III. — Le Chateau de la Renaissance, ou de François Ier
Commencé en 1540, inachevé à la mort du roi François, et terminé par son fils Henri II, il abrita la cour par intermittences, entre 1550 et 1660, et à demeure suivie de 1664 à 1680.
C’est cette maison de style hybride, féodale dans les basses-œuvres, Renaissance dans les hautes, que J. Androuet dessinait et gravait en 1576 :
Photograv. F. Bouché
Cliché L. Bichon
tic. G. — Elévation de la façade Nord du Vieux Château telle qu’elle fut construite par François Ier, 1540-1547.
(Gravée par J. Androuet du Cerceau en 1576).
INTRODUCTION
Nous couperons court, dès maintenant, aux on-dit colpoités a la légèie touchant les fêtes somptueuses données par le roi hrançois dans la fameuse « Salle de Bal. » Ces fêtes galantes eurent lieu dans le vieux château de famille de Charles Y, prédécesseur de celui de la Renaissance. A la mort du roi François Ier, survenue à Rambouillet le 1C1 avril 1547, la demeuie pxincière, dont il était venu souvent surveiller les travaux, n était pas achevée, et la Salle des Fêtes fut précisément la dernière terminée dans son gros œuvie nécessaiie. les terrasses couronnant les voûtes supérieures du bâtiment qui la contenait.
Par contre, toutes les réjouissances d’apparat offertes par Louis XIV a la foule de ses courtisans : bals, comédies, tragédies, etc., euient poui théâtie cette même salle.
A ce château de François Ier, devenu trop étroit pour loger la nuée des grands seigneurs dont le Roi Soleil aimait à s’entourer, J. Hardouin-Mansart imagina d’adjoindre cinq énormes pavillons d’angle : un a chacune des saillies offertes par le plan bizarre de la maison royale de Charles Y. Les élégantes tourelles de François Ier disparurent ; le donjon lui-même fut noyé dans l’un des nouveaux pavillons; toutes les lignes architectm aies piimitives s’en trouvèrent désharmonisées. C’est alors que se présenta dans toute sa laideur massive :
iy Le Chateau aux cinq pavillons, dit de Louis XIY, ou encore de
Hardouin-Mansart, construit de 1681 à 1685.
Il subsista dans son entier jusqu’en 1862. Puis, on se mit a la démolition, portions par portions, pour permettre la restauration, de proche en proche, sur le plan des second et troisième châteaux, de l’édifice si malencontreusement mutilé par J. H. Mausart.
Quant à l’emplacement occupé, nous avons donc une certitude que quatie châteaux ont été superposés l’un à l’autre, dans l’ordre des temps : 1121, 1861, 1540, 1681. Leur nom est suggestif : le vieux château.
On sait quel rôle historique ce bon vieux séjour de nos rois a joue dans nos annales depuis Saint Louis jusqu’à la mort de Louis XIY. Nous passerons en revue ces mille et un riens sans laisser dans l’ombre aucun fait impoitant de la vie officielle ou privée des princes qui font habité.
Nous ne pouvons davantage laisser oublier que, dans ces salles, occupées aujourd’hui par les vitrines du Musée des antiquités gallo-romaines, et parcourues par un public indifférent, se sont produits nombre de faits capitaux constituant une partie de l’histoire politique de notre pays.
Nous dirons impartialement de combien de ténébreuses, scandaleuses,
criminelles, grotesques ou lamentables combinaisons familiales ou diplomatiques, de combien de graves décisions les appartements ont été les témoins.