‹ Les Châteaux Royaux de Saint-Germain-en-Laye 1124-1789Chapitre 37 sur 69 · AU CHATEAU · texte numérisé non relu

AU CHATEAU

On a dit précédemment que le désordre général sous Philippe III avait en quelque sorte fait prendre à la société laïque des classes élevées une conscience nouvelle de ses aptitudes a 1 émancipation. Le n est pas que sous les précédents règnes des désordres aussi graves n’aient donné lieu à mainte constatation de même ordre, mais le mal perpétré, quelquefois par le souverain même, avait un contrepoids naturel dans des principes religieux très vivaces qu’il suffisait de réveiller. Ici, plus nous avançons, plus nous voyons, quoiqu’on en dise, se substituer la religiosité de façade, à la religion qui engendre des devoirs; et, celle de tous les grands de la terre, a ce moment, paraît résider dans la conservation de pratiques forcées plus que dans l’obligation qu’entraîne la foi. Le relâchement de la conscience produisant le laisser aller de la vie, la société dirigeante se laissa aller désormais. Le luxe envahit toutes les classes au détriment du culte de l’art pour l’art. En somme, on veut vivre largement, grassement, et le voisinage de la cour, à toutes les époques, fut un centre d’attraction trop puissant.

C’est encore, très exactement ce qui se passe dans la société actuelle : plus de devoirs; des droits seulement, et le laisser aller le plus impudent sans le moindre respect pour la moralité d’autrui. On sait ce que de tels principes ont engendré sous Charles VI et Isabeau de Bavière.

Est-ce contre cela que Philippe IV réagissait en réglant l’ordonnance de son hôtel en 1285, au mois de janvier (1286, nouveau style).

(1) !-n auteur, J. de Gaule, n a pas reculé devant cette affirmation péremptoire: Philippe le Bel rebâtit le château en 1300? Lest de 1 histoire compilée sur des on-dit. L’auteur omet toujours d’ailleurs de citer ses sources.

(2) D’après : Stein, hw. soin, des Arcli. de Saint- Germain. Tardif, Mon. histor. Merlet et Lespinois, Cart. N.-ü. de Chartres, Rec. Hist. Gaule et Fr., Mansiones, XXI, 408-512; XXII, 502-526 XXIII, 795. Ordonnances des Rois de France, T. VII.

LE CHATEAU DES CAPÉTIENS

En lisant ce règlement, on a la sensation irrésistible que le roi entend ne pas être débordé par les parasites du château. Les détails sont d’un grotesque achevé qui met plus que jamais en relief le bien fondé de nos conclusions précitées sur cet objet.

Analysons cette « ordenance de Vhostel Je Roy el la Reine fait à \i cennes au mois de janvier en Van M.CC .I1IJXXY (1285) ». On verra que nous n’exagérons rien.

Transportons-nous dans le château et faisons-nous expliquer le mécanisme de l’administration de la maison du Roi.

Le maître de l’hôtel, en nous accompagnant, nous détaillera ce qui suit.

Commençons par :

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