‹ Les Châteaux Royaux de Saint-Germain-en-Laye 1124-1789Chapitre 32 sur 69 · ENTRE 1238 ET · texte numérisé non relu

ENTRE 1238 ET

a) Première période, 1238-1548.

Lorsque saint Louis eut vu terminer sa chapelle, il crut le moment venu de compléter son œuvre, son rêve, par la création d’un office de chapelain royal attaché à cet oratoire particulier, tandis que, comme on l’a vu (1), Philippe II, son grandpère, n’avait fait qu’instituer un service courant d’offices religieux dans le château.

C’est l’un des premiers souvenirs que l’on rencontre dans les comptes par la mention (2) expresse du paiement, en deux termes (Pâques et Toussaint), de la rente constitué à ce moment au chiffre de 14 1. p.

Ce paiement dut se faire régulièrement selon les conventions premières, puisque, beaucoup plus tard, en 1285, il est encore effectué, mais il paraît néanmoins réduit de moitié : 7 1. p. pvo loin (pour toute 1 année) (3).

Des comptes de 1239, 011 peut extraire encore quelques mentions :

Le 20 mai, paiement de 8 1. p. pour 8 chandeliers placés dans la chapelle : témoin du paiement, Adam de Meulan (4) ; au sous-chapelain de Saint-Germain, 20 sols, témoin : Pierre le Jeune (5). Il y en a beaucoup d’autres.

Nous apprenons par les chroniqueurs (6) que, eu cette année 1239, saint Louis était entré eu pourparlers avec Beaudoin II, empereur de Constantinople, pour le rachat de la Sainte Couronne d’Epines, que le dit Beaudoin, à court d’argent, avait engagée à des bailleurs de fonds d Italie. Les pourparleis ayant abouti, la îelique vénérée fut apportée en France.

Au surplus, laissons la plume à ces chroniqueurs, dont le style pittoresque exhale un parfum local qu’on 11e saurait remplacer a notre époque.

(2) V. Hcc. ( les hisl. de lu France, t. XXII, pp. 566 A et 624 C ; comptes de 1234 et 1239.

(3) Idem, p. 629 l5.

(4) Idem, p. 590 H.

(5) Idem, p. 603 C

(6) Félibien, Uisl. de l’abb. de Sainl-Denis, pp. 294-296. — Grandes chroniques de France, éd. Paulin Paius, IV, p. 258. — Guillaume le Nangis, à l'année 1239.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

On lit dans les Grandes Chroniques de France :

« Le roy envoya messages certains et sollempniex avec l’empereur de Constantinoble et fist aporter la saincte couronne en France. Quant il sent bien certainement qu’elle fu en son royaume, il ala encontre jusques à la cité de Sens (1), là la reçeut à moult grant joie et en grant dévocion, et la fist aporter jusques au bois de Vincienes de lès Paris. En l’an de grâce mil deux cens trente et neuf, le vendredi après l’Assumpcion Nostre Dame, le roi vint tout nus piés et desceint (2) en sa cote pure et ses trois frères Robert, Alphons et Charles, et aportèrent les sainctes reliques bonnourablementà grant compaignie de clergie et du peuple et des gens de religion, faisant grans mélodies de doux clians et piteux. Et puis vindrent à procession jusques à Nostre-Dame de Paris. A celle procession vindrent l’abbé de saint Denys et tout son couvent, revestus en cbappes de soye, tenant chacun un cierge ardent en sa main. Ainsi vindrent toutes les processions chantans de Nostre-Dame jusques au Palais le roy et entrèrent en la chapelle (3) ou la saincte couronne fu mise ».

On ne parlerait pas de cette affaire si Saint-Germain n’avait pas eu sa petite part d’intervention dans ces opérations délicates.

1° Lieu de rencontre. — Un article des comptes porte : « Quatre livres parisis pour « deux pannes de soie que le roi donna à l’église de Villeneuve-1’ Archevêque quand « la couronne y fut reçue » (4).

2° Cadeau au chapelain de Saint-Germain : «4 1. p. pour une étole brodée donnée à « la chapelle de Saint-Germain et pour une seconde étole, 70 sols (5) ».

Déjà en 1205, l’abbaye de Saint-Denis avait reçu quelques reliques (6). En 1241, saint Louis en recevait de nouvelles, des mains du même malheureux empereur Beaudoin, de Constantinople, et ce sont ces « livraisons » répétées qui suggérèrent au pieux roi la pensée de les conserver dans une châsse digne d’elles. La chapelle de Saint-Nicolas du palais fondée par Robert le Pieux (7) restaurée par Louis VII en 1194, ne pouvait prétendre à ce rang.

Ce furent là les vraies origines de la Sainte Chapelle de Paris (8).

De nouveau, dans le même ordre de faits, vient se placer le très fameux second voyage de Beaudoin, en France, et sa réception à Saint-Germain en juin 1247. Il y

(1) Ce doit être une erreur du chroniqueur. Les comptes confirment que c’est à Villeneuvef Archevêque qu’eut lieu la rencontre.

(2) Sans ceinture.

(3) Guill. de Nangis fait erreur en disant que la relique fut mise en la chapelle magnifique que le roi avait fait construire dans son palais. La Sainte Chapelle, dont il veut parler, n'a été construite qu'entre 1246 et 1248 et inaugurée le 25-26 avril 1248. Il s’agit donc ici de l'ancienne chapelle de Saint-Nicolas, à laquelle saint Louis a substitué la Sainte Chapelle neuf ans plus tard.

(4) Rec. hist. Gaule, idem, p. 609 C; l /. p% pro duobus panais sericis (/nos Dominas rex dédit Ecclesiæ de Villa Nova Archiepiscopi quando corona fuit ibi accepta ».

(5) Idem, 609 E, pro una slola broudala ad capellam Sancli- Germant. — Idem, pro alia slola : 70 sols.

(6) Grandes chroniques, Ed. Paulin Paris, IV, 133.

(7) Félibien. Hist. Ville de Paris, I, 297.

(8) V. Acte de fondation, janvier 1246 ( Cartons des Rois, 815).

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

signait même l’acte authentique par lequel il certifiait la provenance des reliques cédées à saint Louis le 14 septembre 1241 (1).

Y eut-il un certain appareil déployé à cette occasion? le mutisme des historiens doit plutôt nous faire croire que, si l’acte en question avait aux yeux de saint Louis une importance de premier ordre, la visite de Beaudoin à Saint-Germain n’a pas été marquée par des incidents dont le souvenir était digne de passer à la postérité. Libre à l’imagination de poétiser cette entrevue, et à la peinture d’en tirer un parti agréable, mais on ne peut que constater l’absence de renseignements et cela refroidit quelque peu l’enthousiasme.

L’année suivante, 1248, Louis IX partait pour la croisade. De 1248 à 1270, rien de saillant pour le sanctuaire, en dehors du mariage de Jean, fils du roi, avec Yolande, fille du comte de Nivernais. L’archevêque de Rouen, en tournée dans son diocèse, était à Saint-Germain ce jour-là (XIXe jour des Kalendes de février = 14 janvier 1266) (2). Sous Philippe III (1270-1285), rien à signaler.

