‹ Les châteaux en EspagneChapitre 20 sur 30 · I.A THAITI DKS HM)NI)KS. I^il · texte numérisé non relu

I.A THAITI DKS HM)NI)KS. I^il

l.a hosalinda se l(»\a pour rrnnoir les ('trarii^crs qu'elle prést'iila à rarchevêciuc cniimic des sei^njcurs llorcntius lie sa coiuiaissauce.

reiuiant (juils echan^M*ai(Mil (|uel(|nes (•()ni|)lim<*ntN avec son éiiiinenee, les prélats, émus de l'accueil que la Hosalinila avait fait à ces étrangers, les n^gardai^nt comme rep:ar(lent les princis de TK^lisf*, les plus adroits di|)lomales cjui soient au monde. Il y avait déjà tant de mansuétude doucereuse dans ces regards béats, que la Rosalinda y devina la haine.

Mais déjà (iaétan était tout entier à l'admiration que lui inspirait une jeune femme à demi couchée sur un divan ; un blanc visage divinement encadré de larges tresses d'or lui donnait l'apparence suave de ces vierges du Pérugin que couronnent d'éclatantes auréoles ; deux yeux noirs et scintillants semblaient relier, par un jet de flammes, ce visage mystique à toutes les voluptés mondaines, quand elle soulevait les voiles de soie de ses blanches paupières.

— .C'est dona Catarina, la sœur de monseigneur de Lima, lui dit l'ex-cantatrice.

— Elle est bien belle î

— J'ai pu le voir, mais on ne me Ta jamais dit, reprit la Rosalinda coquettement ; puis elle ajouta : Elle est un peu comme ces belles princesses des contes de fées que des enchanteurs jaloux gardent à vue. Aimez-la, si vous voulez ; mais cuirassez-vous.

— Qui donc ai-je à craindre ? je n'aperçois ici que camails et surplis.

— IS est-ce point trop déjà ? Voyez-vous là-bas cet

1()2 LKS CHATKAIJX KN KSPAGNE.

abbé de l'ordre des franciscains, avec sa bouche en cœur et ses yeux à fleur de tôte ; ne vous liez pas à sa figure doucereuse et à ses regards mielleux. 11 est en instance auprès de la cour de Rome pour obtenir d'être relevé de ses vœux, et son projet avoué est d'épouser Catarina. Cet autre, plus loin, qui porte une croix d'or sur sa robe violette, est un évoque in partibas, le Claude Frollo de Lima. 11 s'est pris d'une passion violente pour Catarina, d'autant plus violente qu'une comédienne comme moi a pu seule la deviner.

— 11 i}e veut donc pas l'épouser, lui ?

— Non. Il attend la vacance d'un archevêché. Prenez garde, Gaétan, il y aura des poignards entre elle et vous.

Gaétan arracha de son calepin une feuille de papier, et, prenant un crayon, il écrivit en pur castillan : a Vous voir, c'est vous aimer ; vous aimer, c'est vouloir votre amour ou la mort. Belle Catarina, je vous aime et je suis Français. )>

Gaétan plia le papier, cueillit une touffe de roses, et les donna à Catarina.

Catarina était du pays oii naquit Rosine. Elle éparpilla les roses et garda le billet.

Comme elle passait sur le balcon, son éventail tomba: une merveille chinoise où l'or se mêlait à l'ivoire. Gaétan se baissa vivement et lui rendit le chef-d'œuvre brisé ; mais un débris d'ivoire était resté aux mains de Gaétan.

Sur la face polie une épingle d'or avait tracé ces mots :

(( Mon cœur est à l'amour ; j'aimerai qui me méritera.))

Bientôt Gaétan fit lire à Rosalinda les mots tracés dans l'ivoire.

i.A TUAI II DIS ni.()Mui:s. 16:^

— Jo. crois, lui dil il, (jin' <<' qu'il y a di' plus casiilliiii est mi onlr\rni(Mil.

