XX VII
LE CHATEAU DES PREMIERS VALOIS
Suivons encore Sauvai (IL 279) :
« Les chambres, les salles, les galleries et même les chapelles élaient nattées, lambris- « sées des bois les plus rares qu’on pouvait trouver et quelquefois plancheyées ou pavées de « carreaux de pierre blanche et noire, de marbre ou de terre cuite, verte ou jaune et de « toutes sortes de couleurs ».
C’est encore là, le tableau exact de ce que le château de la Renaissance présentait à l'intérieur, en 1550, sous Henri II (1). Nous ne pouvons suivre Sauvai dans tout le détail qu’il donne, et que l’on sent puisé à une source sérieuse. Nous nous bornerons à citer ce qui, à Saint-Germain, existait comme à l’hôtel Saint-Pol : « il y avait un jardin (2), un parc, une chambre des bains, une des étuves, une ou deux « autres qu’on appelait chauffe-doux, un jeu de paulme, des lices, une volière, une chambre « pour les tourterelles... une chambre pour les sangliers, pour les grands lions et les petits a (4), etc., etc... ».
Lisez cette mention tirée d’un mandement du Roi (3):
A Saint-Germain-en-Laye, 13 juillet 1377.
Ordre de payer 20 frans d'or à Jehanin d' Amiens, garde de nos turterelles blanches.
Il est bien évident que Charles V, maladif et plus porté au travail sédentaire qu’à l’agitation du dehors, devait diriger ses goûts naturels plus vers les choses de l’esprit et de l’érudition, que vers celles de la « regardelle » et du désœuvrement. Aussi abandonnerons-nous à leurs ébats les lions grands ou petits, et dirigerons-nous nos pas vers les étages supérieurs du château où nous pénétrerons dans « l’estude » du Roi en allant droit au meuble contenant ses livres de chevet. En voici l’inventaire dressé le 12 juillet 1379 en présence de Philippe de Savoisy, premier chambellan; Gilles Mallet, Jean de Vaudetar (5) et Gabriel Patinant, valets de chambre; Jean Creté, conseiller:
Art. 2088 (2): Une très belle bible en français, à deux fermoirs d’argent émaillés aux Armes de France, et une chemise de soie à queue.
Art. 2089 : Le Gouvernement des Princes, en français, couvert de cuir blanc à queue.
(Traduction d’un ouvrage le de regimine principium que nous avons dû remarquer dans l’inventaire de Clémence de Hongrie).
Art. 2090 : Un psautier aux Armes de France et de Castille à deux fermoirs d’argent, et chemise blanche.
(1) On l’exposera en détail dans le T. II.
(2) On se souvient du jardin de Charles IV, le Bel, à Saint-Germain. V. p. 161.
(3) L. Delisle, n° 1399. Isabeau de Bavière en avait aussi à Saint-Pol.
(4) On trouve à la date du 28 février 1364 une quittance de Guillaume Séguier, garde des lions du duc de Normandie (Charles V, dauphin). Et on retrouve le même Séguier, garde des lions de Charles VI, en 1387. (Tardif, Carions des Rois, n° 1422, et Douet, Comptes de l’argenterie, p. 255).
(5) V. son portrait, p. 100, fig. 47.
(6) Les nos d’inventaire sont ceux de la publication de M. Labarte, Inventaire du mobilier de Charles V. lmp. Nat., 1879. — Les objets trouvés en Vestude du Roi sont inventoriés du n° 2016 au 2124 inclus.
RÈGNE DE CHARLES V, LE SAGE
Art. 2094 : Un psautier de lettre ancienne avec les heures de N.-D. et des Morts, couvert de velours violet, à deux fermoirs d’argent émaillés, et sur chaque plat en bois cinq clous d'argent « en façon de boitions dorez » (boulons dorés?).
Art. 2099 : (Un exemplaire des) Chroniques de France, à deux fermoirs d'argent doré et chemise de soie à queue (1).
