‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 67 sur 90 · AO PUCCINI · texte numérisé non relu

AO PUCCINI

La Tosca qui survient a remarqué cette ressem-

blance et elle en a ressenti de la jalousie.

Resté seul dans l’église, Mario voit apparaître un

malheureux fugitif : c’est Angelotti, qui a réussi à.

s'évader et qui vient chercher un refuge au saint lieu. Les deux amis se reconnaissent et Mario fait cacher

l’évadé dans une chapelle, en lui donnant son propre

diner, qu’on lui a apporté dans un panier.

Suit une entrevue entre Mario et la Tosca. Pour

apaiser les soupçons de son amie, il lui donne rendezvous chez lui après le spectacle. La chanteuse s'éloigne et Angelotti, qui a tout entendu, sort de sa cachette, Il trouve aux pieds de la Madone des vêtements de femme, un éventail, que sa sœur y a cachés pour lui — tel était le secret de ses dévotions récentes. Cavaradossi enjoint au malheureux de se rendre chez lui et de se cacher dans le puits du jardin, où une cachette est ménagée. Angelotti part avec son sauveur.

Un coup de canon : l’évasion est découverte. L’église se remplit peu à peu pour une cérémonie religieuse qui se déroule pendant toute la fin de l’acte. Il s’agit d’un Te Deum pour une prétendue victoire du général Mélas. |

Arrive Scarpia, un monstre chez qui la bigoterie s'allie effroyablement à la luxure. Il vient à l'église parce que sa police la lui a indiquée comme le lieu où

tail de l’Attavanti, oublié par Angelotti. Il reconnaît la célèbre beauté dans les traits de la Madeleine. Le panier vide où se trouvait le dîner du peintre lui est un indice de plus.

Arrive la Tosca. Diaboliquement, Scarpia use de l’éventail pour attiser la jalousie au cœur de la pauvre femme. Il lui révèle le nom de sa rivale. Affolée elle

part retrouver Mario et tâcher de le surprendre. Scarpia

n’a qu’à la faire suivre pour connaître Ja retraite où se cache sans doute celui qu’il recherche. Mais à le reprendre ne se borne pas son désir. La Tosca a éveillé sa convoitise : il veut cette femme, et pour l'avoir tous les moyens lui seront bons.

Le second acte se déroule chez Scarpia, au palais

Farnèse. Le misérable a préparé le piège où viendra se prendre sa victime sans méfiance. Il attend la Tosca. Auparavant ses émissaires lui rendent compte de leur perquisition chez Mario. Ils ont trouvé le peintre et sa maîtresse, mais d’Angelotti, pas trace. À tout hasard il se sont assurés de la personne de Cavaradossi. ts | |

Celui-ci est introduit. Aux prières, aux menaces, il reste insensible. On entend la voix de la Tosca, qui chante pour la reine une cantate dans les jardins. Bientôt elle apparaït elle-même, et son amant a le temps de lui enjoindre le silence, quoi qu'il arrive. Puis il est entrainé par les valets du bourreau, qui vont lui donner la question. La scène qui suit dépasse en horreur tout ce qui a été osé au théâtre. Scarpia essaie d’arracher son secret à la Tosca, en lui faisant entendre les cris que la douleur du supplice arrache à son amant. À la fin, folle d'angoisse, et lorsqu'elle croit que Mario va succomber, elle laisse échapper le secret de la cachette. Le supplice cesse.

De mauvaises nouvelles arrivent : ce n’est pas Melas, c'est Bonaparte qui a remporté la victoire. Mario, en entendant cela, exulte et crache sa haine au visage de Scarpia. [l sera donc exécuté dans une heure.

À moins que... et resté seul avec la Tosca, Scarpia dévoile ses batteries. Il offre à la chanteuse la vie de son amant, mais au prix de son corps. Elle accepte, et en échange Scarpia signe un ordre aux termes duquel Mario ne sera l’objet que d’un simulacre de fusillade. Le traître toutefois a fait à l’exécuteur de ses basses œuvres un signe qui a été compris. [Il donne ensuite à la Tosca un sauf-conduit pour elle et son amant. Après quoi il tente de toucher le prix de sa complaisance ; mais la Tosca lui enfonce jusqu’à la garde un couteau dans la poitrine.

Troisième acte : la plateforme du château Saint- Ange. L’assassinat de Scarpia n’est pas encore connu. L'heure est venue où Mario doit être fusillé. Sûre qu’il ne s’agit que d'un simulacre, la Tosca arrive grâce à son saui-conduit. Elle raconte à son amant ce qu’elle a fait : qu’il feigne de tomber aux coups de

feu. Un instant plus tard il se relèvera et tous deu

fuiront bien loin de Rome. Ils plaisantent au sujet

de la farce qui va se jouer et Mario se laisse emmener . sans souci devant le peloton. Aux coups de feu, il

tombe, mais la Tosca attend en vain : il ne se relève pas. Les fusils étaient bel et bien chargés.

Comme la pauvre femme s’abîme dans son im-

mense désespoir, une rumeur monte : Scarpia a été assassiné par la Tosca; et les sbires arrivent pour

s'emparer de la meurtrière. Mais qu'importe à la

triste veuve la vie ou la mort désormais ! Comme on

va mettre la main sur elle, elle saute du parapet dans

le vide, rejoignant son ami dans le trépas.

Madame Butterfly.

Drame lyrique en trois actes d’après John-L. Long et David Belasco, paroles italiennes de L. Illica et G. Giacosa,

version française de Paul Ferrier, musique de Giacomo

Puccini. ù Représenté pour la première fois en italien, à Milan, le 17 février 1904; en français à Paris, le 28 décembre 1906.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Cio-Cio-San (Butterfly); F.-B.

Pinkerton ; Sharpless, consul américain à Nagasaki; etc. L'action se passe à Nagasaki, de nos jours.

Les mariages à terme du Japon ont inspiré à Loti

Madame Chrysanthème et à John-L. Long et David Belasco Madame Butterfly. Le thème de ce drame

lyrique est si simple qu’il se peut raconter en peu de.

mots : tout l'intérêt de la pièce est dans le décor et dans l’atmosphère que lui crée la musique.

Donc, au premier acte, nous assistons au mariage de Butterfly et de Pinkerton. Pour l'Américain, il s'agit d'une simple fantaisie sans lendemain, à laquelle mettra un terme naturel le départ de son navire, puisque aux termes de la loi japonaise l’abandon prolongé entraîne 2pso facto le divorce. Pour Butterfly, la chose est tout à fait sérieuse et elle se

considère comme l'épouse de Pinkerton pour la vie.

Au second acte, Butterfly est seule depuis trois ans. Elle seule continue à croire de toute son âme au

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