‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 39 sur 90 · SEE SANS À · texte numérisé non relu

SEE SANS À

intrigue entre Missia et Camille. Il est confirmé dans . son erreur quand Missia annonce son prochain mariage. Dégoûté, il retourne chez Maxim, vers les femmes faciles dont il fait sa compagnie ordinaire.

Le troisième acte se passe chez Maxim. Scène de luxueuse débauche. Popoff arrive, à la recherche de Danilo, qui paraît au bout d’un instant. L’ambassadeur a acquis la conviction que Missia aime Danilo et il vient le lui dire. Mais Danilo ne veut rien entendre.

Surviennent Missia et Nadia. Par un stratagème adroit, Missia s'arrange à rester seule avec Danilo. L’explication décisive a lieu. Missia donne la clé de l'incident du pavillon, Danilo laisse transpirer son secret, s’entêtant cependant à ne pas parler. Missia ne triomphera qu’en faisant croire que son mariage la ruine. Popoff, qui, convaincu de la trahison de sa femme — toujours l'éventail! — a annoncé son intention de divorcer et d’épouser la veuve, se retire dès qu'il apprend qu’elle perd sa fortune en se mariant. Danilo, lui, saisit la perche, et quand il apprend que la fortune ira au second mari de Missia il est trop tard pour se dédire — il n’en a du reste nulle envie ! Nadia réussit sans peine à convaincre son mari de son innocence et tout finit comme vous vous y attendiez depuis le début de la soirée.

Amour tzigane.

Fantaisie lyrique en deux actes et trois tableaux, livret allemand de A.-M. Willner et Bodansky, adaptation française de Willy et Ralph, musique de Franz Lehar.

Représentée pour la première fois en langue allemande à Leipzig, le 8 janvier 1910; en langue française à Bruxelles, sur le Théâtre Molière, le 19 janvier 1911.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Jozsi, tzigane ; Jonel Bolesco, fiancé de Zorika ; Dragotin, boyard, père de Zorika ; Zorika, jeune Roumaine; Arany, une riche propriétaire hongroise.

Le premier acte et l’épilogue se passent dans le château | du boyard Dragotin, en Roumanie, près de la frontière hongroise; le deuxième acte dans une czarda, sur les terres d’Arany,en Hongrie. De nos jours.

Ce n’est pas là une pièce gaie ; les épisodes et les

| personnages comiques n'y interviennent que comme des accessoires. Le fond de l'ouvrage est d’un senti-

mentalisme extrême et semble avoir pour objet prin-

cipal de fournir des prétextes à musique pittoresque : hongroise et roumaine. Tout le second acte — nous l’apprenons à l’épilogue — n’est qu'un mauvais rêve, avertissement d’en haut donné à la jeune Zorika, sur le point de succomber aux séductions du tzigane Jozsi. Grâce à cet opportun cauchemar, la jeune fille fera le mariage de raison qu’a préparé pour elle un père tant soit peu fêtard.

Voici maintenant la mise en scène de cette idée d'une grande simplicité.

Au lever du rideau, Zorika s'affirme rêveuse et romanesque devant la maison de son père. Elle voudrait connaître l’amour, la grande passion. Arrive le tzigane Jozsi, jouant de son violon. CeJozsi est, comme tous les nomades, ses compagnons, “un inconstant coureur de filles, incapable de se fixer nulle part. Il a su séduire la jeune fille par sa beauté du diable et par son talent musical ; pour elle, il représente l'inconnu, l'aventure, tandis que l’honnête boyard Jonel Bolesco, le fiancé que lui destine son père et à qui elle doit aujourd’hui même donner une réponse, c'est le devoir, le foyer, la prose de la vie quotidienne.

Jozsi vient précisément pour égayer de ses improvisations le repas de fiançailles. Il haït Jonel, qui est, paraît-il, son demi-frère, et l’idée de lui souffler sa fiancée ne lui déplaît pas. Mais Zorika hésite encore, et sa nourrice l’encourage à la résistance.

Nous faisons ensuite connaissance avec Dragotin, un vieux polichinelle, et son intendant Mosche, qui est aussi le complice de ses débauches. La nièce Lilia, une petite demi-vierge extrêmement «dessalée », traverse également la scène, et nous apprenons qu'elle désire follement se marier et a jeté son dévolu sur Kajetan, le fils du bourgmestre, un bon garçon, aussi timide qu’elle est effrontée.