Art. 2100 : Un livre appelé Cy nous dit couvert de velours my parti (à deux couleurs) à deux fermoirs de fer.
Art. 2101 : Une bible en latin « de lettre boulonnoise » que t'evêque de Beauvais donna au Roi, couverte de drap d'outremer de couleur cendrée, à deux fermoirs d’argent doré aux armés dudit Evêque (2).
Au total : sept ouvrages. C’est peu, comparativement à ce que le Roi possédait en bloc, mais éparpillé dans chacune de ses maisons, dont le Louvre était la principale pour ce genre de dépôt littéraire que le monarque mettait libéralement à Indisposition des savants de son temps. Des cent neuf articles inventoriés en l’estude, nous retrancherons ces sept volumes, et parmi les cent deux restants nous ne mentionnerons que ceux qui se distingueront par leur originalité ou par un intérêt réel.
Art. 2025 : Un jeu d'échecs composé de 16 pièces d'ambre jaune et de 16 pièces de jais.
Art. 2091 : Un autre garni d'argent doré, les pièces de jaspe et de cristal.
Art. 2023-24 : Trois jeux de dames (dits tabliers).
Art. 2056 : Une pomme d argent à chauffer mains en y ver (hiver) à esmaux d'Arragon, pesant 2 marc, 2 onces, 8 estellins (=. 0 le. 565 gr. 8).
Puis, répandus partout a prolusion dans la pièce les tableaux peints, les ouvrages de ciselures sur bois représentant les scènes de piété les plus connues, les chapelets, les chandeliers et autres ustensiles d’ameublement, le tout d’argent ou de pierre rare, puis des coffrets de bois sculptés, peints et armoriés, tous objets dont nos Musées nationaux nous laissent admirer les répliques à défaut des originaux certains.
Rien n’est oublié: pas même un cierge blanc, benoist (bénit), art. 2082, ni même:
Art. 2062 : Six folles de verre pleines de fleurs de violettes !
Et nous quitterons 1 appartement (3) du Roi sur cette vision discrète caractérisant si bien les goûts modestes de celui qui, lui-même, peut-être, récolta ces humbles fleurs.
Dans la petite chapelle attenant à l’étude: 8 articles inventoriés : objets de culte et habillements sacerdotaux. Le tout est riche et sobre tout à la fois.
(1) Aujourd’hui à ta Bibliothèque Nationale. Ms. fr. anc., f° 8.395
(2) On connaît par un mandement du 23 novembre 1377 (Cf. L. Delisle, n° 1519) les titres d ou\ i âges que le Roi avait fait relier pour le dauphin Charles (VI): 4 grands volumes de Vincent (?), les Grandes Chroniques de France, Sénèque, les Gestes de Charlemagne, les Enfants Pépin, les Chroniques d’oultre-mer de Godefroid de Bouillon.
(.1) Nous avons piésenté la description comme une visite supposée de notre part, alors que ce n était qu une fiction littéraire pour atténuer la sécheresse d une copie d inventaire, mais nous nous demandons maintenant où se trouvait réellement l’étude du Roi pour contenir la foule de ces bibelots, dont la plupart étaient fort encombrants. Une pièce du Donjon ne devait pas suffire.
LE CHATEAU DES PREMIERS VALOIS
Dans la « grande chappelle liasse » (chapelle ogivale de saint Louis), on note sous dix rubriques des objets et habillements de même nature que dans la chapelle haute, mais l’une d’entre ces rubriques attirera l’attention :
Art. 21 41 : Ungs grans orgue et ungs petiz, pour jouer.
On voudrait bien savoir ce qu’étaient ces deux instruments. L’indication est précieuse, mais insuffisante.
Ce n’est que l’année suivante, le 19 avril 1380, que l'on revenait à Saint-Germain compléter cet inventaire interminable, par le récollement de 1 existant du linge: 1° en une huche dessoubs la chambre du Roy, près de la chambre peinte à roses; 2° en une autre huche dessus la chambre du Roy, près de la chambre peinte à lions. L’énoncé manque absolument d’intérêt: draps, serviettes, taies d’oreiller, etc...
