutes parts; une pluie de balles s'abattait sur nos troupes avec une violence inouïe. Deux batteries confiées à la garde du 7* bataillon étaient démontées, et à midi, les tranchées étaient abandonnées. La retraite dégénérait rapidement en un désordre effroyable ; la démoralisation des troupes était à son comble ; aucune direction n'existait plus. 150 chasseurs du 7* bataillon, conduits par le capitaine Campion, parvenaient à gagner Orléans. Ce qui restait des 80 hommes chargés de garder les batteries enlevées par l'ennemi, poursuivi par les Allemands, se dirigeait sur Ormes, mais la route d'Orléans était déjà coupée. Leurs officiers, le capitaine Truchy et le lieutenant Perrier, cherchaient à les cacher dans la forêt de Bucy, d'où, chassés par la fusillade, ils gagnaient la Chapelle dans le but d'y passer la Loire; mais, à peine arrivés dans ce village, ils y étaient faits prisonniers par un parti de cavalerie ennemie. Le détachement du capitaine Campion traversait la Loire à Orléans vers 4 heures du soir. Au milieu de la déroute, le capitaine DE Blandinières et sa compagnie s'étaient égarés et avaient battu en retraite en suivant la rive gauche de la Loire.

A la I** division, le4* bataillon de marche, qui s'était courageusement battu pendant ces deux journées, comptait 137 hommes hors de combat , dont 53 tués.

Après la bataille, les 16® et 17° corps avaient opéré leur retraite

sur le Loir» dans la direction de Vendôme, tandis que le 15* corps se repliait sur Gicn et Orléans, où il traversait la Loire. L'armée française se trouvait donc coupée en deux tronçons, qui furent réorganisés en armées distinctes : Tarmée de TOuest, composée des i6*, 17*, 19* et 2i* corps, et Tarmée du Centre ou de l'Est, comprenant les 15*, 18*, 20* et 24* corps d*armée.

La deuxième armée de la Loire.

A la suite de la reprise d'Orléans par les Allemands, le général d'Aurelle de Paladines fut relevé de son commandement, et remplacé par le général Chanzy, une des plus grandes figures de cette lutte de géants contre les hommes et contre les éléments. Pendant quatre jours, la deuxième armée de la Loire livra aux Prussiens une série de sanglants combats en avant de losnes. Le 7 , le 3* de marche se battiit h Vilorceau ; le 16^ perdait le même jour, à L«anglochère, 34 tués et 53 blessés, parmi lesquels les lieutenants 13ATTUT et MORETHEUX. Le 8, le i*' bataillon de marche combatlait à Villermain, où sa brillante conduite lui valait l'honneur d*étre cité à l'ordre du jour de Tannée; le 3% à losnes, le 10® et le 16*, à Villorceau, soutenaient l'honneur do nos armes. Le 10** bataillon de chasseurs de marche avait été d'abord placé en deuxième ligne, mais, voyant la position importante de Ccrnay, abandonnée par deux régiments de mobiles et une batterie d'artillerie et déjà occupée J en partie par les Prussiens, il se porte en avant sans attendre d'ordres, et après un combat meurtrier de trois heures, il reprend la position et reste maître du village. Il perd dans cette circonstance 300 hommes mis hors de combat, mais il inflige à l'ennemi des pertes beaucoup plus considérables. A la nuit, le général envoyait son chef d'état-major porter ses félicitations au bataillon.

Lre 9 décembre, à Origny, le y bataillon se bat au Ravin; le 16* et le 10*^ à Origny. Avec quelques compagnies du 48* de marche, le lo** bataillon de chasseurs de marclie empêche la retraite de la 3* division, composée en grande partie de mobiles, de se changer en déroute; il a i officier blessé et 15 hommes tués.

I^ 10 décembre, toujours à l'arrière- garde, le 10* bataillon a encore un officier blessé et perd 6 hommes.

1^ 1 1 décembre, la deuxième armée de la Loire bat en retraite sur Vendôme. Le 21^ corps, placé à l'extrême gauche, livre, le 14,

les combats de Morée et de Frète val. Le 13^ bataillon de marche, commandant LOMBARD, reçoit le baptême du feu au i*** combat de Morée. Les i*^* et 2^ compagnies y prennent une part glorieuse et perdent le sous-lieutenant BERTRAND, mortellement blessé, et 65 sous-officiers et chasseurs hors de combat. Le lendemain, à I heure de Taprès-midi, le 21^ corps tient les Prussiens en échec; le 3® bataillon brûle un pont sous le feu de Tennemi. Le 10" batail« Ion assiste en réserve au combat sous Vendôme.

Le 16, pour défendre le haut Loir, le 21* corps livre le 2* combat de Morée, pendant lequel le 13* bataillon reste en réserve.

La 2^ armée de la Loire battit en retraite pendant quatre jours, sur le Mans; Tennemi, harassé, ne songea pas à inquiéter notre mouvement.

Autour du Mans, le général Chanzy réorganisait son armée pendant les derniers jours de Tannée, en attendant qu'il pût reprendre Toffensive.

Du 24 décembre 1870 au 10 janvier 1871, le i**^ bataillon de marche fit partie de la colonne Jouffroy . Il se distinguait au combat des Roches, de Saint-Georges et de Parigné-l'Evêque. « Le 7 janvier, dit le rap|K)rt de Tcxpédition, le !•*" de marche, par sa r^istance aux attaques vigoureuses de Pennemi, a sauvé la colonne expéditionnaire d'un désastre. »

Le i®' janvier 1871 , le prince Frédéric-Charles recevait l'ordre de marcher contre le général Chanzy.

Les 5 et 6 janvier, le 13^ bataillon de chasseurs de marche prend part aux combats de la Fourche, dans lesquels 2,000 hommes environ tiennent tête à 14,000 Allemands venus de Chartres. Le général Chanzy s'exprimait ainsi au sujet de ce combat : «Le 13* bataillon de chasseurs et la 25® batterie de marche, sur lesquels avait porté l'effort de Tennemi , s'étaient vaillamment conduits. » Ce bataillon avait eu 2 officiers tués, le lieutenant GOUNIAULT et le sous-lieutenant CoTTEREAU; 3 officiers blessés, le commandant Lombard, le lieutenant Ronanet et le sous-lieutenant Latour; plus 48 chasseurs tués et 140 sous-officiers et chasseurs blessés, sur un effectif de 595 hommes. A Saint- Amand, le môme jour, le 16* de marche était aux prises avec Tennemi. Le 7 janvier, la colonne bat en retraite sur la Ferté; le 13* bataillon est au dernier échelon et perd 7 hommes au combat d'arrière-garde du Gibet. Le 8, au combat d'Ardenay, à Test du Mans, le io* bataillon, placé à la droite de la division, lutte contre des forces considérables , qui tentent de tourner la division. La nuit venue , et par un

temps épouvantable, il forme encore rarrière-garde , et, inébran* lable dans la défaite, soutient la retraite au prix de pertes sensibles. Le 13® bataillon prend, le même jour, une part brillante au combat de Cannorc, où il a 46 hommes tués ou blessés.

Bataille du Mans.

\jcs Allemands nous attaquent furieusement les 10, 11 et 12 janvier dans nos positions autour du Mans , essayant d'enserrer la 2* armée de la Loire, et de la couper de ses communications avec le pays. Le 10 janvier au matin, le 3® bataillon de marche, qui s'était reconstitué avec deux compagnies du 19* bataillon de chasseurs et deux compagnies du 4^ zouaves de marche, se dirige avec la i '^division du 16** corps sur Parigné-l'Evôque . où il rencontre l'ennemi; les compagnies sont successivement portées en ligne, soutiennent un (eu très vif et enlèvent trois fermes, puis, ;\ 3 heures de l'aprèsmidi, après huit heures d'un combat acharné, sont obligées de battre en retraite devant un ennemi supérieur en nombre , après avoir subi des pertes sensibles. Un officier du bataillon, évadé de Metz, le capitaine Grakff, type accompli de rofficier de chasseurs à pied, calme au feu, gaiement courageux, avait été blessé au bras en excitant ses jeunes chasseurs au combat. Le 3* bataillon de marche était réduit a 220 hommes.

Le II janvier, au plateau d' A uvours, le lo*' bataillon de marche, qui ne compte plus que 10 officiers 01450 hommes, lutte énergiquement et presque seul contre des forces considérables; pendant toute la journée, malgré son infériorité numérique, il parvient! se maintenir sur le plateau. Dans cette circonstance, pour conserver ce plateau, clef de la position de toute l'armée, le bataillon entier, auxacclamations des zouaves pontificaux accourus à son secours, 8C lance plusieurs fois à la charge cl culbute les Prussiens à la baïonnette. Le chasseur Martin se fait remarquer par son entrain, son courage et son intrépidité. L'ennemi est repoussé, et le 10® bataillon, qui a perdu i officier tué et 3 blessés, et 96 chasseurs tués ou blessés, couche sur ses positions.