Sons Philippe IV le Bel (1285-1314), on signalera, pour mémoire, au 1er juillet 1292, une information par Guillaume de Hangest (3), prévôt de Paris, pour le chapelain de la chapelle du roi à Saint-Germain: cette information révèle qu’il y a déjà, auprès du château et de l’église, un commencement d’agglomération villageoise (4). En 1313, une contestation fut jugée en présence de Benoist de Saint Gervais, auditeur au châtelet de Paris, entre Robert de Langreville et consorts et Symon, chapelain de la chapelle royale de Saint-Germain (5).

Pour peu importantes que soient ces indications, on y trouve la preuve des lacunes de l’érudition du célèbre abbé Lebeuf«rce sachant si avant Charles Y il y eut au château une chapelle royale ?? » Le seul document connu par Lebeuf est, en effet, daté du règne de Charles V. La chapelle de saint Louis est lettre close pour l’éminent historiographe du XVIIIe siècle !

Sous Louis X (1314-1316) aucune mention. Sous Philippe V (1316-1322) un acte accordant aux religieux d’Hennemont la qualité de chapelains royaux pour les chapelles de Poissy et Saint-Germain, avec autorisation de faire desservir ces chapelles par qui bon leur semblera en leur absence, ou à leur défaut (6). C’est un fait très grave (pie cette autorisation donnée à des religieux d’un prieuré voisin, et la conduite du roi Philippe V va à l’encontre des vues de saint Louis rejetant au contraire toute immixtion étrangère dans le service de la chapelle du château.

(1 Man. bibl. départ..- Aix, t. XVI., p. 532. Copie XVIe siècle, cote 1158, fü 53-54. Voir également Eélibien, Hisl. de ta Ville de Pans, I, 296.

(2) Rec. hist. Gaule, XXI, 591.

(3) On retrouve souvent ce nom de famille des Hangest jusque dans le siècle suivant, mais il s’applique à des gens au service de l’Angleterre.

(4) Mentionné par M. Stein, Inv. sommaire des Archives de Saint-Germain, aux Archiv. Nat., .1. 1035, n° 5.

(5) Cf. 0 lim, 111, p. 842, pièce XXI II .

(6) Cf. Renaud dans Bulletin Soc. Iiortic. de Saint-Germain, t. I, pp. 505-508. Excellente étude sur Hennemont.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

Sous Charles IV (1322-1328) aucun document à notre connaissance.

Sous Philippe VI (1328-1350) même pénurie de pièces à consulter. On sait déjà que c’est en 1346 que l’invasion anglaise ravagea la Normandie et s’avança jusqu’à Saint-Cloud, sans épargner Saint-Germain au passage.

La ville, le château, le prieuré furent incendiés ; la chapelle seule fut épargnée, grâce à son isolement (1), dit la tradition.

Aucun texte connu ne vient à l’appui de cette croyance. Néanmoins, deux motifs d’y ajouter foi interviennent en sa faveur: l’un, tout à l’honneur du roi d’Angleterre ; l’autre, simple fait historique enregistré à la date de 1367, sous Charles V. Nous allons les exposer, non, toutefois, sans avoir, pour ne pas rompre l’ordre chronologique de cette révision, payé à Jean II le Bon, successeur de Philippe II, et père de Charles V, un tribut d’indifférence, mérité par son inconscience : la chapelle du château n’intervient pas dans les écrits de ce règne déroutant.

Le premier motif de croire à la préservation de tout attentat contre la chapelle, par les gens d’Angleterre en 1346, se tire, par analogie, d’un fait de même nature notoirement connu et porté à l’actif du roi d’Angleterre, Edouard III. Lorsque les hordes pillardes d’Edouard, sous la conduite d’un traître, Geoffroy ou Godefroy de Harcourt, eurent mis à feu et à sang toute la Normandie, Edouard arriva à Poissy et se logea avec ses familiers dans la grande Abbaye de Poissy. Puis, avant de quitter l’ahbaye pour passer en Picardie, laissant Philippe VI, berné, se promener d’Antony à Saint-Denis et vice versa, Edouard fit dévaster rétablissement religieux sauf {'église de l’Abbaye, parce que l’édifice avait été construit ou réparé par saint Louis, dont il était second arrière-petit-fds par sa mère, Isabelle, fdle de Philippe IV le Bel :

Saint Louis (1226-1270)

Philippe III, le Hardi (1270-1285)

Philippe IV, le Bel (1285-1314)

Isabelle, ép. 1308, Edouard II d’Angleterre

Edouard III, né eu 1312, roi d’Angleterre en 1327.

Si la chapelle du château fut épargnée comme le rapporte la tradition orale, ce peut être grâce à la même pensée du roi Edouard : le sanctuaire royal de Saint-Germain étant également l’œuvre de saint Louis, et le roi Edouard étant légèrement enclin à des terreurs superstitieuses.

(1) Revoir nos plans hypothétiques, fig'. 36 et 37.

Louis X, Philippe V, Charles IV, 1314-1316 1316-1322 1322-1328

n’ont laissé que des filles.

La royauté a changé de branche en passant à Philippe VI, de Valois,

Le second motif en faveur de la tradition se lire de ce fait que Charles V, roi en 1364, signait à Saint-Germain le 9 septembre 1367 (1) l’acte du transfert à Saint-Germain du service tenu par les religieux d’Hennemont dans la chapelle du château de Poissy, alors menaçant ruine, et démoli sur l’ordre même de Charles V.

De 1364 à 1367, Charles V n’avait pas eu le temps de reconstruire le château de Saint-Germain, mis à mal par les incendiaires de 1346, et la chapelle ayant été préservée et conservée en bon état relatif, requérait des desservants que Charles V appela d’Hennemont (2) en transférant leur service, de Poissy â Saint-Germain.

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Fig. 4(5. — La chapelle masquée en partie par le chemin de ronde construit sous Charles V (v. lig. 45) et conservé par François Ier.

Etat des lieux de 1548 ci 1682.

La date de 1367 donnée communément comme celle de l’achèvement des travaux de reconstruction du château par Charles V, est une fausse interprétation de l’acte sus relaté concernant la chapelle. On sait que Charles V lit réédifier le château, mais on ignore absolument à quelle époque de son règne. Les seuls documents qui contiennent une allusion â des travaux entrepris par le roi Charles sont de la fin de son règne et n’ont aucune fixité quant à l’objet lui-même.

(1) Cf. Mandements de Charles V, éd. par L. Delisle, n° 467. V. le texte à nos p. j. — Lebei r dit faussement que l’acte est de 1384. (Cf. T. Vil, p. 226).

(2) Les religieux d’Hennemont étaient depuis Louis X chapelains royaux de Saint-Germain. On l’a vu précédemment, p. 96.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

Un travail est reconnu comme certain: le chemin de ronde entourant la chapelle et la protégeant des attaques du dehors.

