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Don Florestan, un noble Espagnol, a tenté de dévoiler les crimes de don Pizarre, gouverneur d’une prison d'Etat. Pour se venger et pour assurer le ses Silence de son dénonciateur, Pizarre a fait enchaîner arbitrairement Florestan au fond d’un sombre cachot. Là, Florestan est ignoré et soumis au supplice de la faim et de la soif; il ne tardera pas à succomber, son ennemi y compte bien. En attendant, il passe pour HIDEL |
Mais sa femme Léonore connaît le sort du mal- E
heureux. Pour approcher de lui, elle a pris des habits vu
d'homme et sous le nom de Fidélio est entrée au | service de Rocco, le geôlier de la prison où gémit son époux. Sur cette sombre donnée, le librettiste en a greffé une plus légère: Marceline, fille de Rocco, qui jadis ne voyait pas de mauvais œil les avances du portier Jaquino, repousse maintenant ce prétendant. Ne s’est-elle pas mis en tête d’épouser Fidélio ! Elle a même gagné son père à ce projet et, au moment où
se noue l’action, Rocco réussit à faire agréer celui qu'il considère comme son futur gendre, en qualité d'aide-geôlier. Léonore aura ainsi accès auprès de son mari.
Oui, mais dans quelles tragiques circonstances ! Pizarre apprend que le ministre don Fernando va venir inspecter la prison. Il ne faut pas qu’il découvre la présence de Florestan, détenu contre tout droit et dont le nom ne figure même pas sur le registre d’écrou. Désormais, la faim et la soif sont trop lentes pour débarrasser Pizarre du juste qu’il exècre. Il recourra au poignard, et le coup fatal c’est lui-même qui le donnera, car Rocco, bien qu’'avare, a refusé de se charger de ce crime, même à prix d’or. Le geôlier
se contentera, assisté de Fidélio, de déblayer de vieilles oubliettes, où disparaîtra le cadavre. La scène
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dans le caveau de Florestan, la plus dramatique de … l'ouvrage, où l’on voit Léonore creuser la tombe de son époux adoré, si proche mais dont elle n’ose se faire connaître, a été traitée par Beethoven de façon tout à fait géniale. +
Pizarre arrive, il nargue son ennemi, il lève le bras pour le percer, mais Fidélio se jette entre Florestan et son bourreau: «Je suis sa femme!» crie-t-elle, et comme Pizarre va les frapper tous deux, elle l’arrête en braquant sur lui un pistolet.
Au même instant, un appel de trompette annonce l’arrivée du ministre. Pizarre doit en hâte se rendre à sa rencontre, laissant les deux époux célébrer en un admirable duo leur réunion, prélude de la délivrance.
Le dernier tableau se passe dans la cour du château. Rocco, enhardi par la présence de don Fernando, révèle le crime de Pizarre. Le ministreordonne qu’on amène immédiatement Florestan et son héroïque femme ; Pizarre ira dans le cachot prendre la place de sa victime, et tout s’achève par une moralité que : même le génie de Beethoven n'a pas réussi à sauver de la banalité. |
Hector Berlioz.
Né à la Côte Saint-André (Isère), le 11 décembre 1803, mort à Paris le 9 mars 1869. B. fut avant tout un symphoniste et ses ouvrages dramatiques se sont mal maintenus au répertoire. Les Troyens, son œuvre la plus étendue; dont la représentation exige deux soirées (1. La prise de Troie. 2. Les Troyens à Carthage), sont encore autant dire inconnus en France, bien qu’en Allemagne on les joue de temps à autre. Il en est de même de Benvenuto Cellini. Béatrice et Bénédict, un ouvrage plus court et plus léger, a été donné pour la première fois à Paris, grâce à l’initiative des « Grandes auditions de France», après avoir connu en Allemagne un certain succès. Enfin, l’œuvre de Berlioz que le public de théâtre français connaît le mieux est sa Damnation de Faust, soit une œuvre que Berlioz n’avait pas desüinée au théâtre, et dont il n’est pas sûr qu’il eût approuvé la mise à la scène.
