XVIII INTRODUCTION
comme un allié puissant dans le sein de l'école qui l'avait formé. Il lui apporta le concours de son autorité naissante, et en retrempant aux sources mêmes de l'école romaine, en élargissant l'esprit des doctrines de David, observées à la lettre avec une trop grande rigueur par les classiques fidèles, il sut raviver habilement l'intérêt, ramener la popularité languissante à ceux qui, sans lui, auraient sans doute reçu le coup de grâce. Peut-être devrait-on reprocher à M. Ingres d'avoir, pour son compte, trop exclusivement sacrifié au culte de la ligne, non-seulement aux dépens de la couleur, ce qui est devenu un lieu commun, mais parfois aux dépens de la vérité anatomique et, ce qui est plus grave, presque toujours aux dépens de l'expression, c'est-à-dire de la vérité morale. Cependant il faut lui savoir gré d'avoir maintenu sévèrement le goût, le culte de l'antique, où l'art trouvera toujours, non des modèles que l'on imite, mais des exemples fortifiants, des exemples de sincérité dans l'interprétation idéale des objets réels.
A côté de M. Ingres, on est tenu de citer son élève, M. Hippolyte Flandrin. Et reconnaissons ici que les voies de l'art ont de singuliers mystères. En peinture