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gelle Carabin, une très amusante opérette qui a connu les représentations nombreuses et a fait recette’un peu partout.
Mam’zelle Carabin.
Opérette en trois actes, paroles de Fabrice Carré, musique de Emile Pessard.
Représentée pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Bouffes-Parisiens, le 3 novembre 1803.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Adolphe, vieil étudiant ; Ferdinand, étudiant; Quillette, maître de pension ; M. Chose; Olga (Mam’zelle Carabin); Mme Quillette, maîtresse de pension ; etc.
La scène se passe de nos jours, au Quartier Latin, à Paris.
Nous sommes au Quartier Latin, dans une pension d'étudiants tenue par M. et Mme Quillette. Parmi les clients se trouve M. Adolphe, étudiant de vingtième année et amant de Mme Quillette depuis seize ans. Cette liaison lui pèse et il romprait volontiers ; mais il ne peut. Au moment où se nouèrent les liens entre les deux amants, ils échangèrent deux pièces de cent francs en convenant que le premier qui sentirait lui peser la chaîne renverrait à l’autre sa pièce et recevrait la sienne en échange. Depuis lors, jamais Adolphe n’a eu la somme à sa disposition, et à vues humaines, il risque fort de rester fidèle à Mme Quillette jusqu’au tombeau.
Quillette unit au métier de gargotier ceux d’usurier et de marchand de bric-à-brac. Ce cumul était nécessaire pour certains détails de l'intrigue.
Enfin, les Quillette, au moment où s'ouvre l’action, attendent une nièce qu’ils n’ont jamais vue, fille d’une sœur qui a mal tourné et est morte en Russie. Cette nièce, Olga, restée seule au monde, vient à Paris auprès de ses proches, dans l'intention d’y faire des études de médecine.
Parmi les pensionnaires de Quillette se trouve un étudiant, Ferdinand, cousin d’Adolphe, qui a déjà à plusieurs reprises raté ses derniers examens par la faute d’une certaine Nini, que le démon de la perver-
EMILE PESSARD sité pousse toujours auprès de lui à la veille dé épreuves décisives. Au début du premier acte, Ferdi: nand et Nini sont brouillés. | :"E
Quelques fantoches s’agitent encore autour des personnages principaux : tel M. Chose, un être nul, qui a hérité d'un oncle académicien et qui bazarde bêtement les bibelots rares de feu le membre de l'Institut afin de se procurer de quoi faire une noce stupide. Tels aussi Dupont et Durand, deux étudiants amoureux de la même Bichette, et qui finissent par convenir de se la repasser de quinzaine en quinzaine.:
Tous ces hors d’œuvre remplissent le premier acte jusqu’à l’arrivée d’Olga. Celle-ci est d’abord très mal reçue par les étudiants, qui détestent les concurrentes et ont juré de les expulser des cours. Mais Olga est crâne et tient tête à l'émeute. Elle trouve un allié en Ferdinand, qu'elle a piqué dans son amour-propre et qui accepte la lutte à armes égales. Quant à lui, il a repris rendez-vous avec Nini, et nous apprendrons à l'acte suivant que cette réconciliation lui a fait rater son doctorat une fois de plus. Le premier acte finit sur un ensemble très mouvementé, où Adolphe reçoit Olga et la baptise solennellement «Mam’zelle Carabin ». è
À l'acte suivant, la scène présente en coupe les chambres contiguës de Ferdinand et d’Olga. Trois mois se sont passés depuis l’acte précédent. Olga travaille ferme ; Ferdinand flâné. Et pourtant il doit de nouveau, le lendemain, affronter la redoutable épreuve de la soutenance de thèse. Sans en avoir l'air, sa voisine veille sur lui comme un bon ange. Elle l’encourage au travail, lui soigne sa chambre à l’occasion, et surtout le met en garde contre les pièges de Nini. Ferdinand reçoit coup sur coup plu- Sieurs visites et résiste victorieusement à de fortes tentations. Olga est contente et le félicite. Ils travaillent ensemble un moment. Mais Ferdinand commence à voir clair en lui : s’il renonce si facilement à tout à la demande d’Olga, c'est que son inconscient attend vaguement d'Olga elle-même des compensations. Mais Olga est sage, elle ne peut se résoudre à accor-.
ler le baiser -si brusquement sollicité ; aussi Ferdinand, dans une soudaine détente, renonce-t-il tout à
coup à toutes ses bonnes résolutions et décide-t-il de se lancer dans l’orgie.