On ne fera même pas encore grâce, quelque temps après, de ce « vielz materas tout desciré et le coissin de mesmes de cendal rouge qui fut au roi Jehan (art. 3798) (1) trouvé au Louvre avec nombre de merveilles, tissus, habillements, tapisseries de pied et surtout tentures murales, que l’on regrette de ne pas trouver égarées à Saint-Germain.
Plusieurs d’entre ces merveilles y vinrent en notre château, cela ne peut pas ne pas être, attendu qu’à cette époque les murs étaient nus partout, peints sobrement pour atténuer la dureté du revêtement matériel de la pierre, mais toujours recouverts, dans les appartements royaux, de ces grandes et splendides tapisseries qu’à un temps plus proche de notre époque les Gobelins et la Savonnerie ont fournies au roi Louis XIV et à ses successeurs (2).
Partout, dans les comptes de l’hôtel, on relève les mentions de fournitures très importantes de a clous ou crochets bastars pour tendre les chambres le Roi et la Reine ». Cela ne signifie pas autre chose que « les clous à crochets nécessités pour accrocher aux murs toutes ces tentures » qui étaient alors un luxe obligé et rendaient les intérieurs si plaisants à habiter, à défaut de moyens de chauffage perfectionnés. N’oublions pas les énormes cheminées dignes des âges pantagruéliques, mais ne rayonnant aucune chaleur et obligeant le Roi à tenir en ses mains sa « pomme d’argent à chauffer mains en y ver? ».
Qu’ajouterions-nous à cette exhumation d’un passé vieux de cinq siècles ?
L’imagination aidant, chacun reconstituera, à son gré, le domaine royal dont la silhouette se devine, quoique cachée comme derrière une gaze. Mais, en définitive, sans aucun document visant spécialement cette demeure, nous sommes arrivé à la reconstituer de toutes pièces dans ses grandes lignes, et sur des bases assez solides, il nous semble, pour nous dispenser de plaider les circonstances atténuantes en faveur d’une hypothèse acceptable (3).
(1) Un vieux matelas tout déchiré et le coussin (oreiller?) de même, en soie rouge, qui viennent du roi Jean [Il le BonJ.
(2) Nous sommes obligé de renvoyer le lecteur à I inventaire même, art. .1711 à 3722.
(3) A. Monteil, llist. des français des divers étals, I. 1U ; et A. Challamel, Mémoires du peuple français, IV, 192-193 et 308-309, n’ont fait que copier ou paraphraser Sauvai. — Lebeuf, VII, 220, n’est pas exempt d’erreurs. — Lachenaye des Bois, 111, 515, et I hierry, 1, 460, sont sans valeui.
RÈGNE DE CHARLES V, LE SAGE
En résumé, nous avons établi ceci :
Date de la construction : entre 1364 et 1367.
Plan de la construction: celui du château de François Ier en 1540-47.
Architecte de la construction : peut-être Raymond du Temple.
Style de la construction: style de Creil-Vincennes, au XIVe siècle.
Intérieur de la construction: chambres carrelées, couvertes de nattes; murs peints, couverts de tentures de tapisseries.
§ III
Séjours du Roi au château des Premiers Valois et actes officiels datés de Saint-Germain.
Si nous avons eu connaissance, par leurs dettes de jeu, des dauphins Philippe (VI) et Jean (II) avant leur accession au trône, nous avons fait connaissance également avec le dauphin Charles (V) bien avant son avènement, mais c’était pour prendre en mains, dès 1356, la direction des affaires du royaume au lendemain de la bataille de Poitiers: on se souvient de la fuite de Charles, le trop Sage, en ce jour mémorable. Les documents d’ordre inférieur et domestique nous font connaître notre Dauphin sous un jour plus prosaïque: trois modestes quittances dont l’une, concernant ses lions, nous est connue, tandis que les deux autres ont trait à des dépenses d’épiceries (1).