— Kiil('\('/-la; mais laisc/.-sous, n^pondii-cllc m lui inonlraiil du l)()ul de son ('VcnUiil l'(îvè(|ue (|ui les rcf^ardail a\iH' des yeu\ de ligre ; puis elle s'ecliai)pa aprrs lui axoirdoniKî rendez-vous dans le jardin oùdc'jàelle s'élail dénias(iu(''(\

Léopold causait avec un consul de la bulle tlnû/ffiitus ta Hosalinda avec un i)ivbendier des bals de l'Opéra, lorsque (laëtan vint tirer son ami par le bras.

— \\\v h raul)erp:e, lui dit-il, mon mariage est suspendu aux lils d'une t'chelle de soie ; sortons.

Lorsciu'ils arrivèrent au jardin de Hosalinda, les rues étaient muettes et sombres. La porte secrète s'ouvrit : Gaétan s'y glissa, et Léopold se blottit dans un -enfoncement obscur oi\ il s'endormit.

Un espion aurait à peine eu le temps de les voir disparaître, lorsque deux ombres se montrèrent à l'extrémité de la ruelle, longeant le mur ; elles semblaient se confondre avec les teintes grises des vieilles pierres, et on ne s'apercevait de leur présence cfu'à leurs mouvements cotonneux et lents.

Un instant les deux ombres s'effacèrent derrière un angle du mur. Alors, comme on voit dans un rêve des fantômes passer, deuxnègres se glissèrent à l'autre bout de la ruelle.

Léopold s'était endormi.

Bientôt les deux hommes reparurent près de la porte oii Gaétan venait d'entrer. L'un d'eux s'arrêta ; l'autre bondit ; deux larmes brillèrent dans la nuit et deux corps vigoureux s'étreignirent poitrine contre poitrine. -

16/l LES CHATEAUX EN ESPAGNE.

— Mélo !

— San !

Les bras s'ouvrirent et les poignards s'abaissèrent aussi vite qu'ils s'étaient levés.

— Causons, dit Mélo.

Les deux bandits s'accroupirent dans un coin où l'œil de Dieu seul pouvait les voir.

— Qui t'amène ici ? reprit Mélo.

— Cent ducas qu'on m'a donnés pour tuer un homme, répondit Safi.

— J'en tiens cent cinquante pour envoyer un chrétien au paradis. As-tu gagné ton argent, Safi ?

— Non, et toi ?

— Non plus. Mon homme s'est éclipsé, tout à coup, par ici.

— Comme le mien.

— Où l'as-tu donc pris ?

— A l'auberge du GrandSaint'J)omi7iique.

— Justement où demeure celui qu'il me faut.

— Alors c'est que nous poursuivons le même gibier. Où peut-il s'être caché ?

— Là derrière ; quand il sortira il nous trouvera.

— Qui t'a payé, Mélo?

— L'abbé don Gaspard Sayon. Et toi, Safi ?

— L'évêque don Diego Jao.

— Chut ! on marche, dit Mélo.

Le sable fm des sentiers criait sous des pas discrets qui semblaient s'approcher de la porte ; les deux bandits se couchèrent à plat ventre, la main sur leurs couteaux dégaftiés.

i,\ ri;\m dus ni.oNDK.s. 105

Inlll à n)\\\) (|('ii\ nr^nrs piniiiriil ,111 inilini [\r \;\ iiicHr.

— Au diable les noirs î iiiiii iiiiir;i M^-lo. Sali S(» souleva ii «iciiii sur sou coudr.

— Ils sont ivres, dil d ; mais s'ils |)arleu(, je leur mri- Irai uu peu de fer d.uis l'eslouiae.

Les nègres avancaieul Irchuehaul et IVedonuaul. L('0- |)ol(l dorniail loujours.

La elef tourna dans la serrure ; la porle s'ouvrit : (lai'lau se j;lissa sur le seuil et la poile se refernia.