Cette singulière défense est la première atteinte malheureuse portée à l’intégrité de l’œuvre de saint Louis. François Ier n’a rien changé à cette disposition architecturale ; on ne sait trop pourquoi en vérité, puisque de son temps la nécessité d’un tel appareil de protection ne s’imposait guère, et qui, tel qu’il était conçu, ne pouvait être qu’inefficace. La chapelle ne recevait plus alors la lumière du jour que par le haut des baies, ainsi qu’on peut le voir sur la gravure d’Israël Silvestre (v.fig.46).

Charles V, pieux et éclairé comme saint Louis, savant même pour son époque, n’a pas dû attendre longtemps pour rétablir le service de sa chapelle, et, de fait quand il signait l’acte que nous avons rappelé, trois ans à peine s’étaient écoulés depuis son accession au trône.

Ici peut se placer le portrait du digne monarque recevant des mains de son fidèle Jean de Vaudetar un exemplaire manuscrit de la Bible (1).

Jehan de Vaudetar a occupé une grande situation auprès du monarque. La première fois que son nom apparaît dans les actes de Charles V, c’est à la date du 29 mai 1371 (2), et pour un don reçu du roi le 25 janvier précédent consistant en « trois pièces de baudequins d’or empériaulx en champ blanc pour offrir à saint Pol à la Messe le jour de la teste. » Il est qualifié « notre aimé valet de chambre Jehan de Vaudestar. » Fils de Guillaume de Vaudetar pourvu de l'office de la crierie en la Ville de Paris, il avait été honoré de cette charge au décès de son père (3). Envoyé en 1377 à Hareffeu (Harfleur) « touchant le fait de l’armée de mer, avec indemnité de cinq francs d’or par jour, alant, demourant et retournant (4)»; en août, nouveau voyage à Rouen (5) et de rechef à Harefleu en septembre (6) : ces différentes commissions témoignent de l’intérêt et de la confiance que lui portait Charles V. Bien plus, le roi, par un acte du 10 septembre 1380, le nommait au nombre de ses exécuteurs testamentaires (7).

On retrouve en effet Jehan de Vaudetar (8) assistant à l’inventaire du mobilier du roi, dressé en plusieurs vacations du vivant même de Charles V.

L’inventaire des objets trouvés au château de Saint-Germain est rédigé de telle sorte qu’il n’y a pas lieu à hésiter sur leur véritable destination. Il fut très long et

(1) La beauté de la miniature perd quelque peu à la reproduction photographique, mais les physionomies sont tellement expressives que le document acquiert une grande valeur historique. Charles V affectionnait Saint-Germain tout autant que Vincennes (V- page suivante).

(2) Ct. L. Deusle, Mandements, n° 779.

(3) Idem, n° 926, octobre 1372.

(4) Idem, n° 1411; 24 juillet 1377. Son nom est orthographié « Valdetar ».

(5) Idem, n° 1437.

(6) Idem, n° 1445.

(7) Idem, n° 1956.

(8) Un Guillaume de Vaudétar, conseiller lai sur la résignation de son père, Pierre de Vaudetar, en 1521, 14 juin (V. Arcli. Nat., X! l 1523, folio 232), est peut-être un descendant de Jehan de Vaudétar.

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

Fig. 47. — Le roi Charles V et son fidèle Jehan de Vaudetar dans l'intimité. (Reproduction d'une miniature placée en tête d’un manuscrit de la lîible, publiée par J. Labarte. « Inventaire du mobilier de Charles V »).

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

très minutieux, vu le nombre considérable des bijoux et joyaux composant la réserve royale (1).

Pour Saint-Germain, ce fut le 12 juillet 1379 que les opérations furent entamées et consignées sous trois chefs :

1° Joyaulx et autres choses en l’estude du Roy (2) ;

2° En la chappelle auprès l’estude du Roy. Ce ne peut être qu’un oratoire privé dans les appartements du monarque, étant donné le libellé de l’article suivant ;

3° En la grant chappelle basse. Il ne semble pas qu’il puisse être question d’autre chose que de la chapelle de saint Louis.

Voici le détail des objets inventoriés en ce lien :

Un calice d’argent doré, émaillé, poids 2 marcs, once et 1/2 ;

Une paire « de bacins d’argent, vérez, tailliez sur les hors » (au fond une rose, au milieu un émail de France), poids cinq marcs, cinq onces ;

Une portepaix d’argent doré, esmaillée, poids G onces 1/2;

Deux chandeliers d’argent, vérez, pommeau à 6 émaux, tout pesant cinq marcs, deux onces ;

Deux petites burettes d’argent véré, un émail rond des armes de France sur le couvercle, pesant six onces ;

Une « boiste d’yvire » (boîte d’ivoire) à mettre pain à chanter (hosties) garnie d’argent blanc;

Une « chappelle cothidiane » telle comme cc celle de dessus et d’autant de pièces et de tel camocas ». — Il faut entendre par là les habits sacerdotaux au complet pour célébrer l 'office quotidien; « comme dessus » c’est-à-dire comme celle que l’on a inventoriée en la petite chapelle t( emprès l’estude du l\oy » ci: psautier, dossier, chasuble aube parée, amict, étoile et fanon ; le tout de camocas sur champ bleu à œuvres torses de plusieurs soieries. »

Un tableau peint à demi-images, et au milieu une Pitié ;

Un (( gratis orgues et un petiz, pour jouer ».

Voilà un détail de valeur : y avait-il un grand orgue de nef — lions ne disons pas de tribune, car la tribune ne fut établie que sous Henri II, — et un petit orgue de chœur ?

Deux paires de corporalier de drap d’or.

Tel était le mobilier de la chapelle en 1377. A Saint-Pol, ce mobilier était à peu de chose près de même importance et même valeur. La chapelle du Louvre était infiniment pins riche.

Une autre vacation eut lien à Saint-Germain le 19 avril 1380, mais il n’était plus question que du « linge » du service courant. Inutile d’insister.

(1) On reproduit plus loin la miniature placée en tête du volume contenant cet inventaire ; on le verra alors en costume d’apparat. L’inscription des banderolles sur fond or n’est pas venue à la photographie, non plus que le fond bleu noir surchargé de fleurs de lys. Actuellement, on fait connaissance avec Charles V, homme privé, simplement accoutré.

(2) Cf. Labarte, Inventaire, p. 226-234.

LE CHATEAU DES CAPETIENS

Avec Charles VI (1380-1422), le château va, pour la seconde fois, subir les injures du temps et des hommes. Charles VI deviendra fou et le château abritera le monarque dès le début des atteintes de la terrible calamité. Un jour viendra où, après avoir caché aux regards de la foule les lantaisies scandaleuses d Isaheau de Bavière, la maison abritera les Anglais installés en maîtres. Que deviendra le sanctuaire de saint Louis pendant ce temps? Nul ne peut le dire, et l’on a hâte de passer d’un coup d’aile au-dessus des règnes, nuis pour nous, de Charles VII, de Louis XI et de Charles VIII (1422-1461-1483-1498) pour arriver â celui de Louis XII (1498-1515), où nous retrouvons enfin une trace, très tardive, de l’existence du bijou ogival.

Il s’agit alors du mariage de Claude de France, fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne (1) avec le duc d’Orléans et comte d’Angoulême: le futur François Ier. La cérémonie eut lieu dans le sanctuaire du château, le 18 mai 1514. Le 1er janvier suivant (1515) Louis XII mourait (2), et François d’Angonlême montait sur le trône.