De telles minuties paraissent bien mesquines à première vue, mais rien n’est négligeable quand il s’agit de percer à jour les secrets de la vie quotidienne d’un monarque. Les préoccupations de la nourriture de chaque jour étaient autrefois, même à la cour, beaucoup plus pressantes que, de nos jours, chez le plus modeste bourgeois.
Cela tenait à l’état politique du royaume toujours secoué de guerres intestines dont le plus clair résultat : la famine, était l’épée de Damoclès sans cesse suspendue au-dessus de chaque foyer. Là où il n’y a rien, le Roi perd ses droits, dit le proverbe ; mais à toutes les époques, on peut dire avec autant de justesse: là où il n’y a plus rien à trouver, l’or perd ses droits. Les coffres du Roi auraient-ils été pleins de tout l’or du monde entier, que, si la campagne était ravagée, tout cet or ne valait pas le « moindre grain de mil ». Epoque fertile en imprévus troublants : ce qui explique et excuse ces approvisionnements de victuailles, ces « garnisons » sauvegarde de la disette, que l’on voit figurer en bonne place dans les comptes de l’hôtel. N’oublions pas, en outre, que les métiers d’approvisionnement, aujourd’hui tributaires de puissantes maisons centralisatrices, n’existaient pas, et que, à l’hôtel du Roi, on fabriquait la chandelle de chaque jour ! Le Roi et la cour vivaient, en somme, comme une grande famille de riches bourgeois où le luxe côtoyait la misère des moyens concourant à procurer ce luxe. Le Roi et la cour n’étaient gens royaux et princes que dans
(1) 30 avril 1361, Carions, n° 1386 et 14 novembre 1362, Cartons, n° 1406.
LE CHATEAU DES PREMIERS VALOIS
les jours de grand apparat, et c’est une justice historique à rendre aux Valois qu’ils surent être rois éblouissants à intervalles de plus en plus rapprochés, amenant ainsi, de proche en proche, le jour où le Roi-Soleil sera éblouissant tous les jours et à toute heure.
Avec Charles V, rien de tel, c’est un brave homme à l’allure bonasse, têtu mais lin diplomate, quelque chose comme un de ces bons curés normands à double face, forts capables d’être curés de campagne débonnaires, et plus tard évêques fermes administrateurs.
Rien ne peut mieux donner l’idée de l 'intérieur de la famille royale au temps de Charles V que cet inventaire qui nous est parvenu des biens laissés par Jeanne d’Evreux, (3e femme de Charles IV le Rel), décédée le 4 mai 1370 (1). Si l’on fait abstraction des joyaux, etc., dont beaucoup furent rachetés par Charles V, et figurent à son inventaire personnel de 1379-80, on trouve, à la suite, tout l’attira il de la cuisine et des fournitures de réserve. Vraiment cela n’est guère reluisant, et sent la vente par autorité de justice. Il semble que cette ferraille rapiécée (comme celle de Clémence de Hongrie, morte en 1320), n’avait pas à figurer dans un état de biens royaux.
Cet inventaire des biens de Jeanne d’Evreux accusait un chiffre de 29.600 L. 12 s. 6 d. parisis qui au change de 100 L. = 5.500 francs, pouvoir actuel de l’argent faisaient une valeur équivalente à 1.632.000 francs actuels. C’est à peu de chose près le chiffre accusé par l’inventaire des biens de Clémence de Hongrie (2).
Charles V était infiniment plus riche que ses grandes cousines par alliance.
L’inventaire de son mobilier (1379-80) a été publié et analysé par M. Labarte qui est arrivé à totaliser les poids d’or, d’argent doré et d’argent blanc, inventoriés sous forme de bijoux et autres joailleries. L’éminent statisticien -archiviste indique 3.879 marcs d’or, 6.184 d’argent doré, 6.127 d’argent blanc. Le marc poids équivalent 0 k. 244 grs 75 ce sera donc 949 k. 385 d’or et 3.013 k. 117 gr. 25 d’argent doré et blanc réunis.