Le i*^ bataillon de marche, qui, depuis le commencement de cette campagne, avait perdu 6 officiers tués, dont le commandant Lereau, 4 oHîciers blessés et près de 500 hommes hors de combat, avait mérité, par son héroïsme et son énergique résistance, l'honneur d'être cité :\ l'ordre du jour de l'armée.

Le i6* de marche , les débris du 8* et le 13* ont pris une part glorieuse à l'action. A 6 h. 1/2 du soir, les débris du 3* bataillon reçoivent l'ordre de se rendre au Tertre-Rouge, où ils arrivaient après l'évacuation de cette position par les mobilisés. Malheureusement, une attaque de nuit, sur la rive droite de notre armée, met entre les mains des Prussiens la position de la Tuilerie, que ne défendirent pas les mobilisés. Le lendemain, le général Chanzy était contraint de donner Tordre de battre en retraite.

Les débris du 3® bataillon de chasseurs étaient chargés de la garde d'artillerie ; le 13* bataillon de marche, qui a reçu la mission de protéger l'artillerie et les convois du 21* corps, entre au Mans en môme temps que l'ennemi, et livre dans le faubourg un combat sanglant qui sauve l'artillerie. Voici ce qu'écrit à ce sujet le général Chanzy : « L'artillerie arrivait au Mans en même temps que l'ennemi, et allait être enlevée, lorsqu'elle fut dégagée par une chargebril* lante du 13* bataillon de chasseurs, sous le commandement du chef de bataillon LOMBARD. » Le 13* avait perdu ce jour-l& 100 hommes tués, blessés ou prisonniers.

Le 12 et les jours suivants, l'armée de la Loire battait en retraite sur I^ival et la ligne de la Mayenne. I^ 15 janvier, le 3* bataillon de marche soutenait un combat à Saint-Jean-sur-Ërve, où il faisait sentir à Tennemi que, bien qu'en retraite, nos troupes ne renonçaient pas à la lutte.

Le 23 janvier, le général Pourcet se dirigeait sur Blois, avec une colonne mobile composée de sa 2* division, d'une brigade de cavalerie et du parc d*artillerie. Le7^^f>de marche, constitué sous les ordres du commandant DuBOlS, prenait part à l'expédition. Le 28, au petit jour, la colonne mobile se portait en trois colonnes sur Blois. La colonne de gauche , que conduisait le général Pourcet en personne, était éclairée par la 6* compagnie du 7* bis, commandée par le lieutenant DE ViLLEBOlS DE MareuiL; la 7* compagnie, capitaine Dauch, escortait le parc. La colonne du centre, commandée par le général de Chabron, passait par la forêt de Russy ; le 7^ bataillon formait la tête de la colonne; la 5* compagnie, capitaine IIori'MAN, et la 8*", lieutenant Bornes, écLiiraient en avant et fouillaient la forêt. Vers 3 heures, les tirailleurs de la ô"* compagnie arrivaient sur la rive gauche de la Cosson et engageaient le combat avec ceux de Tennemi qui se trouveaient sur la rive opposée ; ils passaient sous la mousqueterie le pont sur lequel la route traverse le cours d*eau et s'établissaient sur la rive droite. Après trois heures de combat, Tennemi était refoulé dans Bloit,

laissant les faubourgs en notre pouvoir, et bientôt même 11 faisait sauter le pont établi provisoirement sur le fleuve. Le 7* bis avait eu dans cette affaire 7 hommes tués et 12 blessés, dont i officier, le lieutenant DE Villkbois DR Marruil. Ce bataillon s'était fait remarquer dans ce combat par Tentrain qu'il mit à poursuivre Tennemi jusque sur le pont de la Loire, qui sauta au moment où les premiers tirailleurs allaient s'y engager. La position devint critique au moment où les mobilisés de Tlndre eurent une coupable défaillance et lâchèrent honteusement pied. La débandade de cette légion pouvait amener un grand désastre, qui ne fut évité que par l'attitude du bataillon, soutenu par l'artillerie. A la suite du combat de Blois, le 7® bataillon bis de chasseurs à pied de marche obtenait une citation à l'ordre du jour de l'armée; le capitaine DE ViLLEBOIS DE Mareuil, blessé, et le caporal BOUSSARD, blessé cinq fois, étaient décorés de la Légion d'honneur; le sergent COL- LIN, le clairon Jarrot, les chasseurs CoDiNAS, Clair, Kast, blessés, recevaient la médaille militiire.

La colonne battait en retraite le 29 janvier, et les hostilités cessaient dans toute l'armée de la Loire à l'annonce de l'armistice qui était signé le 28 janvier. Le 12 mars, l'armée de la Loire fut licenciée.

Armée de l'Est. — Villarsexe!» Hèricourt.

Quelques jours après la rcprisc^d'Orléans par les Allemands, le 18 décembre, l'armée de l'Est, formée des 15*. i8*, 2o« et 24* corps d'armée, fut chargée, sous les ordres du général Bourbaki, d'opérer le déblocus de Belfort et de couper ensuite les principales lignes de communication de l'ennemi avec l'Allemagne.

Au 15* corps, général Martineau des Chenez, se trouvaient les 4* et 6* bataillons de marche de chasseurs à pied; au 18* corps, général Billot, les 9*, 12° et 14'' bataillons; au lo** corps, général Clinchant, le 25* de marche; au 24** corps, général Bressolles, le 15* bataillon de chasseurs de marche.

Les mouvements de l'armée de l'Est commencent le 28 décembre, mais le secret de l'expédition avait été mal gardé. Une reconnaissance du 15* bataillon de marche sur les hauteurs de Boussenottes, près de Baume-les- Dames, nous apprend que les Allemands concentrent leurs forces. Le général Werder, après avoir évacué Dijon, se retire sur la Lisaine, et prend position entre Bellort et

l'armée de l'Est. Le 8 janvier, il fait attaquer et enlever Villersezel et s'y établissait déjà, lorsqu'arrive l'avant-garde du 20* corps d'armée; le 25® bataillon de chasseurs de marche est immédiatement fsngagé. Vers 2 heures, les 18* et 20® corps attaquent à la fois Villersexel par le Sud et par l'Est; le 14* bataillon de marche, sous les ordres du commandant BoNNET, se lance résolument sur l'ennemi, pendant qu'au 9® de marche, les i'* et 4* compagnies se déployaient en tirailleurs en avant du village, la 2* compagnie sur le cours de l'Ognon, la 3* en réserve. Le combat se continue avec acharnement pendant toute la nuit, et au matin du 10 janvier, les Allemands battent en retraite sur Belfort. Le g® chasseurs de marche avait perdu 2 odiciers blessés, MM. Trolles et Ualle, 15 hommes tués ou disparus, et 36 blessés. La température était tellement rigoureuse, qu'au seul 14* bataillon de marche, 200 hommes environ entraient aux ambulances pour des cas de congélation.

Le 13, l'armée de l'Est continue son mouvement offensif; le 4* bataillon de marche, sous les ordres du commandant Hkociuek, enlève à la baïonnette, avec le régiment des mobiles de la Charente, le village de Sainte-Marie; il perd 13 tués et 45 blessés, parmi lesquels le lieutenant Desmutz. Pendant ce temps, le 15* de marche, établi dans le bois du Chanet, concourait à faire éva-' cuerpar Tennemi la position du village d'Arcy, qu'il enlevait sans éprouver une grande résistance.

Nos bataillons de chasseurs de marche prennent une part glorieuse aux combats sous Héricourt et Montbéliard, les 14, 15, 16, 17 et 18 janvier. Le 15 janvier, le 9® de marche perd, aux afiaires de Chennebier, 4 hommes tués et 7 blessés. Le froid est tellement vif, que 90 hommes de ce bataillon entrent à l'ambulance par suite de congélation. Le 6* bataillon de marche participe à la prise de Montbéliard.