Des cérémonies du mariage de François Ier, du Bellay ne dit rien: il le signale a la date et fait quelques courtes réflexions sur l’opposition d’Anne de Bretagne qui, vivante, n’eut jamais consentie à cette union (3). Louise de Savoie, mère de François, mentionne simplement la date de cette union et s’occupe des bobos de son cher fils. C’est aux mémoires de Fleurange que l’on aura recours pour connaître quelque chose du faste développé en cette circonstance. Récit court et sans incidence :

François d’Angoulême était au château d’Ainboise avec sa mère et « incontinent « partit du château d’Amhoise, bien accompagné, et vint â Saint-Germain-en-Laye « qui est un fort beau château â cinq lieues de Paris, beau parc et belle chasse. Et « Luy arrivé au bout de quatre jours après, l’eurent faictes les nopces les plus belles « que vis jamais, car il y avait dix mille hommes habillés aussi richement que le « Boy ou que Monsieur d’Angoulesme qui estait le marié; et pour l’amour de la feue <( Royne (4), tout le monde estant en deuil et ne feust pas changé d’homme et de « femme pour le dict mariage (5) ».

La langue française a fait d’heureux progrès depuis 1515.

On verra plus loin que de 1515 â 1539, le vieux château des Valois, dit de Charles V, ne suhit aucune modification : la chapelle resta donc dans le même état où on l’avait laissé végéter depuis Charles V. Il ne paraît pas que l’on en eut grand soin, si nous en jugeons par l’absence de travaux de restauration sous François Ier, alors qu’en même temps on réédifiait le château lui-même. C’est en 1548, sous Henri II,

(1) Elle était morte le 9 janvier 1514 : 4 mois 9 jours avant le mariage de Claude.

(2) Non sans avoir eu la sottise d'épouser, à Abbeville, le 9 octobre 1514, Marie, sœur d Henri N lit, roi d’Angleterre! V. Journal de Louise fie Savoie. (Coll. Micmac» et Poujoulat, T. V).

(3) On verra que Louis XII, au contraire, y tenait très fort dès 1505.

(4) Anne de Bretagne, mère de Claude de France, femme de Louis XII, décédée en janvier 1514.

(5) Cf. eliap. 42 des Mém. de Fleurange dans Coll. Michaud et Poujoulat, T. V. p. 43. Dix mille hommes, sans compter les femmes, le chiffre esl peut-être un peu forcé?...

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

que Ton y touchera (1). Pendant les 23 ans de statu quo, la chapelle fut témoin de cérémonies certainement plus nombreuses que celles que nous connaissons. Ce sont d’abord les baptêmes des quatre derniers enfants (2) de François Ier et de Claude de France, enfants nés au château et baptisés dans la chapelle ogivale.

Le 25 juillet 1519, Henri second bis du roi, — le futur Henri II, — né le 31 mars 1519 et tenu sur les fonts par Henri VIII d’Angleterre. Henri VIII fut-il présent à la cérémonie, ou fut-il représenté par légat? Il était reçu à Ardres et à Boulogne au milieu de fêtes mémorables, en juin 1519 (3).

Le ...? ... 1520, Madeleine, 3e bile du Roi, née au château le 10 avril.

Le ...? ... 1522, Charles, 3e fils du Roi, né le 22 janvier.

Le 21 juin 1523, Marguerite, 4e bile du Roi, née le 5 juin.

Le mercredi 2b décembre 1526, Marguerite de Valois, veuve du duc d’Alençon, mort a Lyon, sœur du roi François Ier, était fiancée, à Saint-Germain, avec Henri II d’Albret, roi de Navarre, et le mariage avait lieu le 30 janvier 1527 (n. s.) (4) dans la chapelle du château vieux, et « après, furent faites jouxtes et tournois et gros triomphe par l'espace de huicl jougs ou environ, au dit lieu de Suint-Germain (5)». François Ier ratifiait de suite ce mariage (6).

Leur fille, Jeanne naissait au château le 16 novembre 1528, à cinq heures du soir (7).

Au commencement de l’année 1528, la chapelle avait été témoin d’un autre mariage princier, celui de Renée de France (8), sœur puinée de la feue reine Claude et belle-sœur du roi François Ier, avec Hercule d’Fste, duc de Ferrare.

I rois ans plus tard, en 1531, François Ier fondait sa chapelle de plain-chant , c’esla-dire sa maîtrise de chant religieux, qu’il ne faut pas confondre avec sa chapelle de musique (profane) sorte d’orchestre (?) de la cour: double fondation intéressante nous révélant 1 un des côtés du dilettantisme si ardent et souvent si éclairé du monarque. Ce serait une erreur de voir dans cette chapelle de plain-chant une sorte de maîtrise conlinée dans le répertoire purement liturgique du plain-chant, comme son nom 1 indiquerait à première vue; au contraire, c’était une maîtrise exécutant un répertoire plus étendu de musique liturgique et de musique moderne (pour l'époque) celui

(1) Dans le devis établi en 1544 pour l’achèvement des travaux laissés en cours par la mort de Pierre Chambiges, on ne trouve la désignation de la Vieille chapelle que sons la forme d’une indication topographique, rien de plus.

(2) Les trois premiers: Louise, Charlotte et François sont nés à Paris ou à Amboise.

(3) Le 8 septembre 1520, à Saint-Germain, on allouait au trésorier de l’épargne 30334 L. 10 S.5d. pour les déboursés faits à cette occasion (Arch. Nat., KIv. 04, f° 100 v°).

(4) C est par erreur que Nie. de Bordenave dit 1528. ( Uisl . de Béarn et Navarre, éd. P. Raymond, Soc. hist. de France, p. 31).

(5) Journal d’un bourgeois de Paris (Ed. Lud. Lalanne, Soc. hist. de France, p. 312). Ce fut la mère du roi Henri II, en 1553.

(6) Arch. Nat., J. 934, n() 14.

(7) Elle épousa Antoine de Bourbon en 1548 et fut ainsi la mère du roi Henri IV, né le 13 décembre 1553.

(8) Morte à Blois le 26 juillet 1524.

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

des écoles du Nord de la France, naissantes alors et bientôt illustrées par les Goudimel, les Roland de Lassus et consorts, prédécesseurs immédiats et véritables tondateurs de l 'école dite Palestrinienne du chant d’église.

La chapelle de plain-chant coûtait au Roi 535 L. t. par trimestre (1); la chapelle de musique, beaucoup plus importante, en absorbait 2395 L. t. dans le même temps. Jean Sapin ou Jean Laguette, trésoriers, étaient commis aux paiements de cette section des menus plaisirs de l’hôtel du Roi. L’organiste avait nom Antoine Delahaye. François Ier lui témoigna, à plusieurs reprises, sa considération particulière par des dons en sus de ses appointements réglés à 100 L. t. par semestre (2): situation modeste. 11 lui fera payer en 1538, 49 L. 10 d. pour « remboursement cl'une épinelte neuve et le raccommodement d’une vieille (3) ». Delahaye tombe malade en 1541. Le Roi, à Cluny, lui ordonnance un don de 112 L. 10 s. t. « pour l’aider à supporter ses frais de maladie (4). » Ces petits reçus nous sont précieux pour entrevoir quelques minutes de la vie privée du Roi, consacrée à des humbles quand il le fallait.

