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Fig. 11. — La Forêt de Laye vers 1700, par N. de Fer.
LA FORÊT DE LAYE
d’ailleurs, de forêt Aequalina , Equilina ou Yvelina, et englobant les cantons forestiers actuels entre Saint-Germain et Rambouillet, portion d’une immense ceinture encerclant Lutèce à 1 Ouest et au Sud-Ouest, tandis que la forêt de Bière (ou de Fontainebleau) continuait au Sud cette zone, autrefois peuplée de bêtes sauvages, impénétrable aux armées romaines et protectrice du pays parisien.
Des défrichements partiels, souvent très étendus, ont fini par éclaircir certains cantons, au point de séparer le tout primitif en des groupements distincts : Lave, Cruye (auj. de Marly) et Yveline (1).
De temps presque immémorial, les grandes abbayes de la région parisienne: Saint-Germain-des-Prés, Saint-Denis (2), Saint-Magloire (3), etc., ont obtenu de la munificence de nos rois, des droits partiels sur des lambeaux de ces territoires.
Seule une exploitation raisonnée pouvait amorcer les trouées nécessaires au sein de ce labyrinthe. C est ici qu entrent en scène les serfs desdites grandes abbayes. Le domaine étant vaste, vierge, n’attendait que la hache du bûcheron: la mise en valeur n avait d autres limites que celles de la main-d’œuvre disponible, et cette main-d œuvre était rare. De telle sorte que la même région s’est trouvée morcelée (4) entre plusieurs propriétaires, et, du choc des intérêts opposés de chacun d’eux, lorsque les domaines venaient à se trop rapprocher en s’agrandissant, naquirent ces procès, compromis et cotes mal taillées, sources de nouvelles discussions dont les actes du moyen-âge nous rappellent les péripéties. Toutefois la forêt de Laye fait une heureuse exception: elle s’appartint jamais qu’à un seul usufruitier avant de passer entre les mains du roi.
Le surnom de Laye
I) où vient maintenant ce surnom de « Laye » traditionnellement accolé au vocable « Saint-Germain » ? Dire que Laye n’est que la francisation du mot « Laya », lequel apparaît pour la première fois dans un diplôme de Philippe Ier, en 1073 (5), et s’en tenir à cette explication, serait insuffisant. Que signifie ce mot « Laya » ? Il est parfaitement inutile d en chercher le sens dans un fatras étymologique spécieux,
(1) La forêt d ^ veline a vu, dans son sein, se créer d'autres coupes séparées : Les Essarls, Le l’erra y, Les Yvelines, Les Vindrins, Les Maréchaux, etc...
(2) Fondée en 029.
(3) Fondée en 980.
(4 I oui piendie un exemple : la forêt dite Yveline limitée à son aire actuelle représentée par les différents bois du groupement de Rambouillet était aux droits distincts des abbés de Saint- Germain-des-Prés, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Benoit-sur-Loire, Notre-Dame de Chartres, Monastère d’Argenteml, Saint-Pierre de Poitiers. CL Arch. Nat., K. 5, n° 9, et texte: Carton des Rois. n°62, ]>. 61, Chai te de Pépin le Bref (St-Denis, septembre 768. Pièce justif. XXX, dans Dom Félibien, Uist. <lc l’Abb. de Saint-Denis).
(o) Voir texte transcrit dans: J. Depoin, Prieuré de Saint-Germain, origines et carlulaire. Pièce I, d'après le Carlulaire manuscrit. Arch. Nat. T* 671, f° 75.
LA FORÊT DE LAYE
attendu que la suite des déformations orthographiques aboutissant à cette forme vocale démontre que ce terme ne signifie rien originairement. La vraie recherche intéressante doit avoir pour but d’élucider le sens du mot Lida , premier nom connu de notre forêt dès le début du IXe siècle (1).
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