‹ Les châteaux en EspagneChapitre 5 sur 30 · I.\ II; Mil 1)1 s llloMU · texte numérisé non relu

I.\ II; Mil 1)1 s llloMU

loiil en coinposaiil r(''|)illi;thiiii(' de son iii.iriiif^'c. (,|i;((|iii \rrsc()ùtai( iiiic llcnr ;m Ixiikjik'I ; les feuilles loinhiiienl a\ec les slroplics, cl. (jnaiid la (Icrnirre, riinn s'r'<ha|)|),i (le la lyiHî des muscs, la d(M*iiière ll<nr Imiiba du vase.

Mil cet instant Olf^a panil. Ses re^^aicls se prornenèi'eiil dans la galerie où élail (laëtan. Klle pfdil, |)uis rougi! , cl se dirigeant vivement vers le vase de malachite :

— {)(\[ a brisé ces Heurs ? Oh ! celui-là, ((ucl cjiTil s(»it, je le jure, ji^ le ferai fouetter comme un escla\e.

— Le coupable, c'est moi, dit Gaétan.

— Vous! c'est vous qui avez détruit ce bouciuei, les plus belles Heurs de mes serres ! Vous !...

La comtesse frappa dans ses mains. Un esclave accouru!. Olga lui cria rapidement quckiues mots slaves. L'escla\e disparut, puis revint a\ec ([uatre hommes conduits par un serf qui avait un grade dans la domesticité du palais.

— Faites ce que j'ai dit, reprit la comtesse.

Les esclaves se dirigèrent vers Gaétan ; leur chef faisait ployer le manche d'un knout.

Gaétan était resté indifférent et tranquille ne croyant pas que les ordres de la comtesse pussent le concerner. Quand il sentit les mains des esclaves le toucher, il tressaillit, et prenant à la gorge le premier d'entre eux, il le jeta sur les dalles li\idc et ensanglanté. Les autres s'écartèrent.

Gaétan se dirigea vers Olga; il était pâle, mais calme et fier.

— Vous vous êtes trompée, madame, lui dit-il. je ne suis ni cosaque, ni serf. Faites sortir vos esclav es.

/|2 l.i;S CHATEAUX KN ESPAGNE.

La voix et le geste de Gaétan imposèrent à la comtesse. Les serfs disparurent.

— Pardonnez-moi, lui dit-elle, j'ai été trop vive...

— Je ferai mieux, madame, je vous oublierai.

Olga tom])a sur un siège, vaincue par ce magniiiquc sang-froid. Quand elle entendit les pas de Gaétan sur le sable du jardin, une larme fdtra entre ses paupières: cependant la colère soulevait une tempête dans son cœur.

— Je m'y attendais, dit Léopold a Gaétan après avoii* écouté le récit de son aventure; aussi ma prévoyance m'avait-elle engagé à faire inscrire noire départ. Rien ne nous retenant plus à Saint-Pétersboui'g, partons vite. Je n'ai jamais cru à ton espérance. Les Russes sont comme certaines prairies du pays flamand : c'est un riant tapis d'iierbes fraîches et de vert gazon tout semé de fleurs: mais grattez la surface lustrée et \erdoyante, et vous trouvez une eau profonde et noire. Cette société est l)asséc au vernis de la France. On sent le sauvage sous l'homme.

— Tu en parles comme si tu le savais!

— Si je le savais, je n'en parlerais plus. Ne comprendstu pas qu'il y a des révélations qui coûtent la vie? La Russie est comme Lucrèce Borgia : quand elle se démasque, c'est pour tuer.

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