XVI INTRODUCTION
lerai une erreur d'optique, si facile à commettre que jusqu'à présent personne ne l'a prévue ni évitée. On s'est tellement habitué à opposer l'école classique à l'école romantique que, si l'on n'y prenait garde, si l'on ne fixait et ramenait les faits à leur juste valeur, on risquerait de laisser se confirmer une légende qui déjà tend à s'établir sur l'influence numérique de l'école de la Restauration. Dans les luttes pacifiques de l'intelligence, comme à la guerre, c'est le propre des gens résolus de faire illusion sur leur nombre. La vaillance du cœur grossit les minorités. La puissance d'élan, en rapport avec la puissance de conviction, équilibre les forces adverses, et à la longue, d'après l'importance des résultats acquis, la mémoire exacte des proportions se trouve, sans qu'on s'en soit aperçu, singulièrement altérée. C'est le phénomène qui s'est produit à l'occasion du romantisme, resté maître du champ de bataille. On ne se doute guère maintenant que les artistes dont se composait le cénacle n'étaient pas plus de sept ou huit, qu'il est facile de nommer : deux sculpteurs, MM. An tonin Moine, Auguste Préault; un paysagiste, M. Paul Huet; et parmi les peintres d'histoire : MM. Louis Boulanger, Robert Fleury,