1 kg. or vaut eu métal, actuellement, 3.100 francs monnayés.
1 kg. argent vaut en métal, actuellement, 200 francs monnayés.
D’où les 3.879 marcs d’or — 16.197.500 francs en chiffres ronds.
D’où les 12.311 marcs d’argent = 602.625 francs en chiffres ronds.
La fortune de Charles V était de 16.801.125 francs (3).
C’est un joli denier et M. Labarte a eu raison de dire que Charles V était le prince le plus riche de l’Europe, et cela quelques années seulement après achèvement du paiement de la rançon de son père Jean II, laquelle montait à près de 250 millions, dit-on!
(1) Cf. Leber, XIX, pp. 120-169.
(2) V. pp. 165-167.
(3) Qui doivent être multipliés par 5.5 pour obtenir le pouvoir d’achat réel, équivalence moderne. Cf. Labarte, Introd., p. XVI.
RÈGNE DE CHARLES V, LE SAGE
Etait-ce pour veiller sur cette fortune tout entière étalée sous ses yeux, puisqu’elle était constituée uniquement par des objets d’art en métal précieux que le 20 janvier 1378(1), deux ans avant sa mort il ordonnait que toujours il aurait auprès de lui 4 huissiers d’armes et 4 sergents d’armes?
lout sage qu’il lut, d’ailleurs, notre Charles, n’était pas sans avoir sacrifié à la mode du temps concernant les fous, puisqu’en 1374 il faisait construire deux tombeaux magnifiques eu marbre pour contenir les dépouilles de ses deux fous Saint- Germain-le-Rond et Thévenin de Saint- Léger (2).
Pauni les 00 actes que nous avons relevés, datés de Saint-Germain, nous avons déjà signalé les plus importants pour notre sujet. La plupart n’offrent aucun intérêt dans le même sens: l’un, toutefois peut être cité comme hors-d’œuvre non négligeable, c’est celui du 20 novembre 1378, daté du château et fixant le cours de l’argent à 105 sols par marc porté à la monnaie: cela met la livre de 20 sols tournois à 9 fr. 32. Mais nous devons ajouter que ces indications n’ont qu’une valeur purement spéculative (3).
Charles V dut faire à Saint-Germain qu’il prisait fort, dit la légende, de plus fréquents séjours que ceux qui nous sont connus par les dates de ses mandements (4). De 1304 a 1377, on en compte huit. Il est évident qu’il y en a d’autres à découvrir. De 1377 a 1380, au contraire, ce sont des mois entiers que nous entrevoyons passés par le Roi en son « chasteau ».
Dans les derniers jours de juillet et pendant la première quinzaine d’août 1380, Charles V très déprimé avait encore conservé assez de forces pour se faire transporter en litière de Vincennes à Paris et à Saint-Germain, puis de Saint-Germain à Vincennes (5). C’est sans doute à ce déplacement que se rapporte le séjour du 7 août aux Loges de Loge.
Enfin le Roi, à bout, mourait à Reauté-sur-Marne, le 10 septembre 1080, laissant le trône à son fils Charles VI !
On n’a pas parlé dans ce chapitre de Philippe le Hardi, frère de Charles V (6), et 4e fils de Jean le Bon, celui qui, seul, resta aux côtés de son père à la bataille de Poitiers et qui, prisonnier, l’accompagna en Angleterre et fut gardé comme otage de la libération conditionnelle de Jean II en 1300. Philippe vint constamment voir Charles V à Saint-Germain et y résida même en son absence. Il y vint longtemps
(1) Mand., 1611 et 1612.
(2) M. de Vasselot, Uisl. des Sculpl. franç., p. 49. Dentu, Paris, 1888.