Entre temps, Olga avait fourni à Adolphe les cent francs nécessaires à la rupture de sa liaison et nous avons assisté à ce grave événement. Elle avait aussi très proprement mis à la porte M. Chose, qui prétendait s'imposer à elle sous prétexte d’un pari.
Mais quand la pauvre fille voit Ferdinand sur le
oint de succomber et de partir avec les étudiants et
ini, elle perd complètement la tête et annonce qu'elle est aussi de Ia fête. Au scandale de tous, elle boit immodérément, chante des gaudrioles et tombe ivre sur la table. On la dépose sur son lit, et tous partent sans bruit. Tous, sauf Ferdinand, revenu à la raison, et qui passera la nuit dans sa chambre à travailler, tandis que sa voisine dormira profondé- ment dans la sienne. Rien ne se passe entre eux que de très chaste, mais les mauvaises langues vont leur train et Nini saura tirer parti de l’incident. |
Le troisième acte s'ouvre sous des auspices tragiques. Quillette a surpris le secret de son épouse et parle de tuer Adolphe. Sa femme lui prouve son innocence : Adolphe a abusé d’elle en l’hypnotisant. Posée de la sorte en victime, elle acquiert sur son époux un grand ascendant et saura, le moment venu, en profiter pour tout arranger : Quillette et Adolphe se réconcilieront. | |
Olga a dormi toute la nuit et une bonne moitié de la journée. Pendant ce temps, Ferdinand a enfin passé son examen. M. Chose et Nini, de leur côté, conspirent contre Olga et se préparent à la faire chasser par son oncle et par sa tante. La pauvre fille, qui s’est convaincue, à la suite de divers incidents, qu’elle n’est pas faite pour la médecine, tombe dans le piège qui lui est tendu et se persuade que tout est perdu pourelle.'
Mais vous pensez bien que Ferdinand saura réparer le mal que très involontairement il a causé : quand il revient, tenant enfin son titre de docteur,
EMILE PESSARD
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il épouse Olga et tout s'achève ainsi le mieux du monde. |
Robert Planquette.
Né à Paris, le 31 juillet 1840, mort dans la même ville le 28 janvier 1903. Auteur de plusieurs ouvrages légers, dont quelques-uns ont connu la grande vogue. Le plus célèbre de tous est sans contredit Les Cloches de Corneille.
Les Cloches de Corneville.
Opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. Clairville et Ch. Gabet, musique de Robert Planquette. |
Représenté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Folies Dramatiques, le 16 avril 1877.
PRINCIPAUX PERSONNAGES. : Le marquis de Corneville ; Grenicheux; Gaspard ; Germaine; Serpolette; etc.
L'action se passe à la fin du règne de Louis XIV.
Le sujet des Cloches de Cornerille rappelle sous plus d’un rapport celui de la Dame Blanche. Le chàteau de Corneville est désert. Depuis soixante ans le dernier marquis a disparu. Il avait pourtant des héritiers et l’un de ceux-ci pourrait bien revenir. Mais on n’y croit guère. En attendant, c’est le vieux Gaspard qui administre au nom de ses anciens maïtres. Il encaisse les loyers et les fermages pour le compte du marquis de Corneville. En réalité, il n’en a plus le droit, car le séquestre a été levé par autorité royale ; mais Gaspard, de complicité avec le bailli, a réussi à tenir cette mesure secrète. [Il compte bien un jour où l’autre s’approprier le château et ses terres.
