PUCCINI
de, ST
apportent en effet une forme humaine enveloppée . d'un manteau. La Gioconda fait déposer sa rivale dans une pièce voisine. ne Survient Enzo et le démon de la jalousie torture celle qu’il a repoussée. Elle n’aspire plus qu'à mou-
rir et la mort lui semblerait plus douce venant de la
main de son idole. Elle déclare donc à Enzo que: Laura est morte. L'homme bondit et va la frapper de son poignard, tandis qu'extatique elle tend la gorge. : Mais au même instant, Laura s’éveille et l’appelle.… La Gioconda doit subir la torture supplémentaire d'assister à la joie des amants réunis. Elle les fait monter dans la barque qu’elle leur a préparée et qui doit les conduire loin de Venise. |
Restée seule, elle se rappelle avec horreur Barnaba et sa promesse. Il va falloir payer : elle paiera. Et quand le misérable se présente pour réclamer son salaire, elle se poignarde sous ses yeux et lui livre son corps. à l’état de cadavre. Barnaba lui crie en vain qu’il a empoisonné sa mère : la Gioconda n’entend plus.
Giacomo Puccini.
Né à Lucques, le 22 juin 1858. Un des maîtres de la nouvelle école vériste italienne. Plusieurs de ses ouvrages [yriques ont été traduits et ont fait triromphalement le tour des scènes étrangères. Les plus connus sont ceux dont nous donnons ci-dessous des analyses.
Manon Lescaut.
Drame lyrique en quatre actes, version française de Maurice Vaucaire, musique de G. Puccini. ie
Exécuté pour la première fois en italien à Turin, le 1° février 1893 ; en français à Paris, le 19 mars 1906.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Manon Lescaut; Lescaut, son frère ; le chevalier des Grieux; le comte de Gerval, fermier général ; Edmond, étudiant; etc.
L'action se passe dans la seconde moitié du XVIII siècle; le premier acte à Amiens, le second à Paris, le troisième au Hâvre, le dernier en Amérique, aux environs de la Nouvelle-Orléans.
Le librettiste italien a suivi le roman de plus près que le librettiste français de M. Massenet. Seul le pre- mier acte des deux pièces suit à peu près les mêmes lignes. La pièce italienne est moins serrée, présente
. de plus grandes lacunes, elle est en somme moins
bien bâtie; mais elle fournit au musicien des situations dramatiques et variées à souhaits.
Le premier acte se passe à Amiens, sur la piace où s'arrête la poste de Paris. Scène mouvementée entre des étudiants et des grisettes. On raille des Grieux pour sa sombre mine. |
Arrive le coche d’Arras d’où descendent Manon, son frère qui la conduit au couvent et le fermier général comte de Gerval, homme déjà âgé, qui a lié connaissance avec les deux autres voyageurs chemin faisant. Le comte a son plan : enlever Manon et fuir avec elle à Paris. Il commande dans ce but une berline. Mais l'entretien a été surpris par Edmond, un étudiant, qui dévoile ce beau projet à des Grieux. Or des Grieux a vu Manon et lui a même causé. Il s’est pris d'amour pour la belle fille, et celle-ci de son côté n’est pas restée indifférente à la flamme subite de ce beau garçon. Edmond propose aux deux amoureux de fuir dans la berline du comte pendant que de son côté il occupera Lescaut. Manon et des Grieux acceptent et partent. Le comte prend la mésaventure avec philosophie. Lescaut, qui est une belle canaille, lui souffle à l'oreille que rien n’est perdu : à Paris, Manon se fatiguera bientôt de la misère à deux et le fermier général n’attendra pas longtemps son heure.
Il s’est passé beaucoup de choses entre le premier et le deuxième acte. Lescaut avait été bon prophète : Manon a quitté des Grieux et habite aujourd’hui chez le comte, qui fait pour elle mille folies. Elle est la femme la plus adulée de Paris. Mais elle s'ennuie et n’a pas oublié des Grieux, dont elle a des nouvelles
ar Lescaut. Elle sait aussi que, pour se procurer de | For et la reconquérir, le malheureux se livre au jeu et triche.