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La Damnation de Faust.
a Légende dramatique, paroles (d’après Gœthe) et musique
de H. Berlioz. Mise à la scène en cinq actes et dix tableaux
par Raoul Gunsbourg. Première représentation à Monte- Carlo en 1893; au théâtre Sarah Bernhardt, à Paris, le 7 mai 1003 ; à l'Opéra de Paris, le 10 juin 19r0. |
PERSONNAGES PRINCIPAUX : Marguerite; Faust; Méphistophélès.
Berlioz avait écrit sa Damnation pour le concert, et fragmentairement, composant un morceau par ci, un morceau par là. Qu'il n’ait pas eu en vue la représentation scénique ressort visiblement de la lecture du texte, lequel ne constitue pas une pièce. Pour la mettre à la scène, des suppressions, des additions, des interversions ont été nécessaires, et le résultat n’est encore pas très dramatique. Nous ne faisons pas ici la critique de l’œuvre de M. Gunsbourg, mais sa description : le public tirera lui-même ses conclusions.
La « légende dramatique» a été découpée en cinq actes et dix tableaux, auquel l’arrangeur a donné des sous-titres. Le premier acte, qui est sous-titré « La Gloire», montre Faust dans une galerie ouverte, avec vue sur la campagne et sur une forteresse lointaine. I] monologue tristement, entend des chants de paysans, assiste à des jeux et des danses, enfin à un défilé militaire et à une cérémonie patriotique et guer- rière, aux sons de la célèbre marche hongroise de
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Au second tableau (La Foi), Faust est toujours seul, mais cette fois dans son cabinet de travail. Il monologue encore et s'apprête à s’empoisonner lorsqu'éclate le chant de Pâques. Au même instant, le fond de sa chambre disparaît et laisse voir la vaste nef d’üne église pleine de fidèles. Le poison échappe à ses mains tremblantes et les larmes jaillissent de ses yeux, tandis que la vision s'éteint. Apparaît l’éternel railleur, Méphistophélès, qui propose au docteur le pacte fatal : il s'engage à le faire croire au bonheur ; s’il réussit, Faust est à lui. Sa proposition est acceptée et la scène change à vue.
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(3me tableau : Le Jeu, la Boisson). Scène ignoble d basse et répugnante débauche, avec la fameuse «Chan son du rat», dite par Brander, et la «Chanson de la.
puce», dite par Méphisto. Berlioz y a ajouté un « Amen » grotesque en style fugué. Toute cette scène …
a écœuré Faust, qui s'enfuit.
Le troisième acte débute par un exquis prélude
symphonique, tandis que des gnomes et des sylphes
évoluent autour de Faust rajeuni, endormi dans une vallée de roses. C’est ici que l’image de Marguerite lui
apparaît en songe. Ballet de sylphes, puis Faust.
s’éveille et demande à Méphisto de le conduire auprès de l’ange dont il vient d’avoir la merveilleuse vision. Cet acte se prête à une mise en scène admirable.
Le quatrième acte a pour sous-titre: «L'amour idéal ». C’est l’acte de Marguerite. La scène, coupée dans le sens de la largeur, montre à gauche la chambre de Marguerite, avec portes donnant sur le jardin et sur la rue; au milieu une rue ; à droite enfin le porche d’une église. Au lever du rideau, des soldats et des étudiants envahissent la place et la rue en chantant, puis ils s’éloignent. Arrivent Méphisto et Faust. Méphisto ouvre la porte de Marguerite à son compagnon et s'éloigne. On entend la retraite au loin. Faust s’attendrit en face de ce milieu qui respire le calme et l'innocence. Entre brusquement Méphisto, annonçant l’arrivée de la jeune fille. Il se retire tandis que Faust sort par la porte du jardin. Entre Marguerite, qui chante la chanson du «Roi de Thulé», puis S’endort. Pendant qu’elle repose, une scène fantastique se déroule dans la rue, devant sa maison.
Méphisto a rassemblé ses follets et leur ordonne de
charmer Marguerite, pour qu’elle aille, impuissante, à sa perte. Pendant le ballet, toute une scène est mimée devant l’église, représentant le «rêve de Marguerite». Celle-ci arrive comme pour entrer à l’église;
Méphisto l’empêche de passer à chaque tentative
qu'elle fait. Elle recule en apercevant le maudit. Il:
lui fait alors apparaître Faust dans un des piliers … de l’église. Par moments, une grande croix s’éclaire …
nu