Les deux bandits saulèrcnl sur ('..hMaii : ni.iis les iiri^res les prirent a la gorge.

— Santd Maria! cria Sali, et il tomba lourdement un couteau dans \v rieur.

Mélo se débattait en burlant, avec trois pouces de fer dans les côtes ; un elToil furieux le dégagea et il s'élança dans la ruelle. Mais, après quelques pas, il chancela et s'abattit au pied du mur.

— Maître, lisez! dit le nègi'e à Gaétan en lui donnant un billet.

Gaétan ouvrit le papier et lut :

« Il ne vous reste plus qu'à fuir, cher ingrat; vous trouverez des fiancées autre part qu'au Pérou. Si je vous ai prié de me donner quelques heures au jardin, c'est moins parce que je vous aimais, mon pauvre ami, que parce qu'il me fallait le temps de vous tirer du péril où vous vous jetiez. Un petit abbé d'infiniment d'esprit, qui m'adore, a mis à ma disposition deux nègres braves et dévoués, Socrale et Pliœbus, qui vous garantiront des poignards péruviens. Qu'il m'a fallu de contes et de temps pour en arriver là! Qu'ai-je donc encore à \ous*dire?

Ah î m'y voici. Je joins à ma lettre un ordre de passe que j'ai obtenu de l'archevêque, mon cher oncle. Fuyez et ne regardez pas en arrière. Mon petit abbé a ses ennemis et il a besoin de ses nègres. Ils sont à vous jusqu'au jour. Addio, caro mio ; je vous embrasse trois fois pour le passé, le présent et l'avenir, et je vous donne rendez-vous au Théâtre-Italien de Paris.

ROSALINDA. ))

— Ètes-vous prêts à me suivre et à m'obéir? dit Gaétan aux nègres.

— Ordonnez, maître.

— En ce cas, marchons.

Dix minutes après, Gaétan, Léopold, Socrate et Phœbus franchissaient un mur sous les fenêtres du palais archiépiscopal. Un balcon surplombait la façade d'un pavillon donnant sur les jardins.

— C'est bien là, dit Gaétan, et il se tourna vers les nègres :

— Prends cette échelle de soie, Socrate, et arrangetoi de manière à l'attacher à ce balcon. Toi, Phœbus, tu vas monter sur ce platane, et si tu vois venir quelque rôdeur tu siffleras.

— Et moi j'irai poliment le prier de passer son chemin, dit Léopold.

Socrate roula l'échelle à sa ceinture, appuya le pied sur une saillie et grin^pa comme un chat le long du mur. Phœbus était à son poste, entre les branches.

Quand l'échelle fut assujétie,. Gaétan s'élança el disparut dans l'appartement de Catarina.

I A rnAiri i)i:s iu.(»M)ks. 107

(lalarina vcillail, coiicImm» dans un hamac, se bcrranl (lu |)itMl. Kllc avait à la luis h; soniiir d'un*' Nici'î^'c ••» !•• lier ic^Mi'd d'une inlanlt'.

— Je vous atliMulais, dit-elle en se souIrNani sur un coude, car ce n't^st pas moi (|ii'on peul surprendre, (ielui (jui, sans ma \olont('', (Milrerail dans celle cli.nnhre, aurait mis le pied dans un tombeau. \ous en t'aul-il une preuve, seigneur?

\\\\v frappa dans ses mains, l(»s plis d'ime portière s'(^rartèrent, (M (iaëtan vil dans l'ombre les tètes hideuses de d(Mi\ mulâtres.

(Iaëtan était demeuré impassible ; sa main même n'avait pas ellleuré la garde de son poignard.

— Vous êtes brave, reprit Gatarina en se laissant couler à terre, et les braves sont loyaux. Devant cette image de la Vierge, jurez-vous que vous m'aimez et que votre volonté est de prendre pour femme celle que vous aimez ?