Entre 1541 et 1548, c’est la période de la reconstruction totale du château luimême; François Ier lorsqu’il vint au château (5), souvent, voir l’état d’avancement des travaux, ne logeait qu’en « propriétaire » dans le vieux donjon non touché par l’entreprise nouvelle.

Si nous ne nous trompons pas dans nos déductions, nous avons tout lieu de croire que les aménagements, réfections et augmentations intérieures de chapelle la vieille chapelle comme disent alors les entrepreneurs Guillain etLangeois — -avaient été réservés comme un travail en dehors du gros œuvre du château même.

Tout d’abord, aucun « devis » connu (G) n’a pour objectif la chapelle, et ensuite, aussitôt que les travaux terminés au château furent reçus, nous voyons par les comptes que les entrepreneurs de maçonnerie prirent possession du sanctuaire dès le mois d’avril 1548 — -juste un an après la mort de François Ier.

Deuxième Période (1548-1620)

Les travaux entrepris sous Henri II ont été très importants. Ce lurent les suivants :

1 ° Exhaussement de trois pieds de haut du sol de la chapelle : travail malencontreux s’il en fut, détruisant les proportions architecturales originelles. Le libellé des

(1) V. premier paiement pour le 1er trimestre de 1531 (n. s.) Cal. Actes de François Ie-' , n° 27579.

(2) Idem, 29447-30999.

(3) Idem, 30226.

(4) Ée 5 septembre 1541. Idem, 12105.

(5) Le témoignage de .1. Androuet du Cerceau est formel : le roi fut presque l’architecte du nouveau château!! enthousiasme mis à part, il reste la fréquence des visites.

(6) Un fragment d’un seul de ces projets existe à la vérité : celui de la construction de la tribune en bois sculpté, au fond de la chapelle devant la Rose. Mais il appartient au règne d Henri II.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

comptes est trop explicite pour ne pas être cité intégralement: pour avoir remply de terre le fous de la dicte rappelle au dessus de l'aire ancienne, pour le haulcement de la dicte aire et pour la mectre à la haulteur ou elle est de présent, qui est de trois pieds ou environ de haulteur plus que la dicte aire ancienne, 60 L. ».

Img. 48. — Intérieur de la chapelle entre 1830-1848 à l’époque du pénitencier installé au château par Louis Philippe Ier.

(Nota : Les dimensions de l’édifice sont exagérées en tous sens : le dessin ne vaut que par les souvenirs historiques qu'il est le seul à rappeler, à notre connaissance du moins).

CHATEAl'X ROYAUX .

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

Il est donc bien certain que l’attribution, à Louis XIII, de ce méfait artistique, n’est pas recevable (1). Après un tel exploit, Henri II, que l’on aurait cru mieux doué de sens critique, n’avait plus à ménager l’immeuble et un revêtement de pierre masqua complètement toute la minuscule colonnade du pourtour (2). Ce revêtement dont on va retrouver dans un instant le memento, dans l’un des articles des travaux de peinture, et la représentation, dans la gravure donnée ci-contre (fig. 48), était appelée à supporter la construction de :

2° Deux travées de grandes corniches de pierre de taille de Saint-Leu, f aides à V opposite l’une de l’autre dedans la chappelle du dict chasteau, lesquelles grandes corniches servent de chemyn pour les petites galleries et allées : 400 L. (3).

On reconnaît aisément dans ces détails précis les deux balcons a balustrades en pierre régnant autrefois à la hauteur de l’entresol du château (4), au pourtour de la nef comme on peut le voir sur la gravure (v. fig. 48), représentant l’intérieur de la chapelle, lorsque le château servait de pénitencier sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848).

Une courte visite au monument persuadera instantanément l’étranger que ces balcons devaient resserrer singulièrement le vaisseau au détriment des lignes architecturales. Mais à l’époque d’Henri II, comme de nos jours, la facilité apportée a l’accomplissement d’un devoir, même simple, imposait les plus fâcheuses hérésies artistiques. Messieurs et Mesdames de la Cour voulaient aller de plain-pied, et à couvert, de leurs appartements à la chapelle : deux portes ménagées dans les baies du chœur, et deux balcons suspendus au flanc de l’édifice étaient tout indiqués ; on les fit.

3° Condamnation de la porte du haut delà grande viz (dans l’angle de la chapelle et (la bâtiment Ouest sur la cour) : travail fait entre avril et décembre 1548(5) coût, 60 sols.

4° Trous dans les piliers de pierre de la chapelle pour mettre les barres de bois à tendre les tapisseries; même date (6) coût, 7 L. 10 sols.

A partir du mois de décembre 1548 :

5° Maçonnerie et pavé de carreau au bout de la chapelle sous le pupitre. Coût, 18 L. 6 sols. Par pupitre, il faut entendre la tribune élevée sur piliers, au fond de la chapelle, devant la Rose par conséquent, et dont l’article suivant nous entretient.

6° Construction du pupitre, au fond de la chapelle, élevé sur 6 colonnes, en bois ouvré, d'ordre de corinthe, avec balustrade sculptée à jour, feuillages et écussons aux armes de France, etc. (7), exécuté par Francisque Seibec, dit de Carpy, menuisier ordinaire du

(1 Lacombe. Le Château de Saint-Germain, p. 27, dit que c’est au déplaisir que Louis Xlll éprouvait à la vue du sol en contre-bas de la cour que l’ordre de remblai fut donné.

(2) V. lig. 42, p. 88.

(3) De Laborde, Compte des bâtiments, II, 300.

(4) Autrefois appelé « étage de la galerie blanche ».

(5) De Laborde, 11, 300.

(6) De Laborde, idem, p. 302.

(7) Y. De Laborde, II, 317, le devis incomplet de ce travail de menuiserie, style inénarrable et souvent incompréhensible.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

Roy ; Philibert de Lorme était l’ordonnateur du travail et peut-être l’architecte de cette œuvre d art. Le plancher du pupitre était parqueté, tandis que celui de la chapelle était carrelé et recouvert de nattes. Le dessous du même pupitre était lambrissé a caissons en bois \eini a filets d or. On accédait sur cette tribune (de musique) par l’escalier de la grande vis se trouvant dans l’angle de la cour en cet endroit. De cette vis on descendait sur le plancher par deux marches de pierre.

Au-dessous du pupitre dans l’angle de gauche en regardant la rosace, une petite porte (1) avait été percée donnant accès dans la « petite vis » ainsi qu’en témoigne l’article suivant :

7° Maçonnerie et scellement de deux gonds et une gâche de l'huis de la petite vis dedans la chapelle sous le pupitre; et, une huisserie percée pour entrer de la grande vis près la salle du bal sun ledit pupitre et deux marches de liais pour descendre de ladite huisserie sur le pupitre (2).

