‹ Les châteaux en EspagneChapitre 11 sur 30 · I.A TRAITI. f>FS ni.ONDFS. ^H · texte numérisé non relu

I.A TRAITI. f>FS ni.ONDFS. ^H

rcgardtT mon honlirm- facr à l'iict'. Kaliza a v<'»(ii hifii (l(»s IniK^s; à Mir (Ir ridrs, «'lie doit. ('()in|)h'r Irrnto-lrois |)i iiihMiips, drs |)i'ml('iiips hues! Kali/a a inan^V' Irop

dt' COUSCOlISSOll. Le (ll\.lll i{lll l.l |)o|(r rsl lll) \llas. O

Cnpidoiiî de (nicllc lliVho t'os-tu donc servi pour arriver jus([iràaM'(riir ('Mirass('(roiii])()np(»int ? Kllr a impn)vis<'^j(» ]\c siiis (judlc fahlc p(nir (Mi^M^^cr le sim^^hmit \na\a<^()n* inné condiiiriMMi sa pn's«Mic(\ .Ir n'v('l(Mai cctlf aRVcMix inyslrrc an |)iral('.

u II le (M)nnaîl, el ce n'rsl pas moi (jiii If lui ai i«'\<'l«'' Ce malin, il m'a invih' à man^^er, d'nn air raillrnr, <n mr faisant observer ipie mes lra\an\ et nies ('tiidi'S de\aienl aiguis(»r nionappt'Mil. Il ne \eiil iiK-me pas mr lais<ei' Til- Insion de la peilidie. (Jn<'l ralVmemenl dr cruanh'! II \ a des Iieures o\\ j'ai nn»^ en\ie féi'oee de lordic le nm ;i Fatiza... Hélas I elle n'a pas de cou î

« Mon odalisque n'esl pas une femme, c'est un rolos.se, une lour!

« Kaliza m'écrase du poids de son amour. Oh! ([ue (^'est, une lourde chose qu'une passion turque î Comme j'étais Iriste ce matin, elle m'a demandé ce que je désirais. — [.a liberté, lui ai-je dit. — Tu l'auras, nra-t-elle répondu. Je l'ai |)ressée de questions : elle s'est renfermée dans un sombre silence.

^> J'ai peur de comprendre ce quelle médite. Je l'ai surprise picjuant avec la pointe de son poignard l'ébène lustré de ses coflYes. Elle m'a rappel é Bocage dans. 4 /^/o////. Je tremble pour Anaxagore.

(t Non. Anaxagore ne mourra pas. Je lui révélerai Thorrible machination qui se trame contre lui et il pren-

dra ma tête, s'il veut. Un meurtre commis pour moi par Fatiza ne serait pas odieux, il serait ridicule.

« Décidément Fatiza y tient. Elle m'a dit en me montrant l'horizon où le soleil se noyait dans un abîme de nuées sanglantes : demain éclairera le jour de la liberté. 11 est temps que je parle. J'ai mangé le pain et le sel d'Anaxagore et...»

Un coup de fusil interrompit le journal de Léopold. Il courut à la fenêtre ; trois ou quatre coups suivirent cette première détonation, et il vit, entre les têtes pâles des ©liviers, monter, comme des flocons de ouate, de légers nuages de fumée blanche. Un palicare passa sous la porte, haletant ; sa robe était tigrée de sang ; il voulut parler, chancela et tomba lourdement sur le pavé : il était mort.

Anaxagore parut dans la chambre de Léopold. 11 tenait deux fusils à la main.

— Le pacha de Naxos veut me rendre visite, dit-il ; ne viendrez-vous pas le recevoir avec moi?

Léopold prit un des fusils et suivit Anaxagore.

Un tumulte effroyable remplissait la cour. Les palicarescouraient aux armes; des têtes pâles, des visages de femmes et d'enfants venaient se coller aux rainures des jalousies, puis disparaissaient. Anaxagore disposait ses hommes le long des murs et des terrasses avec une activité silencieuse.

Tout autour de la maison les soldats turcs du pacha rampaient comme des panthères, se faisant un bouclier des troncs d'arbre et des plis du terrain.

Anaxagore mit la tête à une meurtrière. Une balle emporta le fez rouge qui coiffait son front.

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— LoiDaladroil !(lii-il. Il al)aissa sa carabine; imérlair

jaillil (le liMin'iii'iiirn', ri iiii Mbaiiais roiil.i siii* riicîiiM!.

Ce lui le si^niai «le lad» rciisu. IJnr li^nu de; llainiiic coiiroima les murs li des luirk'incnls d(^ ra^o s'«"levrn'iil dr la (M)IIiiu' (|ii(' les messagers d«* morl. sillonnaient.

L'odeur de la poudn^ monta îi la l.rte de IjM)|)()ld, el le combat n'iMait pas comnKînci; depuis cin(| minutes, (|ue déjà, cmbus([U(' à l'un di»s angles du jardin on la l'usillade ('tait la plus \ iv<\ il mordait à même les cartoucbes et n-ndait balle pour balle aux assaillanis.

Un petit pfdre grec se battait à cn\v de Ijîopold ; c'était un (Mitant de (juinze à seize ans, bronzé par le bàlc et beau connue Narcisse. Les balles faisaient éclater la pierre autour de lui; ses coups n'étaient ni moins sûrs ni moins pressés.

— Hi(^n, camarade, bien! disait Léopold, en Noyant cet enfant abattre des hommes.

L'enfant souriait et crachait sur les balles (jui ivbondissaient à ses côtés.

Tout-à-coup Léopold le vit pâlir et ])orter à sa poitrine uni* main qu'il retira pleine de sang.

— Ou'as-tu? lui dit-il.