Le 16, le 15® bataillon prenait part au combat de Bethoncourt; il se déployait sur la droite du village, pendant que le reste de sa brigade était massé en arrière, dans un bois. Vers 3 heures, les ir« et 6® compagnies prennent la tête d'une colonne d'attaque diri* gée sur le village , et le bataillon entier reçoit bientôt, lui-même, l'ordre de marcher. Mais déjà, les premières troupes engagées ploient sous une grêle de balles, venant à la fois du cimetière, du village et des hauteurs opposées. Le 15* bataillon, à peine entré en ligne, dut obéir au signal de la retraite; les chasseurs avaient

it preuve de beaucoup d'élan. Quoique tardivement engagé| le

— assis* bataillon de marche avait fait des pertes sensibles : un officier tué, le capitaine MORIN; 6 officiers blessés; le capitaine Sarda, fait prisonnier; le lieutenant GOUDAL, les sous-lieutenants Tam-

PÈRR, CiIASSAGNAC, GRlfXAT ct MoURIiY, plus 45 llOUimcs tués,

109 blessés et 50 disparus. Le soir, le 13^ bataillon se replie sur le plateau d'Issans. Le 4® de marche avait aussi combattu toute la journée à Béthoncourt; les luttes de ces deux journées lui coûtaient une quarantaine d'hommes mis hors de combat.

Le lendemain, Tennemi recommence de bonne heure à nous canonner à distance. La brigade Le Camus est chargée de Tattaque du château de Montbéliard. Le 5^ bataillon de marche, placé sous les ordres du capitaine GÉRARD, qui remplace le commandant Chamard-Boudet absent, est envoyé près de la ferme du Mont- Chevis, pour soutenir des batteries concourant à l'attaque du châ« teau. Après avoir essayé de s'établir derrière un petit bois, complètement battu par les feux du château, le capitaine Glrard fait placer ses quatre comp«ignies dans un chemin creux, situé à une centaine de pas eu arrière de nos pièces; les chasseurs, exposés aux éclats des obus qui tombent tout autour de notre batterie, restent pendant plusieurs heures immobiles, malgré le froid, dont une pluie glaciale augmente la rigueur. Vers midi, on entend Tappel des artilleurs qui, menacés par Tapparition d'une colonne ennemie, demandaient l'appui des compagnies de soutien. I^ capitaine Gkrard fait aussitôt sortir le bataillon du chemin dans lequel il est masqué, se met à sa tôte, et s'élance contre l'infanterie allemande, qui recule sans attendrie le choc. Pendant ce vigoureux mouvement offensif, et pendant la retraite qui lui succède , les chasseurs se trouvent exposés au feu des batteries prussiennes, qui mettent 60 hommes hors de combat; le lieutenant Metrot et le sous-lieutenant BoN- NAUD sont au nombre des blessés. Mais, grâce à cette vigoureuse offensive, nos batteries, un moment compromises, ont pu conserver leur position ct recommencer le feu jus<|u'à la nuit. L'armée de l'Est fait un mouvement en avant, mais à minuit, un mouvement général de retraite est ordonné. On a appris que GaribaUli n'ayant pas arr(^té les Prussiens devant Dijon, l'armée de VEst va être prise entre deux (eux; le projet de débloquer Belfort est abandonné.

Les Allemands harcèlent sans cesse la marche de l'armée de l'Est, qui bat en retraite sur Besançon. Le 18, au combat de Byans, le 9* bataillon de marche, qui est à l'arrière-garde, perd un officier, le fous -lieutenant WlNTEMBERGER, et 3 hommes blessés. Le

21 janvier, le 4* bataillon de marche soutient la retraite à l'Isle- •ur-Doubs; il est vivement pressé pendant quelque temps, et n'a que 3 blessés; le 24, il engage un léger combat à Montferrand, pour défendre les deux ponts du Doubs. C'est à cette date que le général Clinchant remplaçait le général Bourbaki au commandement de l'armée de l'Est, qui était de plus en plus enserrée autour de Besançon ; il n'allait bientôt plus rester qu'une seule route de libre, par laquelle elle pourrait s'échapper en Suisse. Après le combat de Sombacour, le 27 janvier, où le 4* bataillon de marche assistait au commencement du désastre, et éprouvait lui-même quelques pertes, le 20* corps était attaqué à Chailais; entouré de tous côtés, le 25^ bataillon de marche était fait prisonnier et désarmé. Le 30 janvier, on apprend qu'un armistice a été signé; on croit alors que cet armistice nous est applicable, mais on est cruellement désabusé quelques jours après. L'armée du Sud, conduite par le général de Manteuffel , nous pousse peu & peu vers la Suisse. Le 31 janvier, la i*^ brigade de la division d'Ariès, dont fait partie le 15® de marche moins la 3* compagnie, peut s'échapper par la route de Morey et se diriger sur Gex, sur le territoire français. Le i®" février, les chasseurs du 5* bataillon de marche soutenaient en désespérés, mais non sans succès, un combat d'arrièregarde à la Cluse ; ils y perdaient 3 tués et 7 blessés. Le 4* bataillon de marche combattait de son côté à Oyes, et arrêtait les Prussiens dans leur marche. Le dernier de tous les corps, le 9* bataillon quittait ses positions à 5 heures du soir, après avoir perdit 3 hom* mes tués et 7 blessés. I^ 2 février, après avoir supporté toutes les souffrances possibles, par une température des plus rigoureuses , presque nus, afTamés, harassés de fatigue, les débris de l'armée de l'Est entrèrent en Suisse, où ils reçurent une hospitalité large , généreuse et fraternelle, que l'armée française n'oubliera jamais.

Armée du Nord. — Batailla d'Amiens.

Les Allemands venaient de pénétrer dans la vallée de l'Oise, et tentaient journellement des pointes audacieuses vers le Nord , réquisitionnant dans tous les villages, semant la terreur parmi les habitants, et poussant jusqu'aux en virons de Beauvais, qu'ils occupaient le 30 septembre. De là, ils s'avançaient jusqu'à Roye et Montdidier, pour s'emparer ensuite d'Amiens. Mais les populations

de la Picardie et du Nord s^étaient levéçs, et la défense s'organisait sous l'énergique impulsion du général Bpurbaki, dignement secondé par le général Farrc. Le 22** corps se constituait peu à peu, avec des mobilisés qu*on avait encadrés avec des évadés de Metz et de Sedan , revenus en France par la Belgique, et les cadres des dépôts de 4 bataillons de chasseurs à pied et de 7 régiments de ligne. Six bataillons de chasseurs de marche prirent part aux opér.itions de Tarméc du Nord; c'étaient : le 2* de marche, commandant HoscillS; 17", commandant MOYNIKK; le l8*, commandant Jan; le 19®. commandant GlOVANNiNELLi; le2o', commandant HhicqueT; le 24* bataillon de marche bis, commandant BaiLLY. Le 2^ de marche était alors au village de Feuquières, à 18 kilomètres de Beauvais, où la cavalerie allemande était venue faire des réquisitions ; pendant vingt jours, il rayonne dans les environs de Bcauvais, arrêtant des convois de réquisition, et engageant souvent des escarmouches avec les tirailleurs ennemis. Sur ces entrefaites, le général de Manteuffel marchait sur Amiens. Le 24 novembre, l'armée du Nord, composée du 22*,corps, comprenant 5 brigades constituées et une 6^ en formation, se concentrait au sud et à l'est d'Amiens. Ce jour même, le 18* de marche débarquait du chemin de fer à Longueau et prenait ses dispositions pour relier les corps échelonnés sur la ligne Amiens-Corbie. La veille, le 20® de marche, travcrs;mt Villers-Bretonneux. avait été occu|)er à l'ouest de ce bourg, et en avant d'un grand bois! les villages de Cachy, avec les 2" et 4° compagnies, et de Gentelles, avec les trois autres compagnies, sous les ordres du commandant HecQUET. Le 24, le 20^ de marche prend les armes à 4 heures du matin et vient rejoindre à Villers-Bretonneux la brigade du Bessol, qui exécute une reconnaissance offensive sur la route de Roye à Amiens. La brigade du Bessol [K>usse devant elle les Prussiens, qui rétrogradent en combattant par Beaticourt; après un vif engagement, le bataillon d'infanterie de marine enlève le bois de Mézières que tourne le 20* bataillon de marche, pour couper la retraite à l'ennemi sur Roye. Les Prussiens reculent à temps; à 6 heures du soir, la reconnaissance était rentrée. Ce léger engagement avait affermi le moral des jeunes troupes de la brigade. Le 25 novembre, le 2" de marche arrivait à Saleux pendant qu'un détachement du 20°, sous les ordres du capitaine ROY, exécutait une* reconnaissance du côte de llangard, au cours de laquelle il rencontr.iit une patrouille de cavalerie, lui tuait 2 chevaux et blessait c|uelques ulhans. Le lendemain, renUcmi, signalé sur le

Uiit Bat Chan. m

front des positions du i8° de marche , dessine un mouvement sut notre gauche. En allant reconnaître l'importance de cette manœuvre, le commandant Jan tombe mortellement frappé. Le capitaine MiLLON lui succède ; dans la soirée, nos chasseurs, ardents à venger la mort de leur chef, culbutent à la baïonnette les postes allemands qui leur sont opposés. Les alertes étaient continuelles, car Tennemi couvrait la concentration de ses troupes par des reconnaissances, qui menaçaient notre ligne de tous côtés.

