‹ Les Châteaux Royaux de Saint-Germain-en-Laye 1124-1789Chapitre 64 sur 69 · SAINT-WANDRILLE · texte numérisé non relu

SAINT-WANDRILLE

siècles suivants n’ont pas à nous retenir ici. Nous ne signalerons que les quelques documents qui présentent un intérêt réel pour nous.

On sait généralement qu’Henri IV, désirant agrandir les jardins du château neuf construit entre 1594 et 1608, reçut gracieusement des habitants du Pecq un certain nombre de pièces de terre et, qu’en échange, le roi leur lit remise de certaines charges, arrêtant au chiffre de mille livres, par an, l’impôt total à verser par eux au Trésor. On sait moins que le même roi, dans le même but d’embellissement, lit échange, avec le sieur de ia Roche, « de la terre et seigneurie du Pecq et du Vézinay » que celui-ci tenait des sieur et dame de Retz contre la terre, seigneurie et châtellenie de Heddé et les bois de Nidécourt, en Bretagne. Le contrat est du 1er septembre 1605 (1), passé par devant Claude Franquelin et Laurent Hautdessens, notaires du roi en son châtelet de Paris, entre messire Pomponne de Bellièvre, Nicolas Brûlant, Maximilien de Béthune, Gilles de Maupéou, représentants du roi, et Antoine de Bréhaut, chevalier seigneur de la Roche et de Bonneuil s/m., premier écuyer de la reine, comme acquéreur desdites terres du feu sieur maréchal de Retz et de madame Catherine de Clermont, son épouse, le 19 avril 1600, moyennant la somme de 9.000 écus.

Le contrat d’échange était révocable à la volonté du roi seul, moyennant le remboursement des 9.000 écus valant alors 27.000 Lt., plus certains frais. L’affaire comportait d’autres clauses afférentes à la terre d’Heddé faisant partie du domaine royal, et alors aux mains du même sieur de la Roche, qui en serait devenu propriétaire définitif.

Le fait principal est à retenir : pour agrandir et embellir le château neuf et ses jardins du Pecq, le roi entrait en possession des terres du « Vézinay » et du Pecq appartenant autrefois, avant 1600, au maréchal de Retz et, depuis cette année-là, au sieur de la Roche (2).

De quelle portion terrienne est-il question ici? Probablement de la plaine en bordure de la Seine, entre le fleuve et les vignes étagées sur le coteau.

L’église paroissiale du Pecq est le second sujet local intéressant. En 1720, dit Lebeuf (VII, 204), l'église tombait de vétusté (3). La permission de dire l’office autre part est de 1723 : il est alors question de l’église orientée Ouest-Est, suivant l’usage antique et figurée sur le plan d’Israël Silvestre(vers 1665-66). Le même Lebeuf ajoute qu’on vient de la rebâtir : en effet, elle fut reconstruite vers 1745-1750, par l’architecte Gaudart, sur une nouvelle orientation Sud-Ouest/Nord-Est. C’est le monument lourdaud (pie nous connaissons en 1909(4). L’ancienne église avait reçu deux cloches en 1606 et 1699, elles furent refondues et nommées par le Roi et la Reine (5).

(1) On trouve déjà en 1525 des lettres de François Ier aux gens des comptes de Bretagne concernant cette terre de Héddé. (Cf. Actes de François lrr, n° 2275).

(2) V. Arch. Nul., 0' 1718, 1. 1.

(3) Fn 1722, on estimait à 60.000 I. le coût de la reconstruction. (Lebelf, Vil, 208).

(4) Dossier aux Arch. Nat., T, 192-193, I. 2.

(5) Lebeuf, Vil, 204.

NOTES

Curcellis (Courcelles) ; Spinitum (L’Epine)

Les Curcellis et les Spinetum, Spinilum ont toujours été de ces noms de lieux difficiles à identifier, et ce ne sont pas les seuls, on le sait; aussi nous en tiendrons-nous strictement à ce qui peut éclaircir le litige. On ne rencontre aujourd’hui aucun Courcelles, ou Epinay, plus proche de Saint-Germain (pie ne le sont Courcelles (de Paris) et Epinay (-Saint-Denis). Il ne paraît pas que l’attention doive se porter de ce côté.

Par contre, nous avons relevé dans les x\ctes de François Ier un document qui nous semble devoir être pris en sérieuse considération. Il s’agit d’un acte de toi et hommage de Jean d’Amyrault, écuyer et seigneur de l’Epine et de Courcelles, près Abbécourt, par le fief de Courcelles mouvant de Clermont (Oise) (1). On peut signaler, quelques soixante-dix années antérieurement, à la date du 30 mars 1473, une sentence d’un Jehan de l’Espine, prévôt de Poissy, contre un moine du prieuré de Saint-Germain (2).

Ces deux documents doivent être une base d’investigation à ne pas négliger par les historiens de la contrée. Ce Courcelles près Abbécourt est dans la zone d’attraction de Saint-Germain : on l’a vu (p. 27) pour certaines donations d’un Gasce de Poissy, laites an prieuré (vers 1130?).

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Quant à Spinilum (l’Epine), rien dans le polyptyque d’Irminon ne laisse supposer une localisation même imprécise. L’établissement comporte cinq lotissements divers, constitués par cinq manses ingénuiles représentant, au total, 52 bonniers de terres en culture, 7 arpents de vignes et 0 arpents 1/2 de prés. Est-ce là le fonds terrien de la seigneurie de l’Espine? Ad hue sub judice lis es/ .

(1) Paris, 4 février 1539, nouveau style. (Original, Arch. Nat., P. 6, n° 1855). (2i Depoin, pièce XXIV.

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