Un nouveau baïilli remplace l’ancien, et une enquête le met au courant de la situation. Il tient donc Gaspard dans sa main et peut le briser. Mais il est amoureux de Germaine, qui passe pour la nièce de Gaspard, et il ferme les yeux à la condition qu’elle devienne sa femme.
Du reste, Gaspard a pris ses précautions : en pré-
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vision d’une mise à l’encan possible, il a fait courir le bruit que le château est hanté. Il y a même arrangé des apparitions de fantômes : On a vu à minuit des lumières dans le manoir et des formes blanches passant et repassant devant les fenêtres. Aussi les acquéreurs ne seront-ils pas nombreux et les enchères ne monteront-elles guère. |
Un seul événement pourrait ruiner ces projets : le retour d’un authentique marquis de Corneville. Et c'est ce retour qui forme le sujet de la pièce. : Nous avons dit que Germaine passait pour la nièce de Gaspard. En réalité, elle est l’héritière des comtes de Lucenay, qui avant de partir pour l'exil l’ont confiée au gérant avec le soin de leur fortune. A côté de Germaine se trouve Serpolette, une enfant trouvée dans les serpolets à peu près à l’époque où Germaine entrait dans la maison de Gaspard. Un registre de l’ancien baïilli, complice de Gaspard, fait foi de la chose, mais ce registre est conservé au château, où seul pénètre l’infidèle intendant. Après la mort du bailli Fabrice, Gaspard a voulu faire disparaître la preuve de l’origine de Germaine et a arraché du registre la page compromettante.
Tous ces détails sont compliqués, mais nécessaires à l'intelligence de l'intrigue.
Le premier acte se passe à Corneville, sur la place où a lieu la «louée des servantes, ‘cochers et domestiques ». Les filles du village racontent les potins du jour : l’une dit que Germaine refuse d’épouser le bailli ; l’autre complète l’information : Germaine a un amoureux, Jean Grenicheux, un propre à rien, qui jusque-là courtisait Serpolette. La pauvre Serpolette est hantée par des rêves de grandeur. Sa qualité d’enfant trouvée permet en effet toutes les suppositions, et Serpolette est convaincue qu'elle est de noble naissance, ce qui la rend insupportable.
Le baïlli et Gaspard ont ensuite l'explication qui met l’auditoire au courant de la plupart des faits exposés plus haut. |
C’est maintenant au tour de Grenicheux et de Germaine de s'expliquer. Grenicheux serait heureux
d’épouser Germaine, héritière de Gaspard, qui passe pour très riche. C’est un vilain personnage, couard,
paresseux, et s’il a su capter la reconnaissance de la jeune fille, à défaut de son amour, c’est par un abominable mensonge. Comme dans S7 7 étais roi, Grenicheux en se promenant a trouvé Germaine évanouie sur la plage. Celle-ci était tombée à la mer et avait été sauvée par un inconnu. En apercevant, au sortir de son évanouissement, Grenicheux penchésur elle, elle a cru voir en lui son sauveur, et le misérable
n’a rien fait pour la détromper. Germaine croit qu'il
est de son devoir d’épouser Grenicheux, et c’est ainsi qu'elle refuse la main du bailli pour se donner à l'indélicat personnage, cela au grand désespoir du vieux Gaspard.
Arrive un beau jeune homme en costume de flibustier. C’est lui, on le saura plus tard, qui a sauvé la vie à Germaine. Et ce beau capitaine n'est autre que l'héritier des marquis de Corneville, venu reprendre possession du manoir de ses ancêtres. Mais il ne veut pas se faire connaître tout de suite. Averti par la rumeur publique que son château est hanté, il flaire quelque manigance et garde l’incognito afin de découvrir plus aisément la vérité. Germaine, qu'il rencontre, mais ne reconnaît pas, lui fait une forte impression. Il apprend entre autres choses intéressantes que selon la légende, le retour du marquis doit être salué par un carillon de toutes les cloches de Corneville. Ce détail retenu lui servira à frapper, le moment venu, l'imagination de ses excellents vas- SaUX.