Le 26, à I heure, la 5* compagnie du 20* de marche , lieutenant Ambrosi, de grand'garde en avant de Gentelles, derrière une tuilerie^ placée sur le chemin vicinal reliant Gentelles & la route de Roye, est attaquée par une colonne ennemie, forte d'un bataillon et d*un peloton de cavalerie. Les i** et 3* compagnies arrivent à son secours, les 2* et 4® compagnies se placent en réserve. Pendant deux heures, une fusillade nourrie éclate sur toute la ligne, sans progrès de part et d'autre. Vers 3 heures, le combat se ralentit, tandis qu'une nonvollc action s'cngago dans la direction de Bovcs. Le feu reprend bientôt à Gentelles, avec une nouvelle intensité; vers 4 heures , une compagnie du 69* régiment de marche vient appuyer la gauche du 20^ bataillon de chasseurs. A la tombée de la nuit, les chasseurs reprennent l'ofFensive et rejettent définitivement les Allemands dans la vallée de l'Hallue. Le sous-lieutenant Thiebault est blessé d'une balle au bas-ventre pendant ce mouvement. Le 20* bataillon rentrait ensuite dans ses cantonnements. Il avait eu pendant ce combat, uù il avait reçu le baptême du feu, I oITicier blessé, 3 chasseurs tués, 6 blessés et 5 disparus.

Dans la nuit, le 17* bataillon arrive devant Amiens, et reçoit l'ordre de défendre les passages de la Somme; il a, dans cette position, à repousser plusieurs patrouilles ennemies. Le 27 novembre, le général de Manteuiïel attaquait, avec 39,000 hommes et 174 pièces de canon, les positions de Tarmée du Nord autour d'Amiens, défendues seulement par 25,000 hommes.

Au matin de la bataille, le 2* de marche occupait un bois situé à 3 kilomètres en avant de Dury, dont la défense était dirigée par le général Paulze d*Ivoy. Le 18® était à Boves, sous les ordres du colonel Derroja; à la brigade du Bessol, le 19^ occupait Villers- Bretonneux; le 20* était en position à Gentelles.

A 8 heures du matin, une reconnaissance, conduite par le capitaine Barnaud, du 2® de marche, se heurte à l'ennemi, un peu en avant du bois de Dury, et entame le combat. Trois compagnies du bataillon sont bientôt en ligne, et soutiennent la lutte pendant

deux heures ; elles perdent là un officier blessé, le sous-lieutenant MuLLER, et 150 hommes hors de combat, parmi lesquels le caporal fourrier DE GuiSE. A la faveur du brouillard et de l'épaisseur du taillis, les Prussiens arrivent si près de nous, qu*on se bat dans le bois à coups de crosse et de baïonnette. Ecrasés par le nombre, nos chasseurs sont obligés de se replier sur les tranchées de Dury ; la compagnie du capitaine DU ViGNAN, qui n'a pas entendu le signal de la retraite, est bientôt cernée dans le bois, et, sur le point d'Mrc prise, clic se dégage vigoureusement. Saisi par un oÂirier prussien , le capitaine DU ViGNAN lui brûle la cervelle d*un coup de revolver et rejoint sçs hommes.

Dans la plaine, la compagnie du capitaine Arcelin combat avec acharnement ; ses flancs sont couverts par deux escouades détachées. Tout à coup, les ulhans sortent des bois et chargent les deux escouades, qui sont sabrées et prises, pendant que la compagnie se rallie, repousse par un feu bien dirigé les ulhans, qui s'enfuient en abandonnant leurs blessés, et rejoint ensuite le reste du bataillon derrière les tranchées. Nos chasseurs dirigent de là, sur les pièces allemandes, qui sont établies à 1,200 mètres, un feu tellement précis qu'ils les forcent à reculer jusqu'à 2,000 mètres. Le lieutenant KOTSUSKI, posté avec son peloton dans le cimetière de Dury, décime de ses feux de salve l'artillerie et les colonnes d'infanterie allemande, qui cherchent à aborder les tranchées, et les obligent à se retirer en désordre. De 3 à 5 heures, une batterie de marins vient s'établir sur la route, au centre du 2* bataillon, pour répondre au feu des pièces allemandes; elle est tellement maltraitée, que son chef est obligé de faire appel aux chasseurs pour remplacer les servants. Deux escadrons du 9* hussards prussien chargent les compagnies du 2® bataillon de marche; ils sont repoussés et perdent un de leurs officiers, le prince de I latzfeld ; ' de notre côté, toml>e mortellement frappé le capitaine adjudantmajor l)K 13oiS(;uiON. Le feu cesse do part et d'autre à la nuit, et nos chasseurs travaillent avec ardeur à réparer les dommages faits à nos retranchements par le feu de Tartillerie ennemie.

A Boves, le i8* de marche, à cheval sur la voie ferrée en avant du village et du château de Boves, résiste pendant huit heures à toutes les attaques; mais il lui faut enfin plier sous le nombre; il bat en retraite lentement, disputant pied à pied le terrain, qu'il laisse jonché de tués et de blessés : 6 ofRciers et plus de 200 hommes.

Après être resté en position toute la matinée aux abords de

— 34° — Gentelles, le 20® de marche était rentré dans le village pour y faire là soupe, sous la protection de la 1'^ compagnie, installée dans les premières maisons, lorsque, vers 11 heures, des masses prussiennes considérables, se dirigeant sur Gentelles, se mettent à. gravir les pentes du plateau sur lesquelles les troupes françaises avaient pris position. Les chasseurs n'ont que le temps de renverser leurs marmites et de prendre les armes pour se porter en ligne. La compagnie Rov reçoit le choc la première, se reploie sur la tuilerie et s*y maintient, tandis que la compagnie PARENT se déploie sur la gauche, afin de couvrir le ravin , par lequel l'ennemi cherche à gagner Cachy, et que la 4* compagnie, capitaine CarrËRE, ouvre le feu devant le cimetière; la 3® compagnie, lieutenant ROUSSET, vient se placer entre les deux premières, et la 5** à côté de la 4**. Pendant deux -heures, le 20® résista aux efforts des Allemands, malgré leur supériorité numérique, malgré le feu de deux batteries d'artillerie placées hors de la portée de qos armes; il tint aussi longtemps que possible, mais, ne recevant aucun secours, écrasé par les projectiles de l'artillerie, i( dut effectuer sa retraite vers I heure, et abandonner Gentelles, en se repliant sur un grand bois situé çn arrière. Malheureusement, par suite de retendue de la chaîne de tirai Ileurâ, ce mouvement ne put s'exécuter en même temps sur toute la ligne, et le bataillon se trouva divisé en deux tronçons, qui ne purent se rallier. Dans cette retraite, le' lieutenant RousSET eut la cuisse traversée d'une balle. Des troupes de ligne et des mobiles étant venus le renforcer, le tronçon de droite reprit' l'offensive et put rentrer dans Gentelles , dont il chassa l'ennemi en lui infligeant des pertes sensibles. Quant au tronçon de gauche, qui s'était maintenu sous un feu terrible, le long du chemin qui relie Gentelles à Cachy, il avait réussi à se porter à la droite de ce dernier village; à ce moment, le sous-lieutenant Herbin tombait mortellement frappé. Mais les Prussiens, laissant un rideau de troupes pour masquer des batteries chargées d'incendier Gentelles et Cachy, concentrèrent leurs efforts sur Villers-Bretonnéux, et le combat cessa du côté du 20".

Le 19* de marche, qui avait quitté Vaire le matin, venait à peine de s'installer dans Villcrs-Bretohneux, avec les autres troupes françaises, lorsque ces dernières sont surprises par l'arrivée soudaine des Prussiens. Le colonel du Bessol consent, sur les instances du commandant GlOVANNiNELLi, à lancer en avant le 19* ba« taillon : une partie des nôtres cèdent bientôt devant l'attaque énergique de l'ennemi, mais, ramenés en avant par le colonel

de Gislain, ils rentrent à la baïonnette dans leurs premières positions. Les effets du feu sont terribles: le commandant GlOVANNi' NELLI, les capitaines DE RÉGNIER, DE CaNISY et Thomas, les lieutenants AymèS, Cavaignac et COQUELET sont frappés, et - 300 hommes tombent sur le champ de bataille; la défense est désorganisée, et les débris du 19^ de marche se retirent vers Amiens.

Vers 9 heures du soir, Villefs-Bretonneux était pris, et Tordre était donné de battre en retraite au plus vite. Les deux parties (lu 20" hataillou de marche, toujours séparées, se retirèrent en traversant le champ de bataille à la lueur de l'incendie des deux villages. Le détachement de gauche dut faire 14 kilomètres sur une route encombrée de blessés, et «irriva exténué et affamé à Corbie, à 2 h. 1/2 du matin.

