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L. Halévy, musique de J. Offenbach

Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre …

des Variétés, le 6 octobre 1868.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : La Périchole, chanteuse des.

rues; Piquillo, chanteur des rues, son fiancé ; Don Andrès de Ribeira, vice-roi du Pérou ; Don Pedro, gouverneur de Lima ; le comte de Panatellas, premier gentilhomme de la chambre; les trois cousines, cabaretières. É

+ “Es scène se passe dans un Pérou de fantaisie, à une époque indéterminée.

La Périchole est quelque chose dans le goût de /a

Favorite, mais dans une note incomparablement plus gaie. Piquillo et la Périchole s’adorent, mais

leur métier de chanteurs des rues ne leur rapporte :

rien, parce que Piquillo est si jaloux qu’il empêche son adorée de quêter d’une façon profitable : je m’entends! Si bien qu'au début de l’action ils meurent positivement de faim. Et pourtant c’est un jour de liesse, le jour de la fête du vice-roi, et pour que cette solennité ne manque pas de manifestations de joie bruyantes et spontanées, le gouverneur de Lima et le premier gentilhomme de la cour ont pris de nombreuses précautions : quand le vice-roi, déguisé à l'instar d'Haroun-al-Raschid, mais instantanément reconnu dès qu'il se montre, parcourra les rues de sa capitale, partout il n'entendra que louanges sur sa personne et sur son sage gouvernement. Sans doute n'est-il point assez sot pour ne pas S’apercevoir qu’on le joue ; en soupirant il constate qu'il est difficile à un grand de connaître la vérité.

Sur la place, en face de la petite maison où le viceroi abrite ses frasques, se trouve l'auberge des Trois Cousines. Là s'installent Piquillo et la Périchole, mais, toujours grâce à la jalousie de Piquillo, la recette est nulle. La Périchole est si lasse qu’elle se laisse choir d’inanition au seuil de la petite maison du vice-roi. Pendant qu’elle essaiera de dormir, Piquillo va tenter la fortune ailleurs.

Arrive le vice-roi, qui aperçoit la belle #t qui s’en éprend de façon aussi violente que soudaine. Il lui offre à diner et, vraiment, la pauvre Périchole n’est pas en état de refuser une offre de ce genre. Il lui propose de l’accompagner au palais. Après quelque hésitation, elle se décide et écrit à Piquillo une lettre devenue célèbre, où tout en protestant de son amour et en promettant fidélité à son ami « quant aux choses essentielles », elle lui annonce qu’elle n’en peut plus et qu’elle le quitte. Les trois cousines remettront la lettre et la pauvre fille va se mettre à table. |

er Fe.

Se

Le comte de Panatellas et Don Pedro ont suivi le … manège de leur maître, et lorsqu'ils se sont assurés que celui-ci ne songe à rien moins qu'à prendre une favorite, ils le rappellent au règlement : celui-ci exige formellement que la favorite soit une femme mariée. «Qu’à cela netienne», répond le souverain amoureux: «je vous donne deux heures pour lui trouver un mari!» La chose n’est pas fort aisée, mais le roi a parlé et, en bons courtisans, les deux compères se mettent en chasse : l’un se charge de trouver le mari, l’autre part en quête d’un notaire. Don Andrès, de son côté, va tâcher de décider la Périchole à convoler en justes noces. | ;

Panatellas revient bredouille : personne n’a consenti à épouser dans ces conditions. Très préoccupé, il n’a pas vu Piquillo, qui a reçu la lettre de son amie et qui, de désespoir, est en train de se pendre. Il a la corde au cou lorsque Panatellas, par inadvertance, bouscule son tabouret, avec ce résultat que le pendu lui tombe sur le dos. Un désespéré : voilà son affaire | Et il entreprend aussitôt Piquillo, négociation difficile et qui n’aboutit qu’à force de libations ; le malheureux ne consent que lorsqu'il a complètement noyé toute raison dans l'alcool.

