‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 81 sur 90 · LOUIS VARNEY · texte numérisé non relu

LOUIS VARNEY

sionné par Louise, qui pour le moment n’est pas dans e secret, mais dont la curiosité est piquée. Les moines nnoncent un sermon, et avant de parler, Brissac se

fait servir un copieux repas pour se donner des forces.

. En fouillant les pupitres, Brissac a trouvé l’aveu de . Marie; Gontran est au septième ciel. Mais Bridaine survient à son tour et a avec la jeune fille un entre- . tien dans lequel il lui communique la décision pater- . nelle. Il obtient d’elle une lettre de congé qu'il remet . ensuite à Gontran. Le pauvre homme a été bouleversé en reconnaissant sous la robe de moine les deux mousquetaires, mais force lui est désormais de conti- nuer à feindre et de s’enferrer toujours plus avant dans son rôle de complice. PAL Malheureusement Brissac a trop bien dîné. Il est épouvantablement gris et rien ne peut l'empêcher de prononcer devant les pensionnaires le sermon qu'il

a promis. Au désespoir de Bridaine et au scandale

de tout le couvent, il fait un prêche sur l'amour qui

achève l’acte le plus gaiment du monde. Pour expli-

quer cette chose inouïe, le bon abbé devra inventer de nouveaux mensonges et mettre l'accident sur le compte d’un coup de soleil attrapé par le pauvre moine au cours d’un pèlerinage en Palestine ! Troisième acte : dans la cour du couvent. Le pseudo-malade a cuvé son vin. Avec Gaston il complote maintenant l’enlèvement de Marie et de sa sœur. Les mousquetaires de leur compagnie entou- . rent la maison, prêts à leur prêter main-forte. Mais les sœurs sont maintenant méfiantes. Elles ont constaté le dégât fait par Brissac dans leur garde-manger et leur cellier et l’idée leur vient que le coup de soleil . du frère prêcheur pourrait bien avoir été attrapé dans . les vignes du Seigneur plutôt qu'en Palestine. Bridaine lui-même, par son obstination à défendre le coupable, devient suspect.

Arrive Simonne, envoyée par maître Pichard, l’au- . bergiste de Vouvray. Elle vient demander de la part de son maitre à Brissac et à Gontran de lever la consignation des moines restés à l’auberge, où ils font . un train d’enfer. La complaisante soubrette veut bien

se charger d’un message pour Marie. La supérieure. annonce la prochaine arrivée du gouverneur accompagné du cardinal. C’est là un grave contre-temps; il s’agit de fuir au plus vite. Une échelle est dressée

contre le mur du jardin. Bridaine y monte, mais comme il atteint le faîte, on entend une sonnerie de trompette et Simonne prise de peur retire l'échelle, laissant le pauvre abbé perché. C’est dans cette posture que le trouvera le gouverneur, venu arrêter deux moines signalés comme des conspirateurs qui en veulent à la vie du cardinal. Les deux mousquetaires se montrent alors, tout s'explique, et il est établi que par leur escapade, Brissac et Gontran ont bel et bien sauvé la vie du premier personnage du royaume. Les conspirateurs ont en effet été par eux mis hors d’état de nuire et leur capture sera facile. Pareil haut fait mérite une récompense. On devine laquelle: le gouverneur accordera à Gontran la main de Marie et à Brissac celle de Louise.

Léon Vasseur.

Félix-Augustin-Joseph-Léon Vasseur est né à Bapaume (Pas de Calais) le 28 mai 1844. Il a écrit, pour les Bouffes Parisiens surtout, une vingtaine d’opérettes dont plusieurs ont connu le succès.

L'amour mouillé.

Opéra-comique en trois actes, paroles de Jules Prével et Armand Liorat, musique de Louis Varney. |

Exécuté pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Nouveautés, le 25 janvier 1887. |

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Pampinelli, lieutenant-général de Tarente ; Catarina, sa femme ; Carlo, prince de Syracuse ; Lauretta, princesse de Tarente; Cascarino ; Ascanio.

La scène se passe dans la principauté de Tarente vers la

fin du XVI siècle.

Tarente et la Sicile sont en guerre. Carlo, prince de Syracuse, qu'il est question de marier à l’héritière d’un des plus grands noms de la Sicile, est jeté sur la côte de Tarente par une tempête, en compagnie de son gouverneur Cascarino. Celui-ci est du pays et, il

y a quelques années, il y courtisait une belle mar-

chande d'oranges, devenue depuis femme du lieutenant-général Pampinelli, un grotesque qu’elle tromperait avec délices à la première occasion, mais de préférence avec Cascarino qu'elle n’a jamais oublié.