8° Etablissement d'une cloison en menuiserie ouvragée avec porte centrale à deux vantaux encadrée de deux colonnes demirondes, entre le chœur et la nef ; cloison haute de 0 à 10 pieds.

Ce travail fut lait par le même Francisque Seihec.

On peut juger par ces diverses améliorations!! si le monument ogival conservait son caractère primitif. Et ce n’est pas tout.

9° Etablissement d'une cloison (derrière l’autel) destinée à recevoir une grande croix avec crucifix au pied de laquelle deux piédestaux portaient l’un « Notre Dame », l'autre " Saint Jehan ». Travail certifié par le paiement, en février 1548, à Mathurin Bon, serrurier, de :

« 2 grosses pattes de fer de 15 pouces de long qui servent à tenir la cloison de la cha- « pelle, avec 4 grands clous qui servent à tenir le crucifix en la croix qui est sur ladite cloi- « son : 45 sols.

« 8 équerres de fer et 1 verge de fer de 20 pouces de long qui servent à entretenir « (retenir) la croix du crucifix... lesdites équerres servent à tenir les « pieds d’estratz » où « sont Notre Daine et Saint Jehan : 45 sols (3) ».

( 1 2 3) Elle a été rétablie de nos jours telle qu’elle existait à cette époque.

(2) Cf. De Laborde, 11, 303.

(3) De Laboure, II, 314 et 315.

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Fig. 49. — Disposition de la chapelle remise en état par Henri II, en 1548-1550.

(D'après un plan anonyme, Arch.Nai. 0 l 1721, lsse 1).

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

10° Consolidation des panneaux vitrés de la chapelle. Paiement fait a Anlhoine Mousseau (1), serrurier, pour fourniture et pose de « 87 grosses veiges de lei cane scivant à retenir les vitres de la chapelle (2), coût 28 1. 10 s. ».

11° Travaux de verrerie faits par Jean de la Humée.

Nous avons déjà parlé longuement (8) de ces détails en traitant de la « îosateverrière ».

12° Fournitures de nattes par Jehan Donart, de Paris, pour couvrir tout le sol de la nef depuis la cloison de séparation du chœur (v. § 8°) jusqu'au mur du fond sous ce pupitre (tribune de l’orgue devant la rosace) (4).

13° Travaux de peinture « en ton pierre avec tous les joints tirés en noir pour simuler des joints rectilignes » faits par Julien Poyvret et 1 bornas Pariellye.

Un travail de même nature avait déjà été lait du vivant de françois I1 2 3 4' en 1547 (janvier et février) par Philippe Poireau et Antlioine hélix, de Paris.

Mais, là encore dans les détails du travail fait à deux reprises, nous acquérons une double certitude. La première est que, en janvier-février 1547 l’architecture de saint Louis existait encore, puisque la remise en peinture neuve faite par Poireau et Félix susnommés s’applique aux « meneaulx, traversins, remplaiges, talucz, piedzdroictz et voulsures des formes de la chapelle », toutes choses clairement visibles dans l’œuvre originale du XIIIe siècle, tandis que la seconde certitude est fournie parle libellé du second travail lait par Poyvret et Parrellye et s applique aux « mm s, piliers et voûtes » sans aucune explication. La conclusion est que le bijou ogival a subsisté dans son intégrité de 1238 à 1547 et que la transformation maladroite, antiartistique, lu I opérée par Henri 1 1 en 1 548 et ne pri l lin qu avec la dei nièi e î esta u i a tion de MM. Millet, Laffolye et Daumet (1862-1906).

Le fait historique est assez important pour justifier notre insistance à l’exposer en détail.

Ce n’est pas exagérer (pie dire de nos rois qu’ils furent les vrais vandales profanateurs de l’œuvre de saint Louis. Les Anglais envahisseurs l’avaient respectée cette œuvre, mus en cela par un sentiment honnête que Ion ne saurait tiop louei. Cei tains chroniqueurs ont attribué ce respect à une contrainte superstitieuse leur faisant redouter des châtiments célestes. Il est possible que la soldatesque ait été retenue par ce mobile assez commun au moyen âge ; de nos jours encore « la peur du gendarme est le commencement de la sagesse » dit le proverbe, mais au-dessus de ces pauvres gens, à demi barbares, il y avait les chefs, et, dominant ceux-ci, le roi d’Angleterre dont le sentiment est connu pour avoir été respectueux de la fondation de son aïeul maternel. Il subit.

La chapelle, ainsi aménagée, car on ne peut employer le terme « restaurée », et

(1) Alias, M orisseau .

(2) De Laborde, II, 309.

(4) Cf. De Laborde, D, 323.

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

la cour revenant au château dès 1549, les cérémonies vont reprendre leur courant interrompu depuis longtemps. Mais ce ne sera qu’un feu de paille bientôt éteint.

On a parlé, dans certains ouvrages, du baptême, à Saint-Germain, de Monseigneur le Dauphin, François d’Orléans, lils aîné d’Henri II, né à Fontainebleau le 19 janvier 1544. Rien n’est moins établi. Il s’agit de Louis, duc d’Orléans, second fils (et 4e enfant) d’Henri II et de Catherine de Médicis, né au vieux château le 3 février 1549 (n. s.) et baptisé, dans la chapelle, le 19 mai suivant (1).

La cérémonie baptismale fut d’une grande splendeur. Le compte-rendu de cette fête, intitulé: L’ordre et le triomphe du baptême de Louis, duc d’Orléans, faict à Saint-Germain-en-Laye, le 19 may 1549 (2), nous initie au faste déployé. Nous n’en résumons que la quintessence :

Le dimanche 19e jour de mai, le roi étant â Saint-Germain-en-Laye, accompagné des princes de son sang, pour solenniser le baptême de Monseigneur Louis, duc d’Orléans « fist un festin royal en la salle (3) dudit chasteau de Saint-Germain laquelle estoil tapissée et enrichie comme s'ensuit : ... toute tapissée de riche tapisserie, faite de fil d’or, d’argent et de soie, ornée par haut de feuillage de lierre et de buis, semée d’écussons aux armes de France, de la Reine de Portugal, d’Ecosse et de Ferrure... Et environ V heure de 5 h. du soir (4) le rog partit de sa chambre accompagné de Dom Constantin, premier ambassadeur et parrain, délégué par Domp. Jean, roi de Portugal... etc... (suit le cortège)... et à main dextre du Roi, Madame Marguerite, la reyne d’Escosse (5), Madame la duchesse d'Aumalle, et ledit délégué de Portugal, à main senestre ; et l'autre côté, Messeigneurs les Révérendissimes cardinaux de Bourbon, de Vendôme, de Guise, de Chdtillon et autres grands seigneurs. » Il y eut bal ensuite pendant deux heures.

Ce baptême nécessita un grand appareil de constructions temporaires dans la cour intérieure du château vieux (fi). Les comptes de 1548-1550 en donnent quelques détails très précis :

... par Guillaume Guillaiu, maistre des œuvres de maçonnerye de l’hostel de la ville de Paris, et Jehan Langeois, maistre maçon,...