Parallèlement à la conversion de Piquillo se négocient celles du notaire et de la mariée, et les mêmes arguments sont employés dans les trois cas. Enfin, tout le monde est au point : Piquillo, la Périchole, les notaires, ainsi que leurs convertisseurs, sont tous extrêmement lancés. Cependant, alors que Piquillo est ivre au point de ne pas reconnaître la Périchole, celle-ci reconnaît très bien Piquillo et l'épouse en parfaite connaissance de cause. La scène du mariage termine l’acte de la façon la plus cocasse. |

Le second acte (que l’on coupe souvent en deux) se passe au palais du vice-roi. Toute la cour est sens dessus dessous : on vient d’apprendre que le maître prend une favorite, que celle-ci n’est qu’une chanteuse ambulante mariée pour la circonstance à un comparse complaisant et pourvu du jour au lendemain d’un nom et d’un titre ronflant. Dans un instant va avoir

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lieu la cérémonie officielle de la présentation de la favorite à la cour. Cette présentation doit, selon l’étiquette, être faite par le mari.

Piquillo est dégrisé. Il ne se souvient de rien et ne comprend pas pourquoi on l’a revêtu d’habits somptueux, pas davantage pourquoi il se trouve dans un palais. Il s'étonne des mines dédaigneuses des dames d'honneur et des regards méprisants des courtisans. Quand il en demande la cause, on lui répond, sur de la musique de Donizetti, qu'il vient d’épouser la mai-

tresse du roi. Après tout, il s’en moque, et présentera

volontiers sa femme à la cour, puisqu'on ne l’empéche pas de s'unir... morganatiquement à la femme qu'il aime, et que sa complaisance doit lui procurer les ressources nécessaires à l’entretien de la Périchole. I ignore, en effet, quelle est la femme qu’il a épousée. Tout est prêt pour la cérémonie de la présentation et le mari se dispose à remplir son office, mais lorsque la Périchole paraît et qu’en elle le malheureux reconnaît sa maitresse infidèle, il devient amer et brutal. Les explications de son amie le trouvent sourd et obstiné: il fait un scandale et crie à sa femme son mépris et sa fureur. Conséquence : il sera conduit au cachot n° 17, réservé aux maris récalcitrants.

La sottise de Piquillo a irrité la Périchole, mais n’a pas détruit son amour. Elle désire se venger, mais de façon bénigne. Feignant de partager la colère du vice-roi, elle profite de la situation pour faire mettre son ami en liberté. Et dès qu’elle peut avoir avec lui une explication, elle tente de le faire entrer dans ses vues, qui consistent à prolonger la situation tant que l’intérêt matériel l’exigera, mais sans accorder au vice-roi la moindre privauté. Comme il ne veut rien entendre, elle se résigne en soupirant : elle renoncera à l’opulence et reprendra, avec Piquillo désormais son époux, la vie de privations et de misère. Elle fait cependant dire au vice-roi que Piquillo a réfléchi et qu'il consent à faire une présentation convenable et selon l'étiquette.

Pendant ce temps, toute la cour conspire. Il s’agit

de rendre au vice-roi la vie impossible jusqu'à ce :

qu'il se décide à renvoyer la favorite. S'il tient à en

prendre une, qu'il choisisse parmi son entourage : il

y trouvera, sans peine, chaussure à son pied et toutes

les complaisances voulues. A ee La campagne de coups d’épingle commence avec

le repas du vice-roi. Abusant des privilèges de l’éti- :

quette, don Pedro, Panatellas et les autres gentilshommes de la maison royale forcent leur auguste maître à souper de pain sec et d’eau claire. Leur audace pourrait leur coûter cher et la colère souveraine risque d'éclater sur eux en tempête. | Heureusement que survient le coup de théâtre : Piquillo et la Périchole, revêtus de leurs haillons du premier acte, viennent prendre congé du vice-roi et lui rendre tous les présents dont il les a comblés. Mais don Andrès a l’âme généreuse : il ne reprend pas ses petits cadeaux, qui serviront aux chanteurs à

se mettre en ménage. Dénouement, comme on voit,

ultra-moral.

Les Brigands.

