RÈGNE I)E PHILIPPE AUGUSTE
avec Mathilde (1), tille du comte, accord par lequel Renaud faisait don, à son gendre futur, de sa terre du pays de Caux, à l’exception de celles de Lillebonne et d’Alisay et de leurs dépendances, dont on estimerait la juste valeur en vue d’une opération de cession éventuelle. Renaud donnait encore le comté d’Aumale. Philippe constituait à sa future épouse un tiers de ses biens à titre de douaire (2). En 1211, les affaires se brouillaient entre les deux contractants à propos de certaines ententes secrètes entre Renaud d’une part, l’Angleterre et l’Empereur d’autre part; mais le mariage se lit néanmoins en 1216, l’année même où Louis VIII, frère aîné du marié, était couronné roi d’Angleterre.
En septembre 1218, Philippe Auguste prenait l’engagement de verser 10.000 L. p. après la mort de la reine Ingeburge (3), fille de Valdemar Ier, roi de Danemark, et pour le repos de son âme; le roi s’engageait à constituer en outre une rente de 100 L. p. sur ses prévôtés pour l’établissement de cinq chapelains. Comme la noble femme ne devait mourir que treize ans après son royal époux, en 1236, le roi laissa à d’autres le soin de tenir ses engagements.
Aucune allusion à cet acte ne transparaît dans le second testament que le roi signa quelques années plus tard, eu septembre 1222, à Saint-Germain également; mais, dans ce nouveau document, il est parlé de la « reine Ysauboz ou Ysembour», qui ne peut être que la seconde femme du roi, la même Ingeburge. Il la qualifie de Karissima uxor : « Nous donnons à notre très chière famé Ysembour, reine de France , X mille livres de parisis... etc. »
Ou peut encore citer deux autres pièces, dont l’une, datée de Saint-Germain, rappelle un grand nom de la contrée, et la seconde, de Paris, s’applique à une localité voisine, dont le rôle historique fut assez vivement mis en lumière. Ce sont :
1° En 1219, une reconnaissance du célèbre Mathieu de Montmorency, connétable de France, s’engageant à ne pas construire un manoir fortifié dans l’Ile de Saint- Denis, dont le roi lui a octroyé la propriété, et à en souffrir la destruction s’il arrivait qu’il « en élevât un ».
2° En 1221 (novembre), le roi approuvait une vente d’une grange par Hugues de Hanemont (Hennemont) â Barthélemy de Roye, grange située entre le bois des Essarts et la Montjoie, où Barthélemy se proposait d’établir des religieuses de l’ordre de « Prémontré». On reconnaît en cet acte le prélude certain de la fondation de l’abbaye de .Joyenval (4).
En résumé, un seul fait nouveau concernant le château fort : la création d’un service quotidien dans la chapelle du château, oratoire dont on ne sait rien de plus que sa dédicace à Notre-Dame (5).
(1) Mathilde ou Mahaud, de Darnmartin.
(2) Cf. L. Delisle, Actes, n° 1219.
(3) Répudiée aussitôt épousée en 1 193 ; elle cédait la place à Agnès de Méranic ; celle-ci répudiée à son tour en 1 199, Ingeburge reprit sa place aux côtés du roi.
(4) On a dit quelques mots précédemment. V. p. 20.
(5) Trois autres pièces signées par Philippe Auguste en faveur de son échanson Renaud, l’archer, seront citées plus loin en étudiant le règne de saint Louis, où elles interviendront plus utilement. — Pour les séjours du roi, dont la liste est trop longue pour être placée ici, v. Appendice VII.
CHATlîAl'X HOYAUX. — XI
LE CHATEAU DES CAPÉTIENS
§ iv
Louis VIII, le Lion
roi, le 14 Juillet 1223 — mort, le 8 Novembre 1226.
Louis VIII, né le 5 septembre 1187, succédait à son père à l’âge de 36 ans, pour n’en régner que trois. On ne peut espérer trouver quoi que ce soit d’important pendant un laps de temps aussi court.
Ce ne sont pas les actes qui l'ont défaut, mais Saint- Germain, que le roi visita à plusieurs reprises, n’eut pas l’heur d’être remarqué particulièrement : le roi l’eut-il voulu, qu’il ne l’aurait pu, c’est fort probable. Nul changement ne se lit à la résidence royale pendant ces trois années. Comment d’ailleurs le roi en eut-il pu entreprendre, an milieu de ces courses folles, en tous sens, d’un bout du royaume à l’autre, sinon au-delà même?
Néanmoins, si la mention Apud Sanction Germanum n’est pas un cliché vide de sens, il est certain que Louis VIII s’arrêta au château fort à plusieurs reprises et qu’il y signa vingt-six documents.
Tout au plus l’un d’eux a-t-il rapport à Joyenval : confirmation d’une vente faite par Dreu, et sa femme Jeanne, à l’abbaye de Joyenval, du four qu’ils possédaient à Poissy (1).
Parmi les autres actes signés à Saint-Germain, on peut ici faire mention de celui par lequel Louis VIII confirmait le douaire de Blanche de Castille, sa femme : Bapaume, Hesdin et Lens avec leurs dépendances (2).
Nous passerons légèrement sur les dons faits par le roi à ses familiers : Jean, son éclianson, et Nicolas de Champagne, son écuyer (3) : simples incidents dans la vie du roi au château. Pour les environs de Saint-Germain, deux autres pièces nous apprennent que Bouchard de Marly el son lils Robert de Poissy rendirent au roi le droit de chasser eu forêt de Cruye (Marly) cerfs, biches, sangliers, chèvres et daims (4).
Les séjours du roi s’établissent :
En 1124 : en février, en mars, en avril à deux reprises entre les 1-13 et 14-30. — Entre le 14 avril et le mois de juin; en juin, en septembre et en décembre.
En 1225 : en février, avril et juin.
En 1226 : du 19 au 30 avril (le 21 avril sûrement).
Louis VIII mourait le 8 novembre 1226.
(1) Cf. Petit-Dutaillis, Actes de Louis VIII, n° 130a, avril-juin 1224.
(2) Idem, n° 219, entre juillet 1224 et mars 1225.
(3) Idem, n° 236 et 236a.
(4) Deux actes signés à Paris en mai 1226. Arch. Nat., J 731, nos 45 et 46. — Cf. Analyse Trésor des Charles, II, nos 1780-1781.
RÈGNE DE LOUIS IX