‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 52 sur 90 · NT RE · texte numérisé non relu

NT RE

cte troisième, premier tableau : l’oasis. Les péle-

rins approchent du couvent d’Albine, où Athanaël conduit Thaïs. La pauvre femme succombe à la chaleur et à la fatigue. Elle est — déjà! — une sainte

accomplie, et toutes les mortifications que lui impose

son compagnon, elle les accepte sans un murmure. . Pourtant les forces humaines ont des limites, et

Athanaël doit consentir une halte. Et à la façon dont il contemple sa pénitente, nous comprenons que le charme de la femme continue en lui son œuvre. Arrivent les saintes Filles blanches, qui reçoivent Thaïs comme une sœur. Athanaël s'éloigne et regagne sa

Thébaïde. Trop tard! Il est envoüté et n’échappera

plus aux aïguillons de la chair.

Deuxième tableau : la Thébaïde. Athanaël est rentré parmi ses frères, mais son attitude est étrange. Il est muet et farouche. À Palémon, il se confesse : tous les démons de la luxure le torturent. Chaque nuit Thaïs lui apparaît .et chasse le sommeil de ses paupières. Palémon l'avait prévu, mais à ce mal il ne connaît d’autre remède que la prière. Or celle-ci s’est revélée inefficace. |

Resté seul, Athanaël a une vision : Thaïs lui apparaît sur son lit de mort, entourée des Filles blanches qui la vénèrent comme une sainte. Le malheureux n’y tient plus: il veut la revoir vivante et fuit éperdu, comme un fou.

Troisième tableau : le monastère d'Albine. Thaïs mourante est étendue sous un arbre, comme elle est apparue à Athanaël au tableau précédent. Elle meurt heureuse et pardonnée. Quand Athanaël, sombre et dévoré de désir impurs, paraît à côté de sa couche, elle lui parle du paradis qui l’attend et le remercie de lui avoir montré le chemin du ciel. En vain blasphème-t-il et renie-t-il ses enseignements passés : elle n'entend plus rien et va vers Dieu, tandis que le misérable se tord de concupiscence à ses pieds.

La Navarraise.

Episode Iyrique en deux actes, poème de Jules Claretie et Henri Cain, musique de J. Massenet.

Représenté pour la première fois à Londres, au Théâtre royal de Covent Garden, le 20 juin 1894.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Anita, la Navarraise; Araquil, sergent au régiment de Biscaye; Garrido, général des troupes libérales ; Remigio; père d’Araquil.

L'action se passe près de Bilbao, en Espagne, en 1874.

Cet « épisode lyrique » s'inspire visiblement de l'esthétique de Cavalleria rusticana. Jusqu’à la coupe en deux actes dans le même décor, séparés par un entr’acte symphonique, qui rappelle le modèle.

Nous sommes en pleine guerre civile. Carlistes et libéraux se disputent la possession de Bilbao. Le général Garrido est jusqu'ici tenu en échec par le chef carliste Zuccaraga et, lorsque se lève le rideau, nous le voyons se replier, battu, dans une position fortifiée aux environs de la ville. Une jeune femme est là, Anita la Navarraise, qui attend dans une mortelle angoisse celui qu’elle aime, le sergent Araquil. Il arrive le tout dernier, mais il arrive, et les deux amoureux se livrent aux transports de leur joie.

Sur ces épanchements, le père d’Araquil, Remigio, jette présentement beaucoup d’eau froide. Paysan riche, il ne permettra pas que son fils épouse une fille de rien, une Navarraise inconnue, sans le sou. Qu'elle lui apporte deux mille douros de dot et il reconsidèrera sa décision!

Deux mille douros! Où donc les prendrait la pauvre Anita? Mais soudain elle dresse l'oreille. Le général Garrido a parlé : il a dit qu’à celui qui frapperait Zuccaraga, il donnerait une fortune avec la croix. Anita ne comprend qu’une chose : à tout prix il lui faut sa dot. Elle propose donc le marché au général : elle frappera Zuccaraga, pour deux mille

douros. Et ce pacte conclu, elle disparaît dans l’ombre

du soir. | Araquil qui revient, s'étonne de ne plus la trouver.

éd Mai 08

Un camarade, ricanant, lui dit qu’on l’a vue se glis-

sant vers le camp ennemi. Serait-ce une espionne P Soupçon effroyable! Mais le camarade suppose autre

chose : Zuccaraga est beau garçon, hé! hé! ..… Fou de désespoir, Araquil se lance sur les traces de sa fiancée.

Nuit. Entr'acte symphonique intitulé « Nocturne ». Quand le jour reparaît, le décor n’a pas changé, mais nous sommes au matin. On entend des coups de feu,

‘des appels aux armes. Une femme hagarde, san-

glante, se précipite sur la scène. C'est Anita, qui vient d'accomplir son œuvre de mort et réclame le prix du sang. Garrido lui verse la somme et désormais la pauvre fille se croit sûre d’épouser son Araquil. |

Mais, horreur! voici qu’Araquil lui-même arrive mortellement blessé. Durement, il repousse Anita éplorée, l’accablant de reproches auxquels elle ne comprend rien. Soudain, de la vallée monte le son du tocsin. La mort de Zuccaraga est connue et c’est son glas que l’on entend. Avant de mourir, Araquil a le temps de comprendre. Il regarde les mains d’Anita, son regard exprime la répulsion et il expire en murmurant : « Le prix du sang! Horreur! »

La raison d’Anita ne résiste pas à cette dernière épreuve, et la pièce s'achève sur une déchirante scène de démence. |

Sapho.

Pièce lyrique en cinq actes et six tableaux, d’après le roman d’Alphonse Daudet, poème de Henri Cain et Bernède, musique de J. Massenet.

Représentée pour la première fois à Paris, sur le théâtre de l’Opéra-Comique, le 27 novembre 1897.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Fanny Legrand (Sapho); Jean Gaussin ; Divonne, mère de Jean; Césaire, son père; Irène, sa cousine,

La scène se passe de nos jours. Premier et deuxième actes à Paris ; troisième et cinquième à Ville d’Avray; quatrième en Avignon.

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