XXVI INTRODUCTION
qu'avec aucun autre peintre. Leurs œuvres s'enlèvent sur le fond commun avec un relief vraiment particulier ; on les remarque entre toutes. Il y a néanmoins un vif intérêt à rapprocher les noms de MM. Meissonier et Decamps, parce que, dans leur supériorité individuelle, ils présentent le plus absolu des contrastes. Le premier se plaît à sonder scrupuleusement et à exprimer tour à tour les phénomènes intérieurs du cœur et de l'esprit ; le second s'est plongé, s'est absorbé dans la contemplation des phénomènes naturels, et il les a rendus avec un entrain, une verve longtemps infatigable. Pour Decamps, l'homme est dans la nature un accessoire insignifiant, un animal de plus qui anime et donne du mouvement au paysage. Pour M. Meissonier, toute la nature est dans l'homme ; il n'a vu et n'a jamais voulu voir que cette figure expressive où se reflètent toutes les agitations du monde extérieur dont il s'est constamment écarté, alors que Decamps, maître de la lumière, hésitait et sentait sa main trembler devant cette même figure qu'il négligeait systématiquement. On ne dirait pas sans une évidente partialité que ces deux peintres sont exempts de toute erreur. Decamps a mérité les sévérités de la critique,