acte. Jean a été victorieux. Entraînés par son courage
ses hordes de Jacques renversent tout devant elles, pillent, massacrent et violent à qui mieux mieux. Cela fait l’affaire des trois anabaptistes, dont Jean n’a été que l'instrument et qui ne se servent de lui que pour la satisfaction de leurs rancunes et de leurs passions, comptant bien briser l’idole dès qu’ils jugeront
pouvoir s’en passer. Mais Jean est écœuré. Ce n’est
pas là ce qu'il rêvait, et le moment est venu où il renàcle devant la besogne. Un nouveau coup de fouet sera nécessaire pour lui faire prendre Münster. Cet excitant sera l’arrivée d’Oberthal, fait prisonnier et reconnu. Par lui, Jean apprend que Berthe vit et se trouve dans Münster : il prendra donc Münster pour revoir celle qu'il aime. Ralliés par lui, ses soldats
2 RTE Ci
: découragés livrent l’assaut et emportent tout devant VEUX.
À partir du quatrième acte, nous sommes à Münster. Il faut se souvenir, et tâcher d'admettre, si possible, que Fidès et Berthe ignorent l'identité de Jean avec celui qu'on nomme le prophète. Il faut admettre aussi que le dit prophète est regardé par Fidès et par Berthe comme une sorte d’Antéchrist, le dernier des misérables et le plus abominable des criminels. Au point que Berthe n’a pas de rêve plus cher que d’immoler le monstre et de périr ensuite.
Le jour du couronnement de Jean est arrivé, et c'est seulement lorsqu'elle le verra paraître dans sa gloire que Fidès reconnaîtra son fils. Mais lui ne reconnaîtra pas sa mère, fidèle au serment que lui ont arraché les anabaptistes. Il obligera donc la pauvre femme à le renier publiquement. Puis soudain, Fidès se souvient de Berthe, qui cherche le prophète pour le . poignarder. Et l’amour maternel l’emportant sur tout autre sentiment, elle va tout tenter pour sauver les
jours de son enfant. Cet acte fait grande impression
par la pompe déployée autour du sacre.
L'acte cinquième et dernier nous transporte d'abord dans un caveau du palais de Münster. [l paraît que dans une chambre voisine se trouvent de grands amas d’explosifs, suffisants pour faire sauter tout le bâtiment. Les anabaptistes ignorent ce détail, mais ont choisi cet endroit pour nous faire connaitre leur dessein de trahir la cause et de livrer Münster et Jean à l'empereur, qui avance à marches forcées et leur a promis la vie sauve pour prix de leur infamie. Cette importante confidence faite, ils sortent et sont suivis par Fidès, conduite par des soldats : on donne à la pauvre femme ce caveau pour prison. Elle n’y restera pas longtemps seule, du reste; au bout d’un instant Jean vient l'y rejoindre. A l’abri des indiscrets, il n'hésite pas à reconnaître sa mère, mais c’est elle maintenant qui le prend de haut et l’accable de san- . glants reproches. Elle l’exhorte au repentir : qu'il
renonce à cette royauté criminelle et la suive! [Il y consent volontiers, dans l'espoir de retrouver du
même coup Berthe. Mais il ne soupçonne pas les.
difficultés qui l’attendent de ce côté.
Voici que, précisément, Berthe arrive — admirez la facilité avec laquelle on entre dans ce caveau, qui semble un des passages les plus fréquentés du palais — dans l'intention non dissimulée de faire sauter la maison : elle s’est pourvue, à cet effet, d’un
flambeau. La rencontre des trois personnages est.
hautement pathétique. Jean, en prophète, cause à sa fiancée une telle répulsion qu’elle se donne la mort plutôt que de s’avouer qu’elle pourrait l'aimer encore | |
Toutes ces émotions et ces tragiques conjonctures ont inspiré à Jean une grande résolution. Après avoir fait mettre sa mère en sûreté, comme sans Berthe la vie lui est à charge, comme il sent que la puissance lui échappe — il n’ignore ni l’approche de l’empereur ni la trahison de ses acolytes, semble-t-il — il mourra, mais il mourra en beauté, en tenant jusqu'au bout son rôle de roi et en entraînant dans sa mort ses ennemis et les faux amis qui l’ont trahi. Et il prépare l'explosion du tableau suivant.
Ce tableau se passe dans la grande salle du palais,
quelques étages plus haut. Scène de triomphe et de
dissipation. Jean mènela ronde et chante des couplets bachiques en l’honneur du punch (car le «nectar brûlant» dont il parle ne peut guère désigner un autre breuvage).
