ISIS DÉVOILÉE
« Comme Pythagore désignait Dieu par 1 et la matière par 2, il exprimait l’Univers par le nombre 12 qui résulte de la réunion des deux autres, le nombre se formait par la multiplication de 3 par 4, c’est-à-dire que ce philosophe concevait le Monde universel comme composé de trois mondes particuliers qui s’enchaînant l’un à l'autre, au moyen de quatre modifications élémentaires se développaient en douze sphères concentriques.
« L’Etre ineffable qui remplissait ces douze sphères, sans être saisi par aucune, était Dieu . Pythagore lui donnait pour âme la vérité et pour corps la lumière. Les Intelligences qui peuplaient les trois mondes étaient, premièrement, les Dieux immortels proprement dits, secondement les Démons terrestres.
« Les Dieux immortels, émanations directes de l’Etre incréé et manifestations de ses facultés infinies, étaient ainsi nommés, parce qu ils ne pouvaient jamais tomber dans l’oubli de leur Père, errer dans les ténèbres de l’ignorance et de l’impiété : au lieu que les âmes des hommes qui produisaient, selon leur degré de pureté, les héros glorifiés et les démons terrestres, pouvaient mourir quelquefois à la vie divine par leur éloignement volontaire de Dieu, car la
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mort de Fessence intellectuelle, n’était selon Pythagore, imité en cela par Platon, que l’ignorance et l’impiété.
« D’après le système des émanations, on concevait l’unité absolue en Dieu, comme l’âme spirituelle de de PUnivers, le principe de l’existence, la lumière, des lumières: on croyait que cette Unité créatrice, inaccessible à l’entendement même, produisait par émanation une diffusion de lumière qui, procédant du centre à la circonférence, allait en perdant insensiblement de son éclat et de sa pureté, à mesure qu’elle s’éloignait de sa source jusqu’aux confins des ténèbres dans lesquelles elle finissait par se confondre ; en sorte que ses rayons divergents devenant de moins en moins spirituels, et, d’ailleurs, repoussés par les ténèbres, se condensaient en se mêlant avec elles, et, prenant une forme matérielle formaient toutes les espèces d’êtres que le Monde renferme.
« Ainsi l’on admettait entre l’Etre suprême et l’homme une chaîne incalculable d’êtres intermédiaires dont les perfections décroissaient, en raison de leur éloignement du Principe créateur.
« Tous les philosophes et tous les sectaires qui admirent cette hiérarchie spirituelle envisagèrent sous des rapports qui leur étaient propres, les êtres différents dont elle était composée. Les mages des Perses, qui y voyaient des génies plus ou moins parfaits leur donnaient des noms relatifs à leurs perfections et se servaient ensuite de ces noms mêmes pour les évoquer : de là vint la Magie des Persans que les Juifs ayant reçue par tradition durant leur captivité à Babylone, appelèrent Kabbale. Cette magie se mêla à l’astrologie parmi les Chaldéens qui consi-
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déraient les astres comme des êtres animés, appartenant à la chaîne universelle des émanationsdivines ; elle se lia en Egypte aux mystères de la Nature et se renferma dans les sanctuaires où les prêtres l’enseignaient sous l’écorce des symboles et des hiéroglyphes.
« Cette science mystérieuse, enrichie de siècle en siècle de trouvailles nouvelles, est parvenue jusqu’à nous à travers les ténèbres du Moyen Age, par une chaîne non interrompue d’initiés. Aujourd’hui une magnifique renaissance se produit : La science occulte se lève éblouissante et radieuse des cendres de l’oubli, où l’avaient reléguée l’insouciance volontaire des savants matérialistes.
Fabre d’Olivet.