‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 11 sur 90 · ALFRED BRUNEAU · texte numérisé non relu

ALFRED BRUNEAU

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Du roman de Zola, tout parfumé de mysticisme et baigné de blancheur, le librettiste a tiré un drame à la ds simple et poignant. La donnée peut se résumer en deux mots : Angélique est une enfant trouvée recueillie sous le porche de Sainte-Agnès, un soir d’hiver, par le ménage de brodeurs Hubert-Huber- . tine. Elle a grandi à l'ombre de la cathédrale, dans le parfum de l’encens et son âme, en qui travaillent de mystérieuses hérédités, s’est développée pure et mys- tique, se dressant comme un Îys vers le ciel. Elle lit et relit la vie des saints dans la Légende dorée ; elle en est imprégnée au point d'en arriver à l’extase et des visions la hantent: ses saintes lui ont promis qu’elle épousera un prince et mourra en plein bonheur, au faîte de sa destinée accomplie. La réalisation de ce rêve à la lettre, avec les traverses indispensables

à l'intérêt dramatique, tel est le sujet de la pièce.

Le premier tableau montre Angélique rêvant devant son métier de brodeuse. Hubert et Hubertine s’effrayent de son exaltation mystique. Jean d'Hautecœur fait une apparition dans l'atelier des brodeurs. Cet évêque grand seigneur, avant de se faire prêtre, a été marié. Sa femme est morte en lui donnant un fils, Félicien, qui est aujourd’hui âgé d’une vingtaine d'années et est revenu auprès de son père. Il vit toutefois dans la retraite et n’a pas encore été vu en ville. Il s'occupe de travaux d'art, répare les antiques verrières de la cathédrale ; rien dans son extérieur ne révèle sa véritable condition. On chuchote que son

ère a résolu d’en faire un prêtre, afin de lui éviter es douloureuses expériences qui ont empoisonné sa propre vie.

A la fin du tableau, brève apparition de Félicien à travers les vitres du fond : Angélique a été seule à le voir et elle a reconnu son prince, celui que ses saintes lui ont promis et qu’elle a déjà entrevu à travers les arbres du Clos-Marie. Les autres assistants à la scène croient à une des hallucinations auxquelles la jeune fille est sujette.

Le deuxième tableau se passe au Clos-Marie, un jour de lessive. Angélique, toute joyeuse, lave du

Angélique ne cèle rien de son amour. Elle feint de

linge dans l’eau de la Chevrotte. Sur un échafaudage contre l’église, Félicien paraît. Il descend et la re contre s'opère, délicieuse de pureté et de simplicit

croire que Félicien est ce qu'il dit être : peintre verrier et l’engage à demander sa main à ses parents adoptifs.… Mais elle sait! elle sait que, sous ce déguisement, c’est son prince qui l'aime. | : EXC Acte I], troisième tableau : l’atelier des Hubert le jour de la Fête-Dieu. La procession va passer. Félicien est là, car il vient tous les jours, mais il n’a pas encore fait sa demande et ses allures intriguent les bons brodeurs. Il a pourtant fixé à Angélique le jour de la Fête-Dieu pour se faire connaitre : elle le verra : à la procession et apprendra ainsi sa véritable identité. La procession approche, elle passe sous la fenêtre, invisible du public, visible seulement pour les acteurs. Soudain, derrière le dais, à la suite de l’évêque, Angélique l’a aperçu, et le grand jour se fait dans son esprit: «Le fils de monseigneur!»> Et elle exulte, tandis que, comprenant l’infranchissable distance qui

sépare les deux jeunes gens, Hubert et Hubertine

s’affligent. |

Au tableau suivant, c’est la lutte qui commence entre le père et le fils. Jean d'Hautecœur a signifiéaux brodeurs que le mariage de son fils est impossible ; il leur enjoint d'amener Angélique à renoncer à son amour. Une violente explication entre Félicien et son père a lieu ensuite, d’où le fils sort vaincu, brisé sous la main pose «Tu seras prêtre!» a conclu sans appel Jean d'Hautecœur. Et tandis qu'Hubert et Hubertine persuaderont à Angélique que Félicien ne l'aime plus, Jean d’'Hautecœur affirmera à Félicien qu'Angélique l’oublie.

Acte III, cinquième tableau : la chambre d’Angélique. De son amour contrarié, la jeune visionnaire meurt. Elle est toute blanche dans son lit tout blanc, entourée de murs blancs comme elle. Mais par la fenêtre Félicien arrive : il a douté de celqu'on dur a dit, il a voulu voir. Et tous deux apprennent qu'on les a trompés, ils s'aiment encore. Dans leur indigna-

envers et contre tous. Angélique va pour partir ; mais

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