Les portes s'ouvrent, l’évêque de Münster, l'électeur de Westphalie, les princes de l’empire entrent, conduits par les anabaptistes traitres.
Jean ne se trouble pas : il fait fermer les portes. Aussitôt, détonations succèdent aux détonations, les
murs s’écroulent et le prophète annonce à tous ceux …
qui l'entourent qu’ils vont mourir avec lui. Pour que l'héroïne ne manque pas au baisser du rideau, Fidès arrive et demande à mourir aussi : accordé. Et tout le monde expire en chantant avec frénésie.
L’Africaine.
Opéra en cinq actes, paroles d’Eugène Scribe, musique de G. Meyerbeer.
Exécuté pour la première fois à Paris, sur le théâtre de l'Opéra, le 28 avril 1865.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Vasco de Gama; Nelusko, hindou de Madagascar ; Selika, reine hindoue de Madagascar ; Inès, fiancée de Vasco, puis femme de Don Pedro ; Don Pedro, grand de Portugal.
L'action se passe, aux deux premiers actes, à Lisbonne; au troisième en mer, au large de Madagascar ; aux deux derniers, à Madagascar. Début du XVI" siècle.
Ovyez, lecteurs, une bien étrange histoire. C’est celle de la conquête de Madagascar et de la route des Indes par Vasco de Gama, telle que l’écrivit pour
Méyerbeer Eugène Scribe, de l’Académie française.
Mais qu'il soit d'emblée entendu que ni la vérité historique, n1 la vraisemblance, ni le simple bon sens n'ont rien à y voir.
Le premier acte met en scène ce que M. Etienne
Destranges appelle pittoresquement « la discussion
du budget de la marine à la Chambre portugaise», en un temps où il n’y avait pas de Chambre portugaise. Diaz a péri en cherchant à doubler le Cap des Tempêtes. On l’ignore encore en Portugal, mais un membre de l'expédition, Vasco de Gama, vient d’en apporter la nouvelle et tout à l’heure il va se présenter devant le conseil pour dire sa certitude du succès si l’on veut bien lui confier le commandement d’une expédition nouvelle. Vasco est parti depuis deux ans, laissant au pays une fiancée, Inès, fille de don Diègue. Il ramène avec lui deux captifs, des Hindous de Madagascar capturés sur la côte d'Afrique, d’où ce nom usurpé d'Africaine donné à Sélika. En son pays Sélika était reine. Elle est esclave aujourd’hui, mais tandis que son compagnon de captivité Nélusko ne respire que la vengeance, la noble femme a laissé dans son cœur pénétrer l’amour, l’amour pour celui qui fut son ravisseur et qui l’a traitée en maître.
Le conseil refuse à Vasco le vaisseau qu'il réclame, :: et comme il proteste, on le mét dans les fers Ces dans sa prison que nous le retrouvons au second acte. Il partage sa captivité avec Sélika et Nélusko. Ce dernier veut: frapper dans son sommeil Vasco qu’il exècre, mais Sélika veille et sauve le Portugais. Elle lui donne, en outre, une savoureuse leçon de. géographie, lui montrant sur la carte la place qu’occupe l’île de Madagascar ! |
Inès vient voir Vasco dans sa prison, accompagnée de Don Pedro. Le navigateur apprend du même toup que le roi lui fait grâce et lui rend la liberté, qu'Inès a acheté ce bienfait du prix de sa main en acceptant don Pedro pour époux, enfin que don Pedro vient de se voir confier le commandement d’une expédition aux Indes par le Cap des Tempêtes, pour laquelle il utilisera sans façon les documents de son rival. Sélika, qui a tout entendu et qui comprend le portugais aussi bien que la lecture des cartes, est dévorée de jalousie lorsqu'elle apprend. l’amour de Vasco pour Inès. Vasco, qui ignore le doux penchant de sa captive, outrage celle-ci sans le vouloir en l’offrant en cadeau, ainsi que Nélusko, à Inès et à son époux. Le confiant Pedro accepte inno-. cemment les services de Nélusko, qui s'offre comme pilote dans le seul but d’anéantir l’expédition. Pedro, Inès et les deux captifs voyageront de conserve. Mais ils seront précédés sur la route des Indes par Vasco, qui sitôt libre réalise tout ce qu’il possède et achète un vaisseau afin de défendre sa gloire dont on veut le frustrer. ; |
Le troisième acte se passe en mer, à bord du vaisseau de don Pedro. Le Cap des Tempèêtes est doublé et l’on vogue maintenant vers le nord. Tout fait prévoir un heureux succès, mais Nélusko rit dans sa barbe et conduit le navire vers les récifs qui défendent l’approche de Madagascar. A l’horizon, bien loin, on distingue depuis quelques jours une mysté-
rieuse voile blanche. — le vaisseau de Vasco.