Puis c’est la présentation des fiancés, qui manque

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un peu de chaleur. La voisine Arany, bien que déjà

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mûre, prodigue au tzigane les avances et les agaceries. Profitant du trouble où il voit Zorika, Jozsi essaie de la décider à fuir avec lui- et à partager sa vie. errante. Avant de céder, la pauvre fille consultera les fées, ses protectrices, car elle fut trempée, à sa naissance, dans l’eau de la Czerna. I] lui suffit, une nuit de pleine lune, de boire dans un gobelet d’or l’eau de la rivière magique pour voir se dérouler devant elle l'avenir qui l’attend ; elle tente donc l'expérience, et le rideau baisse sur un chœur enveloppant de nixes.

Quand il se relève, sur le deuxième acte, c’est en pleine obscurité et encore aux sons du chant des nixes, qui s'éteint à l'instant où le jour s'allume, découvrant une czarda richement décorée, qu’habite Arany, la riche propriétaire, aux caprices véhéments.

Arrivent Jozsi et Zorika, en costumes tziganes, fatigués et fripés. Nous apprenons que depuis deux ans, Zorika suit les pas du beau musicien. Elle l’aime toujours et voudrait l’épouser, mais lui, l’aime-t-il encore? C’est douteux. Les amours de Jozsi n’ont jamais duré deux ans. Il a pourtant eu la faiblesse, dans l’emballement des premiers désirs, de faire d’imprudentes promesses, et Zorika exerce encore sur lui suffisamment d’empire pour qu'il n’ose ouvertement se parjurer. Par contre, 1l se venge en tyrannisant et en humiliant la pauvre fille de mille façons. Les auteurs font un tableau de «l'amour tzigane» qui n’a vraiment rien de très engageant. Arany a gardé du goût pour Jozsi, ce qui flatte ce don Juan de bas étage. Aussi prend-il très mal la demande que lui fait Zorika de régulariser leur situation. Mais il cède et donne les ordres pour une noce tzigane. Les intermèdes tziganes: marche, danses, forment le clou de ce second acte.

Restée un instant seule, Zorika entend comme en rêve la voix de Jonel, et le passé se dresse devant elle. Jonel lui-même paraît, puis la vision s’efface. C’est maintenant la cérémonie nuptiale, où nous retrouvons Kajetan marié et Lilia devenue la plus maternelle et la plus pot au feu des épouses. Nous revoyons aussi Dragotin. Devant tous, Jozsi force brutalement

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sa fiancée à danser et à chanter; puis il l’outrage publiquement, lui crie sa haine et se jette aux bras

d’Arany. Zorika, folle de douleur, veut poignarder sa

rivale, mais Jonel surgit et arrête son bras. Au même instant, la lumière s'éteint et, après un intermezzo, le rideau de nuages qui a masqué la scène se relève sur le décor du premier acte.

Comme à la fin du premier acte, Zorika est endormie, mais le soleil se lève. On voit qu’elle est agitée par un rêve effrayant. Jonel sort doucement de la maison et se penche sur elle : «Elle dort toujours!» Et quand la jeune fille s’éveille, elle voit son fiancé qui lui sourit et apprend avec soulagement que tout ce qu’on vient de voir n’était qu'un mauvais rêve. Pendant la nuit, Jozsi s’est bien enfui, mais avec Arany, pas avec Zorika. La leçon a porté, et le rideau baisse définitivement sur deux fiancés tendrement enlacés.

Le comte de Luxembourg,

Opérette en trois actes, livret de A.-M. Willner et R. Bodansky, adaptation française de R. de Flers et G.-A. de Caillavet. Textes chantés de Jean Bénédict, musique de Franz Lehar.

Représentée pour la première fois en langue allemande à Leipzig, le 12 novembre 1909; en langue française, à Paris, sur le Théâtre Apollo, le 13 mars 1912.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Le prince Basil Basilowitch ; Fernand, comte de Luxembourg ; Brissard, peintre ; Suzanne Didier, actrice ; Juliette, amie de Brissard.

L'action se passe à Paris, de nos jours.

