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amour éternel. Pour triompher d'elle il alla jusqu'au
mariage, après quoi il disparut. Elle reconnait l'époux perfide et l’accable de reproches. Ne sachant comment se tirer de ce mauvais pas, le séducteur s’éclipse, chargeant Leporello des explications nécessaires. Leporello, sitôt qu'il s’est assuré du départ de son maître, console Elvire en lui dévoilant ce que son aventure a de banal. Sur le catalogue qu’il tient soigneusement à jour, il lui fait voir les noms de toutes les belles que Don Juan a séduites : rien qu’en Espagne, mille et trois | i Sa mission remplie, l’honnête valet se retire et laisse Elvire maudire seule le misérable qui l’a trompée. La pauvre délaissée s’en va à son tour. Elle est bientôt remplacée par une joyeuse bande de villageois faisant cortège à deux futurs époux, Mazetto et Zerline. Revenant sur leurs pas, Don Juan et Leporello tombent au milieu de la troupe et, instantanément, l'éternel amoureux flambe pour la fraiche paysanne. Ii en entreprend aussitôt la conquête et charge Leporello de distraire le mari. Mais Mazetto n’est pas de composition facile ; resté seul, il se croit trahi par sa fiancée et rumine de vagues projets de vengeance. Dieu sait comment finirait l’aventure si Elvire n’arrivait en trouble fête pour avertir Zerline, à qui don Juan a déjà promis le mariage — il manque vraiment
de prestige, le héros! — Elvire réussit à emmener la trop confiante villageoise, et Don Juan, resté seul, enrage.
Surviennent donna Anna et don Ottavio, sans méfiance encore. Mais Elvire, toujours elle ! leur’ouvre les yeux : au son de la voix, donna Anna reconnaît soudain l'assassin de son père. Les trois conjurés jurent derechef de se venger du misérable.
Troisième tableau : devant la grille du château de Don Juan. L’amoureux légendaire n’a pas renoncé à Zerline. Il prépare une fête, à la faveur de laquelle il compte arriver à ses fins. |
Sur la scène restée vide arrivent Zerline et Mazetto: une explication a lieu qui s'impose, et la coquetterie adroite de la jeune fille a bientôt raison de la colère
ty
Mazetto entend Don Juan parler d'amour à Zerline. Trois masques solennels passent devant le parc: ce sont, on le devine, Elvire, donna Anna et don
Ottavio. Sur l’ordre de Don Juan, Leporello les invite.
Quatrième tableau : le parc, la nuit, fête aux flambeaux. Continuation de la fête, avec les mêmes personnages. À un moment donné, Don Juan réussit à entrainer Zerline dans un pavillon. Bientôt on entend des appels à l’aide, et Zerline sort échevelée. Don Juan essaie, mais vainement, de donner le change en rejetant la faute sur Leporello. Les trois conjurés se démasquent alors et révèlent à Don Juan qu'ils connaissent tous ses crimes. À la pointe de l'épée, le coupable se fraie un chemin et disparaît.
Cinquième tableau : une rue de Burgos. À gauche la maison d’Elvire. Don Juan fait aujourd’hui la cour à la propre camérière d'Elvire. Pour cela, il change de vêtements avec son domestique et s'apprête à donner sérénade à la belle sous les dehors de Leporello, tandis que Leporello entraine au loin Elvire, qui le prend pour Don Juan. La pauvre femme, prête à pardonner encore, tombe dans le piège. Don Juan n’a plus, grâce à une ruse adroite, qu’à se débarrasser de Mazetto et d’une bande de viilageois venus dans
l'intention de lui faire un mauvais parti. Mazetto,
rossé par celui qu'il prenait pour Leporello, est con-
solé et pansé par Zerline.
Sixième tableau : un coin de parc. Leporello, à la faveur de son déguisement, a entraîné Elvire dans un coin sombre du parc. Il cherche maintenant à s'évader, mais la retraite lui est coupée par donna Anna, don Ottavio, Zerline et Mazetto. Le stratagème est dévoilé, et Elvire pense en mourir de honte et de désespoir. L’amour pour son indigne époux est pourtant si puissant que, jusqu’au bout, elle sera disposée à lui revenir et à le défendre pour peu qu'il s’y prête. : Leporello s’esquive et don Ottavio jure une fois de plus d’avoir la vie de Don Juan en expiation de ses crimes. |
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Septième tableau : le cimetière. La statue équestre du Commandeur. En fuyant ses ennemis, Don Juan est arrivé, sans le savoir, au cimetière en face de la
statue du Commandeur. Il a le cœur de rire. Au
même endroit, mais par-dessus le mur, arrive Leporello, qui fuit, lui aussi, ceux qui viennent de découvrir sa ruse. Tandis que causent les deux compères, le Commandeur prend soudain part à la conversation. Ni Don Juan ni son valet ne comprennent d’abord d'où vient cette voix qui menace. Mais apercevant enfin le monument funéraire de sa victime — admirez la rapidité avec laquelle a été érigé ce mausolée! — don Juan charge Leporello d'inviter le Commandeur à souper. En tremblant, le poltron s'exécute, mais sa frayeur se change en panique lorsqu’à son invitation la statue répond par un signe de tête affirmatif. Voulant s'assurer du prodige, Don Juan renouvelle l'invite. De nouveau la statue fait «oui» de la tête. Le pécheur endurci n’en éprouve nulle frayeur et part préparer le «festin de pierre».
