‹ Les Châteaux Royaux de Saint-Germain-en-Laye 1124-1789Chapitre 21 sur 69 · LE FISC DE MAISONS-SUR-SEINE · texte numérisé non relu

LE FISC DE MAISONS-SUR-SEINE

Que de\ ient la lorêt Lida dans les temps postérieurs à l’inventaire d’Irminon?

Elle disparaît des actes de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

Le document le plus proche porte la date du 20 avril 872 ; c’est une approbation laite par Charles le Chauve, à Saint-Denis, du partage des biens de l’abbaye, ordonné pai 1 abbé Gozlin (1). Cet acte, a peine postérieur d’une cinquantaine d’années au recensement d’Irminon, ne fait aucune allusion au domaine de Mansiones et de Lüla (2). Esl-ce donc que Mansiones et Lida avaient changé de propriétaire, ou que, dans un but ignoré, leur sort eut été réglé par un autre document ?

Il suffît, pour élucider ce point obscur, de se souvenir que les rois capétiens ayant piis « sous leur protection » les grandes abbayes du royaume, considérèrent bien \ite comme «une propriété personnelle a eux-mêmes » les biens qn’elles possédaient, soit en \eitn de chartes royales, soit a titre de donations par des tiers, et ils ne se firent pas faute d’en disposer sans retenue.

Hugues le Grand, dit Y Abbé, parce qu’il était abbé de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Denis et de Saint-Martin de tours, lut l’un des plus ardents protagonistes de cette façon de gérer les biens des abbayes: Palaiseau et Combs-la-Ville en surent appiéciei tout le charme. C est de ce Hugues que Félibien dit (3) : « Pour ce qui est du temporel (de 1 abbaye), Hugues l’ayant regardé non comme un bien appartenant a l’Eglise, mais comme son patrimoine, en disposa de même. »

Hugues était grand-père de Robert le Pieux. Ces biens étaient donc depuis longtemps « dans la famille » lorsque Robert héritier du trùqe et des pratiques paternelles continua la tradition si bien établie. Il pouvait, sans avoir à craindre de revendications, se croire légitime possesseur du domaine de Mansiones, et fonder, selon ses inclinations, un monastère sur les confins de la forêt de Lida (4) au-dessus du hameau du Pecq. C est ce qu il fit et nous rechercherons bientôt le mobile secret de sa conduite en cette circonstance.

La preuve certaine que la forêt n’appartient plus à l'abbaye de Saint-Germaindes-I lés se tire de la suite des actes par lesquels Robert et tous ses successeurs accoi dent a des tiers des droits partiels sur le bois et la pâture dans la forêt même, comme le pourrait laire un propriétaire n oyant de comptes à rendre qu’à soi-même.

Le premier de ces actes est émané, sans date précise, d’Henri Ier, fils de Robert. Le roi transporte à l’évêque de Paris ses droits sur le prieuré fondé par son père. La forêt y est appelée Ica (5), troisième forme orthographique de Lida. Ce transport devait être annulé quelques années plus tard, en 1060, par la rétrocession (6) béné-

Jtel

(1) Voir Carions des /lois, n° 208, pp. 133-134; et D. Bouillart, Abb. de Saint-Germain-des-Prés,

P. .1. XXII, p. XIX.

On n’y trouve, citée en Pincerais, que la Cella quae dicitur Villaris (La Celle-Saint-Cloud). thst. de l Abb. de Saint-Denis, p. 67, à l’année Ü56. — Géracd, dans Paris sous Philippe le . 400-406) donne une très juste appréciation de ces procédés royaux.

II c i.ga cd, y ila lloberh régis (Patr. lat. Migne, T. CXLI, col. 932), l’appelle Ledia.

Arck. Nat., K. 19, n° 8. Transcription dans Guérard, Cari, de N. /). de Paris, /, 273. Année incertaine entre 1031 et 1060. Voir Gallia Chris tiana VII, Instr. 31-32, pièce XXXVII.

(0) Pièce très importante, car, sans elle, on ne saurait comprendre toute la suite des compétitions élevées entre les évêques de Paris et de Chartres au sujet du prieuré. Cf. Dom Martène, ampl. ■collect. I, 417 ou Gallia Chrisliana VII, 49, in Imberto.

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