ROSSINI
SE RES NE AE : à thilde, qui l’accompagnait, reste à dessein en arrière.
car elle sait qu'Arnold va venir, Arnold qui n'assistait
pas à l'arrestation de son père, s'étant éloigné au
moment du drame pour se rapprocher d'elle. Duo dans lequel tous d'eux s’avouent leur amour. L’en-
tretien est interrompu par l’arrivée de Guillaume Tell
et de Walter Kürst, qui met Mathilde en fuite. Mais
elle a été aperçue, et les deux fiers patriotes repro-
chent à Arnold une liaison qu'ils considèrent comme une trahison. Ici se place le célèbre trio. Arnold braverait ses compagnons, sans la nouvelle qu’ils lui apportent : son vieux père a été assassiné par ordre de Gesler ! Dès lors le fils n’a plus qu’une idée : venger le crime. Et l’occasion va lui en être offerte sur l'heure. Voici venir en effet les gens d’'Unterwald, puis ceux de Schwytz, en dernier ceux d’Uri, qui ont traversé le lac. À la voix de Guillaume, ils sentent s’évanouir toute crainte et jurent de se lever au premier signal, comme un seul homme, pour renverser la tyrannie. |
Le troisième acte commence par un tableau (duo entre Arnold et Mathilde) que l’on supprime toujours à la représentation. Le tableau suivant se passe sur la grand’ place d’Altorf, où Gesler a fait dresser le fameux chapeau devant lequel les archers forcent les passants à s’incliner. Arrive Guillaume avec son fils Jemmy. Sur son refus de saluer l’emblême, il est arrêté et va probablement payer de sa vie pareille audace. Tout bas il ordonne à Jemmy de retourner vers sa mère et de donner aux conjurés le signal attendu. Mais Gesler s’avise d’une vengeance barbare : il ordonne à Guillaume d’abattre une pomme sur la tête de son fils,
faute de quoi le père et l’enfant seront mis à mort
tous deux. Guillaume hésite, va jusqu’à implorer le tyran : le tout en vain. Jemmy l’encourage à tenter l’entreprise. [1 se décide enfin et d’une flèche abat la pomme : il est libre ! Mais Gesler aperçoit une seconde
flèche, que l’archer avait cachée dans son sein : « Pour
qui ce traitr» demande-t-il. « Pour toi, » répond Guillaume. A ces mots, on le charge de fers. Mathilde, survenue en cet instant, ne réussit qu'à sauver Jemmy,
RU re CAMILLE SAINT-SAENS
que Gesler voulait comprendre dans sa vengeance. L'enfant pourra ainsi porter le message de son père. .
Quant à ce dernier, Gesler va l'emmener à Küssnacht par la voie du lac.
Quatrième acte: Arnold est rentré dans son foyer désert. On vient lui annoncer l’arrestation de Guïillaume Tell. L'heure de la vengeance a sonné; il part. à la tête de ses frères. La scène change : nous sommes au pied de l’Axenberg, au bord du lac. Hedwige se désole de la perte de son époux. Mais Jemmy accourt, et Mathilde le suit. La fille de sang royal veut unir son sort à celui des confédérés, dont elle plaint l’infortune.
La tempête fait rage sur le lac, et voici qu’une bar-. que approche du dangereux rivage. Guillaume saute sur la rive et repousse le bateau du pied. Au même instant, Jemmy annonce que la maison du héros flambe : c’est le signal qu’attendent les conjurés.
Gesler a pourtant échappé à la tempête: il paraît au haut d’un rocher, mais il n'échappe pas à la flèche de Tell et meurt en nommant celui qui l’a frappé.
Arrivent les Suisses, qui annoncent la prise du château d’Altorf. Apothéose.
Camille Saint-Saëns.
Né à Paris le 9 octobre 1835, Camille Saint-Saëns s’y fit remarquer de bonne heure par sa précocité. Presque dctogénaire aujourd’hui, le maître français a eu une carrière d'autant plus longue qu’elle commença fort tôt, et sa période de grande production appartient déjà à une autre génération. Camille Saint-Saëns s’est distingué dans tous les genres, et ce n’est pas au théâtre qu’il à remporté ses succès les plus éclatants et les plus nombreux. Pourtant, certains de ses ouvrages dramatiques, principalement Samson et Dalila, figurent en très bonne place au répertoire des théâtres de musique.
Samson et Dalila.
Opéra en trois actes, poème de Ferdinand Lemaire, musique de C. Saint-Saëns. .
Exécuté pour la première fois à Weimar, le 2 décembre Mo72% en France à Rouen, le:3 mars 1800 ; à Paris, sur lé théâtre de l’ancien Eden, rue Boudreau, le 31 octobre 1890; sur le théâtre de l’Opéra, le 23 novembre 1892.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Samson, juge d’Israël ; Dalila ; le grand prêtre de Dagon ; etc.
La scène se passe à Gaza, en Palestine, au temps des juges. .