Les chasseurs du 20* de marche dorment sac au dos le long des murs et se remettent en marche à 4 heures, sous les ordres du commandant llECQUET, pour se retirer sur Arras. L'autrcdétachement, conduit par le capitaine CarrÈrr, s'était retiré sur Amiens, et de là sur Arras, par Doullens. Le 20* chasseurs de marche avait perdu dans cette journée : i officier tué, le souslieutenant Herbin; I officier blessé, le lieutenant ROUSSET; 25 hommes tués, 67 hommes blessés, et 130 disparus.

Apres la bataille de Villcrs-Urctonneux, les Allemands occupèrent immédiatement Amiens; maître de la ligne de la Somme, le général de Manteuffcl se dis|>osa à marcher sur Rouen , laissant en Picardie le général Von Gœben, pour surveiller les mouvements de Tarméc du Nord.

Sous les ordres du général Faidherbe, l'armée du Nord était portée à trois divisions, les corps étaient reconstitués, les approvisionnements assurés, et, le 8 décembre, elle reprenait hardiment l'offensive. Le iS** chasseurs de marche occupe, le 9 décembre, la petite ville d'Albert, que les Prussiens viennent d'évacuer. I^ niiiiH: jour, le ^cnrral Lccointc se présentait devant llam avec sa division. I^e 17° de marche reçoit Tordre d'enlever les faubourgs, et de s'avancer rapidement, par la grande rue, pour occuper le fort. Jeunes soldats d'un mois de service à peine, nos chasseurs, pleins d*un admirable entrain, emportent la position et font nombre de prisonniers. \jc 10, la garnison du château, intimidée par une énergique sommation, c«ipitule dans l'après-midi. Le 17* pousse des pointes jusqu'à Chauny.

Ce fut alors que l'armée du Nord tenta une puissante diversion, pour arrêter la marche de Manteuflel sur Rouen et le Havre. Le

mouvement du général Faidherbe réussit, car l'armée allemande se porta de nouveau sur la ligne de la Somme. On était au cœur de rhiver, le pays était couvert de neige, la température était très rigoureuse; pour atténuer les souffrances de nos soldats, le général Faidherbe avait donné Tordre de ne pas faire camper les troupes, qui étaient presque toujours cantonnées; le pays, horriblement dévasté, ne pouvait subvenir à l'alimentation des troupes, et les approvisionnements ne parvenaient à l'armée qu'avec les plus grandes difficultés. Ces épreuves étaient longues et pénibles; elles furent noblement supportées par nos jeunes chasseurs des bataillons de marche, qui avaient à répondre devant l'histoire de l'honneur de leur arme glorieuse. Et d'ailleurs, la patrie n'était-elle pas en danger? L'histoire leur a rendu justice, car elle a écrit sur les tristes pages de cette époque que les chasseurs des bataillons de marche ont été, dans l'adversité, forts de coeur, solides au feu, énergiques dans toutes les circonstances difficiles, à l'égal de ceux qui leur avaient montré le chemin de la gloire autrefois, et naguère encore , le noble exemple de l'honneur gardé sain et sauf, même dans la défaite.

BataiUa de Pont-NoyeUi

Le 22 décembre, l'armée du Nord avait pris position au oordest d'Amiens^ sur les hauteurs de la rive gauche de l'Halloe, à cheval sur la route d'Albert à Amiens. La veille au matin, les grand'gardes du i8* de marche avaient déjà signalé l'approche des masses prussiennes sortant d'Amiens. Après une vive fusillade, ne pouvant déboucher des bois qui se trouvaient en avant de Marcelcaveetde Querrieux, l'ennemi semble hésiter; c'est le signai de la charge; le i8® bataillon de chasseurs et un bataillon du 33* de ligne se précipitent au-devant de Tennemi. En moins d'une demi-heure, les bois de Querrieux sont enlevés, et nos chasseurs du 18* poussent jusqu'à Saînt-Graticn, s.ins laisser à notre artillerie le temps de venir les appuyer.

Le 33, l'armée allemande vient nous attaquer dans nos positions de l'Hallue; prévenues de leur approche, nos troupes prennent les armes; il fait un froid sibérien, 1 1 degrés au-dessous de zéro ; néanmoins, nos chasseurs sont impatients de joindre les Prussiens.

Le a* bataillon est en position dans le bois qui domine Coiitry; le 18* occupe le village.de Querrieux; le 19* bataillon est établi

face au vîllafi^e de Daours; le 20* est à rextrimité f^auche, avec ordre de tenir là jusqu'à Tarrivôc du 23'* corps venant de Corbie.

A 9 heures, on entend une violente canonnade du côté de Pont- Noycllcs. Le comm.indant IIilCQUKT, du 20" bataillon, laisse la compagnie Ambrosini pour occuper les abords de Vecquemont, prend position avec son bataillon sur les pentes méridionales du plateau, garde la 3® compagnie en réserve et porte la !'• compagnie à droite, sur la lisière du village de Daours, et la compagnie Roy dans Tintervalle et presque sur les bords de TMallue. Une vive fusillade s'engage entre les tirailleurs, pendant laquelle le lieutenant GRIMES est tué et le sous-lieutenant VlROT blessé au genou. Appuyé par une batterie de 12 servie par des marins, le bataillon résiste, sans reculer d'une semelle, aux efforts des Allemands, jusqu'à midi. La 5^ compagnie, serrée de près, est obligée d'abandonner le village de Daours. Dans le village de Querrieux, le 18® de marche soutient, pendant cinq heures, une lutte opiniâtre ; si, de temps en temps, la ligne recule un peu, c*est pour exécuter aussitôt après de vigoureux retours offensifs, dont Tun vient échouer sous les murs crénelés des premières maisons de Pont-Noyelles. Le commandant Vaton est blessé d'une balle à la jambe; le capitaine Jan, frère du commandant tué à Boves, est mortellement frappé; une quarantaine d'hommes par compagnie sont tués ou blessés. Les Prussiens mettent en ligne des forces considérables. A 4 heures, le général Faidherbc ordonne une vigoureuse attaque générale, pendant que la i'^ division dessinera un mouvement tournant.

Le 2o*8e précipite avec la brigade Foerster contre le village de Querrieux; le 17* entre en ligne et attaque vigoureusement l'ennemi; le 19* s'élance sur le village de Daours; le lieutenant COHENDET enlève ses hommes, pénètre dans le village et se fait tuer bravement, ainsi qu'un grand nombre de ses chasseurs. Mail l'ennemi augmente sans cesse, notre ligne semble fléchir; le 2' de marche est alors charge d'exécuter, avec le 69* de ligne, un mouvement tournant destiné à dégager le centre de nos positions; ce mouvement est couronné d'un plein succès. La nuit met fin au combat, et l'armée du Nord couche sur ses positions, au milieu d'une neige épaisse, par une température excessivement rigoureuse. Nos hommes souffrent du froid et de la faim, ne |)Ouvant |)as faire de fou, n'ayant rien mangé drpuis la veille.

\xt 20** bataillon avait |)crdu dans cette journée i officier et 1 chasseur tués, 1 oflicier et 19 chasseurs blessés et 17 disparus.

OAA

Le lendemain 24 décembre, à 6 heures du matin, l'ennemi nous attaque de nouveau; sa cavalerie essaie de nous envelopper du côté de Coutry; les i** et 2® compagnies du 2* de marche, qui occupent ce point, se déploient en tirailleurs, et, profitant habilement des accidents du sol, elles réussissent à repousser les uhlans, qui laissent bon nombre d'entre eux sur le terrain. Les 17* et 20* de marche soutiennent contre l'ennemi une lutte opiniâtre; mais l'armée allemande, renforcée par de nouvelles troupes, exécute un mouvement tournant sur la droite de nos positions. A 2 heures, le général Faidherbe donné l'ordre de battre en retraite sur Arras, mouvement qui s'exécute dans le plus grand ordre. Le 17® de marche avait eu 2 officiers et 18 hommes hors de combat; le 2* comptait 34 hommes tués, blessés ou disparus; sa conduite lui avait valu les plus chaleureuses félicitations du colonel Fittié.

Le 27 décembre, l'armée du Nord était rassemblée derrière le canal de la Scarpe, entré Arraset Douai. Quelques jours avant la bataille de Pont-Noyelles, elle avait été constituée en deux corps d'armée, sous les ordres des généraux Lecointe et Paulze d*Ivoy. Les quelques jours qui suivirent furent activement employés à reconstituer nos troupes, éprouvées par les batailles d'Amiens et de Pont-Noycllcs. Mais clia(|iic jour était marqué par des escarmouches contre Tennemi; le 30 décembre, le 2* bataillon de marche se portait à Beaumetz-les-Loges, où ses avant-postes étaient plusieurs fois inquiétés par la cavalerie ennemie.

