‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 41 sur 90 · R. LEONCAVALLO · texte numérisé non relu

R. LEONCAVALLO

: 07 ; en français sur le Théâtre lyrique de la Renaisà Paris, le 7 octobre 1899. La on PriNcIPAUxX PERSONNAGES: Marcel, peintre; Schaunard,

mte Paul, élève de Barbemuche ; Colline, philosophe ; sette, grisette ; Mimi, fleuriste.

M. Leoncavallo écrit lui-même ses livrets. C’est lui qui, dans la Bohême de Murger, a découpé les quatre actes de sa comédie lyrique. Îl s’est surtout attaché à développer les situations musicales, ne laissant à l’action proprement dite qu’une toute petite place. On pourrait résumer le livret ainsi : les héros de la Bohème sont pauvres mais joyeux; le 24 décembre 1837, Mar- cel se met en ménage avec Musette ; le 15 avril 1838, . Mimi lâche son ami Rodolphe pour tâter de l’opulence . avec le vicomte Paul ; en octobre de la même année, Musette lâche Marcel pour ne pas mourir de faim, et le vicomte laisse Mimi sur le pavé; elle y prend une pneumonie et revient mourir chez Rodolphe le 24 décembre 1838. Les amours de Marcel et de Musette, de . Schaunard et de Phémie ne sont que des hors d’œu- vre et le rôle de tous les autres personnages, y compris Barbemuche, est réduit à sa plus simple expression. [Il y à pourtant un personnage qui joue un rôle important : c'est la foule des étudiants, des grisettes, des bourgeois, etc. M. Leoncavallo s'entend à animer la scène, même en dehors de toute action proprement dite.

| Reprenons chaque acte plus en détail. Au premier, la Bohême réveillonne au Café Momus. Elle n’a pas d'argent pour payer, mais Barbemuche, désireux de s’introduire dans le joyeux cénacle, intervient à point nommé et règle l'addition. Musette est introduite par Mimi, qui est l’amie de Rodolphe. L'’idylle s’esquisse entre Marcel et la nouvelle venue. À Le second acte se joue le jour du terme, 15 avril,

de Marcel, ne payant plus son terme, vient d’être expulsée et ses meubles ont été descendus dans Ja cour. Or justement elle a invité pour ce soir-là tous ses amis

usicien; Rodolphe, poète; Barbemuche, littérateur; le

La scène se passe à Paris, entre Noël 1837 et Noël 1838.

de dans la cour de l’immeuble habité par Musette. L’amie

(Re LEONCAVALLO

de la Bohême. Ils arrivent et on improvise une soirée

dans la cour. Les locataires s’insurgent, et cela finit

par un tumulte. Barbemuche est parmi les invités de’

Musette, avec son élève le vicomte Paul. Cedernierest épris de Mimi. Il fait miroiter aux yeux de celle-ciune vie de luxe et d’oisiveté ; la pauvre fille, qui mèneavec

Rodolphe une existence de privations, se laisse tenter et s'esquive en compagnie du vicomte® Désespoir de Rodolphe, lorsqu'il s'aperçoit de sa disparition. Nous nous retrouvons quelques mois plus tard dans la mansarde de Marcel, voisine de celle de Rodolphe. Ce dernier n’a pas oublié Mimi, bien qu'il affecte l’indifférence. Musette meurt littéralement de faim. Aussi, pendant que Marcel est sorti chercher à vendre une toile, prend-elle la résolution de partir, bien que toujours amoureuse de son beau peintre. C’est l’histoire de la Périchole. Elle laisse une lettre au concierge, à l'adresse de son ami, maïs est retenue un instant par la visite inattendue de Mimi, si bien que Marcel la trouvera encore là à son retour. Mimi aime toujours. Rodolphe et a voulu le revoir. Mais l’ombrageux poète la reçoit très mal, l’accable de reproches et de sarcasmes. Marcel, de son côté, chasse sa Musette, que pourtant il adore. Et pas plus tôt les deux femmes sontelles parties que le pauvre garçon regrette son geste et s'effondre sur le lit où reposait son amie.

Au dernier acte, Noël est revenu. Nous sommes dans la mansarde de Rodolphe. Triste Noël, qui ramène de lancinants souvenirs, rendus plus amers par un gardemanger vide et un foyer sans feu. Marcel attend Musette, qui a annoncé son retour. Et c'est Mimi qui arrive, mourante. Elle a été abandonnée - par le vicomte, est tombée malade, a été recueillie à l'hôpital, d’où elle est sortie soi-disant guérie, mais il est visible qu’elle est à bout de forces. Elle meurt dans les bras de Rodolphe désespéré, en présence de Marcel, de Schaunard et de Musette, qui a fini par revenir comme elle l'avait promis. C’est par ce dénouement. seulement que l’œuvre de Leoncavallo se rapproche de celle de Puccini qui porte le même titre. :

R: LÉONCAVALLO 240

Zaza.

Comédie lyrique en quatre actes, poème et musique de - KR. Leoncavallo, tirée de la comédie de P. Berton et Ch.

Simon, version française de E. Crosti. À Représentée pour la première fois en italien à Milan, le 10 novembre 1900 et en français au Trianon Lyrique, à

7 Dans, le 10 février 1911.

; PRINCIPAUX PERSONNAGES: Zaza, chanteuse de café-concert ; Marcel Dufresne ; Madame Dufresne ; Cascart, chan- - teur de café-concert ; Anaïs, mère de Zaza.

La scène se passe à Saint-Etienne et à Paris, de nos jours.