Et voici que fond la tempête. Voyant le danger couru par le vaisseau amiral, Vasco saute dans un
canot et vient avertir Pedro de changer sa course. Sa | noble initiative est payée par l’insulte et finalement 028 Pedro fait enchaîner son bienfaiteur et veut le faire FU mettre à mort. Il n’en a pas le temps : le navire | touche un récif, des naturels l’envahissent et tout l'équipage est emmené en captivité pour être livré aux plus terrifiants supplices. Sélika, reconnue, est acclamée comme une souveraine. C’est elle aujourd’hui qui est reine, et [Inès passe au rang de captive. L'acte suivant est celui du couronnement de Sélika. Le dévouement de Nélusko pour sa souveraine : est aveugle. Est-ce de l'amour? Non, sans doute, il n'oserait. La plupart des Portugais ont été massacrés. Vasco, Inès vivent encore, mais Vasco croit qu'Inès a péri. Une scène bien touchante est celle où Vasco | supplie les moricauds de le läisser rejoindre son vaisseau, afin que la Société de Géographie ne perde pas le bénéfice de ses découvertes. Le croirait-on? Ces raisons laissent froids les naturels de Madagascar, qui __ s’apprêtent à abattre l'explorateur comme s'il s’agis- Sait d’un mortel ordinaire. Mais Sélika veille. Elle, déclare que Vasco est son époux, ce qui le rend invio- lable et sacré pour les Hindous. Le Portugais finit par s’apercevoir que la reine l’aime — il y a mis le temps — et comme il croit Inès morte, il n'hésite pas à l'aimer à son tour. Mais à la fin de l’acte, il s’aperçoit que son ex-adorée vit encore. Il n’en sera pas moins fidèle à ses serments, sans réussir toutefois à calmer la jalousie dans le cœur de la pseudo-africaine.
Comment sortir d’une situation si délicate ? Sélika sera sublime jusqu'au bout. Elle rendra Vasco à sa patrie et à la Société de Géographie ; elle renverra avec lui Inès, sa rivale; puis elle se rendra sous le mancenilier dont l'ombre verse l'ivresse et la mort. Là, elle s'endormira pour toujours en regardant s'éloigner celui qu’elle adore. C’est là que Nélusko et son peuple recueilleront son dernier soupir.
Wolfgang Amédée Mozart.
Né à Salzbourg le 27 janvier 1756, mort à Vienne le 5 décembre 1791. Le plus grand musicien qu’ait donné l’Autriche. Seule sa prodigieuse fécondité a pu déprécier son œuvre en y mettant trop de choses hâtives et d’occasion. Mais dans sa production, l’œuvre de théâtre ressort avec éclat et suffirait à elle seule à assurer à son auteur l’immortalité.
Les noces de Figaro.
Opéra-comique en quatre actes, paroles italiennes de Da Ponte d’après Beaumarchais, paroles françaises de Jules Barbier et Michel Carré, musique de W.-A. Mozart.
Représenté pour la première fois en italien à Vienne, le 1 mai 1786; en français à Paris, sur le théâtre lyrique, le 8 mai 1858.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Le comte Almaviva; Figaro; Chérubin; la comtesse (Rosine); Susanne sa camériste, fiancée de Figaro. |
L'action se passe aux environs de Séville, à une époque
*indéterminée. |
Vif, alerte, amusant et facile à suivre à la représentation, le livret de Da Ponte d’après Beaumarchais, est diffus à la lecture et difficile à narrer, avec ses déguisements, ses jeux de portes et de fenêtres qui sentent le vaudeville. En tant que comédie, il est du reste loin de valoir Le barbier de Séville et le livret de l’opéra-comique est malheureusement dépouillé de presque toutes les qualités littéraires qui faisaient la valeur de l’ouvrage original. | |
Les personnages sont ceux du Barbier, mais ils ont passablement changé de caractère. Figaro est beaucoup moins subtil: toute la malice est désormais concentrée chez les femmes, Susanne et la comtesse. AÏlmaviva n’est plus guère sympathique; ce trompeur est d’un bout à l’autre berné. La seule création nouvelle est celle de Chérubin, mais il faut avouer qu’elle est géniale et que Beaumarchais nous a donné là un type immortel.