Achiet-le-Orand, Behagnies et Bapaume.

Malgré la neige épaisse qui couvre le sol, l'armée du Nord reprend l'oiTensive le 2 janvier; les avant-postes allemands étaient signalés en avant de Bapaume. Le général Faidherbe prend la résolution d'attaquer le général von Goeben, dont l'armée était disséminée entre Bapaume et Péronne assiégée. Le 2 janvier, vers midi, la brigade Foerster, du 22® corps, arrive en face du village d'Achiet-le-Grand, où les Prussiens se sont retranchés, et reçoit l'ordre de s'en emparer. Le 20* bataillon de marche est désigné pour enlever le village, tandis que le 43® de ligne doit le tourner; Tattaque est menée avec la plus grande vigueur, et, malgré la plus vive résistance, les Prussiens sont rejetés hors du village, laissant une trentaine de prisonniers entre les mains des chasseurs

du 20*, qui avaient, dans l'attaque, 2 officiers blessés, le capitaine AmbroSINI et le sous-lieutehant Massiet, 4 tués et une vingtaine de blessés. Les Prussiens se retirent en désordre sur Bapaume, vivement poursuivis par les chasseurs, qui n'occupent malheureusement Biefvilliers que pour l'abandonner ensuite.

Le jour même, la i*^ division du 23* corps se présentait devant la forte position occupée par les Allemands dans le village de Behagnies. L'avant garde, formée par le 19* bataillon de chasseurs et une section d'artillerie, commença l'attaque. Elle fut repoussée par un feu violent de mousqucteric et d'artillerie qui dura toute l'après-midi; les chasseurs du 19® arrachèrent deux pièces d'entre les mains de l'ennemi ; s'attelant aux canons, ils les sauvèrent, malgré la pluie de projectiles qu'ils eurent à supporter. Le 23* corps recula sur Ervillers, où il s'établit la nuit sans être inquiété.

Les combats du 2 n'étaient que le prélude de la journée du lendemain , qui devait être glorieuse pour nos armes. Vers 9 heures du matin, le général Faidherbc prend l'offensive; la bataille de Bapaume s'engage. Le 2* de marche est chargé d'enlever & la baïonnette le village de Biefvilliers; les compagnies, disposées en colonnes d'attaque, s'élancent sur la position au pas de course ; les clairons sonnent la charge. Les chasseurs du 2* débusquent et refoulent les Allemands jus(|u'au terrassement du chemin de fer, pendant que le 67* de marche s'empare de la partie gauche du village. Une batterie allemande, qui s'est établie sur le versant gauche dominant Biefvillers, a déjà réussi à mettre le feu à une vingtaine de maisons, lorsque la 6" compagnie du 2" de marche, par un mouvement de flanc exécuté avec autant de précision que d'entrain, prend position à 800 mètres en face de la batterie et, au bout de six feux de salve, la force à amener précipitamment ses avant-trains et à prendre la fuite, laissant le terrain couvert de cadavres. Le 2* bataillon de chasseurs se rallie, et, continuant sa marche, va prendre position à Avcsncs-lès-Rapaume. Cette attaque lui coûtait I officier, le capitaine DiiCOTK , tué en chargeant A la ti'te de sa compagnie, et 137 rliasseurs tués ou blessés.

Deux compagnies du 18** de marche, sous les ordres du capitaine Martin de Miekrv, avaient brillamment concouru à Icnlèvemcnt du village de Bapaume et rejoignaient leur bataillon, à 7 heures du soir, à A vcsncs-lès- Bapaume, après avoir |>erdu 1 officier et une quarantaine d'hommes. D'un autre côté, le 17* bataillon avait pénétré dans Bapaume, où il tiraillait contre les Prussiens battant en retraite.

Le 20® bataillon, qui ne fut engagé que comme soutien d'artillerie, ne subit que des pertes peu considérables, 2 tués et lo blessés.

La 2* division du 23* corps s'était heurtée aux Prussiens à Sapignies. Soutenues par le 24® bataillon de marche bis, commandant DE NÉGRIER, deux batteries s'établissent en avant du village et ouvrent le feu. Les projectiles ennemis leur causent tant de pertes qu'elles sont obligées de demander au 24® quinze chasseurs de bonne volonté comme servants. Ces quinze chasseurs sont nommés de l'hélasse sur le champ de bataille. Lecommandant DE NÉGRIER enlève par une attaque énergique le village de Favreuil, qu'abandonnent l'artillerie et l'infanterie prussiennes. Le 24® de marche bis avait perdu dans l'action : 2 officiers tués, les sous-lieutenants DouGNACet Pfiègler; I officier blessé, le sous-lieutenant BURÊ, et 241 hommes hors de combat.

Les Prussiens, battus, se mirent précipitamment en retraite; malheureusement, l'armée du Nord ne put profiter de son triomphe : tandis que le centre était victorieux, les ailes opéraient leur mouvement avec trop de lenteur, ù cause de la neige qui encombrait tous les chemins, et elles arrivèrent trop tard pour changer en déroute la défaite des Allemands. Malgré son succès, le général Faidherbe dut se retirer pour donner du repos à ses soldats, tandis que les Prussiens opérèrent à la hâte un mouvement de concentration très menaçant.

Le 4 janvier, le 20* bataillon de marche, après avoir fait évacuer Guevillers par tous les traînards, prenait place à l'arrièregarde; vers 9 heures du matin, par suite de l'allongement de la colonne et du mauvais état des chemins, il se trouvait à plus d'un kilomètre en arrière. A ce moment, une forte troupe de c.ivalcrie allemande, manœuvrant derrière les plis du terrain, vint, à la faveur du brouillard du matin, se placer derrière la colonne pour chercher à s'emparer de l'artillerie française, engagée dans les chemins creux sillonnés d'ornières profondes et dans l'impossibilité de se mettre en batterie. La situation était très critique. Averti par le sous-lieutenant GoujON, commandant la section d'extrême arrière-garde, le commandant Hecquet arrête immédiatement son bataillon sur le talus gauche de la route, les ailes repliées en demi cercle. A peine ces dispositions étaient-elles prises, que deux escadrons de cuirassiers blancs partent à la charge et fondent sur la colonne française. Avec le plus grand sang- froid, les chasseurs les laissent approcher sans tirer jusqu'à 80 mètres, puis ouvrent à cette distance un feu à volonté terrible. Emportés par leur élan,

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les cuirassiers, culbutés les uns sur les autres, arrivent jusqu'aux pointes des baïonnettes et sont fusillés à bout portant. Très peu parviennent à s*enfuir sous une grêle de balles; un oflicier, le capitaine DES Marées, qui les commandait, et une dizaine de cuirassiers restent au pouvoir des chasseurs qui, menacés par plusieurs escadrons de réserve, se forment en carré pour continuer à marcher en retraite. Grâce à Tattitude énergique du bataillon d'arrière- garde, Fartillerie était sauvée. La brigade entière, qui s'est arrêtée, acclame le 2o® bataillon de chasseurs à pied de marche. Ce beau fait d'armes comptera dans les fastes de l'armée du Nord. 11 est la preuve manifeste d'une forte discipline; il fait le plus grand honneur aux jeunes soldats du 20^ bataillon et aux vigoureux officiers qui les commandaient.

Ce même jour, le 2® bataillon de chasseurs de marche est chargé d'enlever un poste prussien, retranché dans les villages de Behagnics et de Sapignies, composé de deux compagnies d'infanterie et d'un escadron de ulhans. L'opérationréussit ; les Allemands, surpris dans les deux villages que nos chasseurs ont tournés, laissent entre nos mains un grand nombre de prisonniers et une centaine de chevaux. Le 13 janvier, le lieutenant Franck, du 18* de marche, est averti qu'un parti de uhians occupe Pozières. Il y arrive avec sa section vers 5 heures du soir, en l'absence des uhians qui battent l'estrade sur la route de Bapaume. Il fait barricader une issue du village et cmbus(|ucr ses chasseurs à l'autre extrémité, dans les maisons devant lesquelles les Prussiens doivent passer. Cin(|uante cavaliers ennemis rentrèrent à la nuit close; quand ils furent tous engagés dans le village, un feu terrible à bout portant les anéantit en quelques minutes.

Bataille de Saint-Quentin.