Huitième tableau : l’oratoire de donna Anna.
Courte scène entre donna Anna et don Ottavio, simple prétexte à duo.
Neuvième tableau : une salle du palais de Don Juan. Le festin servi. Un orchestre sur le théâtre. Don Juan fait gaiment bombance avec de belles filles, servi par Leporello, et aux sons de la musique. Dernière tentative d’Elvire pour reconquérir son époux ; elle ne s’attire qu'’outrages et railleries. Au comble de la détresse, elle s'éloigne. A peine est-elle sortie qu’on l'entend pousser un grand cri. Don Juan dépêche Leporello pour voir ce qui arrive. Le valet rentre blanc comme farine et les jambes flageollantes : il vient de voir le Commandeur dans le vestibule. Bravant Dieu et le diable, Don Juan crâne : il va au devant de son hôte et le prie à souper. Tout le monde est sorti, hors lui-même et Leporello. Le Commandeur invite à son tour Don Juan à souper avec lui dans la tombe. Son invitation est acceptée. Il tend la main à son convive : sans trembler, celui-ci saisit la main tendue. Mais il pousse aussitôt un cri de dou-
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leur : la main de marbre s’est refermée sur la sienne.
Il a beau se débattre, la statue s’abime, l’entrainant 5 avec elle sous la terre. Leporello est cloué au sol par.
la terreur.
Surviennent donna Anna, Zerline, Elvire, don Ottavio et Mazetto, qui concluent dans le goût du temps par une naïve moralité, dont le génie de Mozart a su faire un chef-d'œuvre musical.
La flûte enchantée.
Opéra-féerie en quatre actes et seize tableaux, paroles allemandes de Schikaneder, nouvelle version française de Paul Ferrier et Alexandre Bosson, musique de W.-A. Mozart.
Représenté pour la première fois en allemand, à Vienne, le 30 septembre 1791; dans la nouvelle version française, à Paris, sur le Théâtre de l’Opéra-Comique, le 31 mai 1900,
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Tamino ; Papageno; Sarastro, grand prêtre du Soleil ; la Reine de la Nuit; Pamina, sa fille ; Papagena.
La scène se passe dans une Egypte de fantaisie, à une époque quelconque. 3
La Flûte enchantée, telle qu'elle se présente à nous, est une féerie dont le sens, si elleen aun, nous échappe. Seule la valeur de la musique a sauvé de l'oubli cet incohérent assemblage de scènes. À certaines contradictions, on est amené à penser que la pièce a dû subir des remaniements en cours de confection. C’est ainsi qu’au début la Reine de la Nuit apparaît comme un personnage sympathique et Sarastro comme un infâme ravisseur. À la fin, les rôles
sont entièrement renversés : c'est Sarastro qui est le
personnage sympathique, quasi-divin, symbole de la suprême sagesse, tandis que la Reine de la Nuit semble symboliser les puissances mauvaises. La critique historique confirme l’hypothèse d’un remaniement du livret. À côté de cela, il est bien probable que
pour Schikaneder et Mozart, beaucoup de scènes qui.
nous paraissent de la dernière puérilité, avaient réelle-
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ment une intention symbolique. Tous deux étaient des francs-maçons convaincus, et les phases de l’initiation de Tamino ne seraient autres que celles de l'initiation maçonnique. Le sens de la pièce serait alors le passage des ténèbres à la lumière, de l’ignorance matérialiste à la connaissance des mystères d’Isis. Tout le reste serait accessoire. Il n’en reste pas moins que la Flûte enchantée produit sur le spectateur, même le plus indulgent, l'impression d’un enfantillage passablement ridicule, que sauvent seules la splendeur de la mise en scène et la miraculeuse musique dont Mozart l’a revêtu.
Au premier tableau, Tamino entre poursuivi par un monstre. [1 tombe évanoui. Trois «dames» surviennent qui tuent le monstre, puis vont faire rapport. à leur maîtresse, la Reine de la Nuit.
Tamino se réveille et voit le monstre mort. Entre Papageno, l’oiseleur; Tamino croit que c’est lui son sauveur et il le remercie. Papageno, qui est un fieffé poltron, accepté sans vergogne l’hommage. Mais il sera puni de son mensonge : les trois dames reviennent et le frappent de mutisme, Tamino raconte aux nouvelles venues qu'il aime Pamina, et apprend d'elles que sa bien-aimée, fille du Soleil et de la Reine de la Nuit, est gardée prisonnière par Sarastro, prêtre du Soleil. A la Reine de la Nuit qui survient, il promet de tuer Sarastro et de délivrer son enfant. Pour lui faciliter la tâche, les trois acolytes de la reine remettent à Tamino une flûte magique, à Papageno un jeu de clochettes. L’oiseleur se voit aussi rendre la parole, à condition qu’il accepte d’accompagner lamino et de l’assister dans sa mission.
La scène change et représente la chambre de Pamina. Celle-ci vient de faire une tentative d’évasion, mais est ramenée par Monostatos, un esclave noir qui est amoureux d'elle, type de traître. Papageno survient et annonce à la belle enfant que Tamino, qu’elle aime, est à deux pas et se préparer à l’arracher à sa captivité.
Troisième tableau : un bois sacré; au fond, les. trois portes d’un temple. Trois jeunes garçons intro-