— Prète-moi ta carabine, réponiUt froidement l'enfant; une balle a brisé la mienne, et j'ai encore un homme à tuer.

Léopold lui passa sa carabine; le petit pâtre la pril, appuya le canon sur le mur, visa lentement et tira ; un Albanais sortit du milieu d'une haie en bondissant, trébucha, fit un etïort pour se lever et retomba.

— Merci, dit l'enfant avec un doux sourire, et il quitta l'embuscade.

r BI8LIOTHECA ] \^ Ctfavicnsis >/

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Léopold décllirait une cartouche, lorsqu'il vit le paire agenouillé, les mains jointes.

— Que fais-tu là? lui dit-il.

— Je me confesse à Dieu, répondit l'enfant. Léopold s'élança vers lui. Le pauvre petit pâtre était

accroupi, balbutiant une prière; Léopold le prit dans ses bras; l'enfant se laissa faire; sa chemise était toule zébrée de sang; il pencha sa lête alourdie sur l'épaule du Français ; un frisson agita tout son corps, et un dernier soupir passa sur ses lèvres glacées. Deux balles avaient troué sa poitrine.

Anaxagore vint à passer par là.

— Encore un de tué ! dit-il, tandis que Léopold couchait pieusement le corps du petit pâtre sous un oranger.

— Un enfant mort comme un Spartiate! dit Léopold. Un hurlement terrible les interrompit. Gomme une

ti'oupe de chacals, les Albanais Venaient de s'élancer sur l'habitation dégarnie de la moitié de ses défenseurs.

— Adieu, frère, nous sommes perdus ! dit le Marseillais, en serrant la main de Léopold. Puis, tirant son cangiai", il cria d'une voix tonnante: Aux murs! mes enfants! et le premier il se jeta en avant.

Ce fut alors une horrible mêlée. Les Palicares et les Albanais combattaient corps à corps.

Cependant le bruit de la fusillade était parvenu jus(iu'à l'habitation du seigneur Pekoh. Les premières détonations ne lui avaient pas fait perdre une aspiration de fumée.

— Mon ami s'exerce à la cible, dit-il à Gaétan.

Mais quand les coups, d'abord rares, se multiplièrent à ce point qu'un tonnerre continu semblait rouler sur la

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colline, il laissa sa pipe, saula sur sa carabine, »îl faisant si^^lc à (ïncl(|ncs sorviti^urs de; le suivre, il s'clanç^i hors (lu kios(|iic ;i\cc une sanvaj^c a^nlilé.

(laeliin jela son ari'osoir, pril. un lusil à lonl hasard et conrni sur les I races de Pekoli. Lorscjuils arrivèrent à riiahitalion d'Anaxagore, les \lhanais avaient déjà |)éiiélrtMlans rintérieur des cours.

L(^ seigneur Pekoh l'iivoya sa halle dan.^ la tète du premier Turc (ju'il trouva au bout de sa carabine et se; précipita ])ravemenl dans la mèlét^avec les siens. Gaétan, (|ui ne pouNiul pardonner son e\il au Nhu'seillais, ne prit ponil une décision aussi rapide. Il attendit |)our se prononcer (jue les événements se fussent éclaircis.

— Je maintiens dans son intégrité le principe de la non-intervention, murmura-t-il.

Tandis qu'il rodait ça et là en appelant l.éopold à haute voix, Gaétan vit apparaître à la fenêtre d'un pavillon une femme échevelée qui lui tendait les bras. Un Albanais la prit par la taille et l'emporta ; comme une auréole d'or, la chevelure de la jeune femme ondoya dans la pénombre de la chambre ; Gaétan oublia soudain ses principes et se précipita dans la cour, trouant la masse des combattants comme un boulot ; en deux bonds il gagna le pavillon; l'Albanais venait à lui poitant sa proie. Gaétan lui sauta à la gorge, laissant dans la poitrine du ra- \isseui' son couteau tout entier. L'Albanais ouvrit les bras; Gaétan allait s'emparer de la jeime femme évanouie quand un choc violent le fit chanceler; ses yeux se fermèrent, et il tomba.

Lorsque Gaétan revint à lui, il était couché sur un peu

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de paille, dans un lien jiuniidc et sombre. Son premier legard rencontraLéopold.

— Où suis-je? lui di(-il. * ^ En prison.

— En prison! s'écria Gaëlan en faisant un elïorlpour se relever ; mais le mouvement lui lit éprouver une si violente douleur, qu'il retomba épuisé.

— Oui, mon ami, dans une prison qui est un cacbol. Nous avons, comme tu peux t'en assurer, des chaînes aux pieds, aux mains et au cou.

— Mais qu'avons-nous donc fait? dit Gaétan, qui, landis que Léopold parlait, regardait tour à tour ses pieds, ses mains et son cou, où s'entortillaient les anneaux de longues chaînes scellées au mur.

— Je souffre horriblement d'une abominable migraine, reprit-il.

— Ta migraine est une blessure ; mais puisque tu ne te souviens de rien, écoute-moi : Lorsque vous êtes arrivés à l'habitation d'Anaxagore, le seigneur Pekoli et toi, on ne s'y battait plus que pour faire payer sa vie le plus chèrement possible. Déjà tu avais vaillamment poignardé le ravisseur de Laouli...

— Laouli?

— C'était le nom de la jeune fille au bouquet, lorsqu'un grand Albanais qui pillait ])ar là leva sa hache sur ta tête ; je m'attendais à voir ton crâne éclater comme une grenade. Le coup , apparemment, était mal dirigé, car le tranchant de l'arme glissa sur ton front. Cependant j'ai laissé la lame de mon sabre dans le corps de l'Albanais, si bien que, lorsqu'un officier arriva, deux ou trois hom-

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