Comprenant qu'il lui était impossible de forcer le front de l'ennemi, le général Faidherbe se résout à faire une diversion dans la direction de Paris; le 15 janvier, il donne l'ordre à Tarmée du Nord de se diriger sur Saint-Quentin. Le 18 janvier, l'ennemi pousse une forte reconnaissance du côté de Beauvais et de Vermand ; la journée est assez favorable à nos armes, et le 20* bataillon assiste en réserve au combat, (|ui se termine par un mouvement de recul des Allemands. Vermand restait en notre pouvoir. A la 2* brigade

de la i'^ division du 23^ corps, le 24* de marché exécuta, de con- . cert avec un bataillon du 33* de ligne, une charge à la baïonnette sur les batteries prussiennes, qui amena la retraite de leurs autres troupes. Le commandant DE NÉGRIER, blessé à la tête de son bataillon, fut obligé de remettre son commandement à Ténergique capitaine JOXE, dont la conduite allait être ci belle le lendemain. Le ig janvier au matin, le général Faidherbe acceptait la bataille contre les Allemands de Von Gœben, qui venaient l'attaquer à Saint-Quentin.

L.armée du Nord occupait leshauteurs situées au nord, à l'ouest et au sud de Saint-Quentin, à 3 ou 4 kilomètres de la ville. Vers 8 heures du matin, Taction s'engageait sur le front du 22® corps, et s'étendait bientôt sur toute la ligne. Nos troupes, bien qu'épuisées de fatigue, harassées par les combats de la veille, avaient néanmoins passé une partie de la nuit à se retrancher dans leurs positions.

Réveillé à 3 heures du matin, le 20® bataillon de marche avait qnitt(^ Grand-Scraucourt, <:t s'cHait installe dans une sucrerie située à la droite de l'entrée du village de Grugies, et le long du talus (lu chemin de fer qui passe à Test de cette sucrerie ; les bdtiments, très solides, entourés de tranchées profondes, rendaient cette position très forte et très importante. Les Prussiens l'atta* quent vers g heures du matin, et, dèsle commencement de l'action, font les plus grands efforts pour l'enlever. Soutenus par une batterie de 4, et placés derrière le talus du chemin de fer, les chasseurs les tiennent en échec, et conservent leur position au prix de pertes sensibles: i officier tué, le sous-lieutenant DE Chillv; 3 blessés, le capitaine Trolv, le lieutenant GODON et le sous-lieutenant Laval ; 25 chasseurs tués, g5 blessés et 34 disparus.

Le 17^ bataillon se trouvait en position à 5 kilomètres en avant de Saint-Quentin; deux compagnies de ce bataillon exécutent contre les batteries prussiennes une charge à la baïonnette, et culbutent les premiers défenseurs, mais, écrasés sous le nombre, elles se retirent en emmenant néanmoins quelques prisonniers. A midi, le 17'' bataillon de marche est appelé h renforcer l'intervalle entre les 22"* et 23^ corps; jusqu'au soir, il sait, sous un feu des plus vifs, conserver ses positions.

Chargé de défendre le village de Pouilly, le ig* chasseurs de

marche, engagé dans une lutte des plus vives, perd en un instant

trois officiers, le sous-lieutenant Paschal, le commandant Was-

"UMSt et le capitaine DE Chastel, et 52 hommes hors de combat.

Le 2* de marche avait pris position à cheval sur les routes de Chauny et laFèrc; ses tirailleurs sont déployés dans les terres labourées situées entre ces deux voies, pour protéger deux batteries, dont le fçu cause de grands ravages dans les colonnes de rihfanterie allemande. Sous les ordres du capitaine JOXE, il enlève brillamment le bois de Holman. Tourné dans sa position, le capitaine JOXE, qui avait failli être enlevé par trois Prussiens en allant lui-môme, bien que blessé, se rendre compte de la situation, donna Tordre de battre en retraite sur le village de Francilly.

L*enncnii reçoit continuellement des renforts et cherche :ï nous envelopper; 20,000 Français luttent contre 40,000 Allemands. Mais le 23* corps, composé en partie de mobilisés, se débande et se retire sur Saint-Quentin. La 2* division du 22* corps, compromise par ce mouvement de retraite, doit se retirer également. Accablée par le nombre, la i*^ division perd visiblement du terrain et le 20® bataillon, débordé par ses deux ailes, -se trouve bientôt sérieusement menacé; :ï 2 heures, la situation est telle, qu*il est obligé de battre en retraite par échelons, en défendant le terrain pied à pied, sous' une grêle de projectiles, à travers un terrain détrempé et presque impraticable.

Le 17* bataillon n'a plus que 300 hommes, et cependant, jusqu'à la nuit, il protège la retraite, reculant pas à pas, et vendant chèrement chaque pas du terrain qu'il abandonne. IsC général Dcrroja donne Tordre au 2*" bataillon détenir jusc|u';ila dernière extrémité, et de ne quitter Saint-Quentin que lorsque toute Tarméc aura défilé. A 7 heures du soir, ce brave bataillon exécute à son tour sa retraite dans un ordre parfait, sous une grcle d'obus et de balles, et perd 127 tués ou blessés, et 10 chasseurs disparus. Réduit à 250 hommes, le 24* de marche reçoit Tordre d'occuper la briqueterie de la Chapelle, pour donner à l'armée le temps de battre en retraite à travers Saint-Quentin. Il tient tête pendant trois quarts d'heure à trois batteries d'artillerie allemande, et deux (ois, en moins d'une demi-heure, repousse deux charges de cavalerie, en leur infligeant des pertes considérables. Il se retira enlin sur Saint- Quentin à la faveur de la nuit, réduit alors à 4 ofTiciers et à 82 hommes. Mais cette poignée de braves que conduit un ofRcier des plus énergiques et des plus braves, le capitaine JoXE, se heurte vainement aune barricade établie dans Saint-Quentin même. Les hommes sont tellement exténués, qu'ils succombent dans le corps à corps sur la barricade. Trois ofTicicrs et une quinzaine d'hommes parviennent seuls à échapper à l*ennemi et à regagner les champs.

l'Viiu ks journées des i8 et 19 janvier, le 24* de marche avait eu jt officiers blessés : le commandant DE NÉGRIER et les sous-lieute- (Mnts JOLLBT et Meny, 4 officiers disparus et 495 hommes hors J« (ombat. Il était réduit à 150 hommes en tout.

L'armée du Nord battait en retraite sur Cambrai , Douai et Ulle, Au milieu des corps débandés, nos bataillons de chasseurs de marche, qui avaient eu les honneurs de l'arrière-garde et des derniers coups de fusil, se faisaient remarquer par leur discipline et l'onlre qu'ils observaient dans la déroute. Le 17* bataillon s'arrêtait seulement h minuit, harai^sé, épuisé par la lutte héroïque qu'il avait soutenue toute la journée. Les chasseurs du 2* ne â'arrétaientà Uohain qu'A 2 heures du matin, et y prenaient un peu de repos. Concentrées autour de Lille, de Douai et de Cambrai, nos troupes se reconstituaient. Le 23 janvier, le 2* de marche était cantonné à Neuville- Vitasse; on y distribuait les vivres, lorsqu'une reconnaissance, composée de 25 hussards pmssiens, se présente à l'improviste dans la grande rue du village; les chasseurs bondissent sur leurs armes et poursuivent les cavaliers 1 coups de fusil ; une dizaine d'hommes et de chevaux jonchent le sol.

La campagne était malheureusement terminée ; le désastre avait

été tel, que le général Faidherbe ne put parvenir à reconstituer

son armée avant le 29 janvier. A cette époque, l'armistice fut

' conclu, et, la guerre terminée, l'armée du Nord fut dissoute le

17 février.

Siè^ de Paris.

Pendant que nos armées, en province, prol<rageaient contre les Allemands une lutte inégale, Paris, la capitale de la France, avait été investi et séparé du reste du pays.

