INTRODUCTION. I
qui souffrent et se plaignent de n'avoir pas même un bon précis de l'histoire qui les intéresse le plus, celle de leur art.
Pour l'objet qui nous occupe, il serait superflu de reprendre l'historique de la peinture avant David. David a coupé le câble derrière lui. Il n'existe plus aucun lien entre le siècle qu'il ferme et celui qu'il ouvre. David commence réellement quelque chose, il fonde une ère nouvelle ; théories et procédés, il fabrique tout à neuf, et, en haine de ce qui l'a précédé, rejette avec un égal mépris le mauvais et l'excellent ; il brise violemment avec la tradition morale (on ne peut l'en blâmer) et avec la tradition professionnelle, qui était encore puissante et forte. Là est son tort; il n'a pas trouvé d'équivalent à cette dernière, et par là surtout il a fourni des armes contre lui, il a légitimé d'avance une réaction qui était encore lointaine.
On ne sait pas assez, en effet, que le romantisme n'a été dans son principe qu'une protestation contre la nullité des procédés matériels où l'école de David, à la suite de son chef, était tombée. La pratique était méconnue, oubliée, perdue. L'artiste savait dessiner ; peindre, il ne le savait plus. Il possédait à fond les