Opéra-bouffe en trois actes, paroles de H. Meilhac et L. Halévy, musique de J. Offenbach. ne Représenté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Variétés, le 10 décembre 1860. à

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Falsacappa, chef de brigands ; Fiorella, sa fille ; Fragoletto, amoureux de Fiorella ; le duc

de Mantoue ; Antonio, son caissier; la princesse de Grenade ; le comte de Gloria-Cassis, son chambellan ; le baron:

de Campotasso, premier écuyer du duc de Mantoue, etc.

La scène se passe premièrement dans la montagne, au

quartier-général de Falsacappa, puis à la frontière hypothétique du duché de Mantoue et du royaume de Grenade; enfin à la cour de Mantoue. Epoque indéterminée.

La cour de Mantoue doit à la cour de Grenade une somme de cinq millions. Le règlement des comptes

approchant, un mariage est arrangé qui simplifiera

la question financière : le duc de Mantoue épousera la princesse de Grenade, Celle-ci devant apporter

deux millions en dot, la cour de Mantoue n'aura plus à verser que trois millions le jour de la noce. La princesse approche avec sa suite et le duc est convaincu que son caissier doit avoir les fonds nécessaires. Il envoie une ambassade à la rencontre de la princesse. Mais en réalité le caissier ne dispose que de quelque douze cents francs, ayant mangé le reste avec des femmes. |

Dans la montagne, le brigand Kalsacappa et ses hommes sont souverains. Les carabiniers ne parviennent jamais à mettre la main sur eux, qui, sûrs de l'impunité, rançonnent la contrée. Mais l’amour est maître des brigands et des rois : la fille de Falsacappa, Fiorella, s’est amourachée d’un jeune paysan, Fragoletto, qui lui rend son affection et va même jusqu’à se faire brigand pour lui plaire. Autre détail : le duc de Mantoue, s'étant égaré dans la montagne, tombe au milieu des brigands. Son affaire serait claire sans Fiorella, qui le trouve gentil et le fait évader. Le duc n'oubliera pas cet acte de générosité, pas plus du reste que l’image de Fiorella, qui lui fit pro- fonde impression. ae Tels sont en gros les faits qu’expose le premier acte. Nous y apprenons au surplus que chez les brigands le mécontentement gronde : les affaires ne vont plus. Pour maintenir son prestige, Falsacappa imagine un coup magnifique : arrêter à la frontière la princesse de Grenade et sa suite; substituer Fiorella à la princesse et les brigands à la suite; se rendre à la cour de Mantoue, toucher les trois millions et disparaître. Et ce beau plan réussirait peut-être, sans l’inexistence des trois millions, qui gâte tout.

Ce premier acte est encore égayé par l’inénarrable apparition des carabiniers, «sécurité des foyers», qui «par un malheureux hasard» arrivent, hélas! «toujours trop tard! »

Second acte. À la frontière, devant l’auberge où doivent se rencontrer la princesse de Grenade et l’ambassade envoyée pour la recevoir. Les brigands arrivent, emprisonnent aubergiste et marmitons, leur enlèvent leurs vêtements et se substituent à eux.

360 OFFENBACH | : Quand survient l’ambassade du duc de Mantoue, ce sont les brigands qui la reçoivent. Elle est promptement mise sous bonne garde et les brigands la remplacent. Ce sont eux encore qui reçoivent la prin-

cesse de Grenade et sa suite. Les nouveaux venus

sont emprisonnés à leur tour et il ne reste plus aux brigands qu’à opérer une troisième transformation et à se rendre auprès du duc. Fiorella sera la princesse, Fragoletto sera son petit page, Falsacappa représentera Gloria-Cassis, et le reste à l’avenant.

Troisième acte : le duc de Mantoue, en attendant sa future, enterre gaiement sa vie de garçon. Il a quelques mots d’entretien avec son caissier, et sort de l’entrevue tout à fait rassuré : le caissier affirmé avec aplomb qu’il a les fonds et que les Espagnols n'ont qu'à venir. Ce caissier est un philosophe et connaît le cœur humain. Avec le seul billet de mille francs qui lui reste, il ne doute pas d’arriver à s'entendre avec le personnage chargé d’encaisser les trois millions.