(3) Nous n’avons jamais pu concilier entre eux les systèmes d’évaluation de nos économistes. Nous prenons une moyenne entre leurs écarts d’appréciation.
(4) V. Eclaircissement X, la liste des séjours, et aux Pièces Justificatives les principaux actes.
(5) Cf. Simeon Luce, La France pendant la guerre de Cent ans, p. 39.
(6) Ne pas confondre avec Philippe III le Hardi, fils de saint Louis. Ce Philippe, père de Charles V, est le chef de la Maison de Bourgogne: Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire, etc.
LE CHATEAU DES PREMIERS VALOIS
encore après le décès du Roi, son frère, alors que Charles VI, son neveu, était entré en possession du trône des Valois. Il nous a semblé que c était un peu de la vie de notre château, égayé par sa présence, qui se montrait à nous en ces visites d’un des fils de France. La liste de ses séjours justifiera notre publication, un peu aride, mais précieuse à tous égards.
1367 : Avril : du 2 au 0 ; dîner à Saint-Germain, souper et gîte à Maubuisson. — Juin : 16, dîner à Conflans, souper et gîte à Saint-Germain ; le 17, séjour.
1360 : Février: 20, dîner et gîte à Saint-Germain avec le Roi ; 22, dîner à Meulan, gîte à Saint-Germain ; 23, séjour. — Mai: 3, dîner à Maubuisson, gite à Saint-Germain avec le Roi, ses gens et leurs chevaux ; le 4, 5 et 6, idem.
1374 : Juillet : G, gîte à Saint-Germain ; 7, 8 et 19, tous séjours avec le Roi.
1383 : Juin : 29, souper et gîte avec le Roi à Saint-Germain; le 30, de même, séjour. — Juillet: 1er, gite à Saint-Germain; les 2, 3 et 4, séjours; le 5, dîne seul à Roissy, gîte à Saint-Germain, vers le Roi.
1391 : Janvier : le 5.
1393 : Février : 8, 9, 13. — Décembre : 24.
1398: Novembre: 20, 21, 22, séjour à Saint-Germain; le 24, dîner à Saint-Germain, gîte à Conflans.
1400 : Janvier: 13, dîner à Saint-Germain, souper et gîte à Paris.
1401 : Février : 11, Duc et Roi dînent à Saint-Germain, gîtent à Saint-Cloud.
1402: Juin: 6, dîner à Poissy, souper et gîte à Saint-Germain ; les 7, 8 et 9, séjour à Saint-Germain. — Juillet: 12, dîner à Saint-Germain, souper et gîte à Paris, en l’hôtel de Nesles; le 13, dîner à Paris, souper à Saint-Germain; le 15, dîner à Saint-Germain, souper et gîte à Paris, hôtel de Nesles; le 16, dîner à Boulogne-la-Petite-lez-Paris, souper et gîte à Saint-Cloud; le 17, dînera Saint-Germain, souper et gîte à Saint-Cloud; le 21, dîner à Paris, hôtel de Nesles, souper et gîte à Saint-Germain ; le 22, séjour; le 23, dîner a Poissy devers les dames, souper et gîte à Saint-Germain ; le 24, dîner à Saint-Germain, souper et gîte à Paris, hôtel de Nesles ; le 27, souper et gîte à Saint-Germain ; les 28, 29, 30 et 31, séjour à Saint-Germain. — Août : le 7, dîner et souper à Saint-Germain ; du 8 au 13, séjour en compagnie des comles de Joigny et de Dammartin. — Septembre : quelques jours.
1403: Janvier : le 7, dîner à Orsay, souper et gite à Saint-Germain; du 8 au 13, séjour; le 11, Monseigneur de Bretagne y vient souper et gîter. — Avril : séjour le 11.
1411 : Avril : séjour le 11 (curieuse coïncidence! N’y a-t-il pas une erreur d’année?).
RÈGNE DE CHARLES VI