‹ Les chefs d'écoleChapitre 28 sur 59 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

et le public, résistant par routine, quoique gagné par l'évidence, s'est soumis à l'admiration. L'affranchissement du paysage a été relativement rapide, parce que la période romantique a été moins une réaction (avec les violences que toute réaction comporte) qu'une transition. Les peintres romantiques avaient un point de contact avec les paysagistes classiques ; malgré leur respect plus sérieux pour la nature, eux non plus, ils ne craignaient point de choisir, composer, corriger, et au besoin d'ajouter et de retrancher. La nature dans sa simplicité, souvent sublime, ne leur paraissait pas assez riche en accidents, en phénomènes extraordinaires, c'est en ce sens qu'ils modifiaient ; ils voulaient l'exception comme le paysage historique voulait l'impossible. L'intervalle qui les séparait était bien marqué, mais ce n'était pas un abîme : ce n'était qu'un fossé. Du côté des classiques, la pente était un peu abrupte sans doute, mais non infranchissable, et vers l'école sincère elle s'élevait par degrés insensibles et pleins de séductions invitantes. Celle-ci ne fut donc tenue qu'à peu d'efforts pour s'imposer, et elle s'est maintenue toujours forte et féconde, parce qu'elle a suivi résolument et sans détours la grande, l'éter-

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