Arrivent les brigands, costumés en Espagnols,

comme il a été dit plus haut. Mais le prince ne tarde pas à reconnaitre en la pseudo-princesse de Grenad la jolie fille qu’il rencontra dans la montagne. De son côté, le caissier échoue dans sa tentative de corruption, Falsacappa ne consentant pas à se contenter de mille francs. Le malheureux Antonio, qui espérait trouver un confrère, conclut qu'il a eu la guigne de tomber sur un honnête homme.

: Les choses commencent donc à se gâter. Elles se gâtent tout à fait lorsque arrivent la vraie princesse, les vrais Espagnols et les vrais carabiniers, délivrés on ne sait comment. Les brigands croient leur dernière heure venue, et elle le serait en effet, si Fiorella ne rappelait au duc qu'un service en vaut un autre : elle lui a sauvé la vie, qu’il prouve sa reconnaissance en amnistiant les coupables. Le duc y consent et les brigands passent en bloc à son service. Quant au vrai Gloria-Cassis, il s'entend immédiatement avec le caissier et empoche le billet de mille : des trois millions, il ne sera plus question pour le quart d’heure ! :

Le duc, cela va de soi, épouse la princesse et Fragoletto épouse Fiorella.

Madame Favart.

Opéra-comique en trois actes, paroles de Alfred Duru et Henri Chivot, musique de J. Offenbach.

Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Folies Dramatiques, le 28 décembre 1878.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Favart, comédien; Madame Favart, comédienne, sa femme ; le marquis de Pontsablé, gouverneur de l’Artois ; le major Cotignac; Susanne, sa . fille, puis femme d’Hector de Boispréau ; Hector de Boispréau ; etc. |

La scène se passe au temps du grand roi, le premier

acte à Arras, le deuxième à Douai, le troisième au camp du maréchal de Saxe.

Finie, la brillante collaboration du musicien folâtre et de deux académiciens. Et du même coup le soustitre « Opéra-bouffe » cède la place à celui d’«Opéracomique ». La transformation est complète et c’est un véritable opéra-comique dans la plus pure tradition du genre que Madame Fayart. Le quiproquo y . joue un grand rôle, et le principal personnage féminin étant la célèbre Favart, les auteurs en ont profité pour lui faire changer de costume presque à chaque nouvelle entrée.

Le premier acte se passe dans une auberge à Arras. Dans cette auberge se cachent, grâce à la complaisance de l’aubergiste Biscoton, M. et Mme Favart, poursuivis par la rancune du maréchal de Saxe, à qui M: Favart, épouse fidèle, a refusé les privautés qu'il demandait. Les deux époux attendent une occasion favorable pour passer la frontière. En attendant, Favart se cache à la cave et sa femme dans un couvent d’Ursulines.

Entre autres voyageurs, descendent au Lapin noir le major Cotignac et sa fille. Le major voudrait marier sa fille à son cousin Laroche-Tromblon, et vient solliciter, pour son futur gendre, de M. de Pontsablé,

362 OFFENBACH ADS di a 4 4 gouverneur de l’Artois, le poste de lieutenant de ae lice à Douai. Mais un amoureux de Susanne, la fille du major, agréé par la belle, arrive au même instant. Lui aussi vient solliciter la place de lieutenant de olice à Douai. Pour qu'il l’obtienne, il lui faudrait l’influence d’une jolie femme, car à un joli minois Pontsablé n’a jamais su rien refuser. Et, s’il l’obtient, Cotignac consent à lui donner la préférence sur Laroche-Tromblon. Nous sommes dans la note opéra-. comique en plein. |