Un corps d'armée, le 13', sous les ordres du général Vinoy, qui avait été envoyé à l'armée de Chdlons, avait heureusement pu se soustraire au désastre de Sedan et se replier à temps sur Paris. Les y" compagnies de cliasscurs à pied des 5", 7?, 8", 15*, i8* et ig* bataillons avaient été réparties, deux par deux, dans chacune des trois divisions du 13' corps, où leurs services furent trèsappr^ ciés dans les combats de Faissault et de Novîon-Porcien, qui marquèrent deux étapes de cette retraite si mouvementée du 13* corps sur Paris. Le général Vinoy a rendu hommage en ces termes à la valeur de deux d'entre elles : « Il faut louer la tenue et langueur

-35' dont firent preuve, pendant cette retraite pénible, les compagales (le marclie des iS° et 19* bataillons de chasseurs à pied; les jeunes soldats qui composaient ces compagnies tinrent  honneur de ne pas rcslrr on arriôro.rt m<*ino dt; ne pas inoiilrrdaiis les voilures; il n'en manqua pas un seul dans les rangs h. l'arrivée. »

Avec ces compagnies, les 7" des 3', 4.*, 6*, g*, 1 3" et 14» bataillons et les deux compagnies du bataillon de chasseurs de la garde, les cbasseurs d pied présentaient à Paris un effectif de 14 compagnies, qui prirent part aux premières luttes du eiégc, où elles se distinguèrent aux alTaircs do Uunucuil [17 septembre), du Uas- Meudon , de CliaLillon, de Villejuif (23 septembre), et surtout k l'attaque de l'Hay, où, le 30 septembre, les compagnies venues des S' et 15° bataillons eurent 2 officiers tués, 1 capitaine blessé, et plus du tiers de leur effectif hors de combat. Au combat de Bagneux, ia compagnie du 19" bataillon, conduite par le capitaine DUGLA, se distingue par son entrain. Formant l'avant-garde de la colonne dirigée sur Clamart, elle refoule les avant-postes bavarois établis solidement dans les maisons et derrière les clôtures; le chasseur Freschin est tué, et le sergent-major Vieillard blessé. Le chasseur Franck, voyant tomber le sous-lieutenant KœhLER grièvement blessé, se précipite auprès de son officier, le charge sur ses épaules et l'arrache ainsi des mains de l'ennemi ; pour se retirer, il est obligé de franchir, à l'aide d'une échelle, trois murs de jardin.

Les deux compagnies de chasseurs de la garde avaient vigoureusement combattu d la Double-Couronne, à Bobigny et au Bourget.

Toutes ces compagnies de cliasseurs à pied se trouvaient toujours aux avant-postes, se prodiguant dans les reconnaissances, les embuscades et les grand'gardcs.

Le 20 novembre, un décret du Gouvernement de la Défense nationale crée les 21" et 22' bataillons de chasseurs avec les éléments suivants : les 7*" compagnies des 5*, 7', 8', 15*, 18', ig* et la 9' compagnie des clinsscure de la garde , formaient le 31* balailluiidcclia55eursùpicd,sous]csu[drcsdu commandant l'Al^Ctl; les compagnies des 3*, 4*, 6', 6', 12*, 14» et le lo* des chasseurs de la garde constituaient le 22° bataillon, sous les ordres du commandant O'Nkill.

Le 25 novembre, le 21' bataillon de chasseurs s'établissait & Maisons- Aliort |>our garder les tranchées qui, h 1 kilomètre en avant du fort de Chaienton, allaient de la Seine à la ferme des

MtchM flt à Créteil. Il était sous les ordres <tu ginéral Rebourt, *t«liU & Vincennes, et du colonel Le Mains, du 128*, établi à. tVtell avec son régiment. La partie comprise entre la Seine et le ■ cUemln de fer de Lyon fut spécialement cônfii^e ii la garde du n* bataillon, ainsi que les diflférentes batteries. Ce bataillon asnUta, en réserve derrière l'extrême droite, à l'attaque du Mout- Mcaly, le 29 novembre, et aux combats des jours suivants.

Le aa* bataillon, formiè à Montreuil,(ut placé i la i" brigade de la s' division (général d'HugheS) de la3" armée (général Vinoy). Il occupa le Mont-d'Avron du 28 novembre au 29 décembre, jour (le l'évacuation du plateau, et prit part en réserve, et sans éprouver aucune perte, à l'attaque du 21 décembre contre la Maison- Ulanche et Ville-Evrard.

Le lendemain 22 décembre, la t" brigade de la division D'Hu- ■ nilES fait un mouvement en avant pour dégager la brigadie Biaise, que l'on croyait cernée dans Ville-Evrard. Les batteries allemandes de Noisy-le- Grand lancent sur le 22* bataillon quelques obus qui blessent i sous-ollicicr et 4 chasseurs; Ville-Evrard n'étant plus occupé , le 22° rentre au camp. Deux autres chasseurs furent blessés pendant le séjour sur le plateau d'Avroo, dans le service den grand'gardes.

Par décret du i7décembre, le nombre des compagnies avait été porté à huit dans les 21* et 22* bataillons de chasseurs, la 8* étant formée dans les corps avec leurs propres ressources.

Le I" janvier 1871, le 23* bataillon de chasseurs était créé au Fort- Vieux, à Vincennes, conformément au décret du Gouvernement de la Défense nationale, en date du 22 décembre 1870. Ilétait placé sous les ordres du commandant BAVARD, et formé avec des contingents tirés des dépôts des 7*, 15* et 8* bataillons de l'arme.

Du 29 décembre au 14 janvier 1871, le 23* bataillon reste cantonné à Charenton. Le 6 janvier, le 23' bataillon de chasseurs i pied reçoit l'ordre d'aller occuper les positions de Maisons-Alfort. où il est employé, jnsqu'A la fin du si^gc, .111 service des avantpostes. Le 14 j;invicr, le 22" bataillon arrive A Hicôtre et en repart quatre jours après, pour aller faire le service à la tranchée Tripier et aux redoutes de Moulin-Saquet et des Hautes- Bru y ères. Le 19 janvier, un obus tue dans Villejutf un chasseur du 3a* et en blesse un autre. Depuis le 5 janvier, le bombardement de Paris était commencé et se continuait sans relâche. Le 19 janvier, l'armée de Paris essayait en vain de percer le cercle de fer des AUe-

mands du c6té de Buzenval; le 27 janvier, le bombardement cesse : Paris est affamé, la lutte n'est plus possible, et le lendemain, un armistice est signé en attendant la conclusion de la paix. Cet armistice s'étendait à toute la France, excepté h l'armée de l'Est et à Belfort. L'armée de l'Est, nous l'avons vu, fut obligée de se réfugier en Suisse ; quant à Belfort, grâce i l'énergie de sa défense, dirigée par le brave colonel Denfert-Rochereau , sa garnison put sortir glorieusement de la place avec tous les honneurs de la guerre,

SièffM â« Strasbourg et de Bitcha. — Trait* de T«rs»Ulai.

Des bataillons de chasseurs à pied eurent des représentants qui soutinrent vaillamment, pendant les sièges de Strasbourg et de Uitclic, l'honneur de leur numéro.

A Strasbourg , qui fut assiégé du q aoflt an 8 septembre , le ilé))<'il ilii 13" bataillon de ch.isscurs , sous les ordres du capitaine Darras, bc nt remarquer à la défense de la ville, dont il occupa la citadelle. Pendant la durée du siège, les pertes, pouruncffertif de 305 hommes seulement, furent de 2 officiers blessés, le capitaine Gaday et le Bous-lieutcnant liACCON; de 21 sous-officiers, caporaux et chasseurs tués, et de 45 blessés. A la suite de propo* sitions faites )>ar le général Uhricli, le sergent JOURDAIN lut nommé chevalier de la Légion d'honneur; les sergents Serry, Palisse, le raporal Augardf. et le clairon GuNTllER reçurent la médaille militaire. L^s débris de deux compagnies du i" t>ataillon prirent également une part active à la défense héroïque de la capitale de l'Alsace.

A Bitche, qui fut Investi aussitôt après la bataille de Frœschwillcr, le commandant Tevssif.R prolongea une résistance désespérée jusqu'après la Rign.iturc du traitr de paix, ius<|u'au 1 1 ni.irs ! Le 0 août, le 14* bataillon de chasseurs, qui avait bivouaqué ce jour- \h sous les murs de la place, y avait laissé sa caisse, ses registres et ses bagages sous la garde du sergent vaguemestre Leloup et de ses conducteurs ; la conduite de ce petit détachement, pendant le blociia, fut au-dessus ilc tout éloge. A la sortie du i" septembre, le sergent LeiXIUP avait mérité l'honneur d'être cité À l'ordre du jour de la place, pour son énergie et son courage ; il fut décoré de la Légion d'honneur ; le fourrier Ledan fut aussi médaillé pour sa belle conduite pendant le si^.

Malgré sa résistance désespérée, malgré le courage et l'héroïque dévouement de ses enfants, la France, notre patrie, était amenée à merci. Le vainqueur en profita, lui qu*on avait épargné autrefoiSp alors qu'écrasé par Napoléon I^'', il râlait dans Tagonie d'Iéna et d'Auerstxdt, pour peser dans la balance du poids de ses armées innombrables et de sa lourde épée. Par le traité de Versailles (i*' mars 187 1), il imposait à la France une rançon de cinq milliards et nous arrachait une partie de nous-mêmes, notre Alsace- Lorraine chérie, dont le souvenir et le sang . battront toujours dans nos cœurs.

Si nous avions été vaincus, nous pouvions conserver cette suprême consolation de n'avoir pas failli à la peine, et, comme aux grands jours de deuil, la France pouvait dire : Tout est perdu fors l'honneur!

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