‹ Les Chefs d'œuvres de l'occultismeChapitre 4 sur 35 · MANIFESTATIONS DIVERSES DES ESPRITS · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS DIVERSES DES ESPRITS

Nous nous assîmes, M lle Fox était à ma droite et l’autre dame à ma gauche. Nous reçûmes bientôt un message alphabétique nous engageant à éteindre le gaz ; nous l’éteignimes : nous nous trouvâmes dans une obscurité complète et pendant tout le temps qu elle dura, je tins dans une des miennes les deux mains de M lle Fox. Presque aussitôt une communication nous fut donnée en ces termes : Nous allons vous produire une manifestation qui vous donnera la preuve de notre pouvoir et presque aussitôt nous entendîmes tous, le tintement d’une clochette, non pas stationnaire, mais qui allait et venait de tous côtés dans la chambre ; tantôt près du mur, une autre fois dans un coin éloigné de l’appartement ; tantôt me touchant à la tête, puis frappant sur le plancher. Après avoir ainsi sonné dans la chambre, pendant au moins cinq minutes, cette sonnette tomba sur la table, tout près de mes mains.

Pendant tout le temps que ce phénomène dura, personne ne bougea, et les mains de M lle Fox demeurèrent parfaitement tranquilles. Je pensais que ce ne pouvait pas être ma petite clochette qui sonnait, car je l’avais baissée dans ma bibliothèque.

EËS CHIÎFS-D’aîUVRE DE i/OCCUETISME 19

Le gaz éclairait vivement le corridor sur lequel donnait la porte de la salle à manger, de telle sorte que cette porte ne pouvait pas s’ouvrir sans laisser la lumière pénétrer dans la pièce où nous nous trouvions. Du reste, pour l’ouvrir, il n’y avait qu’une clef et je l’avais dans ma poche.

j’allumai une bougie. Il n’y avait pas à en douter, c’était bien une clochette qui était là sur la table devant moi. J’allai tout droit à la bibliothèque. D'un coup d’œil, je vis que la sonnette n’était plus là où elle aurait dû se trouver. Je dis à mon fils ainé : « Savez-vous où est ma petite sonnette ? — Oui, papa, répondit-il, la voici : » et il montrait la place où je l’avais laissée. En prononçant ces mots il leva les yeux et continua ainsi : — « Non, elle n’est pas là, mais elle y était il n’y a qu’un moment. — Que voulez vous dire ? quelqu’un est-il venu la prendre ?

— Non, dit-il personne n’est entré ; mais je suis sûr qu’elle était là, parce que lorsque vous nous avez fait sortir de la salle à manger pour venir ici, J... (le plus jeune de mes lils), s’est mis à la sonner si fort que je ne pouvais pas étudier mes leçons et je lui ai dit de cesser. » J... confirma ces paroles et ajouta qu’après avoir agité la clochette, il l’avait remise à l’endroit où il l’avait trouvée.

Le second cas que je vais rapporter eut lieu à la lumière un dimanche soir, en présence de M. Home et de quelques membres de ma famille seulement. Ma femme et moi avions passé la journée à la campagne, et en avions rapporté quelques fleurs que nous avions cueillies. En arrivant à la maison nous les remîmes à une servante pour les mettre dans l’eau. M. Home arriva bientôt après, et tous ensemble

20 les chefs-d'couvre de l'occultisme

nous nous rendîmes dans la salle manger. Quand nous tûmes assis, la servante apporta les fleurs qu’elle avait arrangées dans un vase. Je les plaçai au milieu de la table dont la nappe était enlevée. C’était la première fois que M. Home voyait ces fleurs.

Après avoir obtenu plusieurs manifestations la conversation vint à tomber sur certains faits qui ne semblaient pouvoir s’expliquer qu’en admettant que la matière pouvait réellement passer à travers une substance solide. A ce propos, le message qui suit nous fut donné alphabétiquement : « Il est impossible à la matière de passer à travers la matière mais nous allons montrer ce que nous pouvons faire (1) ».

Nous attendîmes en silence. Bientôt une apparition lumineuse fut aperçue planant sur le bouquet de fleurs ; puis, à la vue de tout le monde, une tige d’herbe de Chine, de 15 pouces de long, qui faisait l’ornement du centre du bouquet, s'éleva lentement du milieu des autres fleurs et ensuite descendit sur la table en face du vase, entre ce vase et M. Home.

(1) Cette assertion n’est pas tout à fait juste car M. Biko à la Haye et M. Reimers, à Manchester, ont obtenu, avec différents médiums plusieurs résultats qui prouvent que les esprits peuvent faire passer un objet à travers l’autre. Ainsi deux anneaux de différentes matières, sans aucune solution de continuité, sont entrés l’un dans l’autre. M. Reimers nous a envoyé la photographie de deux de ces anneaux : l’un est en ivoire l’autre en acajou.

Le professeur Zoltner à Leipzig a obtenu avec le médium Slade jusqu'à cinq nœuds dans une corde dont les deux extrémités étaient scellées sur la table.

Nous expliquerons ces faits en disant que les atomes de la matière traversante doivent passer par les interstices qui séparent les atomes de la matière traversée (note de l’éditeur).

LES CHEFS-d’(EUVRE de: i/OCCULTISME 21

En arrivant sur la table, cette tige d’herbe ne s’y arrêta pas, mais elle passa droit à travers, et tous nous la vîmes bien, jusqu’à ce quelle l’eût entièrement traversée.

Aussitôt après la disparition de l’herbe, ma femme qui était assise à côté de M. Home, vit entre elle et lui une main qui venait de dessous la table et qui tenait la tige d’herbe dont elle la frappa deux ou trois fois sur l’épaule avec un bruit que tout le monde entendit, puis elle déposa l'herbe sur le plancher et disparut. Il n’y eut que deux personnes qui virent la main ; mais tous les assistants aperçurent le mouvement de l’herbe. Pendant que ceci se passait, tout le monde pouvait voir les mains de M. Home placées tranquillement sur la table en face de lui. L’endroit où l’herbe disparut était à 18 pouces de la place où étaient ses mains. La table était une table de salle à manger à coulisses, s’ouvrant avec une vis : elle n’était pas à rallonges et la réunion de deux parties formait une étroite fente dans le milieu. C’est à travers cette fente que l’herbe avait passé ; je la mesurai et je trouvai qu’elle avait à peine 1/8 de pouce de large. La tige de cette herbe était beaucoup trop grosse pour quelle pût passer à travers cette fente sans se briser, et, cependant, tous nous l’avions vue y passer sans peine, doucement, et en l’examinant ensuite, elle n’offrait pas la plus légère marque de pression ou d’érosion.

William Crookes.

Traduction J. Alidel.

Page 1