Survient Mme Favart qui s’est échappée du couvent, costumée en vielleuse. Hector la reconnaît et lui conte sa peine. Pour rester près de Favart elle s’ouvre à Biscoton qui l’engage comme servante. En cette qualité elle sert à boire aux soldats envoyés à sa recherche. Fuir devient difficile; mais le génie inventif de Mme Favart est rarement en défaut: que faut-il pour que son mari et elle-même soient en sûreté? Qu'Hector soit nommé lieutenant de police, car alors il pourra, sans exciter les soupçons, les emmener tous deux à Douai avec lui. Et que faut-il pour qu'Hector soit lieutenant de police ? Qu’une femme aille solliciter Pontsablé. Sans hésiter, la rusée personne va chez Pontsablé, se présente à lui comme la femme d'Hector, l’aguiche et lui arrache, par des promesses, la nomination de son pseudo-mari. Cotignac ne peut plus refuser son consentement au mariage d’Hector et de Susanne, et tous quatre, couple Hector et couple Favart, montent gaîment en voiture sous la protection de la police.»

Au second acte nous sommes chez Hector, marié depuis huit jours. Madame Favart remplit les fonctions de soubrette et son mari celles de pâtissier. Une grande fête se prépare pour le soir. Tout irait bien sans une fâcheuse circonstance : une vieille comtesse de Montgriffon a reconnu la célèbre actrice qu'elle a applaudie à Paris et croit que sous ce déguisement Hector cache une maîtresse. Elle sait que Pontsablé recherche Favart et sa femme et l’avise secrètement de leur présence chez Hector. Pontsablé se met immédiatement en route et tombe inopinément chez les

Boispréau, qui en sont naturellement très ennuyés. Comment présenter à ce fâcheux la vraie Mme de Boispréau, puisque Mme Favart lui est déjà connue sous ce nom? Tout seul, jamais le pauvre lieutenant de police ne se sortirait de cette impasse; mais une fois de plus Mme Favart va venir à la rescousse. Elle reprend son rôle de Mr de Boispréau, et Susanne, mise au courant, consent à prendre temporairement la place de Toinon la soubrette. Elle ne le fait pas de bon cœur, car elle est jalouse. Sa jalousie n’a même d'égale que celle du pauvre Favart, qui doit monter la garde pendant que Pontsablé fait la cour à sa femme.

Incidemment, Mme Favart apprend le vrai but de la visite de Pontsablé, et comment il a été mis sur la trace des fugitifs. [Il s’agit maintenant d’empécher le. gouverneur d'assister à la fête du soir et de l’éloigner de Douai au plus vite. Pour cela, un nouveau travestissement est nécessaire et l'actrice joue maintenant le rôle de la comtesse douairière de Montgriffon. En cette qualité, elle apprend à Pontsablé que Mme Favart a quitté Douai depuis une heure et roule vers St-Omer.

Pontsablé part en hâte. Le malheur veut qu’en route il rencontre la vraie comtesse de Montgriffon. Il revient donc furieux et arrête... Susanne, en qui il croit reconnaître celle qu’il cherche ; rien ne peut lui ôter de l’idée que Mme Favart est la femme d’Hector. Il emmène donc Favart et Susanne au camp du maréchal de Saxe.

Dernier acte : le camp de Fontenoy, au soir de la victoire. Le grand roi est à l’armée et pour fêter sa présence, Pontsablé veut profiter de ce qu’il a sous la main la fameuse comédienne. Il a donc ordonné une représentation de Za chercheuse d'esprit. Susanne est aux cent coups : la voilà mise en demeure de jouer la comédie maintenant !

Autre complication : le major Cotignac est là et peut rencontrer sa fille d’un moment à l’autre.

Heureusement la vraie Mme Favart n’est pas loin et la fin du quiproquo est proche. La voici qui arrive en compagnie d'Hector, tous deux costumés en marchands ambulants. Mise au courant de la situation,

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-Mne Favart ne fait niune ni deux: elle va se présenter au roi et lui raconte toute la vérité. Sa Majesté daigne sourire et lui annonce son intention d’aller la voir jouer tout à l'heure.

Pendant cette audience, Hector et Susanne ont tenté de fuir, maisils seront bientôt rattrapés; — n’anticipons pas. Pour l'instant Pontsablé s’arrache les cheveux de désespoir: le roi va venir et pas de Mme Favart ! Quand il s'aperçoit que la représentation a lieu quand même, il n’y comprend plus rien.

