‹ Les Chefs d'œuvres de l'occultismeChapitre 9 sur 35 · LA PATTE COUPÉE · texte numérisé non relu

LA PATTE COUPÉE

Dans les montagnes de l’Auvergne, un chasseur tira, certaine nuit, sur une louve, la manqua, mais lui coupa la patte. Elle s’enfuit en boitant. Le chasseur se rendit dans un château voisin, pour demander l’hospitalité au gentilhomme qui l’habitait. Celui-ci, en l'aperçant, s’enquït s’il avait fait bonne chasse. Pour répondre à cette question, il voulut tirer de sa gibecière la patte qu’il venait de couper à la louve; mais quelle ne fut point sa surprise, en trouvant, au lieu d’une patte, une main, et à l’un des doigts un anneau que le gentilhomme reconnut pour être celui de sa femme ! Il se rendit immédiatement auprès d’elle, et la trouva blessée et cachant son avant-bras. Ce bras n’avait plus de main ; on y rajusta ce que le chasseur avait rapporté, et force fut à la dame d’avouer que c’était bien elle qui, sous la forme de louve, avait attaqué le chasseur, et s’était sauvée ensuite en laissant une patte sur le champ de bataille. Le mari eut la cruauté de la livrer à la justice, et elle fut brûlée.

Boguet.

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