‹ Les chefs-d'vre lyriques de Pierre de Ronsard et de son écoleChapitre 28 sur 36 · VAUQUELIN DE LA FRESNAYE · texte numérisé non relu

VAUQUELIN DE LA FRESNAYE

Sonnet

O VENT plaisant, qui d'haleine odorante Embaumez l'air du baume de ces fleurs ! O Pré joyeux, où versèrent leurs pleurs Le bon Damcete et la belle Amaranthe !

O Bois ombreux, ô Rivière courante.

Qui vis en bien échanger leurs malheurs, Qui vis en joie échanger leurs douleurs, Et l'une en l'autre une âme respirante !

L'âge or'leur fait quitter l'humain plaisir ; Mais, bien qu'ils soient touchés d'un saint désir De rejeter tout amour en arrière,

Toujours pourtant un remords gracieux Leur fait aimer, en voyant ces beaux lieux. Ce Vent, ce Pré, ce Bois, cette Rivière.

PHILIS, quand je regarde au temps prompt et léger, Qui dérobe soudain nos coulantes années. Je commence a compter les saisons retournées. Qui viennent tous les jours nos beaux jours abréger.

Car jk quarante fois nous avons vu loger Le soleil au Lion des plus longues journées. Depuis que nous avons nos amours démenées Sous la foi qui nous fit l'un à l'autre engager.

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