‹ Les Châteaux Royaux de Saint-Germain-en-Laye 1124-1789Chapitre 22 sur 69 · LE FISC DE M A I SON S-SUR-S E IN E · texte numérisé non relu

LE FISC DE M A I SON S-SUR-S E IN E

vole que l’évêque de Paris faisait aux moines de Coulombs, desservants du prieure, des droits qui leur avaient appartenu, et dont les revenus assuraient une partie de leur existence. La forêt y est appelée Lira. On voit que les déformations orthographiques se succèdent rapidement, et prouvent, par là même, que le sens primitif allait en s’oblitérant de plus en plus dans la mémoire des hommes.

Les chanoines de Poissy voient, la même année 1060 (1), leurs privilèges confirmés par Henri Ier. Ce sont : une église à Achères avec toutes ses dépendances et deux hôtes ; une autre église à Mansiones avec toutes ses dépendances; dans la forêt de Laye, la dîme des essarts, etc...

En 1061 et 1073 (2), c’est au tour de Philippe Ier, fils d’Henri, à se montrer aussi bon prince que ses prédécesseurs; il lui en coûtait si peu, en comparaison des risques moraux à courir pour son autorité s'il avait refusé. Le même raisonnement plausible porta sans doute Louis VI et Louis VII à se conformer à la tradition ancestrale, en signant, à leur moment propice, les diplômes de confirmation bien-

veillante de 1124-25 (3) et de 1143-44 (4). ... .

Au demeurant, les moines n’étaient pas seuls à être favorises. Louis ^ , eu

H 68-69 (5), accordait à un nommé Girard Ghotard la permission de prendre à titre héréditaire, en forêt de Laye, tout le résidu des branchages que les deux ânes de « Gazon (?) ne pourraient pas emporter! » On ne peut s’empêcher de sourire enlisant de tels enfantillages, indignes d’occuper un agent subalterne du dernier rang, taire l’objet d’une décision royale. Mais est-ce comme roi, ou comme particulier, que le

monarque intervenait dans ces sortes d’affaires ?

Nous ne nous étendrons pas davantage sur un sujet aussi peu captivant. n trouve, tout au long des siècles suivants, nombre de pièces ayant pour objcctil l’administration domaniale de la forêt: toutes affirment les droits réserves du roi (6). On peut donc avoir la conviction raisonnée que si Lida a changé de maître a un moment historique inconnu, le nouveau maître était Robert le Pieux, des avant 1 ù, et le silence des archives de Saint-Germain-des-Prés a trouvé son explication plausible dans la courte mais suffisante énumération qui vient d’être laite des actes établissant tacitement sa dépossession du domaine tout cntiei.

A dater de. Saint Louis la forêt n’est plus que le parc royal dépendant tu château royal déjà âgé de cent ans. Les temps sont changés ; l’évolution des mœurs est commencée et se poursuivra lentement. La vie au château en sera le reflet, et la vieille forêt de Lida-Laya participera largement de cet heureux voisinage.

Abordons maintenant l’historique du prieuré royal, premier indice d’un edihee élevé sur l’emplacement du futur village de Saint-Germain.

(1) Acte du 4 mai cité par Sœhnée, Actes de Henri Ie'', p. 12(Sn° 124v transcrit nar

(2) Paris, 21 mai 1073. Voir Carlul de Saint-Germain, Aacu. Nat., 1 6/1, f /5, transe p

Decoin. Le prieuré de Saint-Germain, pièce I, p. 13.

(3) Gallia Gliristiana Vil, instrumenta 324.

(4 B i 1)1 Nat., lat. 17048, f° 667. Texte incomplet dans G. Dcpoin, et à compléter par ace

de 1073, à partir du mot « molendinnm, etc. »

(5) Mention dans Lüchaike, Louis VU, pièce n° 538. .

(6) On en citera un certain nombre en temps opportun, dans les pages sim antes.

LE PRIEURÉ ROYAL

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