Opéra ? Ne serait-ce pas plutôt un oratorio mis à la scène ? Quoiqu'il en soit, cet ouvrage, où l’action est presque nulle, est de tous ceux que M. Saint-Saëns a donnés au théâtre celui qui jouit du plus grand et du plus durable succès. |
Une place à Gaza, devant le temple de Dagon. Les Hébreux se lamentent sur leur déchéance. Les Philistins sont leurs maîtres et ont installé au milieu du peuple élu leurs détestables idoles. Samson essaie de relever leur courage, mais se heurte au découragement et à la lâcheté. Abimélech, satrape de Gaza, suivi de ses Philistins, insulte aux vaincus. Samson frémit sous l’outrage. Il défie le satrape, et lorsque celui-ci essaie de le frapper, il lui arrache son épée et le tue. Puis il se retire avec ses frères.
Le grand prêtre de Dagon sort du temple; il voit le cadavre du satrape et excite les Philistins-à la vengeance. Mais un messager se présente et les nouvelles qu'il porte glacent d’effroi ceux qui les entendent : Samson marche de succès en succès et tout cède devant ses pas. La panique saisit les Philistins, qui s’enfuient en désordre.
Arrivent les Hébreux victorieux, qui rendent grâces au Dieu des armées. Pendant que se déroule la cérémonie religieuse, Dalila approche, suivie de femmes philistines ; toutes portent des fleurs dans leurs mains. Elle célèbre la victoire de Samson ét lui offre son amour. Le héros est frappé au cœur : en vain les vieillards le mettent en garde contre la séduction. Dalila lui a fixé un rendez-vous, il ira.
[1 y est allé. Le deuxième acte est la scène d’amour chez Dalila. Mais nous sommes prévenus : la rusée Philistine n'attire le héros que pour le perdre ; avant
l’arrivée de Samson, elle a, en effet, exposé au gran prêtre de Dagon son diabolique projet. | Re Pendant que l'orage gronde, |
amoureux Samson
se laisser aller à la volupté. Dalila lui arrache enfinle
secret de sa force, puis elle le livre à ses ennemis embusqués. : Ç |
Troisième acte : un court tableau montre Samson, les yeux crevés, tournant la meule dans la prison de Gaza. On entend au loin les gémissements des Hébreux prisonniers. Le vaincu lance au ciel une ardente prière. On vient le chercher pour l’exposer aux risées des Philistins, en train de célébrer leur triomphe dans le temple de Dagon. |
La scène change ; nous sommes dans le temple même, en pleine fête. On introduit Samson, conduit par un enfant. Le grand prêtre insulte à sa misère; - Dalila le raille à son tour. L'’orgie monte, les têtes s'échauffent, on oublie le malheureux, resté seul en un coin. Puis le grand prêtre ordonne qu’on l’amène aux pieds de Dagon.
Une inspiration vient alors au martyr. Il dit à. l'enfant qui le conduit de le placer entre les deux. maîtres piliers du temple. Puis il demande à l'Eternel de lui rendre pour un instant sa force première. Et tandis que la foule ivre chante un hymne à Dagon, Samson s’archboute contre les deux colonnes, les renverse et le temple s'écroule. : pee
Henry VIII.
Opéra en quatre actes et cinq tableaux, paroles de Léonce Detroyat et Armand Silvestre, musique de C. Saint- Saëns.
Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre de l'Opéra, le 5 mars 1883. |
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Henry VIII, roi d'Angleterre; Don Gomez de Feria, ambassadeur d’Espagne ; le cardinal Campeggio, légat du pape ; Catherine d’Arragon; Anne de Boleyn ; etc. |
La scène se passe à Londres en 1536.
Deux jeunes seigneurs, dont l’un vient d'Espagne
pre
CAMILLE SAINT-SAENS
L'ac 1es 2 à Londres en qualité d’ambassadeur, parlent d'Anne de Boleyn, qu'ils ont connue à la cour de France. Don Gomez en est épris et se réjouit de la retrouver à la cour d'Henry VIIT ; il compte sur l’appui de la reine Catherine d’Arragon, à qui il a confié une lettre d'Anne. Le roi sait que Don Gomez aime une dame de sa cour, mais ignore laquelle.
Don Gomez apprend toutefois qu’il court des bruits inquiétants : Henry serait amoureux d’Anne de Boleyn, dont la sœur fut jadis sa maîtresse. Il vient de la faire nommer dame d’honneur. L’amoureux espagnol refuse de laisser ébranler sa confiance, en dépit de ce qu'il sait du caractère du roi. Celui-ci ne vient-il pas de faire condamner Buckingham, son favori ? |
La présentation de don Gomez au roi a lieu. Le souverain fait allusion à la lettre remise à la reine, et ‘annonce la réception d’une nouvelle dame d'honneur. L’Espagnol est ému par cette confirmation donnée
aux révélations qu’il vient d'entendre.
Le roi, resté seul avec son confident Surrey, se plaint de ce que le pape refuse de lui accorder son divorce d’avec Catherine d’Arragon. Il s’irrite aussi des résistances qu'il rencontre chez Anne de Boleyn, et qu’il attribue au souvenir de sa sœur défunte.