En attendant, l’heure de la louée des servantes et des cochers est venue et le marquis y assiste. Pour arracher Germaine à la vengeance de Gaspard, qui la brutalise à cause de son refus d’épouser le bailli, il l’engage comme servante. Il engage aussi Serpolette et Grenicheux. D’après la loi, tous trois sont pour six mois hors des atteintes du bailli et de Gaspard.
Le second acte se passe dans une salle du château de Corneville. Le marquis et ses matelots ont pénétré dans le château à l'insu de Gaspard et vont s'em-
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__ busquer pour surprendre le secret des prétendus fan- tômes. Ils ont emmené avec eux Grenicheux, Serpo- Jette et le baïlli, qui tremblent de tous leurs membres.
Laissés seuls, le baïlli, Grenicheux et Serpolette se reconnaissent. C’est Serpolette qui se ressaisit la première. Germaine ne quitte pas le marquis. Celui-ci se nomme alors : Marquis Henri de Corneville.
En fouillant le château, ses matelots ont découvert les accessoires dont Gaspard se sert pour jouer au fantôme. Le marquis a en outre découvert un portefeuille contenant l'acte de naissance d’une certaine Clémence-Lucienne, vicomtesse de Lucenay, ainsi qu'une lettre adressée à Gaspard par les parents de la dite, la lui confiant au moment de partir pour l'exil. Serpolette conclut immédiatement qu’elle doit être la vicomtesse en question ; et la coïncidence des dates parle en effet en faveur de cette hypothèse.
Mais on a aperçu un homme s’approchant du chàteau. Sur l’ordre du marquis tout le monde se retire. Pour punir Grenicheux de sa poltronnerie, on l’enferme dans une armure montée sur un petit chariot, invention de Gaspard pour ses diableries nocturnes. Le malheureux, à moitié mort de peur, est seul dans la pièce lorsque Gaspard entre avec précaution. Le vieil avare vient compter son or et exhiber ses fantômes. La vue de l’or l’excite ; il est en extase devant ses trésors, lorsqu'un grand bruit de cloches vient le clouer sur place : toutes les cloches de Corneville sonnent à la fois, annonçant le retour du propriétaire. C’en est trop pour la raison du misérable : en voyant paraître le marquis et tous ceux qui l’accompagnent, il devient fou.
Le théâtre, au troisième acte, représente un verger normand. Un joli ballet, «la cueillette des pommes», se danse en cet endroit.
Serpolette a été reconnue pour la vicomtesse de Lucenay et est entrée en possession de son héritage. Elle a pris Grenicheux pour majordome.
Germaine habite le château avec le marquis, et les mauvaises langues disent qu'elle est sa maîtresse. Il n'en est rien. Le marquis a appris d’elle l’histoire du
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prétendu sauvetage par Grenicheux et sait désormais qui est la jeune fille qu'il sauva certain jour sans voir son visage. Il révélera ce secret quand le moment sera venu, car il aime Germaine, bien qu’il la prenne pour une simple servante, et il a tout lieu de croire que Germaine lui rend son affection.
Gaspard, dément, erre dans la campagne en profé rant des mots incohérents. Le voici qui traverse la scène; il parle, et ce qu’il dit est d'importance, car il révèle que Germaine est la véritable vicomtesse de. Lucenay, et en donne la preuve : le feuillet arraché au registre du bailli. |
Survient Henri, qui démasque Grenicheux. Germaine apprend aussi la vérité : son sauveur, c'est le marquis. Elle apprend presque au même instant la vérité sur sa naissance. Rien ne s'oppose plus à ce que le marquis de Corneville épouse la vicomtesse de Lucenay. Gaspard revient à la raison. Grenicheux reviendrait bien à Serpolette, mais elle n’en veut pas. Et tout le monde trouve que c’est bien fait pour ce pleutre.
Rip.
Opéra-comique en quatre actes et sept tableaux, paroles de H. Meilhac, Ph. Gille et H. Farnie, musiquede" Planquette. :
Représenté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre de la Gaité, le 18 octobre 1804.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Rip ; Derrick, gouverneur; Nick Vedder, aubergiste ; ses enfants, Jack et Kate; Lowena, fille de Rip; Nelly, femme de Rip; Jacinthe, servante de Nick; Ischabod, médecin, etc.