Almaviva est l'époux de Rosine; mais la possession
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a sans doute amené la satiété et les fantaisies du comte
s’orientent désormais du côté de l’escalier de service. Il conte fleurette à la fois à la fille du jardinier Antonio, Barberine, et à la femme de chambre de la comtesse, Susanne, dont le mariage avec le barbier Figaro s’apprête au moment où souvre l’action. Bartholo est aussi de la pièce; il est réconcilié avec le mari de sa pupille et doit signer au contrat de Figaro. Marcelline de la Verte Allure, gouvernante de Bartholo, fut, paraît-il, jadis pour lui quelque chose de plus tendre et en a même eu un fils, enlevé par des brigands et dont on a perdu la trace. Malgré son âge, elle s’est éprise de Figaro et possède de lui un papier par lequel il s'engage à lui rendre une forte somme qu’elle lui a prêtée, ou à défaut, à l’épouser. Figaro aime Susanne et en est jaloux ; lui seul dans la pièce montre quelque constance. Almaviva désire toutes les femmes indifféremment, semble-t-il, et n’en aime aucune. Chérubin est un polisson en qui s’éveille la puberté et qu'émoustille le contact des cotillons. Son désir va cependant avant tout à la comtesse, mais ce désir n’est au fond que libertinage, ne s'appuyant sur aucun sentiment profond. | Almaviva, poussé par Figaro, a renoncé publiquement au «droit du seigneur». Il compte cependant tourner la difficulté en ce qui concerne Susanne et s’il a doté celle-ci, ce n’est pas dans un but tout à fait désintéressé. Susanne compte toutefois sur les ressources de son esprit pour se tirer de ce mauvais pas.
Felles sont les ficelles qui font la trame de l'intrigue.
Au premier acte, Figaro, sans méfiance, est mis par Susanne au courant des intentions du comte; Marcelline et Bartholo entrenten campagne pour faire rompre le mariage du barbier. Chérubin, frôleur et voluptueux, donne à Susanne une chanson qu'il a faite pour la comtesse et dérobe un ruban ayant appartenu à celle-ci. Il est surpris en tête à tête avec Susanne par le comte etse cache derrière un fauteuil. Le comte se cache à son tour lorsque survient Basile
et apprend de celui-ci que Chérubin fait la cour à sa
femme. Furieux, le mari sort de sa cachette. Un
instant plus tard il découvre la présence du page,
venus le remercier pour l'abolition du droit du seigneur. Pris au piège, il ne trouve pas d'autre moyen d’assurer le silence de Chérubin qu’en le nommant officier et en l’expédiant au loin. Mais Chérubin ne partira pas tout de suite, car nous avons besoin de lui aux actes suivants.
Au second acte, la comtesse se désole de l’inconstance de son époux Figaro vient lui proposer un stratagème de son cru : un billet avisera le comte que sa femme a un rendez-vous, la jalousie rallumera chez lui l’amour et il en oubliera Susanne, du moins Figaro y compte. D'autre part un second billet, de Susanne celui-là, fixera au comte un autre rendez-vous, mais à la place de Susanne, c’est Chérubin qui se présentera, déguisé en femme. La comtesse prendra les deux coupables en flagrant délit, et le comte sera à sa merci.
Chérubin arrive et les deux femmes s’amusent à le travestir. On lui fait chanter sa romance, on flirte. Ce badinage un peu licencieux est interrompu par l’arrivée du comte. Celui-ci, qui a reçu le billet de Figaro, est fou de jalousie et de dépit. On a caché Chérubin dans une alcove, mais le mari irrité ne tardera pas à l’y découvrir. Susanne toutefois réussit à faire échapper le page par la fenêtre ; par malheur il tombe presque sur la tête du jardinier Antonio.
L’imbroglio se complique à l’arrivée de Figaro, puis par celle d’Antonio, qui a ramassé le brevet d’officier de Chérubin, auquel manque encore le
sceau. Chacun ruse, feint, trompe, dissimule. Pour
que la confusion soit complète, il ne manque plus que Bartholo, Basile et Marcelline. Ils arrivent pour le finale et dès ce moment Susanne et Figaro se croient perdus. fa Au troisième acte, la comtesse décide d’aller ellemême à la place de Susanne au rendez-vous fixé au comte. Ce rendez-vous, Susanne Île fixe ensuite ellemême et promet au comte tout ce qu'il voudra. Mais
> Hu c qu'il s'apprête à chasser lorsque surviennent ses vassaux conduits par Barberine et par Figaro. Ils sont
ut XANAX ARTE
la ruse est éventée, car le comte a surpris un mot de Figaro qui lui fait comprendre qu’on le joue. Il ira tout de même au rendez-vous, espérant rire le dernier.