Entre la reine. Celle-ci fait le plus gracieux accueil à Anne de Boleyn, qu’elle croit amoureuse du nouvel ambassadeur d’Espagne, ce qui l’empêche de concevoir de la jalousie. Elle demande la grâce de Buckingham. Le roi refuse. Plus : il se démasque en partie et déclare qu'il croit son union maudite, car il”a épousé, contrairement à la loi divine, la veuve de son frère!
Toute la cour est réunie : Anne et Don Gomez se reconnaissent, mais cette rencontre est évidemment désagréable à la jeune femme, et l'Espagnol sent grandir ses soupçons. Soudain retentit une marche funèbre : c’est Buckingham qu’on mène au supplice. Pendant que l'attention des assistants est distraite de ce côté, le roi fait à Anne une déclaration brûlante. En pareil moment, alors qu’elle est bouleversée par l’émo-
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tion, cet acte produit sur la pauvre femme une impression singulière : hallucinée, elle a une vision, hélas! prophétique : elle se voit en face de son propre échafaud. Macabre contraste entre les mots d'amour du roi et les accents d’épouvante de son interlocutrice.
Le deuxième acte se déroule dans les jardins de Hampton Court, où le roi s’est réfugié, fuyant la peste qui désole Londres. Il a laissé la reine dans la capitale, mais à emmené avec lui Anne de Boleyn. Don Gomez fait à celle-ci d’amers reproches, lui rappelant ses serments de jadis. Anne répond qu'elle l’aime toujours.
Suit une scène décisive entre la dame d'honneur et le roi. Anne déclare qu’elle nesera jamais la maîtresse d'Henry. Celui-ci lui déclare alors qu'elle sera sa femme. «Mais la reine?» La reine n’est plus reine, ainsi en a décidé son époux. Anne s’abandonne alors . à son rêve de grandeur.
Et voici le réveil : Catherine survient, avertie, et décidée à la lutte. L'entretien entre les deux femmes, très dramatique, est interrompu par le roi, qui s’emporte contre sa femme et lui annonce son imminente répudiation. Le légat du pape vient au secours de la malheureuse, mais le roi temporise, et l’acte s'achève sur une fête en l’honneur d'Anne.
L'acte suivant, c’est le jugement de la reine par le Synode assemblé. Henry et Catherine parlent à tour de rôle. L'assistance est émue, mais le tribunal, gagné au roi, Va néanmoins prononcer une sentence conforme aux vœux du maître, quand l’ambassadeur d'Espagne annonce que, si le divorce est prononcé, son maître déclarera la guerre à l’Angleterre. Henry saisit la balle au bond et joue habilement de la fierté britannique. Le légat du pape se présente et déclare bon et valide le mariage du roi, refusant de reconnaître toute décision contraire.
Le roi, alors, rompt ouvertement avec Rome, se proclame chef de l’Église d'Angleterre, et déclare prendre pour femme Anne de Boleyn. La reine s’évanouit. On l’emmène et, avec elle, se retirent l’ambassadeur d'Espagne et le légat pontifical. Le roi a pour lui la foule qui l’acclame.
Au quatrième acte, Catherine est prisonnière au château de Kinbolth, où elle se meurt de chagrin. Anne commence à voir pâälir son étoile. Le roi, son époux, est dévoré par la jalousie. La jeune reine s'efforce de trouver des distractions pour son seigneur et maître. On répète un ballet, et Don Gomez se trouve un instant seul avec Anne. Elle lui demande ce qu’il a fait de ses lettres. Il répond qu'il les a brûlées, sauf une, qui est en possession de Catherine d’Arragon.
Le roi arrive, inquiet de trouver les deux personnages en tête à tête. Il congédie la reine. Don Gomez lui explique le but de sa visite: il venait, chargé d’un message de l’ex-souveraine. Henri se rappelle soudain cette lettre de Don Gomez, où il était question d’une dame de la cour : cette dame ne serait-elle pas précisément Anne de Boleyn ? Il décide d’aller à Kinbolth visiter Catherine avec Don Gomez. | |
Dernier tableau : Catherine, mourante, remet à ses femmes divers souvenirs. Elle prend un livre de prières dans lequel elle glisse la lettre d'Anne de Boleyn et donne l’ordre de le remettre de sa part à Don Gomez.
Anne vient incognito implorer le pardon de la malheureuse. Mais celle-ci s'aperçoit bientôt que l’unique préoccupation de sa rivale est de rentrer en possession de la lettre compromettante. Sa jalousie se réveille alors, elle prend la lettre et menace Anne; au même instant le roi arrive, suivi de Gomez. Elle cache alors précipitamment le fatal papier.
Le roi est rendu plus soupçonneux encore par la présence d’Anne chez Catherine. [Il s’accuse de ses torts vis-à-vis de cette dernière, énumère des griefs contre Anne de Boleyn, demandant à Catherine si elle ne peut lui fournir une confirmation de ses soupçons. Catherine reste muette. Après une lutte avec elle-même, elle se décide soudain et brûle la lettre. Puis, anéantie par cet effort, elle tombe morte. Anne ne peut retenir un cri de triomphe. « Morte avec son secret!» dit le roi. Et ïl ajoute : «Si j'apprends jamais qu’on s’est raillé de moi, la hache désormais |! »
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