L'endroit où la mer a rejeté les naufragés est proche du couvent des Camaldules, où se trouve en qualité de pensionnaire Lauretta, princesse de Tarente. Les

élèves du couvent s’ébattaient il n’v a qu’un instant Y

sur la plage, au pied d’une statuede l’Amour. L'Amour? be peut bien être ce personnage digne d’être statu-

ér Les innocentes l’ont demandé à sœur Francesca, qui les a rabrouées, puis à Catarina, la femme du lieutenant-général, qui a été un peu plus explicite, mais s’est arrêtée sur le chemin des éclaircissements et dans son trouble, a oublié sur la place un recueil des poèmes d’Anacréon. C’est dans ce petit livre que les curieuses filles ont lu la pièce intitulée L'Amour moutllé, qui donne son nom à la pièce. [l y est question d’un enfant innocent qui, mouillé par l'orage, demande à une belle de le sécher et qui, en récompense, lui décoche un des traits de son carquois, si bien que, maintenant, «le cœur de la pauvre femme est bien malade ! » En partant, il se nomme : « Je suis l’Amour ! » Les pensionnaires, outrées de tant d’ingratitude, ont brisé la statue et en ont jeté les fragments dans la mer.

Dans la pièce, l’Amour mouillé sera Carlo, prince de Syracuse, déposé par la mer auprès de Lauretta, princesse de Tarente. Mais pour l'instant, les deux jeunes gens ignorent leur identité respective, car l’état de guerre entre les deux pays oblige Carlo à garder l’incognito, et rien ne distingue Lauretta de ses compagnes. |

arlo, jeune et séduisant, produit sur les jeunes filles une excellente impression, mais c’est sur Lauretta qu'il produit la plus profonde. Elle le réchauffe, comme dans l’apologue, en lui laissant prendre sur sa joue un baiser, et bien que l’on n’en voie rien, il est à croire qu’il a payé comme l’enfant du conte d’Anacréon, car désormais le cœur de Lauretta «est bien malade».

it 7 NN CSS CE NN Li … Le PEAR à AE PER NE RES (470 ES EU PS EE ARR À NS “ f Je / « j n

Catarina reconnaît dans le compagnon de Carlo

son ancienne flamme, Cascarino, et, désormais, le : front auguste du lieutenant-général court les plus :

grands dangers. Précisément, Pampinelli (le dit lieutenant-général) n’est pas loin. Il vient annoncer à Lauretta qu’on la marie au jeune Ascanio, une sorte d’idiot. La princesse, qui tout à l'heure acceptait cette

union avec indifférence, a changé d’avis depuis sa.

rencontre avec Carlo, et déclare qu'elle veut rester au couvent.

Mais l’aventure ne finira pas comme cela. Pour empêcher Cascarino de partir, Catarina a lancé le bateau des naufragés à la dérive. Ils sont prisonniers à Tarente, et nous allons les retrouver à l'acte suivant.

Ce second acte se déroule à l’intérieur du couvent. Lauretta communique secrètement avec les deux étrangers, cachés aux environs, par l'intermédiaire du maître de chapelle. Mais Pampinelli a découvert le message, et il se présente au couvent, déguisé en maître de chapelle intérimaire, et porteur d’un billet qu’il a intercepté. Grâce à ce message, il capte la confiance de Lauretta et apprend toute la vérité. Il sait désormais qu’un enlèvement est projeté pour la nuit suivante, et pourra surprendre les fugitifs en flagrant délit.

Justement, arrivent au couvent Cascarino, en moine, et Carlo en jeune religieuse. La supérieure les reçoit sans méfiance, mais Pampinelli est moins confiant. Cascarino flaire de son côté quelque piège et s'en ouvre à Catarina. Cette dernière achève de tout gâter en racontant à son mari — qu'elle ne reconnait pas — des choses qu’il devrait être le dernier à savoir. Furieux, Pampinelli se fait reconnaître et part pour chercher main-forte. Et bientôt, tandis que Carlo et Lauretta roucoulent, Cascarino vient annoncer qu'on cerne le couvent. Imprudemment, il parle du mariage projeté pour le prince. Lauretta en reçoit un coup au cœur: celui qu'elle aime se marie! Elledécide de ne plus le revoir et annonce à Pampinelli qu'elle accepte d’épouser Ascanio. A ce prix, Carlosera libre;

Page 1