Ceci est de l’opérette, sans compromission. Les personnages sont de bien joyeux fantoches. Voici le prince Basil Basilowitch, un type de grand-duc slave de haute fantaisie, qui s’est épris d’une actrice, Suzanne Didier, se persuade qu’elle l’adore, et veut l’épouser. I] ne le peut sans mésalliance, toutefois, et pour créer à l’objet de sa flamme un état-civil sortable, il a imaginé de lui faire faire un premier mariage — blanc, cela va sans dire — suivi dans les trois mois du divorce. Justement, se trouve à Paris

un grand seigneur dans une extrême misère, lecomte . de

uxembourg. C'est sur lui que le prince jette les

yeux comme mari honoraire de Suzanne. Il fera offrir au comte une somme de cent mille francs pour jouer son rôle purement décoratif et disparaître ensuite pendant trois mois. La chose se passera dans l'atelier d’un peintre aussi besogneux que le comte lui-même, Brissard, joli échantillon de rapin pour scènes de boulevards. |

Tout ceci est exposé au premier acte, qui se passe dans l'atelier de Brissard. Chœur de rapins en goguette, puis scène entre Brissard et son amie Juliette, une comparse qui expose la situation et nous fait connaître les principaux personnages. Arrive le chambellan Pawlow, qui a les pleins pouvoirs pour procéder au mariage civil et qui vient négocier l'opé- ration avec Rrissard, moyennant honnête commission à ce dernier.

Retour des rapins, pique-nique et entrée du comte de Luxembourg. Les rapins étant sortis, arrivent le prince et le chambellan, avec les témoins. On présente le comte et la transaction est acceptée, moyennant cent mille francs comptant. Puis arrive Suzanne, et le mariage a lieu, mais les époux sont séparés par un paravent et ne se voient pas. L’échange des anneaux se fait par un trou percé dans le paravent. Suzanne joue toute cette comédie sans grand élan, un peu passive. Après quoi, le comte Fernand et Suzanne se font, toujours sans se voir, leurs adieux définitifs. Du moins ils le croient, mais vous pensez bien qu'ils se retrouveront.

Au second acte, trois mois se sont écoulés. Dans quelques heures, le délai stipulé pour l'absence du comte sera expiré et celui-ci pourra reprendre son nom et sa place dans le monde. Il a été accompagné dans sa retraite par Brissard, qui passe pour mort, ce qui donne à ses tableaux une valeur marchande fabuleuse. Cet acte se passe dans les salons de l’hôtel du prince, qui les a prêtés à Suzanne pour la fête que celle-ci donne à l’occasion de ses adieux au théâtre.

Fête très animée. Prétexte à danses, en particulier le

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rootsi-pootsi, fantaisie chorégraphique très curieuse.

- Arrivent Fernand et Brissard. Fernand a vu la veille

Suzanne Didier — il ignore que c’est sa femme, ne lPoublions pas — et en est tombé éperdüment amoureux, au point de risquer la démarche très aventureuse qui consiste à se présenter chez elle sans être invité et à lui faire une déclaration à brûle-pourpoint. Suzanne ne se fâche pourtant que tout juste ce que demande la vraisemblance; elle subit l’ascendant de cet amoureux volcanique et déterminé. :

Basil survient et, quand il rencontre le comte, il entre dans une violente colère. Cette colère augmente “encore quand Fernand lui confie qu'il aime Suzanne et veut l’épouser sitôt son divorce prononcé. Complications, explications, au bout desquelles la vérité perce : Suzanne et Fernand apprennent leur situation respective et se font réciproquement de sanglants reproches. [1 semble que tout doive être définitivement terminé entre eux.

Le troisième acte a pour objet de nous démontrer qu'il n’en est rien. Nous sommes derechef dans l’atelier de Brissard, où un marchand de tableaux est en train de rafler toutes les toiles du peintre que l’on croit défunt, afin de les revendre avec un beau bénéfice. Brissard arrive, ce qui dérange les combinaisons du marchand ; Brissard n’est pas mort, ses tableaux ne valent plus un rouge liard. Mais il consent sans difficulté à rester mort jusqu’après l'écoulement de ses toiles. Avec émotion il retrouve son vieil atelier, et même Suzanne, qui arrive à point nommé. Elle est bientôt suivie de Juliette, personnage très utile, grâce auquel nous apprenons tout ce que nous devons savoir : en deux mots, il n’est pas douteux que Fernand et Suzanne s’adorent, et Brissard, qui présida à leur mariage pour rire, va essayer de présider à leur réconciliation définitive.

Voici justement le comte. Après quelque discussion avec le peintre, il Sort pour laisser la place à Suzanne, qu’on a entendue dans l'escalier. Brissard entreprend

la femme après le mari, sans grand succès apparent dans l’un comme dans l’autre cas. Mais sa conviction

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