La scène se passe au troisième acte en 1783, aux autres en 1763, à Kaatskill, petit village au borëä de l’Hudson.
Si Rip n’a pas eu toute la vogue des Cloches, cela tient surtout au livret, qui n’est pas d’une gaïité aussi. franche. La pièce se maintient cependant au répertoire, à cause de ses qualités musicales, à cause aussi de sa mise en scène riche et variée. |
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| ROBERT PLANQUETTE . L'intrigue est tirée de la vieille légende de Rip van Winkle, endormi pendant vingt ans pour avoir voulu s'approprier le trésor du capitaine Hudson, et revenu
vieilli parmi les siens qui ne le reconnaissent pas.
Mais les auteurs ont modifié la légende : Rip n’a pas vraiment dormi pendant vingt ans; il a seulement fait un mauvais rêve. : | R
Rip est un bon garçon, plein de cœur, mais paresseux incorrigible. Aussi sa femme Nelly et ses enfants ne nagent-ils pas dans l’opulence. Il vit à
Kaatskill, petite localité des bords de l’Hudson, au
temps où l’Angleterre régnait encore sur les Etats- Unis d'aujourd'hui. Le bruit court que dans les environs est caché le trésor du capitaine Hudson, gardé par des nains malfaisants, et que l’imprudent qui toucherait à ce trésor expierait sa témérité par un sommeil léthargique de vingt années. Rip, qui passe sa vie à rôder par la montagne un fusil à la main,
“sous prétexte de chasse, a découvert le trésor et, pressé un jour par le gouverneur Derrick, qui menace de
vendre sa maison s’il ne s’acquitte pas d’une dette, il va puiser dans l’or du Hollandais. Derrick convoitait la terre de Rip parce qu'il sait que le gouvernement en offre un haut prix pour y construire des fortifications. Rip restant propriétaire, c’est lui qui bénéficiera de l’aubaine et il sera riche au dernier acte. |
Voici maintenant les détails qui s’enguirlandent
autour de cette donnée. Derrick en veut à Rip parce
que tous deux ont courtisé Nelly et que celle-ci a donné la préférence au second. Derrick a un garçon, Jack, amoureux de Lowena, la fille de Rip. L’aubergiste Nick Vedder a une fille, Kate, amoureuse d’un jeune médecin sans clientèle, Ischabod. Il a aussi un
fils, Jean, dont le rôle est épisodique. Nick, veuf de-
puis longtemps, est amoureux de sa servante, Jacinthe, et 5e remarierait volontiers.
Lorsque s’ouvre l’action, on fête l'anniversaire du roi Georges III, et Derrick, en sa qualité de gouvernèur, réchauffe de son mieux l'enthousiasme de ses administrés. Le bruit court que des conspirateurs,
soudoyés par l’or étranger, cherchent à renverser la domination anglaise. Derrick, ayant appris que
LA
maison de Rip va prendre une valeur considérable, le gouvernement projetant de la remplacer par des ouvrages fortifiés, réclame à son propriétaire cent dollars qu’il lui doit. Rip, qui a son idée, lui promet de rendre la somme le jour même à midi. Puis 1l s'enfonce dans la montagne. À midi, il est de retour et paye en or. Cela excite les soupçons ; ila payéen vieille monnaie française, peu courante dans le pays, qu'il a prise au trésor du capitaine Hudson. Mais Derrich a trouvé sa vengeance : Rip refusant d’expliquer la provenance de cet or, il l’accuse de conspirer. et d’avoir été payé par l'étranger. Prévenu à temps, Rip s’éclipse avant d’être arrêté. ; À Au deuxième acte, Rip est retourné près du trésor du Hollandais, afin de se l’approprier en entier. Il est rejoint par la fille et la servante de Nick, puis par Nelly sa femme. Celles-ci essaient de le dissuader de son projet, lui rappelant les menaces de la légende : ce sommeil de vingt ans qui doit accabler qui oserait toucher à l’or d'Hudson. Rip