— Je le jure.

(Kilarina lui tendit la main. Gaétan lit un pas vers le balcon.

— J'ai là, lui dit-elle en le retenant, un coffret tout plein de mes pierreries; il y en a pour un million. Voulez-vous l'emporter?

— Non, répondit Gaétan, c'est vous que j'aime: laissez vos trésors.

Une flanime divine éclaira le beau visage de Gatarina. Elle se jeta dans les bras de Gaétan.

— Je suis à toi, lui dit-elle, partons.

Bientôt après, les fugitifs avaient franchi les portes de Lima ; grâce à rinlervention de Phœbus et de Socrate,

ils se procurèrent des chevaux, et tous les cinq, Gaétan, Catarina, Léopold et les deux mulâtres, partirent ventre à terre.

Quand ils eurent gagné la côte, un pêcheur les passa au port le plus voisin de la république de Bolivia, où, sûrs qu'on avait perdu leurs traces, ils prirent le chemin de la Colombie à travers la Cordillière des Andes.

Un bon ange, comme ceux que Dieu envoyait jadis aux voyageurs bibliques, semblait guider leur caravane ; l'insouciance et la gaîté, ces deux compagnes du bonheur, cheminaient avec eux. Catarina, nonchalante comme une Indienne, concentrait tous les feux de l'amour dans ses regards et toute l'activité de sa vie dans son cœur. Quand Léopold la raillait sur son indolence américaine, elle répondait :

— Le bonheur est horizontal ! et là-dessus, en souriant, elle fermait ses molles paupières toutes baignées de langueur.

Mais les plus nobles et les plus courageuses vertus se cachaient sous cette enveloppe paresseuse, comme le lait savoureux de la noix de coco sous sa filandreuse écorce.

Un jour que les voyageurs traversaient une vallée crevassée çà et là et toutes semée d'énormes quartiers de rochers, ils arrivèrent dans un méchant village, dont les maisons démantelées étaient ouvertes à l'orage.

Léopold et Gaétan s'écartèrent un instant pour chercher une posada. Lorsqu'ils revinrent sur leurs pas, Catarina avait disparu. Un des mulâtres leur montra du doigt une masure à demi ruinée, à une centaine de toises du village. Ils y coururent.

I,\ lIlAiri 1)1 s Hl.ONDKS. K)0

Calarina (Hait assise aiipivscriui f(»yrr prcsfuu' rtciiii, borc^anl dans stîs bras un cnfanl cndonni ; driix autres cachaient leurs letes sur ses ^^enoux.

Au bruit (|ue Tirent les deux voya^^eurs en entrant, une femme, étendue» sur un peu de paille, soule\a son corps amaigri. La pâleur élail sur son front.

Catarina se lourna vers elle; ses yeux rayonnants et hMulres étaient comme un foyiM* où son àmc brûlait. — Ne craignez rien, dit-elle, ce sont mes amis. VA la malade rassurée raconta aux (\vu\ Français comment un tremblement de terre avait détruit le \ illage ; une troupe de bandits, profitant de la confusion, s'était jetée sur les ruines le lendemain , et le mari de la pauvre femme avait été tué en voulant défendre le peu de bien qui lui restait ; depuis ce jour elle était demeurée seule avec se§ enfants ; la lièvre et le désespoir les consumaient, et la faim commençait à se faire sentir lorsque les cris des pauvres petits avaient attiré Catarina de ce côté.

Elle voulut que la caravane s'arrêtât dans le village, et ne consentit à continuer la route que lorsque la famille orpheline fut en état de supporter les fatigues du voyage. Quand ils arrivèrent à la ville prochaine, Catarina conduisit elle-même la femme et les enfants au plus vieux prêtre de l'endroit, les lui recommanda et ne partit qu'après avoir laissé entre leurs mains une bourse pleine d'or.