... pour avoir /aie/, sur les corniches basses des pilliers et autres du pourtour de la court du dict château, cent dix huict petit z empattements de piastre, pour servir à chandelliers à meelre les flambeaulx au baptesme de Monseigneur d'Orléans, el scellé douze pattes de fer pour tenir les cielz qui ont esté mis tant devant l’entrée de la dicte chapelle que contre la vit, au-dessus du perron entre lu salle du Rog el la salle de la Rogne aux deux boutz du dict perron, joignant la dicte viz pour faire ouverture de toutes les largeurs des dictes croisées, pour

(1) L’enfant mourut en novembre l’année suivante, 1550, au vieux château et son corps porté à Saint-Denis.

(2) Bibl. nat. ms. anc. f. p. 4324, f° 14.

(3) Sans doute la salle de bal terminée récemment.

(4) C’était l’heure protocolaire. Louis XIII et ses deux sœurs l’ont été aussi à 5 h., à Fontainebleau, en 1606; Louis XIV, le Grand Dauphin l’ont été également à cette heure-là, à Saint-Germain.

(5) Marie Stuart, enfant.

(6) Le baptême du Grand Dauphin en 1668 se fera encore dans la même cour aménagée d’une façon grandiose. (V. plus loin).

parler baptizer mondict seigneur d'Orléans et passer par dedans la dicte salle du Roy, le tout prisé ensemble, la somme de VII L.

D’autres menus travaux furent faits un peu partout dans le château à cette occasion (1), mais d’après ce qui vient d’être cité, il est aisé de se représenter mentalement l’état de la cour ainsi transformée, et deux gravures, données plus loin, nous y aideront puissamment (v. fig. 59 et 60).

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Fig. 50. — La cuu r du château vieux sous Henri III, par J. Androuet du Cerceau, 1576 (2). (Elle n’avait pas changé d'aspect depuis 1547, date de la construction).

On avait démoli les appuis des croisées de chaque côté de la « grande vis du Roi » (tourelle ronde de l’angle gauche sur le dessin de Du Cerceau), afin de permettre les allées et venues du monde officiel en grand costume d’apparat. Au-dessus de cette partie de la cour un grand vélum formant « ciel » protégeait en l’encadrant cet accès aux appartements royaux. A l’entrée de la chapelle un autre « ciel » rem-

(1) On en pu clora plus tard lorsqu'il s’agira de caser tout ce monde officiel dans les diversappartemcnls.

(2) Extrait des « plus cxcellens bastimem de France >x

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

plissait un même but décoratif. Tout autour (le la cour, sur chaque pilastre des contreforts en saillie, des flambeaux éclairaient la scène: appareil plus pompeux que nécessaire, puisqu’on était au mois de mai, dans les jours longs de l’année.

Le même décorum très amplifié fut répété au baptême du Grand Dauphin, (ils de Louis XIV, en 1668, et l’aspect général des deux cérémonies ayant une certaine analogie dans la disposition matérielle, on peut se reporter de suite aux dessins gravés qui ont été donnés de cette dernière cérémonie (1).

En 1550, le 27 juin, naissait au vieux château le troisième fils d’Henri II, Charles Maximilien (2), le futur Charles IX, après le décès de son frère, François II, en 1560.

De grandes fêtes furent données à cette nouvelle occasion, mais les souvenirs locaux ont surtout conservé celui de l’érection de la fontaine de la place de la Paroisse, laquelle « jeta du vin au lieu d’eau » ; on a déjà rappelé ce souvenir.

tiG. 51. — La vieille église de Saint-Germain sons Louis XIV, vers 1650. Gravure d’Israël Silvestre.

Pyramide de 1550 (Baptême de Charles IX).

Eglise de Charles V à Louis XIV (136? h 1681).

( 1 ) VL fi g. 59 et 60.

2; Il eut pour parrains, Maximilien II d’Autriche, roi de Bohème, et Henri 11 d’Albret, roi de Navarre, son oncle par alliance, et pour marraine, Anne d’fiste, duchesse de Guise.

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

Il en fut de même aux baptêmes de Louis XIV en 1638, du Grand Dauphin en 1668 et à la naissance du duc de Bourgogne en 1682.

Cette fontaine qui subsista jusqu’à la Révolution française apparaît au premier plan d’une petite gravure d’Israël Silvestre (1), représentant comme motit principal la vieille église de Saint-Germain-en-Laye.

En 1553, le 14 mai, autre naissance. C’était une princesse (3e fille, 7e enfant); on la baptisait du nom de Marguerite, le 25 juin, dans la chapelle.

Elle jouit un jour d’une fâcheuse célébrité sous le sobriquet familier de « Reine Margot », après son mariage avec Henri de Bourbon, roi de Navarre notre bon îoi

Henri IV qui la répudiait en 1599 et n’en continua pas moins à l’appeler « ma

sœur la reine Marguerite! » Touchants égards d un brave homme heureux dêtic débarrassé d’une compagne compromettante. La consanguinité fut le prétexte olliciel d’une annulation imaginée 27 ans après l’union régulière des deux cousins issus de germains :

Louise de Savoie.

François 1er

(frère et sœur) Marguerite d Angoulême,

mariée à Henri 11 d'Albret.

Henri 11 (cousins germains)

Marguerite de Valois, (issus de germains) (3° lille, 7e enfant).

Mariés en 1572; démariés en

Jeanne d’Albret, mariée le 20 octobre 1548 à Ant. de Bourbon.

Henri IV,

né le 13 décembre 1553.

Le 9 juillet 1559 avait eu lieu dans la chapelle du château le mariage de Marguerite de France, quatrième tille de François Ier et de Claude de France, avec Philibert de Savoie, prince de Piémont. Les fiançailles remontaient loin, à 1527, alors que Marguerite n’avait que quatre ans (2).

Enfin en 1554, le 18 mars, était né le huitième et dernier enfant de Henri II et de Catherine de Médicis, on lui donnait le nom d’Hercule ! Mais la reine le faisait confirmer à Saint-Germain, en 1566, sous le nouveau nom de François. C est François d’Alençon, lieutenant général en 1577. Les Prévois des Marchands de la N ille de Paris étaient parrains et la Maréchale de Montmorency, Diane de France, lille bâtarde d’Henri II, sœur naturelle d’Hercule, était marraine. Il est curieux de noter au passage ce sans-gêne de famille ; enfants légitimes ou légitimés intervenant officiellement dans des circonstances où la religion était en cause directement. Ce cas n’est d’ailleurs pas isolé: on en verra quelques autres aussi typiques.

(1) Gravée vers 1050. V. p. 34.

(2) V. Appendice. « La Famille royale sous François Ier ».

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

Une interruption existe entre 1566 et 1598 dans le service de la chapelle, au point de vue princier. Les règnes de Charles IX et d’Henri III ne donnent pas lieu à des cérémonies de baptêmes ni de mariages. La cour vit au jour le jour dans une atmosphère malsaine ; la nation est divisée et déchirée par les querelles religieuses et la branche des Valois s’éteindra pitoyablement après avoir, sous François Ier, donné beaucoup plus que des espérances.

Les Bourbons vont entrer en scène et les enfants nombreux des différents monarques seront les héros du jour à maintes reprises dans le sanctuaire de saint Louis.