Il va comprendre : on ramène Hector et sa femme, qui sont reconnus par le major Cotignac. Le gouverneur a été joué. Mais il se vengera. Il est en train d'écrire l’ordre qui envoie Hector en prison, quand Mne Favart, qui sort de scène, reçoit du roi un bouquet d’où elle extrait : 1° la destitution de Pontsablé, 2° la nomination de Favart comme directeur de l’Opéra-Comique. Pontsablé est roulé jusqu’au bout. Ce dénouement éminemment traditionnel est suivi du traditionnel couplet au public.

La Fille du Tambour-Major.

Opéra-comique en trois actes, quatre tableaux, paroles de À. Duru et H. Chivot, musique de J. Offenbach.

Représenté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Folies Dramatiques, le 13 décembre 1870.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Monthabor, tambour-major ; Stella, sa fille, qui passe pour la fille du duc Della Volta; le duc Della Volta, noble Italien partisan de l’Autriche; le lieutenant Robert; Griolet, tambour; le marquis Bambini, fiancé de Stella ; la duchesse Della Volta, ancienne femme divorcée de Monthabor ; Claudine, cantinière ; etc.

La scène se passe en 1806, en Lombardie.

Monthabor a été teinturier avant d’être tambourmajor ; il était alors l'époux d’une blanchisseuse et père d’une fillette. Le ménage marchait mal et le divorce avait été prononcé ; après quoi Monthabor avait dû partir pour l’armée et pendant son absence son ex-femme avait disparu, emmenant la fillette.

Plus tard, à Madrid, devenue actrice, elle a épousé le duc Della Volta, et sa fille Stella passe aux yeux de tous pour la fille du duc. Quant à Monthabor, il a perdu toute trace de son enfant. Le duc Della Volta, pour ne pas perdre une très forte somme en litige, a promis au marquis Bambini de lui donner Stella en mariage. Stella est au couvent à Biella et ignore encore les projets matrimoniaux de celui qu’elle croit son père. :

Tels sont les faits au début de l’action. Nous som-

mes au couvent où Stella est pensionnaire. Pour une espièglerie, la jeune fille est consignée à la lingerie jusqu’au soir, au pain et à l’eau. De vagues rumeurs parlent de l’approche des Français, mais on n’y ajoute pas créance. Et cependant les Français sont là, à la porte. Epouvantée, la supérieure s'enfuit, emmenant son troupeau, mais oubliant la prisonnière. Quand les soldats, avec à leur tête le lieutenant Robert, le tambour-major Monthabor, le tambour Griolet, la cantinière Claudine, pénètrent dans le pensionnat, ils n’y trouvent personne. Nous apprenons vite que Griolet est amoureux de Claudine, laquelle n’a d’yeux que pour le lieutenant. Nous apprenons aussi que Monthabor a quelque part une fille qu’il n’a pas revue depuis qu'elle était toute petite et dont il ignore la résidence. :

En fouillant la maison, les soldats ont découvert Stella qui, étonnée d’être seule, se met toutefois à faire les honneurs et régale les Français de son mieux.

On sonne le départ; les Français s’en vont. Stella rentre dans la maison. Arrivent Della Volta et le marquis Bambini qui s’étonnent à leur tour ‘de trouver le couvent abandonné. Le duc vient annoncer à sa soi-disante fille qu’il lui a trouvé un mari. Au lieu de Stella, ce sont les Français qui se présentent, poursuivant la supérieure et les pensionnaires. Stella arrive de son côté, suivie de Robert, de Monthabor, de Griolet et de Claudine. Le duc fait très froide mine aux militaires et part en emmenant sa fille.