n’en a cure. FE Surviennent encore Derrick, Ischabod et des soldats, à la poursuite de Rip. Ils ont tous grand’peur … dans ce lieu sauvage. Derrick fait à Nelly une proposition risquée : qu elle consente à l’épouser si Rip ne reparaissait pas. Nelly ne dit ni oui ni non, mais. réussit à éloigner Derrick. : FE Resté seul, Rip se met en devoir de retrouver le trésor. Il pénètre dans le caveau qui y conduit. Plusieurs tableaux rapides se succèdent, montrant Rip toujours plus avant dans sa recherche et finalement près des barils où sont les doublons. Scène fantastique : des nains jouent aux boules. Ils font boire à Rip une vieille eau-de-vie si exquise qu’il en prend plus que de raison et finit par succomber au sommeil. Le capitaine Hudson lui apparaît alors et prononce l’arrêt: « T'u dormiras pendant vingt ans. »
Le troisième acte met en scène le rêve de Rip. Il est censé se passer vingt ans plus tard. Rip se réveille : vieilli de vingt ans. Il descend à Kaatskill qu'il re-
à peine. La taverne de Nick est tenue par son Jean. Lowena va épouser Jack Derrick. [schabod a épousé Kate et en a eu vingt enfants. Nelly, vieillie, mais riche grâce à la vente de sa maison, est sur le point de céder à l’importunité de Derrick, qui désire toujours l’épouser. Le pauvre Rip, que personne ne veut reconnaître, apprend enfin la vérité : il a dormi vingt ans. Et pour comble de malheur, on le chasse
comme un malfaiteur et un vagabond. Le rideau
baisse.
ps rt Tu Nate
__ Heureusement, tout ceci n’était qu’un cauchemar.
Au quatrième acte, Rip se réveille pour de bon, etil n’a dormi qu’une nuit. A l'endroit où il repose, les gens du village viennent continuer Îles réjouissances en l'honneur de Georges III. Nick permet à Kate d’épou- ser [Ischabod, à condition qu'elle ne s'oppose pas à son propre mariage avec Jacinthe. Le gouvernement a acheté la maison de Rip, qui désormais est dans l'abondance sans avoir eu besoin des millions du Hollandais.
£ Rip tombant au milieu du peuple en liesse, conti-
nue à se croire un vieillard. Il embrouille tout, prend sa femme pour sa fille, demande à Kate des nouvelles de ses enfants. On le rappelle à la réalité, il constate qu'il est jeune et vigoureux, que son fusil est en bon état et qu’il n’a pas de barbe blanche au menton. Il se laisse alors aller à la joie. Maintenant qu'il est
riche, Derrick se dit son ami et lève son opposition au
mariage de Jack et de Lowena. Noce et allégresse générales.
Surcouf.
Opéra-comique en trois actes et un prologue, paroles de. Henri Chivot et Alfred Duru, musique de Robert Planquette. Exécuté pour la première fois à Paris, sur le Théâtre des Folies Dramatiques, le 6 octobre 1887.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Surcouf, corsaire; Kerbiniou, armateur: sa fille Yvonne ; Arabelle, femme de Kerbiniou; Thomson, capitaine anglais; Mac Farlane, major anglais ; Gargousse et Flageolet, matelots de Surcouf; etc. | L'action se passe en 1802; le prologue quatre ans aupa-
ROBERT PLANQUETTE
ravant. Elle se déroule alternativement à Saint-Malo, à Crockton sur la Manche et en mer, à peu de distance de Saint-Malo. | Fvh
Pièce à grand spectacle, follement invraisemblable, mais qui agit fortement sur la foule par sa vervecomique et sa note patriotique. | :
Le prologue nous montre l’armateur Kerbiniou refusant sa fille, une riche héritière, à son employé Surcouf, un pauvre sans le sou. Mais Yvonne aime Surcouf et lui sera fidèle. Pour conquérir la fortune, le jeune Breton s’embarque comme corsaire. Il demande à sa fiancée de patienter quatre ans, au bout. desquels il compte revenir riche et glorieux.