- Un coup de théâtre vient supprimer tout danger du côté de Bartholo et de Marcelline : ceux-ci découvrent en Figaro. leur propre fils ! Il n’est donc plus question ni de dette n1 de mariage avec la duègne. Le comte perd là deux alliés précieux contre Figaro dont il croit avoir à se venger.
Intermède : les filles du village viennent offrir leurs hommages à la comtesse. Parmi elles s’est glissé Chérubin déguisé, qui dérobe de cette façon un baiser à sa noble marraine. Il est malheureusement reconnu par Antonio, et presque au même instant paraît le comte. Cérémonie du mariage, pendant laquelle Susanne glisse au comte le billet où elle lui confirme le rendez-vous.
Le dernier acte se passe le soir dans une sombre allée bordée de deux pavillons. Ici, le quiproquo devient universel et il est désormais très difficile de s’y reconnaître. Susanne a fait échange de vêtement avec la comtesse. Elle sera reconnue par son mari, mais le comte ne reconnaît ni sa femme ni la soubrette. Figaro aux aguets assiste à tout mais ne comprend qu'une faible partie de ce qu’il voit. Toute cette intrigue est pourtant son œuvre et doit consommer sa vengeance. Elle la consomme en effet, mais pas tout à fait comme il avait compté. Toujours est-il qu’on voit tour à tour Chérubin puis Figaro courtiser Susanne sous les atours de la comtesse, et le comte courtiser sa femme qu'il prend pour Susanne. Chérubin, qui s'était réfugié dans un pavillon, y est finalement surpris en flagrant délit avec Barberine; puis au moment où les choses paraissent devoir tourner au tragique, la comtesse se fait connaître de son mari, celui-ci implore sa grâce et tout finit dans l’allégresse.
Tout ceci paraît fort compliqné; en réalité l’action à très rapide et au théâtre elle est suffisamment claire. |
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QT | Re Ve PA ee 2221 MOZART
Don Juan.
Opéra en deux actes et neuf tableaux, paroles italiennes de da Ponte, nouvelle version française de Paul Ferrier, musique de W.-A. Mozart.
Représenté pour la première fois en italien, à Prague, le 27 octobre 1787; dans la nouvelle version française de M. Ferrier, à Paris, sur le théâtre national de l’Opéra- Comique, le 30 avril 1912.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Don Juan ; Leporello, son valet; Mazetto ; le Commandeur; donna Anna,. sa fille; Elvire, femme délaissée de don Juan ; Zerline, fiancée de Mazetto ; don Ottavio, fiancé de donna Anna. l
La scène se passe à Burgos, en Espagne, à une époque indéterminée.
Des diverses versions de Don Juan préexistantes,
da Ponte a tiré un livret composite dans le goût du
XVIIIe siècle. Il l’a coupé en petits tableaux rapides
qui donnent à une action un peu monotone dans ses.
grandes lignes la diversité qui lui manque. Premier tableau : devant le palais du Comman-
deur. Don Juan s’est introduit nuitamment et masqué,
dans les appartements de donna Anna, fille du Commandeur et fiancée de don Ottavio. Il a tenté de forcer la belle mais a échoué et, au moment où se lèvé le rideau, sa victime le poursuit jusque sur les marches du palais. Elle ne parvient pas à voir ses traits, car l’arrivée de son père la met en fuite. Le Commandeur provoque en duel le ravisseur. Don Juan refuse d’abord le combat avec ce vieillard débile, mais celui-ci ayant été jusqu’à le frapper, il dégaine et, en quelques passes, étend son adversaire mort à ses pieds. Après quoi il décampe prestement.
Attirés par le bruit, donna Anna, don Ottavio et des serviteurs paraissent sur le théâtre du combat. Désespoir de donna Anna, qui fait jurer à don Ottavio de tirer vengeance d’un tel forfait.
Deuxième tableau : un faubourg à Burgos. Leporello tente, mais sans succès, de faire de la morale à son maître. Survient Elvire, à qui don Juan jura un