‹ Les chefs d'écoleChapitre 23 sur 59 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

tout au moins a-t-il amoindri son auréole, précisément par ce mépris de l'humain qu'il affectait dans ses œuvres ; et dans ce mépris je vois bien plutôt une marque de faiblesse et d'impuissance qu'un signe de force. Mais n'oublions pas que Decamps a ouvert à l'école française les portes d'or d'un monde éblouissant, celles de l'Orient; sachons-lui gré d'avoir été l'initiateur et pour ainsi dire le parrain des Marilhat et des Fromentin. Avoir trouvé après les maîtres une voie nouvelle, c'est avoir acquis d'incontestables titres à un renom durable.

Decamps, qui n'a pas fait d'élèves, a eu des rivaux et des successeurs dont le talent supporte sans fléchir la comparaison avec le sien. M. Meissonier a des imitateurs plutôt que de sérieux émules. S'il a le rare mérite d'avoir rendu, avec un bonheur constant, le jeu mobile de la physionomie humaine, il a fait une grave concession à l'opinion publique en paraissant partager ses injustes préventions contre le costume moderne, en choisissant ses types dans les siècles antérieurs au nôtre. La faute des petits peintres français consiste justement à avoir suivi M. Meissonier sur cette pente erronée, et à ne s'être pas toujours relevés

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