‹ Les chefs d'écoleChapitre 27 sur 59 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

les plus vraies et les plus poétiques, mais les moins réelles ; classique de goût avec une imagination romantique, il est difficile de le ranger même dans le royaume des fantaisistes, d'où le sérieux de son esprit l'exclut ; il habite une planète qui lui appartient, il est le souverain d'un royaume grave et charmant, mais souverain sans sujets.

Si quelque chose pouvait faire fléchir la nécessité impérieuse de la sincérité dans l'art, les beaux dessins de M. Aligny opéreraient ce miracle. Mais on est bientôt ramené au sentiment de cette nécessité quand on voit les peintures de cet artiste distingué. Jamais le danger des systèmes n'a été aussi bien démontré que par ces œuvres où l'on ne trouve aucun accent de nature, où les eaux, les ciels, les arbres, et les rochers sont copiés d'après un modèle prévu, d'une fausseté et d'une bonhomie qui feraient sourire comme manifestation individuelle, qui inquiètent comme manifestation collective, comme loi d'école.

(Vest au romantisme en réalité que revient l'honneur d'avoir fait triompher dans le paysage les beautés de la nature sur les beautés de convention ; la lutte a été longue, mais enfin l'autorité du talent l'a emporté,

Page 1