Le livret de M. Leoncavallo — que M. Crosti a traduit en un charabia informe — suit de très près la comédie de MM. Berton et Simon, sauf pourtant en son dénouement, raccourci d’un acte. Au premier acte, nous sommes dans les coulisses d’un café-concert de St-Etienne ; l’intérieur de la loge de Zaza est visible à gauche. Tableau très réaliste, au cours duquel grouille tout l'envers d’un théâtre de ce genre: « numéros» entrant en scène et en sortant, machinistes, régisseur, directeur, habitués, journalistes, pompiers, etc. À la cantonade on entend chanter sur la scène, applaudir dans la salle. Zaza est l’étoile de l’établissement ; elle doit être la commère d’une revue qui va entrer en répétitions. Elle a pour mère une ivrognesse, pour amant de cœur Cascart, un camarade qui l’a lancée, pour amants d'occasion tout le monde; mais elle n’a pas encore aimé. Et justement l’amour est là, à la porte. Elle s’est entichée d’un certain Marcel Dufresne, dont elle ne sait rien et qui semble l’éviter. Elle ignore que si Marcel l’évite, c’est qu'il redoute de trop l'aimer. Il ne faudra qu’un moment de folie, un brusque afflux de sang au cerveau pour que les deux amants se prennent et se livrent ainsi à l'implacable Fatalité. Ce moment de folie, Zaza le provoque en aguichant Marcel avec qui elle s’est arrangée à rester seule dans sa loge. Elle triomphe et se croit au faîte du bonheur, alors qu’elle vient de sceller sa destinée.

R. LEONCAVALLO Le second acte nous montre l’intérieur où Zaza vit avec Marcel. Celui-ci s’absente souvent et parle sans

cesse d’un long voyage qu'il retarde de jour en jour, … mais qu’il devra pourtant se résigner à faire. Zaza ne vit que pour son amour, négligeant ses intérêts maté-

riels, sans prêter l'oreille aux récriminations de sa mère et aux avis amicaux de Cascart.

Marcel part pour Paris, où il va, dit-il, chercher à

négocier un nouveau renvoi de son voyage. Mais pas plus tôt est-il parti que Cascart, qui a fait Son enquête,

croit devoir, dans l'intérêt de Zaza, révéler à celle-ci ce qu’il a appris: à Paris, Marcel va rejoindre une …

femme. Folle de jalousie, Zaza part surle champ pour Paris à la poursuite de son amant.

Cascart a dit vrai : Marcel va à Paris rejoindre une

femme, mais ce que Cascart ignorait, c'est que cette femme n’est autre que la légitime Mme Dufresne. C’est au foyer conjugal que Zaza va tomber. Elle y arrive en l’absence de la maîtresse de maison, prête aux pires extrémités.

Ici se place la scène la plus touchante de la pièce,

celle qui a fait son succès : dans le salon entre une

petite fille, la fille de Marcel. En lui causant, Zaza s'attendrit, renonce à ses projets de vengeance et d’éclat. Et lorsque Mme Dufresne rentre, elle balbutie une excuse et se retire.

Dernier acte : la chambre de Zaza, comme. au se-

cond. Zaza rentre chez elle anéantie, au grand soula-

gement de son directeur et de sa mère pour quielle

représente la fortune, ainsi que de Cascart pour qui elle représente autre chose, car ce camarade a pour elle une sincère et solide amitié. On essaie de la consoler et elle va se résigner, quand la bonne annonce

le retour de Marcel. Aussitôt toutes les bonnes résolu- :

tions s’envolent et l’amour prend le dessus : elle veut avoir avec l’infidèle une dernière entrevue.

Cette entrevue a lieu; elle est poignante, c’est la. scène capitale de l’œuvre, où se dévoilent les abîmes

de misère que recèle une pauvre âme d'homme.

Au bout de peu de mots, Zaza apprend à Marcel . qu’elle sait tout, qu’elle a vu sa femme et sa fille. .

CN IER LEROUX CO 247 ititude de son amant, tout à l’heure tendre et pasnnée, est révélatrice. Pour aller jusqu’au fond des choses et mettre la plaie à nu, Zaza ment: elle dé- clare à Marcel qu'elle a tout dit à sa femme. Et aus- sitôt le mari dépité se démasque, perd toute mesure et abreuve d’outrages la femme qu'il couvrait tout à l’heure de baïsers. L'épreuve est concluante, Zaza est édifiée. Elle chasse Marcel, le renvoie à sa femme, puis dès qu'il est parti elle s'effondre comme une pauvre loque, pantelante et secouée de sanglots. On devine qu'après la grosse crise passée, elle trouvera refuge — lamentable pis aller! — dans l’amitié du bon et fidèle Cascart.

. Xavier-Henri-Napoléon Leroux.

. Né à Velletri, dans les Etats du pape, le 11 octobre 1863. Auteur d'œuvres assez nombreuses dont quelques-unes de dimensions importantes. La plus populaire est sa Reine Fiammette.

La reine Fiammette.

Drame lyrique en quatre actes et six tableaux, d’après - le conte dramatique de Catulle Mendès, musique de X. Leroux.

Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre national de l’Opéra-Comique, le 23 décembre 1903. PRINCIPAUX PERSONNAGES : Danielo ; Giorgio d’Ast ; le cardinal César Sforza ; Orlanda, souveraine de Bologne, dite la reine Fiammette; mère Agramante ; Chiarina, sui- . vante. = e

La scène se passe à Bologne au XVI: siècle.

. Un drame de passion et de sang, tout empreint du souffle romantique, et habillé d'images somptueuses et de rimes étincelantes par un vrai poète. Le poème en est parfois si beau qu’on se prend à regretter qu’on

l'ait choisi pour le dissimuler sous une musique, si parfaite soit-elle.

[ls’agit de la sombre trame ourdie par le cardinal César Sforza, neveu du pape, contre Orlanda, la reine

Re

Page 1