Une autre fois, un des mulâtres se blessa la jambe en descendant une colline : mais aussitôt Catarina s'en aperçut, elle sauta à bas de sa monture, pansa le malade, et le contraignit à prendre sa place.

170 LES CilATEAUX EN ESPAGNE.

— J'irai fort bien on croupe derrière vous, dit-elle à Gaétan ; et jusqu'à ce que l'esclave fût guéri , elle ne souffrit pas qu'il prît la moindre peine.

C'étaient tous les jours de nouveaux traits de bonté et de délicate générosité. Tout en elle respirait une simplicité touchante, unie à une élévation de sentiments qui prenait sa source dans une âme pure comme le cristal.

— Enfin, je l'ai donc trouvée cette fiancée que je désespérais d'atteindre ! s'écria Gaétan. Mon rêve n'était pas une chimère ; la perfection devait être blonde.

Après avoir échappé aux bandits, aux tigres, aux tourbillons , aux ouragans , après avoir traversé le territoire d'une douzaine de républiques mourantes , ils arrivèrent enfin aux environs de Cança, dans la province de ce nom.

La petite troupe s'arrêta, à l'heure oii le soleil s'éteint, aux portes d'une hôtellerie , à l'enseigne du Grand- Bolivar.

— Cette enseigne me prouve que nous sommes chez un peuple civilisé , dit Léopold ; il n'élève pas encore de Panthéon à ses grands hommes , mais il met leur gloire sur un écriteau.

L'aubergiste , qui était un hidalgo gros, gras et ventru, comme tous les aubergistes, leur servit une collation dans un jardin, sous un berceau d'acacias.

Le jardin longeait la route oii passaient en chantant des muletiers et des laboureurs ; deux ou trois voyageurs arrêtaient parfois leurs montures à la porte de l'auberge et se faisaient verser à boire , comme dans ces calmes paysages de Wouwerman, où un cavalier, monté sur un

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bon gros ch(»val blanc , avale f^'aillardemont le coup de rétri(M'.

(lalai'ina a\ail fait j'IcikIim^ \\i\r. nalh* sous l'arbrr» h\ plus loulTu, dans \r coin U\ plus Irais ; d'inH» main parnsseust' (îlltî s'évenlail avoc diî lar^^i^s cpicucs d'aras enchâssées dans de l'ivoire.

— Qu'il fail chaud ici el (|U(^ j'ai soil'î dil, elle.

Une source chanlaiL à trois pas sous des Loufles de fleurs.

— Plongez vos mains el trempez vos lèvres dans cette eau, lui dit Gaétan ; c'est du cristal lic|uid(^

— Ce cristal est trop loin, reprit-elle, voyani (|uc sa main ne pouvait atteindre à la source.

— Ne vous dérangez pas, senorita, dit un homme qui passait dans le jardin, et permettez-moi de vous servir.

Il prit un verre, l'emplit d'eau, et le présenta à la nonchalante Péruvienne.

A peine Catarina eut-elle approché l'eau de ses Icvres, qu'elle rejeta le verre en poussant un cri.

Gëtan la prit dans ses bras. La pauvre enfant était livide, et se débattait contre la mort.

L'homme qui l'avait servie parut sur le bord du chemin.

— C'est de la part de monseigneur don Diego Jao , dit-il , et sautant sur un cheval caché derrière une haie , il partit au galop.

Catarina râlait. Gaétan jeta un cri de rage ; mais sentant que son amante expirait, il colla ses lèvres aux siennes comme pour aspirer le poison qui la tuait.

Léopold s'élança sur la route ; mais déjà le messager de la vengeance galoppait au loin.

Catarina était déjà morte qu'on voyait encore la poussière soulevée par les pieds de son cheval.

Les mulâtres repartirent le lendemain pour Lima, après avoir baisé les pieds glacés de leur maîtresse ensevelie ; ils avaient, disaient-ils dans leur sombre langage , une mission à remplir. La vendetta péruvienne voulait du sang.

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