Avec Henri IV, sacré en 1594, à Chartres, nous entrons dans la période des généalogies à branches multiples. Pour ce roi, galant homme, on n’en compte pas moins de sept : pour un roi digne, c’est trop de six; mais il paraît que la morale des rois n’est pas celle des bourgeois.

Epoux de Marguerite de Valois depuis le 18 août 1572, et roi de France en 1594, sans enfants de ce mariage (1), c’est Gabrielle d’Estrées qui le trahira père de trois enfants aux dates suivantes (2) :

En 1595, César de Bourbon, né au château de Goucy ; en 1596, Catherine Henriette, née à Rouen ; et Alexandre de Bourbon, né à Nantes en 1598, baptisé dans la chapelle du vieux château le 23 décembre de la même année : parrain, Charles de Bourbon, marraine, Haute dame Diane de ..., duchesse d’Angoulême (3) ; l'illustrissime cardinal de Gondi officiait.

Gabrielle d’Estrées mourait l’année suivante, le 10 avril 1599, en mettant au monde, la veille un enfant mort-né (4). Les événements se succèdent vite alors. A peu de temps de là, vers l’été, le roi s’engageait dans une nouvelle liaison avec mademoiselle (Catherine-Henriette de Balzac) d' Entra gués, âgée d’une vingtaine d’années.

Le 17 décembre 1599, Henri ÎV était libéré de son lien officiel, le Pape ayant déclaré nul son mariage avec Margot. Au mois de juillet 1600, la nouvelle favorite mettait au monde a Saint-Germain son premier enfant, mort-né, comme le dernier mis au monde par Gabrielle d’Estrées, et le 27 décembre le roi épousait, à Lyon, Marie de Médicis. Dès lors, le mariage en partie double entre en scène par les entants dont les naissances s’intercalent légitimes et illégitimes presque régulièrement. Aucun des enfants de Marie de Médicis, non plus qu’aucun de Mlle d’Entragues n’a vu le jour à Saint-Germain, mais, d’autre part, aucun des six enfants de Marie de Médicis n’a été baptisé à Saint-Germain, tandis que les deux enfants de Mlle d’Entragues y ont reçu le baptême en même temps, le 8 décembre 1607. Ce sont:

1) On lui en connaît deux en dehors, l'un mort-né 1581 , l'autre mort jeune (1588), de deux mères différentes.

(2) Y. Altexdice. La Famille royale d’Henri IV.

3 Heg-. Paroissiaux de Saint-Germain. — Dussieux- (Généalogie de la Maison de Bourbon), dit Catherine, sœur du roi, et ce, d'après les mêmes registres paroissiaux. C'est une erreur du correspondant de l’auteur.

(4) Il ne compte pas dans notre résumé.

CHATEAUX HOYAUX. — XVII

LE CHATEAU DES CAPETIENS

1° Henri de Bourbon, né an château (le Verneuil (résidence habituelle de sa mère dite la Marquise de Verneuil), le il novembre 1601.

Le parrain el la marraine furent Monseigneur le Dauphin ((ils aîné de Henri IV el de Marie de Médicis, le futur Louis XIII, alors âgé de six ans el né le 27 septembre 1601, un mois et demi avant le baptisé Henri) et Elisabeth, sœur du Dauphin, né le 22 novembre 1602.

On avouera que la dose de sans-gêne était un peu forte, mais le tableau se complète le même jour par le second baptême annoncé, celui de :

2° Gabrielle-Angélique de Bourbon, sœur de Henri de Bourbon, née également à Verneuil, dix-huit mois environ plus tard, le 21 janvier 1603 (trois mois après l’enfant légitime : Elisabeth, la marraine, à l’instant citée). Mais, tandis que le Dauphin et sa sœur étaient les parrain et marraine d’Henri de Bourbon, Gabrielle a comme répondants : César, duc de Vendôme, et Henriette, sœur dudit César, tous deux enfants de Gabrielle d’Estrées ! !

Voit-on tout ce petit monde-là réuni autour des fonts baptismaux ou de ce qui en tenait lieu momentanément pour cette princière cérémonie: côté des parrains et marraines, le Dauphin (6 ans) el sa sœur (4 ans); les deux enfants illégitimes nés de Gabrielle d’Estrées: César (12 ans) el sa sœur Henriette (11 ans); et côté des baptisés, les deux enfants illégitimes nés de la demoiselle d’Entragues : Henri (6 ans), Gabrielle (4 ans) !

Tout commentaire affaiblirait la valeur psychologique d’un pareil énoncé de faits.

C’est la seule apparition que font à Saint-Germain, dans les actes, les cillants légitimes du roi et de la reine Marie. En plus, trois autres illégitimes de deux autres dames ; il n’y a pas lieu d’en parler ici, ils sont inconnus à Saint-Germain (I ).

L’année 1599, qui avait vu la dissolution du mariage d’Henri IV et de Marguerite de Valois, vil également à Saint - Germain , quelques jours plus tard, le 31 décembre, le mariage de Catherine de Bourbon, duchesse d’Albret, sœur du roi Henri IV, avec Henri de Lorraine, duc de Bar; mariage tardif, la fiancée avait quarante ans !

Protestante irréductible, les anecdotes abondent sur sa personnalité audacieuse et revêche. Henri IV s était mis dans la tête de donner un gage de la sincérité de sa conversion au catholicisme en mariant cette sœur avec un prince catholique. Il lit son possible et l'impossible pour la convertir, mais il dut y renoncer, les menaces même n’ayant eu aucun effet sur cette dame têtue. xVussi « n'en ayant pu venir à bout, il dit un joui’ au duc de Bar : Mon frère, c est a vous a la domptei (2) ».

Les fiançailles furent publiées à Paris le 3 janvier 1599, « pour Madame, en sa maison (pii estoit sa paroisse. Pour le prince de Lorraine, dans l’église Saint-Germain-de-l’Auxerrois (3) ».

(1) Un fils (4e entant) sans nom connu, duc d’Orléans né en 1607, mourut à Saint-Oermain en 1611, le 17 novembre.

(2) Hahdouin de Péréfixe, Vie de Henry te Grand, p. 235. Amsterdam, chez Ant. Michiels, 1666..

(3) Journal de l’ Estoille, en 1599 , édit, par L. Halphen, p. 65 (Aubiy, Paiis, 1861 .

LA CHAPELLE DE SAINT LOUIS

Le roi n’était pas au bout de ses peines: « il y eut (le la difficulté pour le lieu et pour la cérémonie de la célébration de ce mariage. Le Duc voulait qu’il se list à l’église, et la Fiancée qu’il se list au Presehe. Le roy trouva un milieu : il le fit faire dans son cabinet où il amena sa sœur par la main, et ordonna à son frère naturel qui était archevêque de Rouen depuis environ deux ans, de les marier (1) ». L’archevêque n’était pas très satisfait du rôle qu’on lui faisait jouer, mais le roy lui représenta que « son cabinet était un lieu sacré! » et le pauvre prélat s’exécuta. Il est probable que celte cérémonie eut lieu au Château-Neuf.

§ III

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