C’est à la résidence de Della Volta que se déroule le second acte. La noblesse italienne vit dans une

fausse sécurité et ne veut pas croire à l’arrivée d

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Français, qui sont cependant à deux pas. Cetteinsou-

ciance est si complète que le duc et la duchesse ont . lancé des invitations à une fête donnée en l’honneur

du mariage de Stella et de Bambini. Il faut bien

avouer au prétendant la vérité au sujet de la naïs-

sance de Stella, — du moins autant de cette vérité que la duchesse a bien voulu en laisser savoir au duc, — mais Bambini est si amoureux qu'il ne modifie rien à ses projets. HE

Entrent les trouble-fête : Monthabor, Robert et

Griolet ont un billet de logement chez le duc, preuve.

que les Français n'étaient pas un mythe. Les nouveaux venus sont assez mal traités par Della Volta. Claudine, jalouse de Stella, vient bientôt les rejoindre et demande à Griolet des nouvelles de certain uniforme que celui-ci, tailleur de son état, lui a promis. L’uniforme est prêt et sera déposé tout à l’heure dans une pièce voisine. ie

Survient la duchesse. Elle et Monthabor se reconnaissent aussitôt, et pour obtenir le silence du tambour-major, l’ex-blanchisseuse accepte toutes les con-

ditions qui lui sont posées : non seulement les Kran-.

çais seront très bien logés, mais ils sont invités au bal des fiançailles. À Monthabor qui lui demande où est sa fille, la duchesse ment : elle affirme que l’enfant est à Paris, dans un couvent. Mais le père conserve des doutes et bientôt il en aura le cœur net: dans une scène touchante avec Stella, la vérité se fait jour et bientôt le père et la fille sont aux bras l’un de l’autre. Désormais Stella aura un allié puissant, qui l’aidera à repousser Bambini qu’elle déteste et à épouser Robert qu'elle aime. Elle se décide, du reste, très vite à quitter son faux père pour suivre le vrai, et va en catimini endosser l’uniforme de Claudine. Lors donc que les invités sont là et qu’on n’attend plus que la promise, celle-ci fait un bel esclandre en se présentant en cantinière. | Ne

Mais le temps passe et l’on apprend que les Français logés chez le duc sont tombés dans une trappe; leurs camarades sont partis et eux sont restés seuls.

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É ne OrENBACH 1 Les braves gens ne s'émeuvent pas pour cela et opè- rent leur retraite sabre en main, emmenant avec eux Claudine et Stella. | Entre le second et le troisième acte, il s’est passé bien des choses. Claudine et Robert, séparés de leurs amis, seraient tombés aux mains des Autrichiens s’ils n'avaient été recueillis dans la carriole de l’auberiste Clampas, le propre oncle de la cantinière. Celui-ci es a fait entrer à Milan, où il les tient cachés. Son auberge est une maison sûre, où ne fréquentent que des patriotes et où l’on attend l'entrée des Français vec impatience.

Claudine et Robert voudraient bien cependant rejoindre l’armée. — Claudine se détache peu à peu de Robert, sentant qu’elle ne sera jamais aimée de lui, et commence à regarder mieux Griolet. — Quitter Milan est pourtant difficile, car un sauf-conduit est nécessaire. Clampas fait ce qu'il peut; il envoie Clau-

dine costumée en paysanne chez un homme sûr qu'il connaît près des murs, 27, rue Bonifacio ; de là, la * cantinière trouvera peut-être l’occasion de franchir les portes. Pour Robert, on cherche autre chose.

Dans l’auberge de Clampas sont descendus deux voyageurs : le duc et la duchesse Della Volta. Bambini les rejoint bientôt. Tous trois sont convaincus que Robert et Stella sont à Milan ; mais comment les y trouver ? Bambini a obtenu un sauf-conduit qui sera remis tout à l’heure à la duchesse. Il apprend au duc qu’un jeune monsignor, neveu du gouverneur, est attendu d’un moment à l’autre. Et justement, arrive un carrosse conduit par un cocher anglais, et d’où descendent un monsignor et un moine. Le cocher, c'est Stella; le monsignor, Griolet; le moine, Monthabor. Seul, le carrosse est authentique, mais ses primitifs occupants gisent quelque part dans la campagne, ligottés et en très simple appareil. Le duc, très myope et à qui l’on a pris la précaution d’enlever son lorgnon, ne reconnait personne. Pour l’éloigner, Stella imagine une histoire d'enlèvement: le monsignor a recueilli la jeune fille, vêtue en vivandière, et l’a fait conduire dans une petite maison à lui. Le

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