__ Restée seule un instant, Manon voit entrer des Grieux, entré chez le comte on ne sait comment. Fille
dans l’âme, la pauvre Manon s'efforce de triomp des scrupules du chevalier et de lui faire accept rôle d’amant de cœur. Elle n’y réussirait que trop S le comte, survenant à l’improviste, ne trouvait le deux tourtereaux enlacés. Très grand seigneur, il se retire, mais se vengera de façon infâme. Lescaut, hors d’haleine, arrive en effet et annonce que les gens : d'armes cernent la maison : Manon a été dénoncée … comme fille galante et doit être embarquée pour l'Amérique. En vain la pauvre femme tente defuir, toutes les issues sont gardées. Lescaut retient des Grieux, prêt aux résolutions désespérées… :
Troisième acte : le Hâvre, devant le navire qui va mettre à la voile pour la Nouvelle-Orléans avec sa cargaison de femmes légères. Les prisonnières logent encore dans une caserne voisine. En corrompant une sentinelle, Lescaut procure un entretien à Manon et des Grieux. Mais la tentative d'évasion qui suitest manquée : Manon devra partir. ae
Nous assistons ensuite à l’embarquement des belles filles. Des Grieux, fou de douleur, obtient du commandant du navire la permission d’être du voyage. …
Le dernier acte a pour décor une plaine aride aux environs de la Nouvelle-Orléans. Les deux amants marchent depuis longtemps. Le soir tombe. Des Grieux est encore robuste, mais Manon est à bout de forces et de vie. Dernier et navrant duo d’amour, au bout duquel la triste Manon meurt dans les bras de son ami.
La vie de Bohême.
Comédie lyrique en quatre actes d’après Th. Barrière et H. Murger, paroles italiennes de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, version française de Paul Ferrier, musique de Giacomo Puccini.
Représentée pour la première fois en italien à Turin, le 1 février 1806 ; en français à Paris, sur le Théâtre national de l’Opéra-Comique, le 13 juin 1808. | PRINCIPAUX PERSONNAGES : Rodolphe, poète ; Marcel, peintre ; Mimi, grisette; Musette, lorette; Schaunard, Colline, : bohêmes ; etc. + as La scène se passe à Paris, vers 1840. : L'ANSSES
quement de plusieurs manières différentes. Dans la comédie lyrique de Puccini, c’est le côté sentimental qui est surtout exploité. Mais le milieu est pourtant présenté de façon suffisamment pittoresque, notam- ment au second acte. é
L'action s'ouvre dans la mansarde obscure et glacée où travaillent Rodolphe et Marcel. C'est la veille de Noëlet la misère des deux amis est profonde. Arrivent
__ Colline et Schaunard, le musicien, avec de l'argent, :
du bois et des victuailles : c’est Schaunard qui a déni- ché un client fastueux et original et qui, en bon confrère, veut faire profiter toute la Bohème de l’aubaine. Suit la scène épisodique du concierge berné et ren- , voyé avec sa quittance. Elle est d’un bon comique. Sitôt le malheureux Benoît expédié, les amis s’apprétent à finir la journée par un festin chez Momus.
Sous prétexte d’un article à terminer, Rodolphe reste
un instant seul en arrière.
C’est alors que se présente Mimi et que se noue —
très promptement — la liaison entre le poète et la
grisette. À la fin de la scène, la Bohème s’impatiente et appelle Rodolphe. Mimi demande à être de la partie. À bras ouverts on accueille la nouvelle recrue.
L'acte deuxième est le plus coloré et le plus mouvementé. Il représente le réveillon au quartier Latin, à l'angle du café Momus. La rue ne cesse d’un bout à l’autre de présenter le tableau le plus vivant et le plus gai. Mais c’est à la terrasse du café que se déroule l’action véritable. La Bohême s’y est installée et se fait
servir un festin somptueux.
Vient à passer Musette, l’ancienne à Marcel, avec
son protecteur Saint Phar. En revoyant son ex-ami
— qui ne l’a jamais oubliée — Musette se sent prise
d’une nostalgie. Elle prodigue les agaceries à Marcel, qui se défend mal et pas très longtemps. Sous un prétexte quelconque, Musette expédie Saint Phar, les anciens amants tombent aux bras l’un de l’autre et quand le malheureux barbon reviendra, il trouvera
en guise de souvenir de sa belle... l'addition de toute :
la joyeuse bande à payer!
e de Bohême de Murger a été traitée dramati-