Au premier acte, les quatre ans sont écoulés et Surcouf n’est pas revenu. Il est pourtant devenu riche et s'est couvert de gloire, mais le bruit court qu'il a succombé dans une rencontre avec un vaisseau anglais formidablement armé. Heureusement, il n’en est rien, comme on l’apprendra bientôt.
Kerbiniou s’est remarié. Il a épousé une Anglaise, Arabelle, veuve d’un fonctionnaire des Indes. Cette personne a failli jadis, à Sumatra, être dévorée par un crocodile ; elle n’a été sauvée que grâce à l’interventon d’un Français, auquel, sans le connaître, elle a voué une reconnaissance sans bornes, et qui n'est autre que Surcouf. Pour le moment, elle veut à celuici mal de mort et met tout en œuvre pour décider Yvonne à épouser le capitaine anglais Thomson. Ce serait, selon elle, une excellente façon de ratifier la paix d'Amiens, qui vient d’être conclue, mais va dans un instant être rompue.
Surcouf tombe comme une bombe au milieu de ces beaux projets. Pour l’éloigner, Arabelle lui déclare qu'Yvonne est mariée, et le malheureux se rembarquerait sur le champ si Yvonne elle-même ne venait pas le détromper.
Il court à la recherche de Thomson, avec qui il veut se battre. Mais Thomson a appris la rupture du traité de paix et fait tomber son adversaire dans un guet-apens : ligoté, Surcouf est conduit à bord du navire de Thomson, qui fait toutes voiles vers la côte
= ROBERT PLANQUETTE
anglaise. Le navire de Surcouf se lance à la poursuite . de l'Anglais. ue L'acte suivant se passe à Crockton, sur la côte an- __ glaise, où réside le major Mac Farlane, oncle d’Arabelle, qui, justement, lui a promis de venir lui pré- senter son mari. Thomson arrive et annonce à Mac Farlane la capture de Surcouf. Mais celui-ci réussit à échapper à ses gardiens et dans sa fuite vient échouer dans la maison du major, au moment où y arrive Arabelle sans son mari. Kerbiniou est tombé à l'eau et suivra dans un instant, le temps de changer ses effets mouillés contre ceux d’un matelot. C’est ainsi que Surcouf et Arabelle se trouvent subitement nez à nez. L’Anglaise va dénoncer le corsaire, mais celui-ci lui révèle qu’il est l’homme du crocodile et à partir . de ce moment Arabelle lui sera entièrement dévouée. Lorsque Mac Farlane paraît, elle le lui présente comme son mari. Tout à l’heure, quand arrivera Kerbiniou, elle dénoncera celui-ci comme Surcouf, au profond ahurissement du pauvre homme.
Surviennent d’étranges individus qui se donnent pour de grands personnages siciliens. Ce sont tout simplement Gargousse et Flageolet, deux matelots de Surcouf accompagnés d’Yvonne, qui ont pénétré avec le bateau du corsaire en rade de Crockton sous pavillon d'emprunt. Ils ont appris que Surcouf était chez le major et viennent dans l'intention de le faire évader si possible, à la faveur d’une fête qui se prépare. Ils sont stupéfaits de voir Mac Farlane témoigner à leur capitaine les plus grands égards en l'appelant Kerbiniou. Arabelle pourrait tout gâter quand elle reconnaît Yvonne, mais elle se fait complice.
Thomson revient et le pot aux roses se découvre.
Cette fois Surcouf paraît bien perdu. Heureusement Gargousse et Flageolet ont réussi à s’esquiver et ils re- viennent maintenant avec l’équipage du corsaire armé jusqu'aux dents. A la faveur de cette surprise, les Français peuvent regagner leur bord et mettre à la voile ; ils seront suivis de près par Thomson, qui avec sa frégate va leur donner la chasse.
Le troisième acte se passe sur mer, sur le pont du